7.Détaillons différents points

7.Détaillons différents points

7. Détaillons différents points - Voici en quelques mots quelle sera notre propre victoire dans l’épreuve. Jonas, Job, Joseph, Jacob, et tant d’autres par les siècles, ont été victorieux au moment où ils ont souffert l’œuvre de la croix dans les profondeurs de leur vie.

« Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez Ses traces » (1 Pierre 2 v. 21).

  Premier point : « Lorsque le temps où il devait être enlevé du monde approcha, Jésus prit la résolution de se rendre à Jérusalem » (Luc 9 v. 51). Lorsque nous avons compris que pour expérimenter nous-mêmes un accroissement spirituel, il nous faut passer par l’œuvre de la croix, et bien, nous acceptons résolument d’aller à sa rencontre. C’est-à-dire que, au lieu de la fuir, nous l’acceptons dans notre vie, autant de fois que notre Père le jugera nécessaire. Nous devons prendre la résolution de nous rendre à Jérusalem de tout notre cœur, c’est alors que l’œuvre de discipline de la croix se fera. Et n’oublions jamais, frères et sœurs, que celui qui accepte de marcher jusqu’à la croix ne doit pas se décourager en chemin, il marche jusqu’à ce que la croix produise son effet.

  Galates 2 v. 20 nous dit que Jésus s’est livré lui-même à la croix pour nous ; jamais par obligation : « Le Père m'aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre. Personne ne me l'ôte, mais je la donne de moi-même » (Jean 10 v. 17 et 18). Personne ne nous force à porter notre croix, à livrer notre vie entre les mains de Dieu. C'est nous qui, volontairement, nous en chargeons, dans une pleine connaissance de sa valeur libératrice. La première génération des hébreux symbolise la marche dans la chair. Refusant de se laisser discipliner et murmurant constamment lorsque Dieu les éprouvait à cet effet. Ils ont récolté ce qu’ils ont semé ; ils se sont vu refuser l’entrée du pays de la promesse. Nous choisissons librement d'obéir à Christ ou non, avec toutes les conséquences que cela peut engendrer. C’est sur cette base d’amour désintéressé entre notre Père et nous, que nous serons spirituellement élargis par la vie de résurrection : afin de nous asseoir avec Christ dans les lieux célestes. Le vainqueur est résolu dans son cœur d’accepter tout ce que son Dieu suscitera dans sa vie pour grandir dans la foi.

  Deuxième point : « Alors tous l'abandonnèrent, et prirent la fuite » (Marc 14 v. 50). Une certaine solitude semble être le prix que le croyant doive payer en suivant Christ sur la croix. Il aspire ardemment à la communion avec ses semblables, avec ceux qui peuvent comprendre ses désirs, ses aspirations, et son besoin vital des profondeurs de Christ. Mais il est souvent obligé de marcher seul, sans pour autant s’écarter de ses frères et sœurs. Notre Seigneur a connu les mêmes souffrances. Les prophètes des époques antérieures au Christianisme furent très différents les uns des autres. Mais ils avaient en commun un signe distinctif : leur solitude forcée. Ils aimaient leur peuple et glorifiaient la religion de leurs pères, mais leur loyauté au Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, ainsi que leur zèle pour la nation d'Israël, les ont éloignés des foules, pour passer par de longues périodes d'abattement à rechercher la volonté et les pensées de leur Dieu. « Je suis devenu un étranger pour mes frères, un inconnu pour les fils de ma mère » (Psaume 69 v. 8), s'est exclamé l'un d'eux, qui s'exprimait sans le savoir pour tous les autres.

 Rappelez-vous toujours ceci ; on ne porte jamais sa croix à plusieurs ! Même quand nous sommes entourés d'une grande foule, notre croix nous est personnelle accomplissant une œuvre qui nous est propre. « Ils l'abandonnèrent tous, et s'enfuirent ». Ne craignons pas cette forme de solitude, c’est aussi une œuvre de Dieu qui nous poussera plus profondément dans la présence de Dieu. « Car mon père et ma mère m'abandonnent, mais l'Éternel me recueillera » (Psaume 27 v. 10).

  Troisième point : « Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne. Alors un ange lui apparut du ciel, pour le fortifier » (Luc 22 v. 42 et 43). Ces paroles, prononcées à Gethsémané, indiquent que le Christ a renoncé à Lui-même et a mis sa volonté du côté de Dieu, dans l'affreuse angoisse qu'il traversait. La pression était si forte que sa sueur devint comme de grosses gouttes de sang. « Pas ma volonté, mais la tienne », était la déclaration de son attitude de vie dans l'épreuve qui Le touchait. La volonté des disciples dans la tempête avait été d’imposer leur propre volonté au Seigneur ; d’où cette remontrance : « Pourquoi avez-vous ainsi peur ? Comment n'avez-vous point de foi ? » (Marc 4 v. 40). S’il nous faut recevoir une foi qui nous fait vivre les tempêtes dans le repos, nous pouvons néanmoins prier le Seigneur pour qu’Il nous fortifie dans notre volonté de Lui obéir, et Il le fera.

  Nous devons souvent avouer que dans nos épreuves, nous demandons souvent à l’Esprit de nous fortifier pour sortir de celle-ci, pas pour la traverser. Or le Seigneur nous montre qu’elle doit être notre position : « Pas ma volonté, mais la tienne ». Et la force nous sera donnée par grâce pour traverser toutes nos tempêtes.

  Quatrième point : « Et ils crachaient contre lui, prenaient le roseau, et frappaient sur sa tête. Après s'être ainsi moqués de lui, ils lui ôtèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l'emmenèrent pour le crucifier » (Matthieu 27 v. 30 et 31).

  Ce sont les hommes qui ont amené le Seigneur à la croix ; ce sont les hommes qui ont jeté Jonas à la mer ; c’est par les mains de Marie que le vase fut brisé ; c’est par les mains des hommes de Nabucadnetsar que Shadrak, Méshak et Abed-Nego, furent jetés dans la fournaise. Il y a comme cela une multitude d’exemples dans la Bible qui confirment  ce principe divin.

  Notre Dieu se servira souvent d’hommes et de femmes, ayant un certain pouvoir sur nous, pour nous faire vivre notre croix. Vous vous souvenez de ce que va dire Jésus à Pilate, dans le prétoire ? : « Ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te crucifier, et que j'ai le pouvoir de te relâcher ? Jésus répondit : Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir, s'il ne t'avait été donné d'en haut » (Jean 19 v. 10 et 11). Oui, Dieu peut donner un certain pouvoir aux hommes envers nous, Il sait très bien ce qu’Il fait. Le problème, c’est que nous, nous ne le savons pas, nous ne l’acceptons pas, nous ne le croyons pas. Supporter ainsi l'injustice, en nous taisant, sans murmurer, sans nous justifier, c'est imiter le Christ. En portant nos péchés à notre place, Christ a souffert injustement ; d'après son exemple, nous devons être prêts aussi à souffrir injustement, même de la part de ceux et celles qui nous sont proches !

  « Soyez soumis en toute crainte à vos maîtres, non seulement à ceux qui sont bons et doux, mais aussi à ceux qui sont d'un caractère difficile. Car c'est une grâce que de supporter des afflictions par motif de conscience envers Dieu, quand on souffre injustement. En effet, quelle gloire y a-t-il à supporter de mauvais traitements pour avoir commis des fautes ? Mais si vous supportez la souffrance lorsque vous faites ce qui est bien, c'est une grâce devant Dieu » (1 Pierre 2 v. 18 à 20).

  C'est à propos de choses toutes ordinaires que Pierre prononce ces paroles importantes, nous présentant Christ comme notre Garant et notre Modèle. Sommes-nous vraiment conscients de cette vérité spirituelle ? Supporter de souffrir injustement de la part de nos semblables n’est certes pas facile. Il y a là non seulement préjudice et douleur, mais encore un sentiment d'humiliation et d'injustice, qui réveille la conscience de nos droits pour nous faire réagir. C’est exactement cette séduction que le diable a employé vis-à-vis de Jésus dans le désert : « Si tu es Fils de Dieu » (Matthieu 4 v. 6). Combien je l’entends séduire de nombreux chrétiens autour de moi : « Si tu es chrétien, si tu es fils de Dieu, tu ne devrais pas accepter ceci ou cela ! Tu devrais te battre, employer la force de Dieu pour te sortir toi-même de cette tempête. Tu devrais dire ses quatre vérités à celui qui t’offense. Tu devrais réagir face à l’injustice, tu es dans ton droit de réagir ».

  Dans ce qui nous arrive par l'entremise des hommes, il n'est pas toujours facile de discerner la volonté de Dieu, et de nous dire aussitôt, qu'Il permet cette épreuve pour nous aider à renoncer à nos droits. Étudions ce modèle ; il nous apprendra ce qui lui donnait la force de supporter patiemment l'injustice. Christ voyait dans la souffrance la volonté de Dieu, il voyait la providence qui le conduisait exactement à l’endroit où Il devait être. N’oublions pas que le Christ ne cherchait pas sa propre volonté, mais celle de Son Père ; c’était même Sa nourriture.

  Il connaissait les Écritures déclarant que le serviteur de Dieu doit souffrir. Cette pensée Lui était devenue familière, en sorte qu'à l'arrivée de la souffrance, Il n'en fut pas surpris. Il l'attendait, Il savait qu'elle devait contribuer à son élargissement spirituel. Il n'eut donc pas l'idée de chercher comment Il pourrait s'en délivrer, comme les disciples dans la barque, mais plutôt comment Il pourrait glorifier Dieu par là-même. Ceci Le rendit capable de supporter tranquillement la plus grande injustice que la terre a portée. Il voyait là la main de Dieu ; Il savait que si un homme prenait pouvoir sur Lui, c’était la volonté de Son Père : « Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir, s'il ne t'avait été donné d'en haut » (Jean 19 v. 10 et 11).

  Voyez-vous, il est vraiment possible de souffrir injustement dans le même esprit que Christ ; il nous faut pour cela nous accoutumer à reconnaître la main de Dieu dans tout ce qui nous arrive. Il faut que notre foi soit consolidée par la lumière de la Parole. Ce que Jésus veut nous enseigner à travers ce sujet est plus important que nous le pensons. Qu'il s'agisse de quelque injustice dans des choses graves, ou de quelque petite offense du courant de chaque jour, avant d'arrêter notre pensée sur la personne qui en est la raison, et de vouloir nous justifier, prenons du recul, et rappelons-nous ceci : « Dieu permet cette épreuve sur ma route car Il veut m’élargir ; alors je me dois d’accepter l’humiliation sans ouvrir la bouche comme mon Maître. Cette épreuve, grande ou petite, me vient de Dieu, elle est Sa volonté à mon égard ; et ce n’est certainement pas faire l’apologie de la souffrance, mais simplement ressembler à Christ ». N’oublions jamais que c’est Dieu qui a permis que poussent les épines qui ont blessé Son Fils : « Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu'il vous élève au temps convenable ; et déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car Lui-même prend soin de vous » (1 Pierre 5 v. 5 à 7).

  Christ croyait que Dieu prendrait soin de Ses droits, de Son honneur, et surtout de Son avenir. Nous avons en nous un sentiment inné de justice qui vient de Dieu ; mais le chrétien qui vit encore dans sa chair veut avoir son honneur vengé dès ici-bas, il veut qu’on lui fasse justice, tandis que celui qui est assis avec Christ dans les lieux célestes, se contente de laisser à Dieu le soin de venger son honneur et ses droits ; il se sait en sûreté dans la main de Dieu. Ainsi faisait notre Seigneur Jésus. Pierre nous dit « qu'il s'en remettait à celui qui juge justement » (1 Pierre 2 v. 23), sans rien essayer de faire par Lui-même pour se    justifier.

  L’humiliation, l’injustice, l’abandon, la critique, font partie de la croix. C'était une chose entendue entre le Père et le Fils, que Christ n'avait pas à prendre soin de son honneur Lui-même ; mais seulement de celui de Son Père, et que Son Père pourvoirait à la gloire du Fils. Qu'en ceci les chrétiens suivent l'exemple de Christ et il en retirera beaucoup de paix et de repos d'esprit dans les vies chrétiennes et dans les églises. Plaçons sous la garde de Dieu nos droits, notre honneur, notre justice ; recevons chaque offense avec la ferme confiance que Dieu veille sur nous et prend soin de nous, « nous en remettant à celui qui juge justement ».

  « C'est là ce qui fait votre joie, quoique maintenant, puisqu'il le faut, vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves, afin que l'épreuve de votre foi, plus précieuse que l'or périssable qui cependant est éprouvé par le feu, ait pour résultat la louange, la gloire et l'honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra, lui que vous aimez sans l'avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore, vous réjouissant d'une joie ineffable et glorieuse » (1 Pierre 1 v. 6 à 8).

  Cinquième point : « …sauve-toi toi-même ! Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix ! » (Matthieu 27 v. 40). Un point important pour le croyant qui accepte la croix dans sa vie est celui d’être très attentif aux ruses du diable. Lorsque nous acceptons l’épreuve, la tentation d’agir par nous-mêmes sera très forte. Le diable, à travers les hommes et notre raisonnement, nous poussera à trouver une solution humaine à nos problèmes. Il va essayer de provoquer chez nous une spiritualisation de moyens humains pour sortir de notre tempête. Imaginez-vous Moïse essayant de construire des embarcations pour traverser la mer Rouge ; c’est-à-dire un moyen humain pour contourner l’obstacle que Dieu avait placé intentionnellement. Ébloui par ses propres raisonnements, Moïse n’aurait pas compris que Dieu avait décidé de baptiser le peuple en lui ; et de faire mourir Pharaon dans la mer. Pharaon, étant le symbole fort de la mort du pouvoir despotique du péché et de la loi, à travers notre propre baptême en Jésus-Christ.

  Sixième point : « Jésus dit : Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font » (Luc 23 v. 34). Christ croyait à la puissance de l'amour qui sait souffrir injustement. Nous reconnaissons tous qu'il n'est pas de plus grande puissance que celle de l'amour. C'est par là que Christ a vaincu l'inimitié du monde. Toute autre victoire n'obtient qu'une soumission forcée, l'amour seul opère le véritable pardon, et la véritable victoire, qui permet au Père de répandre Son propre pardon. Nous admettons tous cette vérité en théorie, mais nous reculons souvent devant son application lorsque les hommes nous trahissent. Christ l'a mise en pratique sur la croix, en réponse à la trahison des hommes. Il a cru que, par le silence, la soumission, la souffrance, il gagnerait sa cause, parce que c'est ainsi que l'amour obtient la victoire.

  Le pardon de Dieu nous donne droit à toutes les bénédictions spirituelles qui nous sont préparées en Jésus-Christ. Jamais, ni ici-bas, ni dans l'éternité, le racheté ne pourra oublier qu'il est un pécheur pardonné. C'est à pardonner que Dieu trouve sa gloire et son bonheur. Et c'est cette gloire et ce bonheur que Dieu veut faire partager à ses rachetés, quand il les appelle à pardonner eux-mêmes toutes les offenses dont ils sont victimes. Après l'ascension de Jésus, l’Écriture nous dit que nous devons pardonner comme lui : « Comme Christ vous a pardonné, vous aussi faites de même ».

  Voilà ce qu'enseignent les Écritures ; mais, que disent la vie et l'expérience des chrétiens ? Hélas ! Combien d'entre nous pratiquent à peine ce que la Bible dit sur ce sujet, ou trouvent toujours dans leur cas particulier des raisons pour se dispenser d'obéir et pour murmurer contre ceux et celles qui leur font du mal. Jamais les excuses ne manquent, et pourtant le commandement est clair autant que l'avertissement qui le suit est solennel : « Comme Christ vous a pardonné, vous aussi faites de même » ; « Si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs offenses, votre Père ne vous pardonnera pas non plus les vôtres » (Matthieu 6 v. 15). C’est en nous conformant à l'exemple de Christ, plutôt qu’à obéir aux désirs vengeurs de notre chair, que la croix obtiendra le résultat espéré. Le pardon n’est pas une option : « Si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses ».

  Et si cela nous paraît trop difficile, trop élevé pour nous, souvenons-nous que c'est notre cœur naturel qui parle ainsi. Notre nature pécheresse ne goûte pas cette joie là et ne peut jamais l'obtenir. Mais dès que nous sommes unis à Christ dans l’obéissance, nous le pouvons ; celui qui demeure en Christ marche comme lui-même a marché. Et même lorsque nous subirons les injustices humaines, il nous faut pardonner comme Lui, Jésus, Fils de Dieu, a pardonné à ceux qui le crucifiaient  ; voilà  la règle de notre vie. Jésus, qui a donné ce commandement, nous donnera aussi la force de l'accomplir, pour nous amener plus profondément dans Sa plénitude, c’est un passage obligatoire.

Là encore, il faut que les yeux de notre cœur soient ouverts par l’Esprit. Nous nous verrons alors unis à Christ lorsqu’Il pardonnait l’impardonnable. Notre identification à Christ nous poussera à laisser Christ pardonner à quiconque nous offense. Nous ne serons que le canal du pardon de Christ !

  Septième point : « Jésus s'écria d'une voix forte : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » (Matthieu 27 v. 46). Cette question trouve sa réponse en Daniel 3 v. 26 : « Schadrac, Méschac et Abed-Nego sortirent du milieu du feu. Les satrapes, les intendants, les gouverneurs, et les conseillers du roi s'assemblèrent ; ils virent que le feu n'avait eu aucun pouvoir sur le corps de ces hommes, que les cheveux de leur tête n'avaient pas été brûlés, que leurs caleçons n'étaient point endommagés, et que l'odeur du feu ne les avait pas atteints » (Daniel 3 v. 26 et 27). Nous voyons que la fournaise n’a pas eu d’impact sur leur vie. Pourtant il y a bien quelque chose que la fournaise leur a enlevé : « Eh bien, je vois quatre hommes sans liens » (Daniel 3 v. 25).

  Oui, leurs liens ont disparu dans le feu de l’épreuve. Et pour nous la leçon est merveilleuse, car nos fournaises vont nous purifier également de tout ce qui nous lie : notre sagesse personnelle, nos sentiments et émotions, notre volonté propre, notre propre justice, etc... Lorsque les hommes vont nous regarder, ils constateront un changement spirituel, un élargissement spirituel ; une liberté céleste croissante qui va être pour eux un témoignage de la puissance et de la grâce de Dieu. À la question : « Pourquoi m'as-tu abandonné ? », Dieu répond à Son Fils : « Je désire Te délivrer de tout ce qui Te limite sur la terre ; Je désire T’élargir pour que Ton royaume s’élargisse. Je désire Te multiplier comme Tu as multiplié les pains et les poissons en faveur de l’humanité, mais pour cela, Je dois Te briser entre mes mains comme Tu as brisé les pains entre les Tiennes ».

  Cette question trouve une autre réponse en Job chapitre 19. Job nous montre la conduite à tenir dans toutes nos fournaises ; que cela soit en pensées, en paroles, ou en actions, nous devons être imprégnés de la même conviction : « Mais je sais que mon rédempteur est vivant, et qu'il se lèvera le dernier sur la terre. Quand ma peau sera détruite, il se lèvera ; quand je n'aurai plus de chair, je verrai Dieu. Je le verrai, et il me sera favorable ; mes yeux le verront, et non ceux d'un autre ; mon âme languit d'attente au dedans de moi » (Job 19 versets 25 à 27). Il est tellement animé et convaincu de ce fondement que sa foi le pousse même à prophétiser ce qui va lui arriver : « Je le verrai, et Il me sera favorable ; mes yeux le verront, et non ceux d'un autre ». Souvenez-vous, il va le proclamer à la fin de son épreuve : « mais maintenant mon œil t'a vu ».

  À la question de Job : « Pourquoi m'as-tu abandonné ? », à travers son expression : « L’Éternel a donné, et l’Éternel a ôté » (Job 1 v. 21), Dieu répond : « Il se trouve dans ta vie un voile de séparation, que tu ne connais pas, qui t’emprisonne et qui rétrécit ta perception spirituelle de Dieu. Il faut qu’une forme de propre justice meurt en toi, qu’elle soit brisée, afin que les yeux de ton cœur s’élargissent sur une connaissance nouvelle et élargie de ma propre justice. Par le moyen de la maladie, je t’éprouve pour susciter en toi un accroissement de ma personne à tes yeux ! ». L’épreuve ayant atteint le but de Dieu, Job proclama : « Mon oreille avait entendu parler de toi ; Mais maintenant mon œil t'a vu » (Job 42 v. 5).

  Huitième point : « Père, je remets mon esprit entre tes mains » (Luc 23 v. 46). Quand il n’y a plus d’espoir de nous sortir nous-mêmes de nos situations difficiles ; lorsque nous avons renié nos forces naturelles pour laisser la place à l’œuvre du Créateur ; alors se réalise miraculeusement une puissante transformation intérieure. La mort de quelque chose s’opère, et laisse la place à la vie de résurrection. Dans la détresse, dans l’épreuve, à travers nos tempêtes et nos fournaises, Dieu élargit nos vies pour libérer Son esprit, afin que les vertus célestes de Christ prennent toutes leurs places : « la plénitude de celui qui remplit tout en tous » (Éphésiens 1 v. 23).

Voici en quelques mots quelle sera notre propre victoire dans l’épreuve. Jonas, Job, Joseph, Jacob, et tant d’autres par les siècles, ont été victorieux au moment où ils ont souffert l’œuvre de la croix dans les profondeurs de leur vie. En attendant en silence le secours de leur Dieu ; un brisement intérieur leur a permis de s’abandonner plus complètement entre les mains du Créateur.

  Pour les regards profanes, cela peut ressembler plus à une défaite qu’à une victoire, mais les voies de Dieu ne sont pas les nôtres. En réalité, dans leur humilité, Dieu bâtissait en eux un élargissement spirituel, leur permettant d’atteindre un niveau spirituel supérieur. Afin d’atteindre son but, Dieu a employé une méthode extraordinaire ; l’œuvre de la grâce va détruire ce qui appartient à l’ancienne création, pour mieux mettre en valeur ce qui concerne la nouvelle ! Je laisse sur votre cœur les paroles qui résument assez bien cette œuvre ; celles prononcées par celui que Jésus a considéré comme étant le plus grand des prophètes, Jean-Baptiste : « Il faut qu'il croisse, et que je diminue » (Jean 3 v. 30).

Conclusion

Dans la vie chrétienne, comme on la comprend ordinairement aujourd’hui, où chacun cherche à remplir par ses propres efforts sa vocation de racheté, ou chacun fait ce qui lui semble bon du mieux qu’il peut, il est impossible d’être en conformité à l'image du Seigneur. Au contraire, cette conformité est possible dans la vie de celui qui cherche la vérité plus que tous les trésors de la terre ; qui renonce à lui-même en portant sa croix ; qui s'abandonne au Seigneur pour recevoir toutes les révélations de la Parole dont il a besoin pour son élargissement ; qui remet tout entre les mains du Créateur avec la confiance qu'Il fera constamment tout à merveille ; qui a vu avec les yeux de son cœur qu’il a été crucifié au monde et à lui-même.

  Si nous comparons nos souffrances à celles de notre Seigneur, elles sont bien légères. La Bible nous dit que le Seigneur Jésus a méprisé l'ignominie et enduré les souffrances de la croix. Ce que traverse un croyant est beaucoup moins sévère que ce que le Seigneur a subi ! Le Seigneur Jésus a méprisé l'ignominie et enduré les souffrances de la croix jusqu'à ce que le sang soit répandu. Bien que nous souffrons aussi l'ignominie, et que nous endurons la croix, nous n’avons pas encore résisté jusqu'au sang.

  Quand le Saint-Esprit vient glorifier Jésus en nous, c’est sous deux aspects qu’Il nous révèle Sa gloire : Il révèle Christ en nous par la révélation de la Parole, car c’est par l’Esprit de Dieu que nous recevons toute notion vivante, toute connaissance véritable et vivante de Christ ; et deuxièmement, l’Esprit nous discipline et brise toute résistance en nous, afin que nous ayons la capacité de marcher par notre esprit.

  À notre conversion nous sommes des enfants en Christ, charnels et autosuffisants. Christ est entré en nous comme un faible nouveau-né qui ne demande qu’à grandir pour   l’édification du Temple de notre vie. L’Esprit de Dieu nous discipline alors et nous élargit dans la Lumière, pour permettre à Christ de se développer et de s’accroître en nous, et qu’Il soit « formé en nous » (Galates 4 v. 19).

  Chers amis, que le Seigneur applique ces vérités à nos cœurs par Sa grâce, d’un côté pour nous détacher des choses de ce monde et de nous-mêmes, et d’un autre, pour nous attacher à sa venue en personne, afin que nous nous purifions, comme Il est pur. Non, il n’est rien qui puisse mieux nous montrer ce que doit être notre sanctification, et la provoquer en nous ; rien qui puisse autant nous consoler, nous ranimer et nous identifier avec Celui qui a souffert pour nous, afin que nous qui souffrons, nous régnions avec Lui, cohéritiers en gloire. Assurément, si l’on attendait davantage le Seigneur de jour en jour, il y aurait un réel renoncement qui n’apparaît pas beaucoup parmi les chrétiens d’aujourd’hui.

  Dieu nous propose Son aide précieuse pour notre propre élargissement, afin de contempler Sa gloire, pour que toute pensée devienne captive en Christ ; pour que tout obéisse à Christ ; pour que de notre nature ainsi renouvelée, s’élève ce chant de louange dans le pays de la promesse : « Gloire à celui qui est assis sur le trône ! »  (Apocalypse 5 v. 13)

« Tes oreilles entendront derrière toi la voix qui dira : Voici le chemin, marchez-y ! »

(Ésaïe 30 v. 21)

 

Un message de Frédéric Gabelle
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