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Le développement de la musique chrétienne et l’essor des groupes de louange suscitent un certain nombre de réflexions dans le Corps de Christ.

 

 

 

 

 

 

 

Par définition, il ne devrait y avoir que de bonnes choses à dire à propos de ce phénomène : Louer Dieu, chanter la gloire de Dieu ; mais un examen attentif fait apparaître de plus en plus de désaccords de fond avec la Parole de Dieu et il devient nécessaire de poser de vraies questions, tout en se gardant de prises de positions personnelles : « Bien-aimés, quand j’usais de toute diligence pour vous écrire de notre commun salut, je me suis trouvé dans la nécessité de vous écrire afin de vous exhorter à combattre pour la foi qui a été une fois pour toutes transmise aux saints (Jude 1 : 3) ».

Avant d’aborder les chapitres du positif/négatif, assurons-nous de partager la même définition de la musique chrétienne : Initialement, nous parlons de la louange à Dieu, qui a pris une certaine importance et acquis une nouvelle influence, pour englober ce que nous appelons dans les milieux charismatiques « l’adoration ». Dans les lignes qui suivent, ces expressions seront donc proches, voire synonymes : Louange, adoration, musique chrétienne, car elles font désormais partie, de fait, de la même sphère. Il existe bien évidemment des nuances lorsque nous entrons dans les détails, mais c’est l’idée générale.

 

 

 

LE RÔLE MAJEUR DE LA LOUANGE

Le propos de cette étude n’est pas de faire une analyse exhaustive de la louange, des différentes étymologies employées dans la Bible, et de l’étendue des significations et subtilités du sujet, mais de faire ressortir quelques points parmi les plus importants. Rappelons simplement que la louange est une puissante composante de la foi, expression de notre gratitude, et ce, de l’Ancien au Nouveau Testament. Elle est initialement l’exaltation de Dieu : Sa puissance, Sa beauté, Son infinie sagesse, Sa miséricorde, Sa grâce.

Organisée par David (1 Chroniques 15 : 16), la louange semble avoir toujours existé. En effet, à la lecture du livre d’Ézéchiel 28, nous comprenons que son origine est céleste, que Satan y jouait un rôle prépondérant (verset 13) avant la Chute, alors que son nom était encore Lucifer (en hébreu ; astre brillant, voir Ésaïe 14 : 12), et que cela fut en partie la cause de sa déchéance (précipité hors de la sphère céleste, sur la terre, à cause de l’orgueil qui fut trouvé dans son cœur – Ézéchiel verset 17).

Puis l’Apocalypse nous ramène, à la fin des choses et après que la dernière page terrestre soit tournée, dans une louange céleste et inspirée par la vision de la gloire (5 : 9, 14 : 3, 15 : 3). Nous savons que Jésus a chanté des psaumes (Matthieu 26 : 30), et que l’apôtre Paul encourage les chrétiens à s’exhorter et s’enseigner les uns les autres en s’entretenant « par des psaumes et des hymnes et des cantiques spirituels, chantant et psalmodiant de tout votre cœur au Seigneur (Éphésiens 5:19) ».

Il ne devrait donc pas être nécessaire de démontrer à quel point la louange, la musique qui l’accompagne, et l’adoration sont censés occuper une place majeure dans la vie d’un enfant de Dieu. Il semblait néanmoins important d’établir un préambule clair sur les indiscutables aspects positifs avant d’aborder des points qui doivent exercer notre jugement (dans le sens de discerner et non de condamner – 1 Corinthiens 6 : 3, 1 Corinthiens 11 : 31, 1 Corinthiens 14 : 29, 1 Thessaloniciens 5 : 21).

 

 

 

EXPANSION ET EXAGÉRATIONS

Phénomène récent dans l’histoire de l’Église, nous assistons à l’avènement d’un certain type de musique chrétienne depuis une vingtaine d’années, durant lesquelles sont apparues des productions diverses, accompagnées d’une popularité nouvelle et dont le succès s’affirme de plus en plus. Certains prophètes de Kansas City, au ministère international, avaient annoncé il y a quelques années (1994-2000) que la musique chrétienne deviendrait le grand levier du réveil à venir, atteignant le monde et déclenchant des conversions, amenant en quelque sorte la sanctification du lieu saint jusqu’à l’extérieur du temple.

Sur le plan de l’expansion, les choses semblent être conformes à cette prédiction, et le succès grandissant de la musique chrétienne n’est sans doute pas sans impact dans une certaine forme d’évangélisation, mais sans commune mesure (pour l’instant) avec l’hypothèse d’un réveil mondial.

 

Bien plus, certains points inquiétants ont fait leur apparition :

1) le déplacement du rôle de la louange (à l’insu des acteurs du phénomène), qui consiste en une mise en avant excessive.
2) un rapprochement de plus en plus suspect avec l’esprit du monde, qui tend à montrer que les valeurs chrétiennes seraient solubles dans les modes du siècle - et non le contraire comme on se plaît à le penser.
3) un appauvrissement du sens fondamental de la louange, dont les apparences cependant n’ont jamais été aussi brillantes.

 

 

 

UN BREF RAPPEL DE LA PLACE BIBLIQUE ORIGINELLE

Le plan céleste qui fut révélé à Moïse dans le Sinaï était très clair : Pour parvenir au Saint des Saints, à la présence de l’Eternel, les sacrificateurs passaient effectivement par l’autel des parfums (type spirituel de la louange) où brûlaient des mélanges odoriférants réservés à l’Eternel, mais après certaines étapes bien précises, comme préparatoires à ce service.
On rencontrait en premier lieu l’autel où les sacrifices étaient consumés, puis le bassin d’airain où les sacrificateurs se purifiaient, puis le Lieu Saint et l’autel des parfums. Enfin, derrière un épais rideau, dans l’obscurité et le silence, l’arche de l’alliance sur laquelle était déposé le sang de l’agneau, une fois dans l’année (Exode 29, 30, 31).

Chaque détail y était important, et l’ordre des choses devait être toujours scrupuleusement respecté. Aujourd’hui, un conducteur de louange ou un « leader » de groupe de louange qui privilégierait l’aspect musical et technique au détriment du sens que donnent les Écritures à la louange, évoluerait dans une plus grande vulnérabilité spirituelle, et exposerait inévitablement ceux qu’il est chargé de diriger à des risques religieux, dont le premier serait de manquer Le But véritable*. Et c’est ce qui se produit de plus en plus.

* Citation de Gloria Gaither, chansonnière chrétienne américaine : « J’ai demandé aux deux cent cinquante participants du séminaire combien conduisaient la louange dans leur Église ou écrivaient des chants. Les mains étaient presque toutes levées. Puis je leur ai demandé combien avaient lu 1 ou 2 Rois depuis deux ans. Trois mains levées. Je me suis alors penchée et je leur ai demandé de quel droit ils piquaient des versets positifs par-ci par-là dans les Psaumes pour leurs chants, sans considération pour le doute, les larmes et même l’agonie desquels ils étaient issus. Le psalmiste les a chèrement payés, ces versets heureux, lisez les Rois! C’est une leçon pour nous. La louange est authentique et réelle quand on est passé par le creuset et qu’on en est sorti ». Source : le christianisme aujourd’hui – avril 2006

 

Par le symbole de l’autel des parfums, et des parfums eux-mêmes (voir plus loin, « Moïse et les parfums », plus loin), nous comprenons le rôle essentiel de la louange, qui s’intègre dans un ensemble révélé : D’abord la confession de la nécessité de la mort pour être réconcilié avec Dieu, au travers d’un sacrifice, Jésus-Christ, seul valable et suffisant pour nous sauver : C’est notre première louange, car nous avons été rachetés « pour que nous annoncions les vertus de Celui qui nous a appelés des ténèbres à Sa merveilleuse lumière (1 Pierre 2 : 9) ».

C’est la sanctification, la purification, avant l’entrée dans le lieu saint, dans lequel brille la lumière des Écritures (le chandelier) face à l’autel des parfums (la prière et la louange). Et c’est l’ensemble de ces choses, et leur présence dans la vie et le cœur du croyant, qui mènent à la présence de Dieu. Cette connaissance devant devenir, du point de vue de Dieu, de plus en plus profonde, jusqu’à acquérir un statut de révélation (une connaissance vivante), sans laquelle l’obéissance et la confiance absolue dans la sagesse divine ne peuvent s’établir durablement.

La louange n’est donc pas le centre de gravité du culte, comme cette idée tend à se répandre dans certains milieux, là où l’importance de la Parole de Dieu lui est subordonnée (tout simplement parce que cette louange est considérée comme un meilleur élément rassembleur, donnant une meilleure image de la foi) ; et si elle fait partie des étapes du chemin du croyant vers la présence de Dieu, elle n’en est ni le socle, ni l’élément déclencheur. On voit d’ailleurs qu’en plaidant en son temps pour une expérience constante de la louange, l’apôtre Paul a soin de placer la recherche de la pensée et de la volonté divine dans la Parole de Dieu avant la louange :

« Que la parole du Christ habite en vous richement, en toute sagesse vous enseignant et vous exhortant l’un l’autre, par des psaumes, des hymnes, des cantiques spirituels, chantant de vos cœurs à Dieu dans un esprit de grâce (Colossiens 3:16) ».

 

 

 

LA MUSIQUE CHRÉTIENNE ET L’ADORATION

Si nous réfléchissons (et que nous analysons les mouvements de notre cœur), nous constatons que la louange doit être l’expression de notre reconnaissance, de notre joie, de notre espoir, c’est à dire la somme des élans intérieurs vers notre Dieu. Certains chants, cantiques, hymnes, portés par certaines musiques, transportent littéralement notre âme, stimulent positivement nos sentiments, et semblent nous permettre de pénétrer dans une dimension spirituelle qui nous rapproche de Dieu. Il est possible ainsi de s’extraire des limites des raisonnements charnels, de sortir du naturel pour entrer dans une dimension plus élevée, quelques instants. Mais il semble hélas que cette sorte de communion-là soit dépendante de la stimulation des ingrédients extérieurs, et que sans musique et sans rythme, sans ambiance et sans atmosphère, il devienne plus difficile « d’entrer dans la présence de Dieu », selon la formule consacrée aujourd’hui.

Il est vrai que dans l’Ancien Testament, nous pouvons voir le prophète Élisée s’appuyer sur la musique (consacrée, très probablement) pour entrer dans l’esprit de prophétie (2 Rois 3 : 15). Et lorsque le roi Saül était perturbé par un mauvais esprit, la musique inspirée de David lui rendait la paix (1 Samuel 16 : 16).

Le pouvoir de la musique est donc incontestable, même le monde est au fait de cette connaissance. Il suffit pour s’en convaincre d’observer l’immersion des jeunes dans certains concerts, rave-parties, techno parades, et face à certaines idoles des musiques en vogue. Les leaders de certains groupes profanes sont investis d’une très grande influence, souvent rebelle, amorale, et c’est bien dans leurs rangs que le monde a compté, et compte encore, les plus grands apôtres antichrists. Satan connaît donc parfaitement la potentialité de la musique puisque, comme nous l’avons vu en introduction, ce domaine céleste lui a été tout à fait familier, et qu’il l’a porté en lui (Ézéchiel 28 : 13). Rien de surprenant que la musique soit pour lui un moyen de manipulation (particulièrement des jeunes esprits) et qu’il cherche par tous les moyens à dévoyer, détourner, polluer cette dimension de la musique chrétienne, en y introduisant (ou en suggérant l’introduction) de « feu étranger », de nature purement charnelle, ou d’emprunts/imports du monde (voir note 1, en fin d’article).
Plusieurs axes de cette stratégie sont présentés brièvement ici, au travers d’une illustration biblique :

 

 

 

UNE PRÉSENTATION POUR DIEU MAIS SANS LE SAINT-ESPRIT

Où la sincérité et l’inspiration ne suffisent pas, si nous n’employons pas les moyens de Dieu. Au début de son règne, le roi David eut à cœur le but très noble – qui pourrait être partagé par nombre de groupes de louange d’aujourd’hui – de ramener l’Arche d’Alliance (type de la présence de Dieu) au milieu d’Israël, afin que la gloire habite de nouveau au milieu du peuple de Dieu (2 Samuel 6). Il s’agit là d’un programme toujours actuel, bien que les Écritures nous enseignent que le Seigneur est toujours avec nous (Matthieu 18 : 20).

Ils la chargèrent donc sur « un char neuf », tiré par des bœufs, pour l’emmener jusqu’à Jérusalem. Il fallait trouver un moyen de transport correspondant au chargement ! Mais à la suite d’un accident de parcours qui fit chanceler l’Arche, un homme (Uzza) mourut en voulant empêcher le précieux chargement de tomber. Dieu le frappa, car nul ne devait porter la main sur elle sous aucun prétexte. Ce moment de fête et de réjouissances bascula dans le deuil, David en fut très éprouvé, et l’Arche fut détournée vers une autre direction.

 

Si le roi avait consulté la Parole de Dieu, ou ceux qui la connaissaient, il aurait appris que les instructions données par l’Eternel à Moïse étaient claires : L’Arche devait être portée par quatre sacrificateurs, au moyen de barres, qui devaient reposer sur les épaules d’hommes consacrés (Nombres 1 : 50). Au travers de cette expérience, qui repose sur une initiative qui semblait pourtant servir les intérêts de Dieu, le jeune roi traversa une épreuve qui lui démontra que le proverbe populaire « qui veut la fin veut les moyens » ne pouvait pas devenir biblique, et que s’il peut nous arriver d’avoir des désirs corrects pour l’œuvre de Dieu, il faudra néanmoins que leur mise en œuvre se fonde sur la méthode divine.

 

Cette grande leçon doit continuer de nous servir à nous aussi : On ne peut pas rendre un service à Dieu (ou au peuple de Dieu) sans se conformer rigoureusement à l’inspiration divine ; et bien des échecs « spirituels » trouvent ici leur explication.
La louange, l’adoration étaient en jeu, et David puisait son mobile dans un désir absolument sincère d’honorer Dieu et de Le servir. Mais ce chemin, qui lui semblait inspiré, entraîna néanmoins la mort d’un homme, l’irritation, l’incompréhension, la peur (2 Samuel 6 : 9).

 

Cette histoire nous enseigne avec une très grande force que nous pouvons être comme David une personnalité appelée, élue, compétente dans l’appel qui est le nôtre, et cependant être amenés à faire le constat évident que tous ces paramètres n’assouplissent pas les exigences de la sainteté de Dieu, n’élargissent pas les limites de notre liberté dans l’adoration, mais au contraire doivent nous amener à une plus grande dépendance de la volonté divine, une plus grande fidélité à la révélation qui nous a été laissée au travers des Écritures.
Ce « char neuf » est ici une image de l’alternative mondaine, des moyens naturels, dont nous pensons qu’ils peuvent pallier aux moyens spirituels, souvent interprétés comme contraignants ou dépassés.

 

 

 

LE CHAR NEUF DU MONDE

Dans l’analyse du phénomène de la musique chrétienne actuelle, des nouvelles formes de louange et d’adoration, nous pouvons extraire 3 éléments qui font partie du domaine naturel et qui constituent ensemble – à nos yeux – ce « char neuf » :

1- Le marketing , la main qui vient au secours de Dieu, qui fait la promotion de la louange et de l’adoration (!), et qui serait une aide naturelle pour faire connaître la sainteté ; car en effet le marketing chrétien nous explique que … « la musique chrétienne suscite l’adoration », « fait entrer dans l’adoration », et que les artistes chrétiens font partie « d’une nouvelle génération d’adorateurs assoiffés de pouvoir rendre gloire à Dieu au travers d’une louange passionnée et explosive » (Hillsong United).

Telle est la vision, tel est le but avoué. Les qualificatifs et superlatifs abondent, pour nous aider à imaginer « la puissance spirituelle » de tels adorateurs, et de telles adorations… et acheter plutôt ceci, ou plutôt cela. Inimaginable il y a seulement une vingtaine d’années, le christianisme s’est converti dans ce domaine au marketing (ensemble des techniques de persuasion de la communication, dans le but par exemple d’influencer un comportement d’achat) pour donner naissance à une promotion commerciale de la louange de l’Eternel. C’est un acte aux implications spirituelles grave qui a été consenti ici par l’Église.

Quelqu’un a dit un jour que « la publicité est la gloire du riche, et la gloire est la publicité du pauvre » (anonyme). Mais si le riche et le pauvre font un usage égal de la publicité, c’est la gloire qui n’a plus de place, car il deviendra plus simple de parler de la gloire et de chanter la gloire, que de la montrer par la consécration, la circoncision, l’adhérence. L’Évangile a-t-il besoin du marketing ? Aucun des héros de la foi d’Hébreux 11 ne l’aurait imaginé, eux qui mettaient leur foi, par la prière et l’intercession, dans l’action du Saint-Esprit. Mais il se trouve de plus en plus de responsables chrétiens pour y céder, afin d’atteindre – comme David avec l’arche – leur noble but… qui veut la fin, veut les moyens.

 

Mais à quoi servira-t-il de gagner le monde, si nous devons y perdre notre âme ?
Le sujet de l’opportunité de l’utilisation du marketing dans la musique chrétienne (mais aussi dans l’évangélisation, les formations et séminaires d’enseignement) est une question spirituelle majeure à laquelle on ne peut répondre par un « micro-trottoir » (mode de la vox populi), qui a l’avantage de faire l’économie d’un vrai débat tout en paraissant traiter le sujet. Beaucoup de responsables de l’Église voient les promesses de résultats du marketing d’un bon œil, et ne pensent pas se détourner de Dieu en suivant ce chemin. Question de point de vue (note 2). Entre la sagesse divine, rassemblée dans un Livre hors du temps, et les impératifs temporels dictés par la sagesse humaine, il nous faut choisir sans cesse. N’y a-t-il pas un peu de cette vieille tentation, toujours active aujourd’hui, d’échanger notre droit d’aînesse contre l’assurance de goûter à une compensation et un résultat immédiats (1 Jean 2 : 15 et Jacques 4 : 4) ?

 

Quelques exemples de marketing empruntés au catalogue d’un éditeur chrétien :
« Sur ce « live » enregistré au House of Blues de La Nouvelle Orléans, Lisa McClendon dévoile sa personne, son cœur, son esprit. Magnifiquement arrangé, cet enregistrement rappelle à nos oreilles le souvenir d’une soirée où l’esprit et la vérité rencontraient la soul music (!). Agençant avec une subtilité rare le jazz et le RnB, les relevant à l’aide des cuivres les plus suaves, elle arrive à produire un son qui affleure délicatement nos sens et notre perception de la louange ».

Difficile de résister à la tentation de l’ironie dans le commentaire de cet article : On se demande si « l’esprit et la vérité » ont pris du plaisir à chalouper au rythme de la soul musique (musique de l’âme !) comme on voit les enfants de Dieu le faire de plus en plus dans les églises, et le résultat que peut bien donner une telle rencontre. Est-ce la musique de l’âme qui a convaincu (converti ?) l’esprit et la vérité, ou le contraire ? On se perd en conjectures. Ici, Dieu n’est que l’accessoire de ce travail musical, et l’accent est placé sur l’artiste (ce disque dévoile « sa personne, son cœur, son esprit ») et sur sa musique (« magnifiquement arrangé » – ce qui au passage démontre que les arrangeurs et les tables de mixages sont devenus aussi des instruments de louange [voir Note 3 en fin d'article, citation de Pierre Truschel] – agencé, subtilité, relevé, suaves, affleurant délicatement nos sens …). Ah ! Nos sens !

Il fut un temps, pas si éloigné, où la place de nos sens était sur une croix, et où les enseignements consistaient à crucifier la chair avec ses convoitises, à fuir les passions de la jeunesse : « Or ceux qui sont du Christ ont crucifié la chair avec les passions et les convoitises (Galates 5 : 24 et 2 Timothée 2 : 22) ». Or, la nouvelle génération est conduite, sous nos yeux, avec la « complicité » de responsables progressistes/libéraux dans un esprit différent, mais, dit-on, toujours pour « adorer », ce qui aurait (croit-on) la faculté d’innocenter tous les comportements. La dérive incontestable d’une louange mondaine trahit l’émergence d’une nouvelle mentalité*.

* A.W. Tozer : « La nouvelle croix encourage une nouvelle attitude évangélique où l’on ne reconnaît plus l’ancienne. L’évangéliste n’exige plus de son auditeur qu’il renonce à lui-même avant de recevoir la vie nouvelle. Il ne prêche plus les contrastes mais insiste sur les similitudes. Il cherche l’intérêt du public en démontrant que le christianisme n’a pas d’exigences désagréables, qu’il offre plutôt les mêmes distractions que le monde, seulement à un niveau plus élevé !

La nouvelle croix ne brise pas le pécheur : Elle ennoblit les caractéristiques de sa vieille nature pour les mettre au service de sa foi, service qui s’annonce dès lors enthousiasmant puisqu’elle épargne son amour propre. Au type agressif elle dit : « Viens et sois agressif pour Christ ! » A l’orgueilleux elle dit : « Viens et glorifie-toi pour Christ ! » À celui qui cherche les fortes émotions elle dit : « Viens goûter la communion chrétienne, c’est si passionnant ! » Le message chrétien est ainsi modifié selon la mode du jour pour être acceptable au public. »

Suites d’exemples de marketing chrétien :
« Une nouvelle révélation rock francophone qui ravit nos oreilles… Flycase nous emmène dans un voyage aux limites d’un rock puissant avec de très belles balades en prime. Les sonorités sont actuelles, péchues, et les mélodies accrocheuses. Ce premier album est déjà une bombe. »

La première phrase serait sans doute insupportable à certains chrétiens des pays de l’Est qui ont été torturés au moyen de morceaux de rock (ainsi que plus récemment des prisonniers musulmans de Gantanamo par la CIA, consulter : http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=60255 ou lire un extrait à la fin de cet article, dans la rubrique notes). Il s’agit là encore une fois d’une présentation mondaine d’un produit somme toute semblable en tous points à un produit du monde.

Dernier exemple :
« La nouvelle production du chanteur est une suite de cantiques, de chants de louange contemporaine et de gospels traditionnels, le tout interprété sur un rythme country qui accompagnerait à merveille une version chrétienne de Lucky Luke (!)… La voix de Randy Travis est en effet reconnaissable entre mille… Vous comprendrez mieux pourquoi il a vendu 24 millions d’albums au cours de sa carrière … »
Ni par puissance ni par force, chantons-nous; peut-être faudrait-il aussi soumettre ces paroles à un « arrangeur » et les remasteriser afin de leur donner un sens plus contemporain : ni par les décibels, ni par le marketing, mais encore et toujours par Son Esprit.

2- L’argent
Le marketing mène d’une manière naturelle au sujet de l’argent. Lorsque la Bible traite de ce thème, elle emploie l’expression de « Mammon » (personnification de la richesse, et puissance qui contrôle son utilisation) : « Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon (Matthieu 6 : 24) ».

Le fait que la notoriété et la rentabilité puissent se mêler à la louange à l’Eternel s’exprimant au travers de la musique chrétienne, est une donnée non négligeable, qui en rend plus complexe la gestion. Que se passerait-il si les prédicateurs et les prophètes étaient exposés à pareilles pressions et tentations, en étant tenté de réaliser du profit avec les révélations qu’ils reçoivent ?…

Même si nous admettons que l’ensemble des acteurs de la musique chrétienne agit dans la sincérité de son cœur, et que nous lui faisons crédit que chacun ne cherche qu’à louer l’Eternel, nous ne pouvons éviter qu’un soupçon de mercantilisme plane sur le phénomène lui-même. Les 24 millions d’albums de Randy Travis poussent à la méditation, même si la plupart des CD de musique chrétienne ne « percent » pas la limite des 10 000 ventes (en France) et qu’il ne revient à l’artiste en moyenne que 8 à 10 % des recettes.

Il se trouve cependant que la perspective de réussir une carrière « dans la louange » peut être considérée par certains jeunes musiciens chrétiens sous des angles qui mettront les saintetés personnelles à rude épreuve, et nous pouvons noter que le monde autour de nous – s’agit-il d’une coïncidence ?- propose également et dans le même temps les mêmes possibilités aux jeunes : Devenir des « stars » de la musique, accéder à la notoriété et à la célébrité en chantant. Est-ce un signe des temps ? L’analogie mérite réflexion.

 

À ce sujet, les paroles de Leonard Ravenhill sont très parlantes :
Travaillant dans le milieu musical, je constate sans cesse cette confusion. Aujourd’hui, nous voyons des célébrités devenir chrétiennes, mais elles ne posent jamais leur musique sur l’autel. …… je dois vous exprimer ce dont j’ai été témoin. J’ai vu des célébrités devenir chrétiennes et être propulsées sous les feux des projecteurs par des éditeurs et des sociétés de disques, avant d’y avoir été préparées. Et lorsqu’elles rencontrent un échec, elles s’écroulent. Puis elles déclarent que le « christianisme est une blague – cela ne marche pas », alors que les gens les considéraient, en disant : « Ils sont si zélés pour Dieu ». En réalité, elles cultivaient leur passion désorientée pour nourrir leurs propres intérêts ».

Ceux qui désirent aujourd’hui continuer d’affirmer avec la Bible que la louange en tant que telle doit être absolument sainte, réservée à Dieu, seront amenés à reconnaître également que la louange ne peut donc pas devenir un objet commercial, une marchandise, sans perdre sa sainteté. Elle prend alors le risque de devenir simplement de la musique, au même titre que ce qui relève du domaine profane. Il s’agit là d’un principe spirituel.

Exode 30. 34 : 37 : « Et l’Eternel dit à Moïse : Prends des épices odoriférantes, du stacte, et de la coquille odorante, et du galbanum, des épices odoriférantes, et de l’encens pur: de tout, à poids égal ; et tu en feras un encens composé, d’ouvrage de parfumeur, salé, pur, saint. … Et quant à l’encens que tu feras, vous n’en ferez point pour vous selon les mêmes proportions : Tu le considéreras, saint, consacré à l’Eternel ». Cette réalité, soulignée ici, ne doit pas être occultée au profit d’un raisonnement progressiste. Partager la louange est une chose très bonne, faire en sorte que le monde prenne connaissance de ce que nous avons reçu – gratuitement – par l’inspiration du Saint-Esprit est également très bon, mais faire de cette louange un « produit » de consommation, c’est mélanger des considérations matérielles, financières aux considérations spirituelles.

Dans bien des cas, cette musique chrétienne serait davantage à classer dans la catégorie des musiques engagées, défendant certaines valeurs du christianisme (pas toutes), témoignant donc que des artistes et des créateurs, parfois de premier plan, s’impliquent pour la cause de Dieu. Il serait donc préférable de lui donner (en fait, de lui rendre) cette identité, qui correspond mieux à la réalité, plutôt que de laisser s’installer la confusion entre la louange, l’adoration et des créations musicales de plus en plus libres.

D’un point de vue spirituel, c’est la musique qui est l’écrin de la vérité, et non le contraire. Il ne sert à rien de « sanctifier » la musique, comme il ne devrait pas être nécessaire de rappeler à des enfants de Dieu, à fortiori des disciples, que le plus bel écrin ne pourra compenser la faiblesse ou l’absence de la Vérité dans les vies. Nous pourrions même dire que la Vérité est capable de se contenter d’un écrin très simple (voire de pas d’écrin du tout, comme dans les réveils connus), ce qui n’altérera jamais sa puissance. Aujourd’hui, on laisse entendre, dans un message implicite, que « la louange et l’adoration » amèneront le Réveil ou l’onction de l’approbation divine, alors que c’est l’obéissance et l’amour de la Vérité que les Écritures décrivent comme des facteurs essentiels de la vie chrétienne.

La volonté de Dieu est – et a toujours été, incontestablement – de pourvoir aux besoins de l’évangélisation et du témoignage, c’est une des raisons pour lesquelles le Saint-Esprit a été donné. Mais dans bien des cas aujourd’hui, reconnaissons-le, nous trouvons des paliatifs pour mener à bien nos plans, nos programmes, nos campagnes. Un bon appel à la générosité, des coupons de participation, un orateur persuasif, des souscriptions dégressives, la vente (et parfois la prévente) de ce qui est devenu une marchandise, et nous suivons nos objectifs – pour le royaume de Dieu bien sûr ! – sans avoir à nous soumettre à l’approbation céleste finale.

La gratuité aura bientôt complètement disparu d’un christianisme noyauté par le matérialisme : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement (Matthieu 10 : 8) ». Chercher la gratuité serait pourtant un chemin et une lutte qui honoreraient Dieu. Bien des œuvres colossales ont été bâties sans aucun appel à l’argent, et des vies de service entières se sont exprimées dans une soumission financière sans faille (Hudson Taylor, Charles Studd, James Fraser, Georges Muller) : Ces réalités n’auraient-elles plus cours ? Dieu aurait-Il changé ?

En réalité, c’est le siècle qui a changé et qui a déteint sur le cœur des chrétiens, mais, plus grave encore, sur le cœur de ceux qui avaient été appelés à être des héros de la foi, des entrepreneurs pour Dieu. L’atmosphère de « vitesse » que le monde fait peser sur les hommes, l’obligation rapide de résultat, la course à la réussite impriment leur mouvement tyrannique sur le christianisme, et dans la quête obsessionnelle des raccourcis, nous sommes naturellement prêts à emprunter tous les chemins qui mènent à Rome, pourvu que nous évitions cette croix trop exigeante et trop dure pour l’âme, trop lente pour nos plannings.

Mais si la Bible est bien restée notre point de rencontre pour comprendre la Vérité et les grands principes du Bien et du Mal, alors nous continuerons, comme nos pères dans la foi, à respecter ses propres définitions. Car la redéfinition de nouveaux standards serait le signe du début de notre apostasie.

3- Le mélange des styles, la confusion des genres
Alors qu’il est écrit : « Ne vous conformez pas à l’esprit du siècle (Romains 12 : 2) », certains compositeurs actuels rendent la louange à l’Eternel de plus en plus conforme aux styles de musiques du monde (du siècle), pensant peut-être que la louange purifie tout – mais ce principe n’est pas biblique : La Bible nous avertit même au contraire que ce sont « les mauvaises compagnies qui corrompent les bonnes mœurs (1 Corinthiens 15 : 33) ».

Il serait bien évidemment absurde de chercher à maintenir les styles de musique -chrétienne en l’occurrence – au même niveau que celui de l’Eglise originelle, ou de brider les expressions des artistes chrétiens dont le cœur exprime, à leur manière et selon leur époque, une louange toujours personnelle et renouvelée. Ce n’est pas le propos de ces lignes. Mais il s’agit de mettre en lumière un phénomène de capillarité entre le monde et l’Eglise, dont un des points de contact est la musique.

L’ensemble des croyants, en effet, c’est à dire l’Église, est appelé ouvertement à un devoir de résistance vis-à-vis de son époque et de sa mentalité, et non à un mélange. Le mélange est très exactement l’opposé de la sanctification, qui est étymologiquement la mise à part du monde et du péché. En effet, le but de notre témoignage et de la nouvelle naissance, c’est que le monde de chaque époque entende et comprenne « que ses œuvres sont mauvaises (Jean 7 : 7) », et cela ne peut en aucune façon se faire au moyen d’instruments qui cherchent à réduire et gommer leurs différences – ce qui résoudrait il est vrai, le sempiternel problème du rejet, mais anéantirait l’impact de la Vérité.

Nous rapprocher du monde, nous identifier à ses codes pour mieux le comprendre et ainsi mieux lui parler, relève du sophisme. On entend citer souvent la déclaration de Paul : « Je me suis fait Juif avec les Juifs, Grec avec les Grecs… (1 Corinthiens 9 : 20) ». Pour justifier nos rapprochements (en fait ; amitiés) avec le monde, oubliant que par eux, nous nous constituons objectivement ennemis de Dieu (Jacques 4 : 4). L’apôtre allait effectivement vers des communautés et des cultures différentes de la sienne, avec respect, dans le but unique de présenter son Évangile… mais il se séparait en secouant la poussière de ses pieds si son message était refusé ! Il ne faudrait pas confondre. On ne peut imaginer Paul émettre un jugement radical sur ceux, parmi ses frères juifs, qui refusaient Christ, et participer à une de leurs conventions quelques temps plus tard, sous prétexte que le christianisme doit être uni au-delà des différences doctrinales. C’est pourtant ce qui est prêché de plus en plus aujourd’hui.

« C’est pourquoi nous devons porter une plus grande attention aux choses que nous avons entendues, de peur que nous soyons emportés loin d’elles (Hébreux 2 : 1) ». Les scénographies de certains groupes de musique chrétienne, leurs attitudes, leurs vêtements, et l’utilisation qu’ils font de certains styles de musique relèvent d’un affront spirituel qui est fait à ceux qui ont donné leur vie pour l’amour de la Vérité.

Des musiques d’inspiration satanique (Rock, Hard Rock, Heavy Metal, etc), ouvertement déclarées et bien connues de tous les professionnels*, servent de « véhicule » (de « char ») pour porter des paroles qui parlent de Dieu, et sont écoutées béatement par des adolescents qui y ressentent « l’onction », parce qu’on leur a présenté ces produits comme spirituels ; et l’on confond, inévitablement, la sphère émotionnelle et la sphère spirituelle.

*Lire l’article d’Anne Fleischman, Université de Montréal : Les adeptes de heavy metal sont plus dépressifs, une étude qui démontre une corrélation entre certains styles musicaux et le sentiment dépressif chez les adolescents (http://www.iforum.umontreal.ca/Forum/ArchivesForum/2003-2004/030908/article2609.htm).

 

Nous savons que des émotions similaires sont ressenties dans les concerts profanes et les concerts chrétiens : Sentiments fusionnels, osmose, pulsions de joie, transports rythmiques, ivresse des sens, formes incantatoires, ce qui est absolument incontestable. Encore une fois, rappelons-le, le domaine de la musique est bien connu de l’ennemi et il fait peu de doute qu’il est en train de s’en servir, de telle sorte qu’il devient difficile de démêler le vrai du faux.

Certains musiciens des années 50 (notamment Ray Charles) ont été les instruments d’un mouvement similaire, mais dont le mécanisme était inverse : Ils se sont emparés de la musique considérée comme consacrée (le style gospel), réservée aux églises pour chanter la louange de Dieu, et ils l’ont détournée pour y mélanger des paroles profanes (rébellion, immoralité et sexualisation) : C’était la naissance de l’esprit rock’n roll. Les oppositions et les scandales n’y firent rien.
La stratégie d’appauvrissement continue aujourd’hui son mouvement de lessivage afin d’intégrer cette fois le rock dans la louange*.

 

*« …La musique abominable va être chassée. Par exemple, ayez un autre regard sur la vache sacrée numéro un de la plupart des jeunes chrétiens d’aujourd’hui – le hard rock! Ils l’ont maintenant rebaptisé « le Rock de Jésus » – « le Rock d’Amour » – « le Rock du Saint-Esprit. » La musique elle-même n’est pas une abomination pour Dieu, parce qu’elle n’est rien de plus qu’un son amplifié. Mais, le mercantilisme bon marché promu par tant de rockeurs de Jésus est l’une des pires abominations que l’Eglise ait jamais connues. Je ne peux pas le retenir plus longtemps. Quelqu’un doit le dire. L’effet du prétendu rock de Jésus sur l’Eglise est scandaleux. C’est une puanteur dans les narines de Dieu et quand Jésus commence à purger la moisson – tous les changeurs de monnaie du rock de Jésus seront les premiers à s’en aller. Combien de temps pensez-vous que Dieu supportera certains de ces groupes de chant corrompus qui voyagent à travers le pays et qui font payer jusqu’à 7 000 $ un simple « spectacle pour Jésus » ?

Combien de temps Jésus permettra-t-Il à une petite armée d’agents, de managers et de promoteurs d’intimider les églises en poussant les jeunes à une musique qui n’est rien d’autre que l’écho bon marché des halls de concerts de rock impies ? Je suis persuadé à 100 % que Jésus est sur le point de souffler directement hors du sanctuaire toute la musique sensuelle, copiée du monde. Nous avons désespérément besoin d’une purification de notre appréciation de la musique. Notre Seigneur ne peut pas être heureux quand Ses enfants développent un goût pour un son qui s’identifie tellement avec les drogues, le sexe et la violence. » (David Wilkerson).

Une cinquantaine d’années et trois générations ont suffi à l’ennemi pour procéder à un échange standard et souiller la forme et le fond, pour ne laisser à la fin que les choses naturelles, grâce aussi à la tolérance et au laxisme des chefs et responsables chrétiens, et à leur manque de discernement.
Il est donc plus que temps de réagir. Réagir contre les théories séductrices de « rachat de la musique » qui voudraient faire passer à nos yeux des impuretés pour ce qui est saint, au prétexte que des textes parlent de Dieu.

Appeler le bien : mal, et le mal : Bien est le signe du désordre et de la confusion dans la maison de Dieu (Ésaïe 5 : 20). « Je vous écris pour vous dire de retenir fermement ce que vous avez reçu, afin que personne ne prenne votre couronne (Apocalypse 3 : 11) ».

Notre combat n’est pas seulement une lutte persévérante pour continuer d’accomplir ce pour quoi nous avons été oints, mais c’est de l’accomplir de la manière conforme à l’attente du Seigneur, et aux moyens dont Il veut pourvoir. Notre couronne peut être perdue par une seule erreur de choix stratégique, lorsque nous avons été appelés à être des conducteurs du peuple de Dieu, c’est à dire des instruments de bénédiction.

Ceux qui dirigent ne seront pas jugés de la même manière que les autres (lire Jacques 3:1), et l’influence de notre exemple dépasse ce que nous imaginons.
Notre discours, les positions doctrinales que nous adoptons, notre manière de nous habiller, notre liberté, deviennent à notre insu des enseignements implicites ; à grand « pouvoir », grandes responsabilités.

 

 

 

EXEMPLE D’ÉCHEC DANS LE SERVICE, L’APPEL, L’ONCTION

C’est l’histoire du règne du premier roi d’Israël qui nous en donne une illustration. La première erreur qui coûta au roi Saül sa couronne (lire 1 Samuel 15) a été de céder à la crainte de voir le peuple le quitter. C’est à cause de la peur que le peuple l’abandonne – c’est parce que le pasteur a peur que son église se vide, peur que l’œuvre de Dieu s’essouffle – que Saül a été poussé à commettre une faute. La seconde erreur a été d’épargner (de recycler) ce qui venait de l’ennemi vaincu, pour le consacrer à l’Eternel, alors que la Parole de Dieu lui avait explicitement demandé de le dévouer par interdit (de le détruire).

L’allégorie de cette erreur représente un des pièges des responsables de la louange et artistes chrétiens (mais aussi des prophètes, pasteurs et autres conducteurs). En effet, le monde a été vaincu, et les choses qui sont dans le monde ne doivent pas être sauvegardées par nous, même pour être représentées dans le culte à l’Eternel. Ce principe biblique est prévalant sur « la doctrine du rachat de ce qui est impur » qui est une séduction. Ce responsable reconnaît donc qu’il a transgressé la Parole de Dieu car « il a craint le peuple et écouté leur voix (15 : 24) ». Il a cédé à la pression des gens qui voulaient autre chose que ce que leur permettait la Parole de Dieu.

Notez que la couronne perdue du roi est restée sur sa tête durant de nombreuses années, malgré le fait que l’onction est passée sur une autre personne, dans une sanction spirituelle sans appel. Il est donc possible de conserver son rang et de continuer de représenter l’autorité, aux yeux des hommes, mais il en est tout autrement devant le trône de Dieu : « Je sais que tu passes pour être vivant, et tu es mort (Apocalypse 3 : 1) ».

Un autre exemple, plus extrême celui-là, nous est donné au travers de l’épisode du feu étranger présenté à Dieu par Nadab et Abihu, fils d’Aaron, et qui provoqua leur mort en plein service (Nombres 3 : 4) : Ils avaient eux aussi été appelés au sacerdoce, avaient répondu à cet appel, mais négligèrent de l’accomplir dans le strict respect du cadre révélé, en agissant d’une manière légère. Ces textes bibliques nous rappellent, à un moment de l’histoire de l’Église où les enseignements semblent être de plus en plus lissés et consensuels, que l’Eternel est un Dieu de grâce ET de jugement, et que Son trône est saint.
« Moi l’Eternel, le premier ; et avec les derniers, je suis le Même (Ésaïe 41 : 4) ».

 

 

 

L’ADORATION

Un court aperçu de l’origine de l’adoration biblique, indispensable pour éclairer son sens: Quel est le premier emploi biblique du verbe « adorer » ? Le contexte de l’apparition de cette adoration est un enseignement ; si nous trouvons des traces de sacrifices dans les vies de la plupart des acteurs bibliques (dans Genèse 8 : 20 en particulier), c’est Abraham qui devient – explicitement – le premier adorateur, et ce ne fut pas à l’occasion d’un chant ou d’un saint recueillement, mais en obéissant à une exigence divine absolue et totale. C’est en effet à l’occasion du sacrifice de son fils Isaac (Genèse 22 : 5) que le vieil homme est entré dans une adoration authentique « en vérité ».

Les manifestations extérieures de l’adoration peuvent, il est vrai, se traduire par le chant, la louange, des réjouissances, mais la démonstration de notre dépendance à l’Eternel et de notre confiance en Dieu sera prouvée par des actes concrets, souvent coûteux en terme de sacrifice de nous-mêmes. C’est pourquoi David répugne à apporter à l’Eternel un sacrifice qui ne lui aurait rien coûté (2 Samuel 24 : 24). Et c’est ce qui constitue la partie cachée de l’iceberg de la véritable adoration, et lui assure sa stabilité et son authenticité. Sans cette partie cachée, les plus belles adorations sont « des nuées sans eau, des arbres sans fruit (Jude 1 : 12) ».

L’adoration d’Abraham est apparue dans le dépouillement de sa vie, dans le renoncement de sa volonté au profit de celle de Dieu, et ce n’est sans doute pas un hasard si ce lieu (le mont Morija) fut montré à Salomon pour l’édification du temple de l’Eternel. Nous sommes devenus ce temple (1 Corinthiens 3 : 16), et nous avons été faits sacrificateurs (Apocalypse 5. 8 : 10), ce qui représente pour nous un appel, une élection à la sainteté et à la séparation.

 

Un des dangers de la musique chrétienne actuelle – et de celle de demain – sera de confondre l’adoration avec une ambiance spirituelle (par manque de connaissance, voir Osée 4 : 6), et d’assimiler l’approbation divine avec le contact d’une « onction », selon le langage employé aujourd’hui, une stimulation réelle, mais qui ne touche que les sentiments. « Car l’onction » ne change pas les vies, mais c’est l’obéissance qui change les vies, qui est le signe de notre circoncision intérieure » (Pierre Truschel).

Pour l’Eglise de Laodicée (Apocalypse 3 : 14 – et notamment parmi elle ceux qui ne seront pas vainqueurs), le fait d’être vomie de la bouche de Dieu signifie qu’elle a effectivement été en Dieu, appelée et élue à être « comme la bouche de Dieu », à prononcer la Parole de Dieu pour le monde, et que c’est une place qu’elle a occupée pour un temps ; mais elle a échoué dans l’exigence de séparer ce qui est bien de ce qui est mal selon le cœur de Dieu*. Elle a connu un temps de succès, a vu un certain résultat (« Je connais tes œuvres »), des délivrances, exprimé des prophéties (Matthieu 7 : 22), mais ne pourra recevoir sa couronne parce que la tiédeur – image du libéralisme et du relativisme – a eu raison du feu de son premier amour.

 

 

 

VRAIE ET FAUSSE ADORATION

Une adoration qui ne serait donc basée exclusivement que sur son expression, (la louange ou la musique chrétienne), serait vouée à s’éteindre, car l’adoration des vrais adorateurs se fonde sur un sacrifice – celui du Seigneur Jésus-Christ en premier – et celui de l’adorateur lui-même en second. Un des premiers symptômes inquiétants serait une louange riche en chants et musiques, mais de plus en plus pauvre en prières de reconnaissance et d’actions de grâce. C’est un fait constaté : les cultes qui se sont musicalisés à l’excès ne laissent plus de place à l’expression des prières personnelles. Et le peuple de Dieu fait de moins en moins entendre sa louange intime et vraie. Ceux qui considèrent ce phénomène comme un symptôme d’appauvrissement établissent un lien avec ce que la Bible appelle « l’apostasie*».

*Description de certaines réunions de « louange » : Faut-il ne rien dire de cette « louange » qui nous crève les tympans, de ces « offrandes » sous haute pression, de ces attitudes théâtrales, de ces paillardises carnavalesques, de ces cris aigus qui rappellent ceux des damnés et qui ponctuent le déroulement de certaines réunions ? Faut-il ne rien dire de cette absence flagrante d’une prédication de la Parole (sinon à titre tout à fait symbolique), … De tels phénomènes n’auraient pas été tolérés un seul instant pendant ce réveil historique qu’a connu le Pays de Galles, et où l’on veillait constamment à éviter même la musique instrumentale ou une quelconque intrusion humaine; et voilà qu’on se sert de ces choses à présent, et qu’on les glorifie. Ce réveil gallois ne fut que « sainteté à l’Eternel » tant que ces critères furent sauvegardés. » (Arthur Katz)

Dans son échange avec la femme samaritaine au puits de Jacob, Jésus a soulevé pour nous le coin d’un voile, en ce qui concerne cette question délicate de la vraie et la fausse adoration: « Vous adorez, mais vous ne savez pas ce que vous adorez (Jean 4) ». Son discours contient en creux une pensée qu’il ne va pas développer sur le moment, mais qui prendra son sens à un moment où, Il le sait, la question de l’adoration se reposera de nouveau d’une manière brûlante.

Pour tous ceux qui, de près ou de loin, sont impliqués dans le phénomène de la louange, il est inconcevable d’adorer sans savoir ce que nous adorons. Pourtant, ces paroles constituent une confirmation formelle qu’une adoration peut exister sans être éclairée. Comment ? Précisément, les Samaritains n’imaginaient pas une seule seconde se trouver dans ce cas de figure : il y avait chez eux un culte très proche de Jérusalem (le mont Garizim), des sacerdoces (ou rituels) au contenu inspiré du judaïsme traditionnel, des fêtes similaires, des sacrificateurs, des chants, des musiques, des cœurs sincères, et enfin le Dieu d’Abraham, l’Eternel. Comme les Juifs, ils entretenaient une attente messianique. Mais ces cultes, ces adorations « d’assemblées » proches, cousines, étaient doctrinalement incompatibles, à cause des mélanges qui s’y trouvaient.

C’est à la faveur du dialogue avec cette femme que le Seigneur Jésus-Christ a implicitement introduit la notion d’une fausse adoration en ajoutant l’adjectif « vrai » aux adorateurs « en esprit et en vérité (Jean 4) », et cette déclaration mérite toute notre attention.

Un adorateur qui ne connaîtrait pas le Dieu qu’il adore ne pourrait pas être considéré comme un « vrai adorateur en Esprit et en vérité » ; c’est une pensée très forte. Sommes-nous en train de couper les cheveux en quatre ? Dieu ne serait-Il pas plutôt heureux de recevoir et d’agréer toutes les adorations, comme on l’enseigne de plus en plus aujourd’hui ?

Il semble que sur cette question précise de l’adoration (et, encore une fois, de son sens biblique, entier et puissant), le principe du rejet d’une « certaine adoration » soit confirmé par l’histoire de Caïn et Abel. Nous voyons pour le premier une adoration matérialisée par un sacrifice méritant (les fruits de la terre, image du produit naturel de cette création), qui ne sera pas agréée. Et pour le second, une adoration basée sur un sacrifice, qui traduit la reconnaissance de la vacuité des moyens humains, et du besoin d’une mort expiatoire, qui sera agréée.

Or, nous savons d’une manière irréfutable que certaines composantes du christianisme, d’hier ou d’aujourd’hui, renient objectivement la toute-suffisance de la mort expiatoire de Christ, et son exclusive médiation (en partageant sa divinité et son autorité avec sa mère, par exemple).

La réalité d’une fausse adoration, qu’elle soit momentanée ou pas, est démontrée par les Écritures. Il est donc possible pour un chrétien d’aujourd’hui de confondre, hélas, l’adoration biblique avec l’adoration musicale, et de s’imaginer (avec plus ou moins de force) être impliqué dans un mouvement de « louange explosive » plus authentique que celle de ses pères, qui est estimée désuète et dépassée. Il ne s’agit donc pas là d’une question légère, surtout si nous nous souvenons qu’elle est à l’origine du premier meurtre « fraternel ».

Cette notion de la vraie et de la fausse adoration est enfin confirmée par la déclaration prophétique d’Ésaïe (ainsi qu’Amos 5 : 23), par la bouche duquel le Seigneur constate au milieu de son peuple une adoration extérieure, une confession simplement formelle pouvant constituer (au mieux) une forme d’illusion ou (au pire) d’hypocrisie : « Et le Seigneur dit : Parce ce que peuple s’approche de moi de sa bouche, et qu’ils m’honorent de leurs lèvres, et que leur cœur est éloigné de moi (Ésaïe 29 : 13) ».

C’est ici la lecture divine d’une certaine « adoration », qui dit beaucoup de belles choses et qui véhicule beaucoup d’émotions, mais dont les racines en terme d’obéissance/d’écoute de la Parole de Dieu sont dominées par d’autres impératifs. Chaque chrétien peut traverser cette expérience à un moment ou à un autre de son existence, et Dieu ne rejette pas les adorateurs en devenir, ce que nous sommes tous, en définitive. Mais l’accent est mis ici sur la généralisation d’un comportement, sur un glissement du sens profond de l’adoration vers un culte superficiel, creux, et une illusion de communion dans laquelle Dieu ne se reconnaît pas.

« Écouter la Parole de Dieu vaut mieux que faire des sacrifices, prêter l’oreille (tenir compte) vaut mieux que la graisse des béliers (1 Samuel 15 : 22) ».

 

 

 

UNE PREUVE DE LA VACUITÉ DE CERTAINES LOUANGES, POURTANT PROBABLEMENT SINCÈRES

« Je hais, je méprise vos fêtes, et je ne puis sentir vos assemblées solennelles ; si vous m’offrez des holocaustes et vos offrandes de gâteau, je ne les agréerai pas, et je ne regarderai pas le sacrifice de prospérités de vos bêtes grasses. Ôte de devant moi le bruit de tes cantiques ; et la musique de tes luths, je ne l’écouterai pas (Amos 5 : 21). »

La pensée donnée ici par Amos (ainsi que dans l’ensemble de son message) nous confirme cette vision et annonce également certains symptômes du christianisme de la fin des temps, renforcé par exemple par la prophétie de Paul à Timothée (2 Timothée 3 : 5) : « Dans les derniers temps, les hommes auront l’apparence de la piété (nous pouvons intégrer dans ce mot celui d’adoration), tout en ayant renié ce qui en fait la force ». Notez que ces hommes font partie de la maison de la foi – il ne s’agit pas ici de la photographie du monde perdu – et qu’ils n’ont pas égaré, délaissé, oublié les fondements et révélations originels, purs et authentiques de leur culte, mais qu’ils les ont RENIÉS.

Ce n’est pas du tout la même chose. Renier est un acte dont nous porterons la responsabilité. Ces exemples attestent que la fausse adoration chrétienne n’est pas une thèse issue de la théologie négative. Le manque de discernement actuel, la volonté d’unifier et de simplifier les composantes de la foi ne doivent pas nous conduire dans le simplisme. Une certaine adoration, en accord apparent avec l’héritage religieux et tournée vers le vrai Dieu, sincère et brillante, peut toutefois ne pas être conforme aux normes essentielles de la Vérité.

 

Une anecdote : L’ADORATION DU CORPS (le parvis extérieur)
Un déplacement qui va vers l’extérieur, vers le superficiel
L’adoration est présentée aujourd’hui d’une manière de plus en plus esthétique ; ses arrangements sont d’une richesse et d’une variété qui vont croissant, d’une même plastique que les autres choses du monde. La louange musicale vendue est « branchée », tout est fait pour atteindre ce but. Il ne s’agit pas d’être contre la beauté ou la richesse musicale, mais contre le culte de la beauté. C’est Dieu qui a créé la beauté et il n’est pas prêché ici de doctrine misérabiliste, mais ce même Dieu est aussi Celui qui regarde au cœur.

Toucherait-on mieux le cœur de Dieu par de belles œuvres, des prières savantes ou de riches offrandes ?! Voilà bien la pensée « religieuse » que l’ennemi voudrait voir s’installer en nous. De riches musicalités ? Des arrangements plus branchés, des orchestrations plus complexes ? Nous avons oublié que le psalmiste inspiré a dit aussi : « ô Dieu, la louange t’attend dans le silence, en Sion (Psaumes 65 : 1) ».

On entend plaider ici ou là (et même prêcher) pour une adoration « du corps » : Retrouver la liberté de l’adoration du corps, par les gestes de la danse. On justifie ce courant en judaïsant par-ci, et on l’innocente en psychologisant par-là. Il y aurait beaucoup à dire à propos de ces enseignements. Mais le spectacle d’une Église qui danse et des chrétiens et chrétiennes qui ondulent fait penser à d’autres spectacles du monde (voir note 4, en fin d’article). Nous préférerions tous que l’Eglise redevienne un lieu où les hommes craignent de se joindre, à cause de la présence de Dieu (Actes 5 : 13), plutôt que l’espace de liberté que chacun veut remplir avec ses désirs.

Si nous aspirons à nous en tenir aux directives bibliques néotestamentaires (1 Timothée 3 : 15) la danse sera pour nous à ranger au rayon des distractions, des accessoires. Cela ne mérite ni un message, ni un enseignement, et surtout pas d’être prôné… pour nous faire plaisir ou pour importer une pratique, singer une culture. Notre génération ignorante se retrouve (inconsciemment) sur le chemin d’une adoration agréable, moderne, apparemment plus vivante, mais moins coûteuse que celle révélée dans la Bible. Nous voulons bien offrir nos corps en sacrifice dans les temps de louange, mais le reste doit continuer de nous appartenir : Cela entretient donc une apparence d’adoration, mais sans la force de la mort à soi-même, ce qui constitue un des fondements de l’erreur d’interprétation de la pensée divine.

Offrir à Dieu des sacrifices de louange ne se réduit pas à chanter, à travailler le chant, ou à prendre des cours de musique. Alors que cette définition s’installe dans le cœur de la génération qui vient, il est de notre devoir de défendre les fondements de la foi concernant ce sujet, et de manifester une adoration authentique en nous consacrant nous-mêmes de nouveau à l’Eternel.

Qu’on ne s’y trompe pas, et que nul ne tombe dans une critique facile : C’est parce que le corps des responsables sera défaillant dans les consécrations personnelles, dans l’attachement à la Parole de Dieu, que le glissement de la dilution avec le monde (l’apostasie) s’effectuera devant nos enfants, pour finir par s’installer en eux. « Adorer », selon la manière qui s’installe dans certains milieux chrétiens aujourd’hui, peut finir par devenir une activité religieuse ABSOLUMENT VIDE si elle n’est pas précédée, accompagnée, suivie, de l’obéissance à la volonté divine. L’adoration est justement L’EXPRESSION de l’obéissance. André Chouraqui la traduit par le mot « se prosterner », qui se passe de commentaires. On devrait rappeler ces principes à chaque concert, et les groupes en vogue devraient en faire la pointe de leur épée : Nous voulons entendre, nous demandons à entendre, pour nos enfants, nos jeunes, pour le monde également, oui, entendre s’élever de ces ministères des appels et des témoignages puissants de la Croix, des appels qui font trembler la chair et qui remettent les musicalités à leur place, c’est-à-dire au service du message, et non l’inverse.
Et « Les pécheurs ne résisteront point dans l’assemblée des justes (Psaumes 1 : 5) ».

 

 

 

COMPLICITÉ

Nous disions (p.15) que l’adoration ne peut exister si nous ne connaissons pas Celui que nous adorons. Lorsque Rebecca St James, figure de la louange anglo-saxonne, se réjouit des enseignements du pape et collabore à des manifestations organisées par le catholicisme, elle démontre qu’elle ne sait pas vraiment qui elle « adore ». « J’ai eu de la chance d’entendre le pape parler à St Louis il y a 2 ans, et je chantais là-bas à cette occasion. C’était GRAND ! J’ai beaucoup aimé ce qu’il a partagé, un enseignement très biblique, très actuel, très droit ! J’aimerais que les jeunes puissent entendre ce qu’il dit, car je crois qu’il va à l’essentiel. Je l’apprécie beaucoup et je prie Dieu qu’Il lui donne le cœur de continuer son ministère ! »

Le catholicisme enseigne pourtant encore ouvertement et depuis des siècles que le salut par la foi ne suffit pas, et donc que le sacrifice de Christ ne suffit pas. C’est, de fait, un autre évangile (2 Corinthiens 11 : 4), et les Écritures nous apprennent à déclarer « anathèmes » toutes les tentatives d’altération ou de perversion de la Vérité (Galates 1 : 8). Un des derniers conciles reprend en considération un passage de Lumen Gentium qui affirme que « Marie, en vertu du don de grâce, précède de loin toutes les autres créatures célestes et terrestres ».

L’Eglise catholique affirme donc que Marie est la plus grande créature de la terre : Toute la grandeur des saints s’évanouit devant la grandeur de Marie. Marie dépasse aussi les créatures célestes : Toute la grandeur des anges n’est pas comparable à la grandeur de Marie. Voilà la raison qui nous pousse à avoir une confiance illimitée en Marie. Le Saint Père souligne encore : « Le culte, le simple culte ne suffit pas. Le culte doit devenir imitation de Marie (Benoît XVI) ». « Ma manière de concevoir la dévotion à la Mère de Dieu a subi une transformation. Si autrefois j’étais convaincu que Marie nous conduit au Christ, à présent je commence à comprendre que le Christ aussi nous conduit à sa Mère (Jean-Paul II, « Ma vocation, Don et Mystère », Paris 1996) ».

Nous disons avec tristesse que nous sommes en face d’un système religieux aux ferments antichrist, bien que constitué de certaines œuvres justes et de croyants sincères, un système dont les dogmes sont inchangés depuis quinze siècles (et dont certains se sont aggravés). L’affrontement doctrinal a été sévère au cours de l’histoire de l’Église, et un très grand nombre de nos frères et sœurs dans la foi ont laissé leur vie dans une lutte acharnée pour ne pas céder à la tyrannie de la religion universelle, et aux pressions d’abjuration. Le nom des martyrs est oublié, comme leur sang qui a coulé, mais le Seigneur s’en souvient (Apocalypse 6 : 9) ; ceux qui ne connaissent ni leur histoire, ni les avertissements des Écritures sont condamnés à tomber dans les pièges les plus grossiers.

 

Lorsque des groupes français de louange évangéliques connus, apportent leur notoriété et leur concours à des concerts organisés par le catholicisme, au motif que nous adorons le même Dieu (et que le mandat d’évangélisation est d’aller « partout »), ils ne peuvent éviter de se trouver en contradiction avec le combat – et le sang – de leurs pères dans la foi PARCE QUE LES MÊMES DOGMES SONT TOUJOURS DEBOUT. Ceux-ci ont lutté contre un « esprit » qui est toujours vivant, doctrinalement identique, mais dont les intentions sont maintenant déguisées, dans de douces paroles aujourd’hui pacifiques ; même s’ils sont sincères, même si les temps ont changé, même si les combats doctrinaux sont devenus politiquement incorrects, chacun devrait cependant considérer l’angle éternel, la vision spirituelle, et la Vérité, pour éviter de se positionner en complices, même involontaires, de l’esprit antichrist : « Et, par de douces paroles, il entraînera à l’impiété ceux qui agissent en transgressant l’alliance ; mais le peuple qui connaît son Dieu sera fort et agira (Daniel 11 : 32) ».

Car si les grands esprits de l’histoire de l’Église libre ont vu (entre autres choses) le catholicisme dans la grande prostituée d’Apocalypse 17 et 19 (il n’y a pas que ce système religieux qui soit en cause dans cette image, ce paragraphe n’est pas inspiré par un anticatholicisme primaire), alors ceux qui s’uniront à elle ne pourront éviter de faire une seule chair avec elle, comme l’affirme l’apôtre Paul (1 Corinthiens 6 : 16) dans l’énoncé d’un autre principe spirituel.

 

 

 

UN MAUVAIS EMPLOI DE LA MUSIQUE CHRÉTIENNE CONSTITUERA UN LEVIER D’APOSTASIE

Si nous écoutons la grande majorité des acteurs de la musique chrétienne, qui (encore une fois) ne font qu’exprimer leur sincérité, ce domaine d’expression de l’Église représente la meilleure plate-forme de rencontre entre les chrétiens d’abord, et entre les chrétiens et les non-croyants ensuite. La louange est un espace consensuel, éloigné des combats d’arrière-garde à propos de la vérité. Chanter et adorer ensemble permet de laisser de côté nos différences pour nous réunir sur ce que nous avons de plus précieux en commun, le Dieu unique, en louant Son amour dans l’unité, comme Sa Parole nous le demande.

Je veux mettre en relation le phénomène auquel nous assistons avec un texte prophétique du livre de Daniel, en soumettant ici une hypothèse à votre discernement spirituel : « Avec de l’or, et avec de l’argent, et avec des pierres précieuses, et avec des choses désirables, il honorera un dieu que n’ont pas connu ses pères (Daniel 11 : 38) ».

Pouvons-nous penser vraiment que ce soit un nouveau dieu que proposeront la bête et le faux prophète, à une société des temps de la fin qui ne peut être que très avertie ? Le simplisme de cette hypothèse ne doit pas nous tromper. Nous ne sommes pas ici en présence d’un obscur dieu des nations, une divinité inacceptable pour la société de cette époque de la fin, pleine de connaissance, mais bien du Dieu des Écritures qui est redéfini ici, au travers de modifications du culte ancestral.

Il n’est plus adoré sur la base de Son amour ou de Ses vertus, de Son sacrifice ou de Sa Personne, mais sur une base humaine, appuyée sur l’homme et sur ce que ce dernier lui apporte – des choses belles, précieuses, une adoration brillante – au moyen des choses terrestres, du meilleur de lui-même, c’est-à-dire au travers d’un humanisme religieux, et non selon la révélation (voir Note 5).

Nous revenons donc, à la fin de toutes choses, dans le même schéma qu’au début : La cohabitation spirituelle d’une adoration méritante, terrestre, d’inspiration humaine (Caïn), et d’une adoration révélée, céleste (Abel). Détail navrant : L’une persécutera l’autre, même après avoir pris connaissance de la volonté divine, preuve que la connaissance de la Vérité sans l’amour de la Vérité ne suffit pas, comme Satan l’a démontré.

La redéfinition du Dieu de nos pères est une stratégie plus efficace que l’émergence d’une nouvelle divinité, ou la substitution d’un dieu existant d’une autre religion, qui sont des hypothèses peu crédibles. Aucun élu ne risquerait d’être séduit (Matthieu 24 : 24). Cette redéfinition est graduellement présentée dans un esprit de progrès, dans le but d’atteindre un objectif religieux « meilleur », et elle répond à une usure d’image, une lassitude populaire, une incompréhension vis-à-vis d’un Dieu trop lointain, rigide; elle répond enfin au besoin de la religion de contrôler le Dieu qu’elle représente.

 

Il existe beaucoup de similitudes avec la tension que connut le peuple de Dieu dans le désert, au pied du Sinaï, après leur sortie d’Égypte (Exode 32).
Dans cet épisode dit « du veau d’or », nous considérons un peu hâtivement que les Hébreux sont passés du Dieu unique à une idolâtrie grossière, mais ce n’est pas aussi simple. Dans leur volonté pressante de changer de dieu, ils ont cependant pris garde de ne pas changer Son Nom, ainsi que ses caractéristiques principales, sacrifices, holocaustes etc. : « Fais-nous un dieu qui aille devant nous ». Pour « faire » leur dieu, ils se sont défaits de leurs choses précieuses, leurs bijoux, leurs richesses personnelles, le meilleur d’eux-mêmes, ce qui représente un nouveau type de l’humanisme chrétien. Ils ont fait ensuite appel à une autorité spirituelle reconnue, Aaron, qui a cédé à la pression de ces gens fatigués d’attendre que le Dieu de Moïse parle, apparaisse, agisse. Tous glissent comme un seul homme dans cette idolâtrie plus ou moins sécurisée, et dans une atmosphère de fête « pour l’Eternel (Exode 32 : 5) !

Et le peuple s’assit pour manger et pour boire, et ils se levèrent pour se divertir (Exode 32 : 6) rapporté par Paul dans 1 Corinthiens 10 : 7, ce qui rappelle quelques évidences actuelles. Le chemin de la transformation du culte biblique et le changement de la perception du Dieu de la Bible ne se fait pas en un seul jour. Un lent processus de déplacement des bornes anciennes s’établit sur plusieurs générations. Un des axes (il y en a d’autres) de cette stratégie d’affaiblissement de la puissance de la foi est constitué par la tolérance, puis l’acceptation, puis l’installation dans l’Église, du concept du plaisir religieux : « Les choses désirables (Daniel 11 : 38) ».

Dans les derniers temps, les hommes deviennent amis des voluptés (traduction Darby), ayant l’apparence de la piété mais reniant ce qui en fait la force (2 Timothée 3 : 4). La traduction Segond dit : « Aimant le plaisir plus que Dieu (2 Timothée 3 : 4) ». C’est le cliché d’une religion pourtant toujours en rapport avec le Dieu originel, mais qui n’en a plus la puissance, l’impact, la résonance, l’empreinte, et qui finit par représenter sur la terre un autre Dieu, qui n’est plus conforme à la Révélation, « un autre Jésus (2 Corinthiens 11 : 4) », ce qui relève d’une forme de dépendance, même inconsciente, à l’esprit de l’Antichrist.

Aimer le plaisir plus que Dieu ne signifie pas obligatoirement que le chrétien a tourné le dos aux choses spirituelles pour glisser dans les péchés de la chair. Car alors il ne se soucierait pas de conserver les apparences de la foi. Il pourrait plutôt s’agir d’un chrétien… « en exercice », sincère, présent, qui a accepté, graduellement, le remplacement de la croix par d’autres moyens de suivre « Dieu », de servir « Dieu », une nouvelle manière de l’adorer qui sauvegarde les apparences de la piété, qui peut même les améliorer, mais qui ne peut plus satisfaire à ce qui en faisait la force.

Nous considérons ici que le travail de l’ennemi consiste à tenter d’introduire la notion du plaisir, de la liberté, de la facilité, dans la maison de Dieu, ce qui constitue le meilleur levier pour créer une brèche dans la consécration à la Vérité, tout en rendant « les choses de l’Esprit » désirables. « Si tu gardes ton pied de profaner le sabbat, de faire ton plaisir en mon saint jour, si tu appelles le sabbat tes délices, et honorable le saint jour de l’Eternel… (Ésaïe 58 : 13) ».

L’Église est donc, selon ce point de vue, victime d’un mouvement tendant à réduire et faire disparaître les lignes de séparation entre le monde et les enfants de Dieu. Cette pression qui s’exerce d’une manière accrue depuis seulement quelques décennies, pèse sur l’ensemble des protections (que la rébellion appelle « interdits » et « tabous ») dispensées par la Bible, et qui ont servi de modèle social ou religieux. Stratégie de dilution du faux dans le vrai, de mélange libéral impur avec le pur, de la justification du mal et des soupçons de radicalisme sur le bien, de l’immixtion d’une tolérance humaniste : La fin du vingtième siècle a été le théâtre d’une action spirituelle impure (et interne) marquant un peu plus le déclin du christianisme originel. Le besoin de réveil qui est prêché un peu partout constitue un aveu de cet état de fait, malgré une satisfaction de façade.

Comme sur un terrain de football dont on effacerait certaines lignes, il ne sera bientôt plus possible d’arbitrer correctement entre le vrai et le faux, le bien et le mal, le juste et l’injuste : Comme siffler la faute si les règles sont remises en question, ou si tous les joueurs ont le même maillot ? C’est pourquoi les règles anciennes et les valeurs morales prônées par les Écritures sont l’objet de pressions afin de pousser l’Église à « actualiser » certains comportements, à « évoluer » dans son approche esthétique, à « progresser » dans ses exigences et la présentation de son message. Encore une fois, rappelons-le et que le Seigneur veille sur ces paroles : Il ne s’agit pas de figer l’action de l’Église, ou de s’opposer à toute évolution, mais simplement de chercher ensemble à garder le fil à plomb à sa place (Amos 7 : 7 et 8).

 

Car c’est quand les hommes se croient plus sages que Dieu qu’ils s’exposent, eux et le peuple qu’ils ont la charge de conduire, à de terribles conséquences. La tentation de s’écarter de la Parole originelle s’effectue d’ailleurs toujours par le raisonnement : « Dieu a-t-il réellement dit ? Ne voyons-nous pas combien le chrétien est ridicule face aux besoins et exigences du monde, à la soif d’émotions de la jeunesse ? Le temps n’est-il pas venu d’atteindre l’objectif de la gloire de l’Eglise ? d’unir le monde et la foi dans un acte d’amour, de compassion, de tolérance et d’acceptation de l’autre ? »

Un certain christianisme pense avoir beaucoup de choses à gagner en se rapprochant des standards du monde, en adoptant certains de ses codes, avant de délivrer le message de Dieu. Mais la réponse du ciel est toujours la même : On ne gagne pas le monde en flirtant avec lui ou en l’épousant, mais en divorçant de lui. Nous sommes appelés à sortir du camp du monde en acceptant de porter sur nous la honte d’appartenir à Christ et de porter Son Nom (Hébreux 13 : 13), c’est-à-dire en revêtant Christ et en marchant comme Il a marché : « Le monde me hait, parce que moi je rends témoignage de lui, que ses œuvres sont mauvaises (Jean 7 : 7) ».

« Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui serait sien ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, mais que moi je vous ai choisis du monde, à cause de cela le monde vous hait (Jean 15 : 19) ».

Durant dix-neuf siècles, l’Église a considéré que le monde devait recevoir Christ avec les Paroles de Christ, par l’Esprit de Christ, en méprisant la honte d’être différent de ce monde (en méprisant donc la tentation de chercher à être accepté par lui, de ne pas être rejeté), en supportant l’opprobre d’être chrétien, en décalage total avec l’esprit du monde. Car nos pères dans la foi étaient morts au monde, aux principes du monde, aux éléments du monde, et acceptaient les conséquences de leur choix, de leur témoignage : ceux-ci ont proclamé par là qu’ils attendaient une cité meilleure, permanente, invisible. Cela provoquait inévitablement leur rejet du monde, en conformité avec leur Maître et ce qu’il leur avait annoncé : Ne vous inquiétez pas si le monde vous rejette, si le monde vous hait (inquiétez-vous plutôt s’il est en paix avec vous, car alors cela signifierait que vous ne dénoncez pas ses œuvres – Luc 6 : 26).

Cet état d’esprit les protégeait des passions de la jeunesse, et les gardait d’introduire des influences mondaines dans l’Église, de céder à la tentation de bouleverser le culte en cherchant à le rendre conforme à leurs attentes et leurs aspirations ou plus simplement aux suggestions du dieu de ce siècle – le dieu des modes.

L’ennemi cherchera bien sûr à réduire la réflexion développée ici, et à l’amener sur le terrain de l’opposition des goûts, des réticences des générations face aux progrès des suivantes, en faisant planer sur cette prise de position le soupçon de la cristallisation, de l’enfermement, qui caractérise tous les protectionnismes, les radicalismes, les fondamentalismes, et en fin de liste : Les fanatismes et sectarismes. La réponse n’est pas dans les débats ou dans les oppositions d’idées, mais dans la Parole de Dieu. C’est l’invitation ultime de cette étude. C’est par Sa lumière que nous pouvons voir la lumière (Psaumes 36 : 9).

L’héritage scripturaire a justement été laissé pour des périodes troubles, afin que nous sachions « comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est la COLONNE ET LE SOUTIEN DE LA VÉRITÉ (1 Timothée 3 : 15) ». La porte d’entrée de notre vocation est étroite, et le chemin qui mène à « la nature divine (2 Pierre 1 : 4) est étroit lui aussi. Les enfants de Dieu, dans quelque domaine que ce soit, ne peuvent boire la coupe du Seigneur sans devoir renoncer aux autres coupes, et nous n’ignorons pas ce que cela peut signifier pour nous en termes de choix (1 Corinthiens 10 : 21) et d’abandons.

C’est pourquoi toutes les formes de mélanges et de compromis, tous les alliages disparates, tous les vils matériaux de construction du royaume (1 Corinthiens 3 : 12) DOIVENT être laissés, ou seront consumés, car tout ce qui est de l’Homme, tout ce qui provient de la nature déchue ne peut atteindre l’arbre de Vie, franchir le barrage des chérubins à l’épée déployée (Genèse 3 : 24).

 

 



 


 

 

 

 

 

 

 

 

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