6.Contempler la gloire de Dieu a un coût

6.Contempler la gloire de Dieu a un coût

6. Nous arrivons au cœur du problème - La croix est toujours la plus forte ; et lorsque nous croyons perdre quelque chose, la croix nous élargit de gloire en gloire. Elle n'accepte jamais de compromis, elle ne discute jamais, ne marchande jamais, sous prétexte de trouver un terrain d’entente entre le sacré et le profane. 

  Il y a en nous une vie nouvelle si nous avons vraiment reçu Christ. Nous avons tous ce bien précieux, et ce trésor habite dans le vase que nous sommes : « Nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu, et non pas à nous » (2 Corinthiens 4 v. 7). Que le Seigneur soit loué pour la réalité de sa vie en nous ; c’est un parfum de très grand prix qui ne demande qu’à être répandu sur la personne du Christ ! Mais pourquoi cette vie a-t-elle une si faible expression ? Pourquoi cette vie ne déborde-t-elle pas davantage pour se communiquer à d'autres ? Pourquoi est-elle si peu apparente, même dans nos propres vies ?

  La raison pour laquelle il y a si peu de signes de cette vie, alors qu'elle est en nous, c'est que notre âme enveloppe et limite considérablement cette vie, comme la balle enveloppe le grain de froment. Le vase emprisonne le parfum de grand prix ; la nature égocentrique de Jacob l’empêchait de s’appuyer sur Dieu ; celle de Jonas l’empêchait d’obéir avec joie. C’est sa propre coquille, pas celle des autres, qui empêche le poussin d’entrer dans l’élargissement de son existence.

  Le Saint-Esprit, la Colombe de Dieu, est emprisonné dans une cage qui n’est autre que notre vieille nature religieuse, de sorte que la vie nouvelle est bloquée, elle ne peut se manifester et croître comme elle le souhaiterait. Nous vivons dans notre âme, nous bâtissons et servons avec nos propres forces naturelles, nos propres efforts. Nous ne vivons pas pleinement de la force de Dieu, nous ne sommes pas dans le repos de la foi, mais bien souvent seulement spectateurs de l’œuvre de Dieu. Nous nous tournons vers Lui uniquement lorsque nous avons un besoin urgent ; le reste du temps, nous vivons par notre sagesse personnelle, par nos sentiments et émotions, et par notre propre volonté. C'est l'âme avec sa force naturelle qui gouverne et qui empêche l'éclosion de la vie. Perdons-la en Christ, c'est le chemin de la libération de la plénitude de la gloire de Dieu.

  C’est le brisement et la mort du Seigneur qui Lui ont permis de ne plus être limité dans les choses terrestres. Il était limité par les hommes, par le temps, par la géographie des lieux, par Son corps physique. C’est le brisement du vase qui a permis au parfum de grand prix de se répandre autour de lui. C’est le brisement par l’ange de la force naturelle de Jacob, qui lui a permis de s’appuyer le restant de ses jours sur son bâton, c’est-à-dire sur la force et l’autorité de Dieu. Pour Jonas, les trois jours passés dans le ventre du poisson représentent la crucifixion du Christ ; sa résistance à la volonté de Dieu commença à se briser ici. C’est la mort de notre vieille nature qui permettra au Saint-Esprit de sortir de Sa cage, et de nous élargir pour l’instauration du royaume de Dieu en nous.

  Il nous faut d'abord être au clair sur un point très important : notre âme, avec ses réserves d'énergie et de ressources naturelles, nous suivra jusqu'à notre mort. Jusqu'à ce moment-là, et jour après jour, il sera continuellement nécessaire que la croix opère un brisement en nous, pour contrecarrer ses activités indépendantes de Dieu. C'est un principe de brisement et de renoncement permanent qui est mis en avant dans ces mots : « Qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive » (Marc 8 v. 34).

  Nous ne pourrons jamais nous y soustraire, car celui qui veut l'éviter « n'est pas digne de moi » (Matthieu 10 v. 38) ; « il ne peut être mon disciple » (Luc 14 v. 27). La mort et la résurrection doivent être le principe qui agit constamment dans nos vies, pour que notre âme perde son pouvoir de domination, comme Pharaon dans la mer Rouge, afin que l'Esprit ait toute liberté d’action.

  Lorsque le Seigneur nous commande de faire « de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Matthieu 28 v. 19) ; Il ne nous commande pas d’en faire des « chrétiens » seulement, mais des disciples ; c’est-à-dire des croyants qui ont appris à renoncer à eux-mêmes, et à porter leur croix, tous les jours de leur vie. Tel est le prix de tout accroissement spirituel !

  « Quand je crie, réponds-moi, Dieu de ma justice ! Dans la détresse tu m'as mis au large ; use de grâce envers-moi, et écoute ma prière » (Psaume 4 v. 1). « Dans ma détresse » signifie dans mon resserrement, dans mon enfermement, dans mon étroitesse. C’est ce que produit la croix, une forme de prison momentanée, où l’on se sent lié par les circonstances de notre vie. Et l’expression « tu m’as mis au large » exprime l’élargissement libérateur de notre vie, grâce à l’épreuve de notre foi, au temps de Dieu.

  Il est des moments où nous aussi nous expérimentons ce qu’a vécu Jonas : « Je suis descendu jusqu'aux racines des montagnes. Les verrous de la terre m'enfermaient pour toujours, mais tu m'as fait remonter vivant du gouffre, Éternel, mon Dieu ! » (Jonas 2 v. 3). Nous devons voir avec les yeux de notre cœur que c’est notre Dieu qui permet les épreuves pour nous discipliner, et que c’est Lui qui veillera à nous en faire sortir au temps voulu. Si nous ne croyons pas cela, nous serons toujours effrayés par la tempête, comme les disciples dans la barque.

 Mais la plénitude de la vie sera toujours notre héritage, nous aussi nous serons rejetés sur la berge de la vie, délivrés de nos raisonnements et résistances naturels. Nos prières, à ce moment-là, ne sont plus égoïstes, mais correspondent parfaitement à la volonté de Dieu. Lorsque Jonas dit : « Les eaux m'ont environné jusqu'à l'âme » (Jonas 2 v. 5) ; nous voyons bien ici que l’objet de l’œuvre de la croix a consisté à briser une résistance chez le prophète. Il est libéré du pouvoir despotique de son âme. Quelque chose de son âme avait un grand besoin d’accroissement. Il est là le miracle de Jonas, c’est la croix, c’est la mort de Jésus, et c’est aussi notre baptême en Christ : « ayant été ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l'a ressuscité des morts » (Colossiens 2 v. 12). L’œuvre de la croix produit la grâce d’être délivrés de notre âme ; elle élargit pour nous la connaissance de la volonté de Dieu, et surtout son acceptation dans l’obéissance.

  La croix se présente sous la forme d’épreuves, sous la forme de temps d’adversité. Les termes bibliques parlent de fournaise, de tempête, de désert, que nous pouvons rencontrer sur nos chemins. Des situations qui nous heurtent, et qui nous « enferment », comme Jonas, dans ce qui équivaut à de « grands poissons ». Ce sont des événements douloureux de notre vie, que Dieu permet pour un temps, à des fins d’éducation et de discipline. Les chrétiens qui sont restés « bébés en Christ » ne supportent pas cette notion biblique de la discipline, ils en ont même une « sainte » horreur. Pour eux, la moindre contrariété doit être résolue dans l’heure. C’est pour cela qu’ils ne grandissent pas en Christ !

  Les concepts de hasard et de fatalité n’existent pas dans l’œuvre de Dieu, toute notre vie est au bénéfice de l’action de la volonté de Dieu : « Ne vend-on pas deux passereaux pour un sou ? Cependant, il n'en tombe pas un à terre sans la volonté de votre Père » (Matthieu 10 v. 29). Les cheveux de nos têtes sont comptés ; nous ne devrions jamais oublier que tout ce qui arrive à un chrétien est sous le contrôle absolu de Dieu ; aucune adversité et persécution petite ou grande ne nous viennent par accident : « Qui dira qu'une chose arrive, sans que le Seigneur l'ait ordonnée ? N'est-ce pas de la volonté du Très-Haut que viennent les maux et les biens ? Pourquoi l'homme vivant se plaindrait-il ? Que chacun se plaigne de ses propres péchés » (Lamentations 3 v. 37 à 39).

  C’est vraiment ce que la première génération des hébreux dans le désert a négligé. Dieu éprouvait leur foi pour les préparer à la conquête de Canaan ; mais eux, au lieu d’accepter les épreuves sans murmurer, se sont plaints de la discipline de leur Dieu. Ils auraient mieux fait de se plaindre de leurs propres péchés, et de leur propre résistance à l’œuvre de Dieu.

  Je rappelle ici que la discipline est la sœur jumelle de la révélation ; l’une ne peut nous élargir sans l’autre. L’une ne peut atteindre le but de Dieu sans l’autre. De la même manière que Dieu nous révèle Son salut, Il veut nous révéler qu’Il est avec nous dans les épreuves. Le savoir intellectuellement seulement ne suffit pas, il nous faut expérimenter la puissante vie du Seigneur qui se cache dans la Parole. Nos victoires dans les épreuves passent par un éclaircissement des yeux de notre cœur, par le Saint-Esprit, c’est cela qui produit la vraie foi triomphante.

  La foi qui va nous permettre de traverser les tempêtes repose sur le fondement de la révélation que Dieu est avec nous dans nos épreuves, c’est très important. Un chrétien victorieux dans les épreuves est un chrétien qui a vu avec les yeux de son cœur que Jésus était avec lui dans les tempêtes, dans la barque de sa vie, et qu’Il a autorité sur elles, donc pas besoin de le réveiller par nos lamentations incrédules. La révélation de la volonté de Dieu nous donne une foi solide ; quand bien même nous serions détrempés par les eaux en furie. Cette foi ne peut provenir que du Saint-Esprit, et non pas de notre force naturelle.

  Un chrétien qui a la révélation que Jésus est avec lui dans sa fournaise la traversera en vainqueur ; mais il lui faudra quand même la traverser. Connaissez-vous les creusets, et leurs fonctions ? Ce sont des pots en matériau réfractaire ou en métal qui servaient à la fusion de l’or et de l’argent. Le fondeur faisait passer à maintes reprises l’argent ou l’or par le feu, jusqu’à ce que les impuretés aient disparu. Eh bien les circonstances de nos vies qui nous « brûlent » ont la fonction de « creuset ». L’apôtre Pierre nous exhorte à ne pas être surpris par ces choses : « Bien-aimés, ne soyez pas surpris, comme d'une chose étrange qui vous arrive, de la fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver. Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de Christ, afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l'allégresse lorsque sa gloire apparaîtra » (1 Pierre 4 v. 12 et 13). Les fournaises que nous rencontrons font partie intégrante du plan de Dieu pour nos vies, et n’ont d’autre but que de nous purifier de toutes nos impuretés afin de nous « élargir spirituellement ».

  Dans nos milieux évangéliques, nous mettons l’accent sur le baptême du Saint-Esprit, et c’est très bien ; mais n’oublions pas qu’il est lié au baptême de feu : « Lui, Il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu » (Matthieu 3 v. 11). Nous réclamons souvent le « feu de la Pentecôte », mais réalisons-nous que ce feu est aussi là pour nous consumer, pour réduire en cendre notre vieille nature rebelle ? Nous avons peut-être oublié dans nos enseignements que l'expérience de la Pentecôte revêt ces deux facettes. L’une nous permet de vivre la vie de Christ, l’autre brûle ce qui appartient à notre vieille nature. C’est par le feu que les vases de terre deviendront des vases d’honneur : « Ôte de l’argent les scories, et il en sortira un vase pour l’orfèvre » (Proverbes 25 v. 4).

  Le creuset est fait pour le métal précieux, et nous sommes tous et toutes très précieux pour Christ. Nombreux sont les enfants de Dieu qui rejettent ces choses parce qu’ils ne les comprennent pas. Il est vrai, à leur décharge, que la prédication de la croix a quasiment disparu de nos milieux chrétiens. Beaucoup s’imaginent encore que la discipline de Dieu est une œuvre punitive, mais il n’en est rien. La punition est la rétribution des erreurs de quelqu'un, or en Christ, nos péchés sont pardonnés et oubliés : « Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » (Romains 8 v. 1).

  En revanche, la discipline de Dieu est le moyen qui permet notre éducation, nous empêche de commettre toujours les mêmes erreurs, et nous fait participer à la sainteté de notre Dieu : « mais Dieu nous discipline pour notre profit, afin que nous participions à sa sainteté » (Hébreux 12 v. 10). Je parle d’une transformation authentique de notre cœur, par le Saint-Esprit, qui nous procure une véritable plénitude de Dieu. Elle est là la vraie circoncision. Dans Son amour : « C’est comme des fils que Dieu vous traite » (Hébreux 12 v. 7). Et la Bible nous dit que l’aboutissement de ce traitement par le feu sera la louange, la gloire et l'honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra.

  Dieu utilisait déjà cette pédagogie vis-à-vis de Son peuple ; Ésaïe chapitre 48 versets 10 et 11 nous dit : « Je t'ai mis au creuset, mais non pour retirer de l'argent ; je t'ai éprouvé dans la fournaise de l'adversité. C'est pour l'amour de moi, pour l'amour de moi, que je veux agir ; car comment mon nom serait-il profané ? » La Parole nous confirme bien que c’est Dieu qui nous place   dans l’épreuve ; que les fournaises que nous rencontrons sont comme un feu purificateur ; que ce feu nous délivre de tout ce qui est profane dans nos vies, de tout ce qui s’oppose au sacré, et de cette force naturelle qui menotte l’Esprit-Saint. Mais n’est-ce pas là notre prière de chaque instant ? Celle de vouloir plaire au Seigneur Jésus-Christ, celle de nous consacrer ; lorsque nous faisons cette prière, ne nous étonnons pas si quelques circonstances désagréables frappent à la porte de notre vie. C’est uniquement de la discipline, c’est un élargissement libérateur, c’est un traitement d’amour.

  Ce processus de purification, de consécration, de croissance, n’est-ce pas l’essence même de notre désir de plaire à Dieu, de notre désir de plénitude ? Alors qu’importent mes états d’âme, mes ambitions religieuses, ma réputation, ma renommée ; Dieu m’a sauvé pour me rendre semblable à Son Fils. Lorsqu’Il m’a saisi dans ma course effrénée vers l'enfer, et m’a fait faire demi-tour, lorsqu'Il m’a renouvelé, Il a mis fin à mon vieux « moi », et a créé en moi un homme nouveau. Son but est de reproduire en nous la beauté de son Fils ; et aucun chrétien ne doit s’arrêter de chercher Dieu avant que la beauté du Fils de Dieu, n'ait été reproduite dans sa vie chrétienne.

  La croix atteint son objectif en détruisant les forces de sa « victime », pour libérer les propres forces du Seigneur. C'est ainsi qu'elle remporte toujours la victoire et que nous devenons des vainqueurs. Elle gagne le combat par la défaite complète de ses opposants, et leur impose sa volonté d'une manière absolue. N’oublions jamais que Jacob a gagné la bénédiction en perdant son combat ; et que Paul était rendu fort par le Seigneur en acceptant qu’un démon l’affaiblisse.

  La croix est toujours la plus forte ; et lorsque nous croyons perdre quelque chose, la croix nous élargit de gloire en gloire. Elle n'accepte jamais de compromis, elle ne discute jamais, ne marchande jamais, ne cède jamais rien sous prétexte de trouver un terrain d’entente entre le sacré et le profane. Elle ne se soucie pas de faire la paix. Sa seule préoccupation, c'est de faire cesser toute opposition au Saint-Esprit, aussi rapidement que possible en faveur de l’extension du royaume.

 

Un message de Frédéric Gabelle
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