La première manière de prêcher l'Évangile élimine pratiquement la croix. Car des milliers de gens « viennent à Christ » dans avoir clairement compris ce que représente Sa mort pour eux.

 

 

 

 

 

 

 

 

list arrow  Nous publions ici une série d'articles correspondant aux différents chapitres d'un livre écrit par Jessie Penn-Lewis. Cette série d'articles est destinée à nous permettre d'approfondir l'œuvre de la croix, essentielle pour notre sanctification.

 

 

Chapitre 10

 

La croix en tant que proclamation.

L'apôtre Paul a écrit que « la prédication de la croix est la puissance de Dieu (1 Corinthiens 1 : 18) ». Le mot grec traduit par « prédication » est en réalité « logos », qui signifie « parole ». C'est le même mot qui est employé pour qualifier Christ Lui-même dans Jean 1 : 1 : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu ». Le mot « logos » peut avoir les significations suivantes :
- La parole, en tant que moyen d'expression d'une pensée.
- La pensée elle-même.

 

Christ, le Fils de Dieu, est donc la Parole de Dieu manifestée dans le monde. Il est aussi la « Pensée de Dieu (Hébreux 1 : 3) » incarnée dans l'humanité. La « Parole de la Croix » est donc également la pensée intime de Dieu, manifestée aux hommes comme le seul moyen de sauver l'humanité déchue, afin de la recréer à l'image de Christ. Il est donc normal que la « Parole de la Croix » contienne en elle-même la puissance de Dieu. Elle est dynamique. Par elle, le Saint-Esprit peut manifester la divine puissance de salut. Ce n'est donc pas la simple « prédication » de la croix qui est la puissance de Dieu, mais la « Parole de la Croix », qui doit être proclamée à un monde déchu et perdu, en tant que message de Dieu, de même qu'un héraut proclame la parole d'un roi.

Les épîtres de Paul parlent de cette proclamation. Il écrit aux Thessaloniciens : « Vous vous rappelez, frères, notre travail et notre peine : Nuit et jour à l'œuvre, pour n'être à charge à aucun de vous, nous vous avons prêché (proclamé) l'Évangile de Dieu (1 Thessaloniciens 2 : 9) ». Le mot grec traduit par « prêcher » exprime l'idée d'un héraut proclamant un message. Dans Tite 1 : 3, Paul écrit : « … et qui a manifesté sa parole en son temps par la prédication (proclamation) qui m'a été confiée d'après l'ordre de Dieu notre Sauveur ». Et dans Galates 1 : 16 : « … de révéler en moi son Fils, afin que je l'annonce (proclame) parmi les païens ».

Une proclamation nécessite un héraut. C'est pour cela que l'apôtre écrit à Timothée : « C'est pour cet Évangile que j'ai été établi prédicateur (héraut) et apôtre, chargé d'instruire les païens (2 Timothée 1 : 11) ». Il ajoute : « C'est là le témoignage rendu en son propre temps, et pour lequel j'ai été établi prédicateur (héraut) et apôtre (1 Timothée 2. 6 : 7) ». Tous ces passages nous montrent que Paul, pour proclamer la Parole de la Croix, se considérait bien comme un héraut.

 

 

La « Parole de la Croix ».

Parlons à présent des termes de cette proclamation. Il s'agit de la « Parole de la Croix ». « Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse : Nous, nous prêchons (proclamons) Christ crucifié ; scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs (1 Corinthiens 1. 22 : 24) ». Cette « Parole de la Croix » est inséparable de la résurrection. « Souviens-toi de Jésus-Christ, issu de la postérité de David, ressuscité des morts, selon mon Évangile (2 Timothée 2 : 8) ». Nous avons là le double message de la croix, ou encore les termes de cette proclamation : Un Messie crucifié, et un Messie ressuscité. Le Calvaire, et la résurrection. L'un ne va pas sans l'autre. Il s'agit d'une vraie mort physique, et d'une vraie résurrection physique.

C'est la responsabilité d'un héraut de proclamer son message. Nous le voyons dans 1 Corinthiens 9. 15 : 17, où Paul écrit, en parlant de lui-même : « Pour moi, je n'ai usé d'aucun de ces droits, et ce n'est pas afin de les réclamer en ma faveur que j'écris ainsi ; car j'aimerais mieux mourir que de me laisser enlever ce sujet de gloire. Si j'annonce l'Évangile, ce n'est pas pour moi un sujet de gloire, car la nécessité m'en est imposée, et malheur à moi si je n'annonce pas l'Évangile ! Si je le fais de bon cœur, j'en ai la récompense ; mais si je le fais malgré moi, c'est une charge qui m'est confiée ». Ce sont des paroles fortes, mais Paul les emploie pour montrer aux Corinthiens qu'il ressentait une obligation divine, et que cette confiance que Dieu plaçait en lui était solennelle. Paul se considérait comme « l'esclave de Dieu ».

À cette époque, tout le monde savait qu'un esclave devait obéissance absolue à son maître. L'apôtre avait librement décidé de servir Dieu. Mais il se sentait obligé de proclamer le message de l'Évangile, comme un esclave se savait obligé d'accomplir sa tâche. Paul ne travaillait pas d'abord pour obtenir une récompense. Il lui fallait accomplir sa mission, qu'il reçoive une récompense ou non. Oh ! Que chacun des rachetés de Dieu puisse ressentir la même obligation de proclamer Son message, avec un cœur enflammé, sans se soucier de ses intérêts personnels, aussi longtemps qu'il reste fidèle à son appel ! Dieu veillera à ce que vous receviez votre récompense ! « Qui jamais fait le service militaire à ses propres frais ? (1 Corinthiens 9 : 7) ».

Dieu serait un bien mauvais Maître, et un bien étrange Roi, s'Il envoyait Ses hérauts sans pourvoir à leurs besoins ! Mais Dieu est un Roi qui a une proclamation à faire entendre au monde, et Il veille à pourvoir aux besoins de ceux qu'Il envoie véritablement. Il paraît souvent insensé de croire cela, mais cette folie qui consiste à vraiment faire confiance à Dieu est en réalité la sagesse la plus profonde. L'apôtre nous dit que s'il proclame l'Évangile, c'est parce que la nécessité lui en est imposée.

En ce qui concerne la relation de cette proclamation avec les autres vérités, Paul écrit : « Ce n'est pas pour baptiser que Christ m'a envoyé, c'est pour annoncer l'Évangile (1 Corinthiens 1 : 17) ». Toutes les ordonnances « extérieures » étaient secondaires, par rapport à l'importance du Message de l'Évangile. Par conséquent, sur toute terre de mission, la tâche principale des missionnaires n'est pas de rassembler un maximum de païens pour les baptiser et les inscrire sur les registres d'une église, mais de leur annoncer la Bonne Nouvelle de l'Évangile.

 

 

En ce qui concerne la forme.

 

La manière de faire cette proclamation, Paul ajoute : « Et cela sans la sagesse du langage, afin que la croix de Christ ne soit pas rendue vaine ». Cette Proclamation ne nécessite aucune éloquence ni beauté du langage. Elle doit être faite dans la plus grande simplicité, car c'est la « Parole de la Croix » qui est la puissance de Dieu, et non les mots employés pour l'annoncer. Ce verset est solennel, dans la mesure où il nous dit que ce puissant message divin peut être « rendu vain » par celui qui le proclame. Si nous désirons employer toute la sagesse d'un langage humain pour rendre ce message « acceptable », nous n'obtiendrons en fait que le résultat contraire, et nous viderons le message de la croix de toute sa puissance. Cela nous permet de comprendre pourquoi, aujourd'hui, la prédication de l'Évangile produit aussi peu de résultats. Si peu de prédicateurs croient que la Parole de Dieu, simplement proclamée, contient en elle-même la puissance divine ! Ils ne veulent pas se contenter de transmettre simplement la Parole écrite, telle qu'elle est écrite ! Ils veulent prêcher des « sermons » sur la croix, au lieu de proclamer simplement la Parole de la Croix !

 

Comment Paul s'est-il acquitté de cette obligation, en tant que « héraut » chargé d'une proclamation ? « Pour moi, frères, lorsque je suis allé chez vous, ce n'est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis allé vous annoncer le témoignage de Dieu. Car je n'ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié (1 Corinthiens 2. 1 : 2) ». Et il ajoute : « Moi-même j'étais auprès de vous dans un état de faiblesse, de crainte, et de grand tremblement ». Nous pourrions penser : « Mais, Paul, n'exagères-tu pas ? N'étais-tu pas plutôt rempli de puissance ? » Non ! Paul était très soucieux de bien remplir sa mission, comme un esclave aurait pu l'être.

 

Quand chacun de nous aura compris quelle mission solennelle le Seigneur nous a confiée, et combien ce message de la croix est vital, nous saurons alors ce que signifie cet état de tremblement et d'anxiété dont parle Paul, qui craignait de décevoir le Seigneur, et de ne plus être utile au Saint-Esprit pour proclamer ce message ! L'apôtre ajoute : « Ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d'Esprit et de puissance, afin que votre foi fût fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu (1 Corinthiens 2. 3 : 5) ». Là encore, Paul écarte délibérément l'emploi des « discours persuasifs » de la sagesse humaine. Nous n'avons besoin d'aucune influence humaine supplémentaire, si nous disposons de la puissance de Dieu. Le héraut doit seulement veiller soigneusement à transmettre la proclamation dont il a la charge. Toute la responsabilité repose alors sur Dieu, et sur ceux qui entendent la proclamation. N'est-il pas étrange que nous ayons besoin d'avoir recours à des paroles et des arguments humains pour attirer les hommes au Seigneur, au lieu de nous contenter de proclamer la Parole de Dieu ?

 

 

Parlons à présent de l'urgence de cette proclamation. Paul, sachant que son départ approchait, avait consacré tous ses efforts à préparer Timothée pour qu'il poursuive l'œuvre. Relisez ces paroles solennelles qu'il lui écrit, au terme de sa vie : « Je t'en conjure devant Dieu et devant Jésus-Christ, qui doit juger les vivants et les morts, et au nom de son apparition et de son royaume, prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et en instruisant. Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables (2 Timothée 4. 1 : 4) ». Paul, à la fin de sa vie, était parfaitement au clair sur ce qui allait se passer après son départ, surtout dans les derniers jours qui sont les nôtres. Cela ne l'empêche pas de dire à Timothée : « Je t'en conjure, … prêche (proclame) la parole… » Cela nous concerne tout autant que Timothée.

Paul était animé d'une passion pour ce message, jusqu'à la fin de sa vie. La seule chose qui l'intéressait était de demeurer fidèle à son appel. Quand il réfléchit à toutes ses souffrances, il n'y attache plus aucune importance, tout à la pensée d'avoir accompli son ministère. « Dans ma première défense, personne ne m'a assisté, mais tous m'ont abandonné. Que cela ne leur soit point imputé ! C'est le Seigneur qui m'a assisté et qui m'a fortifié, afin que la prédication fût accomplie par moi et que tous les païens l'entendissent. Et j'ai été délivré de la gueule du lion (2 Timothée 4. 16 : 17) ».

Levons à présent un peu le voile sur la vie intérieure de l'apôtre Paul, afin que l'esprit qui l'animait nous anime aussi, et nous pousse à proclamer la Parole de la Croix, avec une perception renouvelée de l'urgence et de la puissance de cette proclamation. Ce qu'il dit aux anciens d'Ephese à Milet nous décrit clairement l'esprit qui animait ses efforts : « Vous savez de quelle manière, depuis le premier jour où je suis entré en Asie, je me suis sans cesse conduit avec vous, servant le Seigneur en toute humilité, avec larmes, et au milieu des épreuves que me suscitaient les embûches des Juifs. Vous savez que je n'ai rien caché de ce qui vous était utile, et que je n'ai pas craint de vous prêcher et de vous enseigner publiquement et dans les maisons, annonçant aux Juifs et aux Grecs la repentance envers Dieu et la foi en notre Seigneur Jésus-Christ. Et maintenant voici, lié par l'Esprit, je vais à Jérusalem, ne sachant pas ce qui m'y arrivera ; seulement, de ville en ville, l'Esprit-Saint m'avertit que des liens et des tribulations m'attendent. Mais je ne fais pour moi-même aucun cas de ma vie, comme si elle m'était précieuse, pourvu que j'accomplisse ma course avec joie, et le ministère que j'ai reçu du Seigneur Jésus, d'annoncer la bonne nouvelle de la grâce de Dieu (Actes 20. 18 : 24) ».

Dans la deuxième épître aux Corinthiens, Paul nous dévoile un peu de quelle manière il accomplit sa tâche de héraut : « Mais nous nous rendons à tous égards recommandables, comme serviteurs de Dieu, par beaucoup de patience dans les tribulations, dans les calamités, dans les détresses, sous les coups, dans les prisons, dans les troubles, dans les travaux, dans les veilles, dans les jeûnes ; par la pureté, par la connaissance, par la longanimité, par la bonté, par un esprit saint, par une charité sincère, par la parole de vérité, par la puissance de Dieu, par les armes offensives et défensives de la justice ; au milieu de la gloire et de l'ignominie, au milieu de la mauvaise et de la bonne réputation ; étant regardés comme imposteurs, quoique véridiques ; comme inconnus, quoique bien connus ; comme mourants, et voici nous vivons ; comme châtiés, quoique non mis à mort ; comme attristés, et nous sommes toujours joyeux ; comme pauvres, et nous en enrichissons plusieurs ; comme n'ayant rien, et nous possédons toutes choses (2 Corinthiens 6. 4 : 10) ».

 

Au chapitre 4 de cette épître, nous voyons aussi comment Paul prêchait la Parole : « C'est pourquoi, ayant ce ministère, selon la miséricorde qui nous a été faite, nous ne perdons pas courage. Nous rejetons les choses honteuses qui se font en secret, nous n'avons point une conduite astucieuse, et nous n'altérons point la parole de Dieu. Mais, en publiant la vérité, nous nous recommandons à toute conscience d'homme devant Dieu (2 Corinthiens 4. 1 : 2) ». Malgré son vif désir de gagner des âmes à Christ, Paul refusait d'avoir recours à une conduite astucieuse ou à des artifices pour les atteindre. Combien de choses déshonorantes sont pratiquées aujourd'hui pour faire des convertis, ou pour accroître les « membres » d'une église ! On essaye souvent de se justifier en disant que ces choses sont licites et même « sages », si elles permettent de toucher les gens. Mais Paul affirme avec hardiesse qu'il ne dépendait que de la claire et simple proclamation de la Parole de la Croix, sachant qu'elle était la puissance de Dieu. Il publiait hardiment la vérité, d'une manière telle, que la conscience des hommes était touchée, à la fois par l'honnêteté d'un message clair, et par la clarté lumineuse de sa propre vie.

Tout ce qui vient de Dieu peut être ouvertement proclamé à tous. L'Église de Dieu n'a aucunement besoin de passer par diverses « initiations ». Certes, notre croissance dans la connaissance passe par diverses étapes, mais l'Évangile ne comporte aucune « vérité secrète » qui ne pourrait être proclamée au monde entier. Combien nous avons besoin de proclamer clairement, ouvertement et sans détours la Parole de Dieu, en nous appuyant sur la puissance du Seigneur ! Que nous puissions tous être libérés du désir d'avoir recours à une « conduite astucieuse », sous prétexte de mieux faire connaître la vérité ! Nous n'avons nullement besoin de « dérober les brebis », de « faire du prosélytisme », ou de « concevoir nos propres plans » pour gagner telle ou telle âme. Contentons-nous de proclamer les simples paroles de l'Écriture, et nous pourrons être assurés que Dieu travaillera avec nous.

On ne peut lutter contre l'apostasie de l'Église visible qu'en proclamant la Parole de la Croix, avec le même esprit qui animait Paul, et de la même manière que lui. L'apostasie est-elle au milieu du peuple qui écoute, ou sur les estrades et derrière les pupitres ? Dieu condamnera-t-il seulement le « troupeau », ou les « bergers » chargés de paître le troupeau ? Ceux qui doivent affronter les Chrétiens influencés par l'apostasie de leurs bergers, et qui veulent relever la bannière de la croix, ont besoin d'être eux-mêmes renouvelés dans la foi et dans la vision divine.

Considérez encore la manière dont l'Évangile devrait être proclamé. Demandons-nous pourquoi l'Évangile est tellement prêché, avec aussi peu de résultats ! Y a-t-il quelque chose qui ne va pas, dans la manière dont l'Évangile est proclamé ? Récemment, alors que je réfléchissais à ce problème, je suis tombée sur un petit traité, dont l'auteur affirmait que ce qui manquait le plus aux âmes aujourd'hui, c'est qu'elles « viennent au Seigneur ressuscité ». Je compris aussitôt à quel point cette manière de prêcher l'Évangile était inadéquate.

 

 

Je voudrais poser une question.

À tous ceux qui sont prédicateurs et enseignants, faut-il annoncer l'Évangile de la croix de la manière suivante : « Le Seigneur Jésus-Christ est mort pour les pécheurs au Calvaire. Ayant accompli Son œuvre de rédemption, Il est remonté au Ciel. À présent, Ses messagers, s'appuyant sur ce qu'Il a accompli au Calvaire, doivent appeler les pécheurs à venir au Christ ressuscité » ? Ou n'est-il pas plutôt absolument nécessaire que le Saint-Esprit révèle la Croix, et la signification de la mort de Christ à tous les pécheurs qui ont besoin d'être sauvés, d'une manière tellement claire, qu'ils comprendront tout d'abord qu'Il est mort pour eux, puisque eux-mêmes doivent venir à Lui comme le Sauveur Vivant ?

La première manière de prêcher l'Évangile élimine pratiquement la croix. Car des milliers de gens « viennent à Christ » dans avoir clairement compris ce que représente Sa mort pour eux. La conséquence, c'est que beaucoup de ces âmes ne donnent pas beaucoup de preuves qu'elles soient réellement passées par une régénération. Elles ne sont pas radicalement transformées. Elles ne sont pas devenues de « nouvelles créations » en Christ. Cette manière de prêcher la croix comporte une subtile et étrange omission, parce qu'on se contente de mettre l'accent sur le Seigneur ressuscité. Certes, Il est le Sauveur Vivant et Ressuscité, mais nous devons venir à Lui sur la base de Ses seuls mérites. Même si nous invoquons Son œuvre au Calvaire, il faut que la signification de Sa mort au Calvaire nous soit pleinement révélée par le Saint-Esprit, afin que nous comprenions en quoi cela nous concerne personnellement, et que nous sachions que nous sommes nés à une vie nouvelle, grâce à Sa mort comme notre Substitut.

Galates 3 : 1 illustre cela d'une manière très imagée : « O Galates, dépourvus de sens ! Qui vous a fascinés, vous, aux yeux de qui Jésus-Christ a été peint comme crucifié ? » Littéralement, le mot traduit par « fascinés » signifie « ensorcelés », et « peint » pourrait aussi être rendu par « placardé ». C'était de cette manière que Paul prêchait. Il proclamait la Parole de la Croix, sachant qu'elle était la puissance de Dieu, et « placardait » Jésus-Christ sur Sa croix aux yeux des Galates, comme s'ils avaient assisté à la crucifixion de leurs propres yeux. C'est ce message que nous devons proclamer, comme si nous étions des hérauts, en disant : « Voici une proclamation venant du Ciel ! Jésus-Christ a été élevé sur la croix pour vous ! Voici l'Agneau de Dieu ! »

Enfin, un héraut ne proclame pas son message d'une voix faible et timide. Il n'est pas gêné par la honte d'être le point de mire de tous ! Ne craignons donc pas d'élever la voix comme le son d'une trompette. La trompette de Dieu, aujourd'hui, c'est la voix de ceux qui acceptent d'être les hérauts du Seigneur et Ses messagers, pour proclamer : « Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde ! »

 

 

La croix du Calvaire.

Note : Les textes suivants ont été choisis pour nous montrer la différence, sur le plan pratique et expérimental, dans la vie du Chrétien, entre la Croix et le Sang de Jésus. Il est clair que la Parole parle de ces deux aspects de l'œuvre de Christ d'une manière bien distincte.

- La Croix, lieu où Jésus, notre Substitut, a été chargé du péché du monde : « Lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que morts aux péchés nous vivions pour la justice; lui par les meurtrissures duquel vous avez été guéris (1 Pierre 2 : 24) ».

- La Croix, comme lieu de réconciliation : « Car si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie (Romains 5 : 10) ».

- La Croix, lieu où le pécheur a été crucifié : « Sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché (Romains 6 : 6) » - « J'ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m'a aimé et qui s'est livré lui-même pour moi (Galates 2 : 20) ».

« Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs (Galates 5 : 24) » - « Pour ce qui me concerne, loin de moi la pensée de me glorifier d'autre chose que de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde ! (Galates 6 : 14) ».

 

- La Croix, lieu de l'unité de tous les Chrétiens : « Car il est notre paix, lui qui des deux n'en a fait qu'un, et qui a renversé le mur de séparation, l'inimitié, ayant anéanti par sa chair la loi des ordonnances dans ses prescriptions, afin de créer en lui-même avec les deux un seul homme nouveau, en établissant la paix, et de les réconcilier, l'un et l'autre en un seul corps, avec Dieu par la croix, en détruisant par elle l'inimitié (Éphésiens 2. 14 : 16) ».

- La Croix, lieu où Satan a été vaincu : « Il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d'elles par la croix (Colossiens 2 : 15) ». Voir aussi Jean 12 : 31 et 16 : 11.

- La Croix, lieu où le Chrétien a été mis à mort quant à son ancienne nature : « Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché ? (Romains 6 : 2) » - « Mais maintenant, nous avons été dégagés de la loi, étant morts à cette loi sous laquelle nous étions retenus, de sorte que nous servons dans un esprit nouveau, et non selon la lettre qui a vieilli (Romains 7 : 6) ».

« Si vous êtes morts avec Christ aux rudiments du monde, pourquoi, comme si vous viviez dans le monde, vous impose-t-on ces préceptes… (Colossiens 2 :20) » - « Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Christ en Dieu (Colossiens 3 : 3) » - « Cette parole est certaine : Si nous sommes morts avec lui, nous vivrons aussi avec lui (2 Timothée 2 : 11) ».

 

- La Croix, lieu où la mort du Substitut est devenue la mort du pécheur : « Car l'amour de Christ nous presse, parce que nous estimons que, si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts (2 Corinthiens 5 : 14) ».

- La Croix, une puissance continuelle dans la vie du Chrétien, tout comme le Sang de Jésus : « Portant toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps. Car nous qui vivons, nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre chair mortelle. Ainsi la mort agit en nous, et la vie agit en vous (2 Corinthiens 4. 10 : 12) ».

 

 

Le précieux Sang de Christ. A été répandu :

- Comme propitiation : « C'est lui que Dieu a destiné, par son sang, à être, pour ceux qui croiraient victime propitiatoire, afin de montrer sa justice (Romains 3 : 25) ».

- Comme moyen de rédemption : « Sachant que ce n'est pas par des choses périssables, par de l'argent ou de l'or, que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre que vous aviez héritée de vos pères, mais par le sang précieux de Christ, comme d'un agneau sans défaut et sans tache (1 Pierre 1. 18 : 19) » - « En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce (Éphésiens 1 : 7) ».

- Comme « prix » à payer pour notre rachat : « Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour paître l'Église du Seigneur, qu'il s'est acquise par son propre sang (Actes 20 : 28) ».

- Comme moyen de réaliser la paix et la réconciliation avec Dieu : « Il a voulu par lui réconcilier tout avec lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix (Colossiens 1 : 20) ».

- Comme moyen de justification : « À plus forte raison donc, maintenant que nous sommes justifiés par son sang, serons-nous sauvés par lui de la colère (Romains 5 : 9) ». C'est grâce au Sang que le pécheur est déclaré libre de toute culpabilité.

 

 

Le Sang au-delà du voile :

- Christ est entré dans le lieu Très-Saint avec Son propre Sang : « Il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle (Hébreux 9 : 12) ». Voir aussi Hébreux 9 : 7 et 22.

- Nous avons aussi accès dans le lieu Très-Saint grâce au Sang de Jésus : « Ainsi donc, frères, puisque nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire… (Hébreux 10 : 19) ».

- Nous avons été « rapprochés » grâce au Sang de Jésus : « Mais maintenant, en Jésus-Christ, vous qui étiez jadis éloignés, vous avez été rapprochés par le sang de Christ (Éphésiens 2 : 13) ».

 

 

La fonction du Sang de Jésus en ce qui concerne les Chrétiens :

- « Voilà pourquoi c'est avec du sang que même la première alliance fut inaugurée. Moïse, après avoir prononcé devant tout le peuple tous les commandements de la loi, prit le sang des veaux et des boucs, avec de l'eau, de la laine écarlate, et de l'hysope ; et il fit l'aspersion sur le livre lui-même et sur tout le peuple, en disant : Ceci est le sang de l'alliance que Dieu a ordonnée pour vous. Il fit pareillement l'aspersion avec le sang sur le tabernacle et sur tous les ustensiles du culte. Et presque tout, d'après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n'y a pas de pardon. Il était donc nécessaire, puisque les images des choses qui sont dans les cieux devaient être purifiées de cette manière, que les choses célestes elles-mêmes le fussent par des sacrifices plus excellents que ceux-là (Hébreux 9. 18 : 23) ». Voir aussi Hébreux 12. 22 : 24.

- L'action du Sang de Jésus sur la conscience : « Car si le sang des taureaux et des boucs, et la cendre d'une vache, répandue sur ceux qui sont souillés, sanctifient et procurent la pureté de la chair, combien plus le sang de Christ, qui, par un esprit éternel, s'est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant ! (Hébreux 9. 13 : 14) ». Voir aussi Hébreux 10 : 22.

- Le Sang de Jésus sanctifie, met à part pour Dieu : « C'est pour cela que Jésus aussi, afin de sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte (Hébreux 13 : 12) ».

- La puissance d'une alliance éternelle conclue par le Sang de Jésus, fondement de l'œuvre de Dieu dans notre âme : « Que le Dieu de paix, qui a ramené d'entre les morts le grand pasteur des brebis, par le sang d'une alliance éternelle, notre Seigneur Jésus, vous rende capables de toute bonne œuvre pour l'accomplissement de sa volonté, et fasse en vous ce qui lui est agréable, par Jésus-Christ, auquel soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen ! (Hébreux 13. 20 : 21) ».

- Le sang de Jésus nous délivre de nos péchés : « De la part de Jésus-Christ, le témoin fidèle, le premier-né des morts, et le prince des rois de la terre ! À celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang (Apocalypse 1 : 5) ».

 

 

Les conditions d'une application permanente du Sang de Jésus sur notre vie :

- « Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché (1 Jean 1 : 7) ».

- Le Sang de Jésus appliqué par le Saint-Esprit, moyen de notre victoire sur Satan : « Ils l'ont vaincu à cause du sang de l'agneau et à cause de la parole de leur témoignage, et ils n'ont pas aimé leur vie jusqu'à craindre la mort (Apocalypse 12 : 11) ».

(Fin de la série d'articles de Jessie Penn-Lewis)


Reproduction de la traduction française autorisée, pourvu qu’elle soit intégrale, et que les sources soient indiquées.

 

Livre : « Le caractère central de la croix » - chapitre 10.
Vous pouvez télécharger le livre en fichier PDF et EPUB ici !

 

 


 


 

 

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