Pourquoi les églises se vident

Pourquoi les églises se vident

Les évangéliques ne connaissent plus la Bible, nous devons nous asseoir et étudier la Bible, connaître les Écritures et être correctement équipés pour le ministère».

Les églises se vident, au-delà du phénomène Covid, qui depuis deux ans a premièrement interrompu les rassemblements (confinements), puis les a limités (jauges) et qui maintenant les perturbe (pass sanitaire [en Suisse]) et continue de peser comme une menace constante.

Mais attention que l’arbre ne cache pas la forêt : d’après une étude signée par deux chercheurs de l’université de Lausanne (UNIL) il semble que d’autres mécanismes soient à l’œuvre depuis beaucoup plus longtemps pour expliquer une désaffection progressive généralisée.
Chute drastique de la prière

Un repère intéressant sur le cas Suisse : en 1910, 99 % de la population se revendiquait soit catholique soit évangélique réformée. En 2019, ce chiffre est tombé à 57 % (selon l’Office Fédéral de la Statistique Suisse. 

Le phénomène tend à s’accélérer, si on jette un œil sur la pratique : de 1988 à 2018, la pratique de la prière personnelle quotidienne chez les chrétiens interrogés serait passée de 43% à 14%.

La religiosité chrétienne décline-t-elle au profit d’autres formes de spiritualité ? Les sociologues du religieux répondent par la négative. Les pratiques relevant du domaine dit des spiritualités sont restées relativement stable. « Une révolution spirituelle holistique n’a pas non plus lieu », estime l’étude.

D’après le sociologue des religions Jörg Stolz, coauteur de l’étude, « ce phénomène s’observe indépendamment de la géographie, du statut social ou du lieu d’habitation, à la ville ou à la campagne et il est inter-générationnel ». Il reste une énigme pour les chercheurs même si on peut penser que la modernisation générale offre de plus en plus de moyens à disposition des gens pour satisfaire leurs besoins autrement que par la religion ».

La sécularisation de la société (ce que l’apôtre Paul appelle « l’apostasie ») se traduirait d’abord par une baisse de fréquentation des églises, puis par un déclin de la foi et en dernier lieu par un retrait de l’appartenance confessionnelle.  

Augmentation de illettrisme biblique

Dans un article publié le 3 décembre dernier, et commenté par le site evangeliques.info, le secrétaire général de l’Alliance évangélique mondiale (AEM) Thomas Schirrmacher affirme que la plus grande crise à laquelle est confronté l’évangélisme mondial aujourd’hui est l’illetrisme biblique croissant. À ses yeux, le fait que la connaissance biblique s’estompe est notre plus grand problème, au-delà de toutes les différences théologiques, des problèmes financiers et des questions politiques.

Selon le rapport « État de la Bible 2020 » publié par le Barna Group et la Société biblique américaine, les adultes américains qui lisent la Bible quotidiennement sont passés de 14 % à 9 % en seulement un an.

Face à ces chiffres inquiétants, l’Alliance Évangélique Mondiale tire la sonnette d’alarme : « Parce que si les évangéliques ne connaissent plus la Bible, cela n’a aucun sens que nous soyons un mouvement biblique. Nous n’avons rien d’autre : nous n’avons pas de pape, aucune structure qui nous maintient ensemble, quoi que nous croyions. Nous devons nous asseoir et étudier la Bible, connaître les Écritures et être correctement équipés pour le ministère ».

Note de Bible et Foi

« Beaucoup de chrétiens attendent un pseudo-réveil, qui aurait comme fonction de rétablir la suprématie de Christ dans l'Eglise. Cette solution de facilité ne correspond pas aux prédictions des Saintes Ecritures. L'homme à dérobé à Dieu les commandes du christianisme moderne, et il s'est fabriqué un « réveil (un veau d'or) » à sa convenance. Ce réveil est celui de l’intellectualisme. La véritable onction céleste ne reposera jamais sur la vieille nature des enfants de Dieu, jamais ».

Commentaire de Leonard Ravenhill

Les réunions de prière sont aujourd'hui la « Cendrillon » de l'Eglise. Cette servante du Seigneur n'est pas aimée et n'est pas courtisée parce qu'elle n'est ni parée de perles d'intellectualisme, ni vêtue de la séduisante soie de la philosophie, ni même fascinante parce qu'elle n'est pas vêtue de la tiare de la psychologie. Elle porte un tissu de fabrication domestique que sont la sincérité et l'humilité et elle n'a pas peur ainsi de se mettre à genoux.

L'offense de la prière réside essentiellement dans le fait qu'elle n'est pas liée à l'efficacité mentale. Non pas que la prière soit partenaire de la paresse mentale, mais plutôt qu'en ces jours que nous vivons, l'efficacité et l'intelligence sont recherchées avant tout. La prière est conditionnée par une seule chose, et cette chose est la spiritualité. On n'a pas besoin d'être spirituel pour prêcher, c'est-à-dire, pour préparer et apporter des sermons parfaits dans l'homélie et exacts du point de vue exégétique. Combinez la mémoire, la connaissance, l'ambition, la personnalité, avec en outre des rayons de livres bien alignés, la confiance en soi et le sentiment d'avoir réussi, et le pupitre est à vous. C'est ainsi que cela se passe presque partout aujourd'hui. La prédication telle que décrite précédemment touche les hommes ; la prière, elle, touche Dieu. La prédication a un impact sur le temps ; la prière, elle, touche l'éternité. Le pupitre peut être une vitrine de boutique pour afficher nos talents ; le lieu secret est fait de silence qui n'a rien à afficher.

La tragédie de cette dernière heure est que nous avons trop d'hommes morts sur la chaire, apportant trop de messages morts à trop de personnes mortes. Ceci est une chose étrange que j'ai observée même dans les cercles fondamentalistes : il est une prédication sans onction. Qu'est-ce que l'onction ? Je sais à peine ce qu'elle est, mais je sais ce qu'elle n'est pas, ou du moins je sais quand elle ne repose pas sur ma propre âme. Prêcher sans onction donne la mort au lieu de donner la vie. Le prédicateur sans onction est une saveur de mort entraînant la mort. La Parole ne prend pas vie à moins que l'onction soit sur le prédicateur.

Frères, nous pourrions tout à fait nous en sortir si nous étions deux fois moins intellectuels mais deux fois plus spirituels. La prédication est une affaire spirituelle. Un sermon qui prend naissance dans la tête touche la tête. Un sermon qui naît dans le cœur touche le cœur. Un prédicateur spirituel produira sous l'action de Dieu des gens spirituels. L'onction n'est pas une douce colombe battant des ailes contre les barreaux hors de l'âme du prédicateur. Mais elle est plutôt quelque chose qui doit être poursuivie et gagnée. On ne peut apprendre l'onction, mais on peut la gagner par la prière. L'onction est le titre de chevalerie de Dieu pour le soldat prédicateur qui a lutté dans la prière et qui a gagné la victoire. La victoire ne se gagne pas sur la chaire en envoyant des projectiles intellectuels ou des plaisanteries, mais elle se gagne dans le lieu secret. La réunion est gagnée ou perdue avant que les pieds du prédicateur atteignent la chaire. L'onction est comme un parfum. L'onction est comme de la dynamite. L'onction ne vient pas au moyen des mains d'un serviteur. Elle ne moisit pas non plus lorsque le prédicateur est jeté en prison. L'onction perce et pénètre. Elle assouplit et adoucit. Quand le marteau de la logique et le feu du zèle humain ne parviennent pas à ouvrir le cœur pierreux, l'onction, elle, y réussit.

Il y a une telle fièvre pour la construction d'églises maintenant, et cependant sans des prédicateurs oints, ces autels ne verront jamais de véritable repentance. Supposons que nous voyions des bateaux de pêche qui prennent le large mois après mois, équipés du dernier radar et du dernier outillage de pêche, et qui reviennent sans avoir rien attrapé, quelle excuse donnerions-nous pour cette stérilité ?

Il est un fait déplorable, c'est que les feux sur l'autel sont pareillement en train de s'éteindre. La réunion de prière est morte ou en train de mourir. Par notre attitude dans la prière, nous disons à Dieu que ce qui a été commencé par l'Esprit, nous pouvons l'achever par la chair. Combien d'églises ne se demandent jamais combien de temps elles passent dans la prière ?

Les ministres qui ne passent pas deux heures par jour dans la prière se comptent sur les doigts de la main - diplômés ou non. Où sont nos chasseurs de poissons oints sur la chaire ? Les prédicateurs qui devraient pêcher les hommes sont trop souvent en train d'aller à la pêche des compliments venant des hommes. Les prédicateurs semaient autrefois ; maintenant, ils se fabriquent des colliers de perles intellectuelles.

Ils partent au loin avec une prédication paralysée, sans puissance qui ne touche pas parce qu'elle est née dans une tombe au lieu d'avoir été enfantée et nourrie dans une âme enflammée et inondée de prière. Il est possible de prêcher et de périr, mais il est impossible de prier et de périr. Si Dieu nous appelle au ministère, alors je clame que nous devrions être remplis d'onction. De tout ton cœur, obtiens l'onction, sinon les autels sombreront à cause de notre intellectualisme dénué d'onction.

Référence : Why Revival Tarries? (Pour Quand le Réveil ? aux éditions VIDA).

 

Arthur KatzUn message de Jérôme Prékel
© Diffusé avec l'aimable autorisation de Jérôme Prekel - ©www.lesarment.com

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