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Même si le « réveil » de Toronto semble aujourd'hui dépassé, l'esprit qui l'a animé n'a pas disparu, et se manifeste toujours sous des formes sans cesse nouvelles.

 

 

 

 

 

 

 

Je voudrais à présent aborder la deuxième partie de mon exposé :

De quelle manière étaient traités les phénomènes physiques et émotionnels, dans l'histoire des vrais réveils ?

Il est très important que nous nous attaquions à cette difficulté. Nous découvrirons de quelle manière on a pu aborder ce problème au cours des grands réveils qui se sont produits aux Etats-Unis, en particulier au cours du Deuxième Grand Réveil. Nous verrons que la façon dont on a pu traiter ces phénomènes a entraîné des répercussions sur la situation que nous vivons aujourd'hui. C'est pour cette raison qu'il est si important de bien comprendre l'histoire de l'Eglise. Quand certains étudient les authentiques réveils du passé, et qu'ils s'aperçoivent que ces réveils ont pu connaître des manifestations identiques à celles d'aujourd'hui, ils s'arrêtent là, et disent : « C'est bon ! Tout ce qu'il nous faut pour avoir un réveil, ce sont des manifestations physiques ! » Mais il faut savoir que les authentiques hommes de Dieu étaient préoccupés par ces phénomènes. Ils ont fait beaucoup d'efforts pour tenter de les comprendre. D'un côté, ils ne voulaient pas aboutir à une conclusion hâtive, et affirmer que tous ces phénomènes étaient provoqués par le diable. Nous devons nous aussi veiller à ne pas tomber dans ce travers. Mais, d'un autre côté, ils étaient très conscients des dégâts que pouvaient causer au réveil de telles choses, s'ils leur accordaient trop d'importance, ou si ces choses étaient considérées comme essentielles, comme cela a fini par se produire de plus en plus.

Pour répondre à notre question, j'attire donc votre attention sur deux choses principales, que nous devons bien comprendre. En premier lieu, sur le fait que la progression des réveils a été très influencée par ceux qui les dirigeaient. En second lieu, sur le fait que les réveils devraient toujours être supervisés par des anciens qui ont du discernement, et qui sont vraiment des hommes de Dieu.

 

La progression des réveils a été très influencée par ceux qui les dirigeaient.

Les hommes de Dieu du passé avaient compris que la présence de ces phénomènes, leur progression, et l'importance de leur manifestation, dépendaient beaucoup de la manière dont les responsables conduisaient les réunions et les services. En fait, on avait directement associé le développement de ces manifestations à la manière dont les dirigeants les traitaient. Par exemple, John Wesley encourageait ces phénomènes, et croyait qu'ils représentaient la preuve indiscutable de la présence de Dieu. Mais son frère Charles était beaucoup plus prudent, et décourageait souvent ces manifestations. Quant à George Whitfield, il a fortement critiqué le fait que John Wesley laissait ces phénomènes se produire. Voici un extrait d'une lettre qu'il a écrite à John Wesley :

« Je ne crois pas qu'il soit juste que vous donniez autant d'encouragements à laisser se produire ces convulsions chez ceux qui vous écoutent. Si j'agissais comme vous, je ne compterais plus le nombre de ceux qui crieraient ainsi chaque soir ! Mais je crois que c'est le diable qui s'interpose. Je crois que votre position encouragerait les prophètes français ! Cela écarte les gens de la Parole écrite, pour les encourager à dépendre des visions, des convulsions, etc…, plus que des promesses et les préceptes de l'Evangile ».


N'est-ce pas une sage déclaration ? Quand vous lisez cette lettre de Whitfield, vous réalisez à quel point les gens ont besoin d'entendre aujourd'hui ces paroles. Nous croyons aussi que le fait d'encourager les gens à manifester de tels phénomènes va les éloigner de la Parole de Dieu écrite, pour les pousser à dépendre de leurs visions et de leurs convulsions, plus que des promesses et des préceptes de l'Evangile. Rappelez-vous qu'un vrai réveil doit témoigner du succès de la prédication de l'Evangile. C'est de cela dont nous parlons ici. Nous savons que lorsque les gens sortent des réunions de "réveil" aujourd'hui, ils ne pensent pas que la prédication du message de l'Evangile a réussi à transformer leur vie, en particulier le message du sacrifice expiatoire de Jésus-Christ pour leur péché. Tout ce qui les intéresse, ce sont les phénomènes.

En ce qui concerne Whitfield, quand certaines personnes ont commencé à tomber en écoutant ses prédications, John Wesley se sentit sur la lune, croyant que cela ferait changer d'avis Whitfield. Mais il n'en fut rien ! Lorsque Whitfield assista à ces mêmes manifestations en 1740, en Pennsylvanie et dans le New Jersey, il les attribua à une influence démoniaque. Il écrivit ceci le 19 mai 1740, alors qu'il se trouvait à Reedy Island : « À présent, Satan commence à jeter beaucoup de personnes dans des attaques et des convulsions ». Un jour qu'une assemblée commençait à dépasser les limites, Whitfield entra précipitamment dans la salle, frappa du pied au sol, et s'écria : « Que signifie ce tumulte et tout ce désordre ? » Aussitôt, l'auditoire se calma. Toute l'assemblée se calma instantanément ! Il ajouta alors : « Mes chers enfants, vous ressemblez à des petits poussins qui viennent d'éclore ! » Il leur expliqua qu'ils avaient encore des coquilles sur les yeux, et qu'ils ne pouvaient pas voir ce qu'ils faisaient, parce que ces coquilles les aveuglaient. Vous pouvez trouver tout cela dans la biographie de Whitfield.

 

Asahel Nettleton, lui aussi, surveillait toujours attentivement le déclenchement des phénomènes physiques et émotionnels, afin de ne pas les laisser se développer. Je vous lis ce passage :

« Asahel faisait tout ce qu'il pouvait pour conserver la pureté du réveil, et il arrêtait aussitôt tout ce qui ressemblait à du fanatisme, dans les réunions qu'il dirigeait. Parfois, certaines personnes s'évanouissaient, sous une puissante conviction de péché. Toutefois, il ne tolérait jamais les mouvements violents du corps, qui caractérisaient les réunions sous tente du Far West. Quand il prêchait, on n'entendait et l'on ne voyait personne hurler, grogner, se rouler à terre, frapper violemment des mains, gesticuler ou sauter en l'air. En outre, il n'accordait presque aucune importance aux visions, aux transes, aux réactions émotionnelles impulsives, et aux choses de ce genre. Il les considérait comme du fanatisme et de la séduction ».

Pourtant, Asahel Nettleton fut l'un des principaux prédicateurs du Second Grand Réveil. Joseph Tracy parle avec beaucoup de justesse de la manière dont les responsables traitaient toute cette question des manifestations physiques, dans son livre intitulé : « The Great Awakening » (Le Grand Réveil). Il s'agit d'une histoire exhaustive des grands réveils qui se sont déroulés aux Etats-Unis. Il date du début du 20e siècle, et vient d'être réédité. Voici ce qu'il écrit :

« On ne doit accorder aucune attention à de telles manifestations corporelles. Elles traduisent un état nerveux, dans lequel les facultés mentales ne fonctionnent plus d'une manière correcte. Elles se produisent avec une vigueur de plus en plus grande, qui peut être variable selon les circonstances, mais qui accroît les risques d'erreur. De fortes espérances et de grandes craintes peuvent faire aboutir à de fausses conclusions. De vives impressions sur l'imagination peuvent être confondues avec de claires perceptions de la vérité. Ceux qui font partie des plus ignorants peuvent juger intéressantes ces manifestations corporelles, au point de leur faire confiance et de les rechercher, voire de finir par apprendre à les reproduire volontairement. La vraie religion peut ainsi être dégradée au niveau d'un simple système d'excitation nerveuse. Par conséquent, ces manifestations, bien qu'elles ne soient pas nécessairement la preuve qu'elles traduisent une œuvre mensongère, sont un signe qu'elles pourraient bientôt le devenir. Si on leur accorde la moindre importance, nous pouvons être certains que les fausses conversions vont se multiplier ».

 

L'auteur ajoute :

« Parfois, ces manifestations se produisent quand la prédication fait appel avec une certaine force aux sentiments du cœur. On sait que certaines personnes se mettent parfois à crier involontairement, à tomber, à s'évanouir, ou à manifester des convulsions, quand elles éprouvent une grande joie ou un chagrin brutal, ou en apprenant l'arrivée inopinée ou la mort d'un ami. Lorsque des arguments spirituels touchent des gens ayant ce genre de dispositions, d'une manière forte et soudaine, ils produiront chez eux les mêmes effets. Si nous comprenons que de telles réactions ne sont que le résultat de nos faiblesses naturelles ou humaines, et si nous les traitons comme telles, elles ne produiront que peu d'inconvénients. Ces inconvénients resteront limités à la personne concernée, et peut-être à ses voisins immédiats. Mais si l'on accorde de l'importance à ces manifestations, et qu'on les cultive, elles vont provoquer des réactions de sympathie et d'imitation. Elles vont alors se développer comme le ferait, au sens strict, une maladie épidémique ».

 

Tracy poursuit :

« De telles épidémies se sont produites à de nombreuses occasions, avec une vigueur variable. Mesmer, qui a découvert le magnétisme animal, réussissait à produire beaucoup de ces phénomènes, chez un grand nombre de ses patients ».

Vous voyez que, même à son époque, Tracy était très conscient de l'influence de Mesmer. Il a écrit ces lignes à une époque qui n'était pas très éloignée de celle où Mesmer pratiquait sa méthode dans ses cliniques de « guérison par la foi ». Il était conscient du fait que les phénomènes produits par Mesmer étaient semblables à ceux que nous voyons aujourd'hui. Voici ce qu'il a encore dit : « Vers la fin du grand réveil de 1740, ces manifestations commencèrent à se répandre comme une épidémie. Ces phénomènes étaient traités avec une indulgence excessive. Les ignorants saisirent donc l'occasion de les considérer comme faisant partie intégrante du réveil, ainsi que du processus naturel qui devait conduire leur âme au salut ». Il ajoute : « Si l'on avait décidé de décourager ces manifestations d'une manière plus énergique, on aurait pu éviter de grands maux ». Nous ne pourrions pas être plus en accord avec cette déclaration !

Un autre problème sérieux rencontré au cours du grand réveil des années 1740 fut la trop grande indulgence accordée par Jonathan Edwards à ces manifestations. Malheureusement, cela a fourni des arguments aux partisans des réveils du type de celui de Toronto, pour excuser ce qui se passe aujourd'hui. La semaine dernière, j'ai eu une conversation téléphonique avec le rédacteur en chef d'un magazine chrétien très connu. Il s'efforçait de me convaincre que ce qui se passe aujourd'hui était acceptable, parce que des gens du calibre de Jonathan Edwards n'avaient jamais réellement découragé ces phénomènes. Qu'en est-il exactement ? Il se peut que Jonathan Edwards ait fait preuve d'un certain manque de discernement dans ce domaine. Voici ce qu'écrit John Tracy à propos de Jonathan Edwards : « Il faut admettre que dans l'application de ces propres principes, il s'est montré trop indulgent envers ces manifestations corporelles ». Tracy attribue cette réaction au fait qu'Edwards avait lui-même fait des expériences émotionnelles très intenses dans le domaine spirituel. Étant un homme mûr, il comprenait donc ces choses. Nous ne sommes pas qu'un paquet de chair et d'os. Nous sommes des créatures émotionnelles. Quand nous passons par certaines expériences, quand nous sommes convaincus de péché, nous pouvons très bien manifester certains phénomènes physiques. C'est ce qui est arrivé à Edwards. Mais il n'y avait pas que cette raison, comme Tracy le souligne avec justesse. Sarah, la propre femme de Jonathan Edwards, qu'il aimait beaucoup, a manifesté ces phénomènes avec une intensité certaine. Tracy pense, et je crois que c'est sans doute vrai, que cela a dû profondément influencer l'attitude d'Edwards.

Toutefois, il faut souligner le fait que jamais Edwards n'a affirmé que ces phénomènes étaient la preuve certaine que le Saint-Esprit était à l'œuvre. En fait, voici ce qu'il a lui-même dit, au cours d'un sermon prononcé en 1741 : « Les gens devraient s'efforcer de réfréner au maximum de telles manifestations, quand ils s'approchent du Seigneur pour L'adorer ». Comment concilier cette déclaration avec ce qui se passe dans beaucoup de réunions aujourd'hui, où l'on doit parfois renoncer à la Sainte Cène, parce que la plupart des membres de l'assistance sont à terre, non pas par conviction de péché, mais en raison d'une transe ou d'un évanouissement artificiellement provoqués. Edwards a donc effectivement dit qu'il fallait « s'efforcer de réfréner au maximum de telles manifestations », quand on s'approche du Seigneur pour L'adorer.

 

Toutefois, Edwards s'est effectivement trompé quand il a dit, et je cite à nouveau Tracy, qu'il pensait que « ces phénomènes étaient probablement la preuve de la présence de Dieu et du succès de la prédication ». Voici la conclusion d'ensemble de Tracy sur tout cela : « Une telle opinion, émise par un homme de la stature d'Edwards, ne pouvait manquer de produire un accroissement considérable de ces manifestations corporelles. Les prédicateurs les ont davantage recherchées, et de plus en plus de gens ont désiré s'y livrer. Tout cela a développé un état d'esprit conduisant à une excitation sans intelligence, et cela a fini par produire une effrayante moisson d'erreurs, d'extravagance et de fausses conversions ».

Nous voyons donc comment la manière dont les conducteurs ont dirigé les réveils a eu un grand effet sur leur progression, notamment sur le développement des phénomènes physiques et émotionnels. Comme l'a écrit Iain Murray dans son livre déjà cité : « Une fois que se répand l'idée que la puissance de l'œuvre de l'Esprit se mesure à la puissance des émotions, ou que les manifestations physiques de toutes sortes sont la preuve de l'action de Dieu, il est inévitable que l'on tombe dans le fanatisme ».
Au cours du second grand réveil, quand les choses ont commencé à se gâter sérieusement, beaucoup de voix se sont élevées pour condamner ces excès « d'enthousiasme », selon le terme de l'époque. C'était l'expression péjorative que l'on employait pour désigner cette approche. On appelait « enthousiasme » cette forme de réveil où on laissait de produire tous ces phénomènes. Voici ce qu'a écrit John Lyle à propos d'une réunion tenue en 1801 à Lexington, dans le Kentucky :

« J'ai prié pour qu'il n'y ait pas d'enthousiasme. Dans mon sermon, j'ai parlé des signes d'une véritable illumination spirituelle et d'une véritable foi. J'ai mentionné la parabole de l'ivraie. J'ai exhorté les assistants à se garder de l'enthousiasme. Je leur ai dit que c'était comme un ver qui détruisait la beauté du réveil, et que cela finirait par discréditer la Parole de Dieu. Je leur ai dit qu'il était facile de s'égarer, que l'on soit pasteur ou simple Chrétien, et je leur ai rappelé ce qui s'était passé du temps de Whitfield, etc… »

Lorsque l'élément fanatique a commencé à se développer réellement, au cours du premier grand réveil, des gens comme Eleazer Wheelock ont écrit ceci, en 1741 : « Une grande œuvre est en train de se faire dans cette ville. Mais je l'attribue davantage à Satan que dans tout autre lieu que j'ai connu. Le zèle de certains est trop furieux. Ils parlent constamment de toutes leurs visions et de leurs révélations, provoquant beaucoup de fortes impressions sur les imaginations ».

Il semble que ces grands réveils aient tous bien commencé. Les seules manifestations physiques qui se produisaient ne faisaient que traduire une profonde conviction de péché. Mais Satan ne tarda pas à s'en mêler, pour provoquer toutes sortes de commotions désordonnées, de transes, de visions, de révélations et d'autres choses semblables. Les réveils comme celui de Toronto aujourd'hui ne sont que les enfants spirituels de ces excès déjà rencontrés au cours des grands réveils. Leurs racines plongent dans tout ce qui n'était pas authentique dans ces réveils, c'est-à-dire dans les excès et le fanatisme qu'on laissait se manifester. Voilà où plongent leurs vraies racines !

 

Ces remarques me conduisent à la deuxième partie de mon second thème :

Les réveils devraient toujours être supervisés par des anciens qui ont du discernement, et qui sont vraiment des hommes de Dieu. Il s'agit là d'une nécessité impérieuse. Compte tenu de l'importance de l'influence que peuvent avoir les anciens, nous considérons comme un modèle l'approche de Nettleton, au cours du second grand réveil. Je vais vous lire un passage concernant la description d'une réunion d'évangélisation et de « recherche » :

« L'atmosphère de cette réunion de recherche était caractérisée par un grand calme et une douce vénération. Cette paix n'était troublée qu'à certains moments, par un sanglot, un soupir, ou un gémissement. C'était un travail d'enfantement des âmes. De temps à autre, la pression des émotions de ce réveil s'exprimait par un torrent d'angoisse, et certains tombaient, comme ceux qui sont terrassés dans un combat. Toutefois, Asahel n'encourageait pas ces démonstrations. Il insistait sur la nécessité de maintenir l'ordre et le calme, tout en s'occupant des blessures du cœur de tous ceux qui se pressaient pour entrer dans le Royaume ».

Si nous étudions la liste des choses que Nettleton considérait comme importantes, et si nous l'appliquons à notre situation actuelle, que découvrons-nous ?

Premièrement, Nettleton se faisait l'avocat d'un style d'évangélisation calme et paisible. Pour quelle raison ? Pour la simple raison qu'il est très facile de provoquer des manifestations. Il est très facile de provoquer un faux réveil, et de déclencher un mouvement charnel en faisant beaucoup de tapage. Il était donc très soucieux d'évangéliser de manière calme et tranquille.

Deuxièmement, Nettleton, dans sa manière de s'occuper des inconvertis, préférait faire preuve de tact plutôt que d'emphase. Il est facile de voir aujourd'hui un grand nombre d'évangélistes, surtout aux Etats-Unis, adopter un style d'évangélisation plein d'emphase et de boursouflure. Nous avons besoin d'approcher ceux qui ne sont pas convertis avec tact, délicatesse et amour, plutôt que de les bombarder avec violence. Nous ne pouvons pas bousculer les gens pour les forcer à prendre une « décision » pour entrer dans le Royaume !

Troisièmement, Nettleton préférait manifester de la modestie et de la vénération pour Dieu quand il se trouvait sur l'estrade. Cela ne correspond pas du tout avec le style d'évangélisation que nous voyons aujourd'hui. Nous avons besoin de monter sur l'estrade avec modestie et vénération pour Dieu.

Quatrièmement, Nettleton était partisan d'imposer aux femmes les restrictions que la Bible nous demande de leur imposer. Il est triste de constater que très souvent, ce sont des femmes qui ont été les premières à encourager et à influencer les excès dans les réveils. Ce fut particulièrement le cas au sein du Mouvement de la Sanctification, au 19e siècle. À cette époque, un grand nombre de femmes se sont lancées dans la prédication. Beaucoup se sont mises à prêcher n'importe quoi, et à enseigner les doctrines les plus affreuses, qui avaient plus de rapports avec l'occultisme qu'avec la Bible. Il est donc très important, en matière d'évangélisation, d'imposer aux femmes les limitations que la Bible leur impose.

Cinquièmement, Nettleton se faisait l'avocat du silence dans les réveils. Le Saint-Esprit n'a pas besoin d'agitation et de commotions violentes pour accomplir Son œuvre souveraine de conversion. Quand vous encouragez le silence dans les réveils, vous favoriser une œuvre spirituelle dans les cœurs. C'est une approche responsable du réveil.

Voilà les choses que recherchait Asahel Nettleton. Parlant des changements qu'il avait observés en matière de techniques d'évangélisation, tout au long de sa vie, voici ce qu'il a dit : « Il y a sept ans, nous avons eu le bonheur de voir dans cette région deux mille âmes pénétrer dans le Royaume de Dieu. Cela s'est fait dans un calme relatif. Mais cela ne s'est pas arrangé avec le temps, car le Royaume de Dieu attire à présent beaucoup trop les regards ». Je suis certain que vous comprenez ce qu'il voulait dire par là. Quand vous allez dans certaines réunions aujourd'hui, tout n'est qu'excès, désordre, tapage et commotion. Les gens tombent de tous les côtés. Et c'est tout cela que l'on met en avant, et au-dessus de l'Evangile de Jésus-Christ. Vous pouvez dire que le Royaume de Dieu attire certainement tous les regards, au lieu de permettre à un travail silencieux de se faire dans les cœurs, lorsque l'Esprit agit dans Sa puissance souveraine pour conduire les hommes à la nouvelle naissance.

 

La présence d'anciens connaissant Dieu, et remplis de discernement, peut donc avoir un effet très salutaire. En 1801, un pasteur du Kentucky, affectueusement surnommé « le Père Rice », eut l'occasion de faire prévaloir son autorité spirituelle, en ce qui concerne les phénomènes physiques et émotionnels. Un jour qu'il prêchait, la grande foule présente fut prise d'une agitation désordonnée. Tous se mirent à prier, à chanter, à manifester toutes sortes de phénomènes physiques, dans le désordre le plus complet. Que fit le Père Rice ? Ecoutez ce compte-rendu :

« Le Père Rice se dressa sur l'estrade, d'un air rempli d'autorité sous sa chevelure argentée. De la manière la plus solennelle, il commença à répéter ces paroles de l'Ecriture : « Saint, saint, saint, est le Seigneur Dieu Tout-Puissant ! » Rien ne fut jamais plus impressionnant. Toute l'assemblée fit aussitôt silence. Le vénérable patriarche, ayant ainsi retenu toute leur attention, entreprit d'exprimer ce qu'il pensait de ces exercices physiques, et de les dissuader de les encourager ».

Une telle attitude était très fréquente. Tout ce qu'il fallait, c'était une intervention pleine d'autorité d'un homme de Dieu rempli de discernement, pour faire immédiatement cesser toutes ces supercheries. Si les personnes présentes étaient réellement des hommes et des femmes craignant Dieu et passant par un vrai réveil, ils écoutaient les conseils donnés par des hommes de Dieu. Toutefois, dans de nombreux réveils, notamment au cours de celui du Pays de Galles, en 1900, les gens refusèrent d'écouter ceux qui présidaient, et ont continué à chanter de cantiques d'une manière répétitive et à se livrer à des manifestations. Dans de telles circonstances, on doit être conduit à douter qu'il s'agisse d'une œuvre véritable du Saint-Esprit. En revanche, Asahel Nettleton instruisait les Chrétiens sur la manière correcte de s'occuper de pécheurs en train d'être convaincus de péché. Voici ce qu'il écrivait à ce sujet, dans un livre qui lui a été consacré, intitulé « God Sent Revival » (Dieu envoya le réveil) :

« Il était nécessaire d'intervenir lorsque les émotions de certains commençaient à déborder d'une manière intempestive. Dans un certain village, des gens commencèrent à hurler et à gémir, alarmant tout le village. Asahel se rendit rapidement à cet endroit. Avec douceur, mais sévérité, il rappela tout le monde à l'ordre. Certains jugeaient ses méthodes parfois rudes et brutales. Mais lui-même pensait que ce genre d'excès mettait en danger le réveil ».

Il était conscient des dégâts que causeraient aux réveils ces phénomènes, lorsqu'on les laissait se manifester et se répandre. Ce sont ces dégâts que l'on constate dans les réveils d'aujourd'hui, où l'on considère ces phénomènes comme l'élément majeur du réveil. Les hommes de Dieu d'antan veillaient soigneusement à entretenir le cours normal et spirituel du réveil, afin que le nom du Seigneur soit honoré, et que le réveil ne soit pas détruit par ces manifestations. Tandis qu'aujourd'hui, on semble bien peu se préoccuper de ces choses.

Hélas, même à l'époque des grands réveils, ceux qui avaient du discernement n'arrivaient pas toujours à se faire entendre. Dans la pièce de Shakespeare, Marc Antoine dit, dans son éloge de Jules César : « Le mal qu'ont fait les hommes leur survit, tandis que le bien qu'ils ont fait est souvent enterré avec leurs os ! » Ce fut peut-être le cas pour les grands réveils. On a peut-être gardé surtout le souvenir des excès qu'ils ont engendrés, au point de considérer ces excès comme la norme de tous les réveils. Le second grand réveil, qui commença vers 1800, finit par dégénérer dans le fanatisme et les fausses doctrines, car un grand nombre de personnes inexpérimentées et sans discernement se mirent à organiser des réunions d'évangélisation. Et c'est sur le terreau des erreurs et du fanatisme de ce second grand réveil qu'allait naître tout un mouvement, qui a duré jusqu'à aujourd'hui.

 

Livre : « Toronto , vrai réveil, ou apostasie » - chapitre 3 »
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