3. Guide vers le Sauveur
Chap: 3 - Les conditions pour parvenir à la sainteté (suite) - Pour parvenir à la sainteté, nous avons besoin que Christ nous soit révélé comme le Pain de vie, comme la Source de l’eau de la vie, comme le vrai Dieu et la vie éternelle.
Egalement comme notre vie, comme le Tout en tout, comme la Résurrection et la Vie, et comme l’Époux de l’âme ! Nous devons aussi nous connaître comme des âmes affamées, et Christ comme le « Pain de vie », comme « le Pain descendu du ciel ».
Nous devons savoir spirituellement et expérimentalement ce que signifie « manger sa chair et boire son sang » (Jean 6.54) ; recevoir Christ comme le pain de vie, l’approprier pour la nourriture de nos âmes aussi réellement que nous approprions le pain, par la digestion, pour la nourriture de nos corps.
Je sais que cela paraît mystique au chrétien charnel. Mais pour celui qui est véritablement spirituel, « c’est là le pain de Dieu descendu du ciel ; si quelqu’un en mange, il ne mourra jamais » (Jean 6.50). Entendre Christ parler de manger sa chair et de boire son sang fut un grand obstacle pour les Juifs charnels, comme cela l’est encore pour les chrétiens charnels aujourd’hui.
Néanmoins, c’est une vérité glorieuse : Christ est le soutien constant de la vie spirituelle, aussi réellement et littéralement que la nourriture est le soutien du corps. Mais l’âme ne mangera jamais ce pain tant qu’elle tentera de se remplir ses réserves de ses propres œuvres, ou de quelque provision que ce monde peut offrir : « Sais-tu, chrétien, ce que signifie manger de ce pain ? Si oui, alors tu ne mourras jamais ! »
Comme la source de l’eau de la vie.
« Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive » (Jean 7.37), dit-il.
« Je suis l’Alpha et l’Oméga, et à celui qui a soif je donnerai à boire gratuitement de la source de l’eau de la vie » (Apocalypse 21.6).
L’âme a besoin de telles révélations qui engendrent en elle une soif de Dieu, une soif qui ne peut être apaisée que par une abondante gorgée à la source de l’eau de la vie.
Il est indispensable, pour établir l’âme dans l’amour parfait, que sa faim du pain et sa soif de l’eau de la vie soient réellement éveillées, et que l’esprit soupire et lutte après Dieu, qu’il « crie vers le Dieu vivant » (Psaume 84.2).
Qu’il puisse dire en vérité : « Mon âme soupire après Dieu comme le cerf soupire après les courants d’eau » (Psaume 42.1). « Mon cœur et ma chair crient vers le Dieu vivant » (Psaume 84.2). « Mon âme est brisée par le désir qui toujours la porte vers tes lois » (Psaume 119.20).
Lorsque cet état d’esprit est produit par le Saint-Esprit, de sorte que le désir de l’âme pour une sainteté perpétuelle est irrépressible, elle est alors préparée à une révélation de Christ dans tous les offices et relations, nécessaires pour l’établir dans l’amour. Elle est particulièrement prête à saisir, apprécier et s’approprier Christ comme le pain et l’eau de la vie, à comprendre ce que signifie manger la chair et boire le sang du Fils de Dieu.
Elle est alors en état de comprendre ce que Christ voulait dire lorsqu’il déclara : « Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés » (Matthieu 5.6). Ils comprennent non seulement ce que signifie avoir faim et soif, mais aussi ce que signifie être rassasié ; voir la faim et la soif apaisées, et le plus grand désir pleinement satisfait. L’âme réalise alors, dans sa propre expérience, la véracité de la parole de l’apôtre : Jésus-Christ « peut faire infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons » (Éphésiens 3.20).
Beaucoup s’arrêtent avant même d’atteindre une véritable faim et soif spirituelles ; d’autres ont faim et soif, mais n’ont pas l’idée de la plénitude parfaite et de l’adaptation de Christ pour répondre et satisfaire le désir de leurs âmes. Ils ne cherchent donc pas, ni n’attendent, la révélation de Christ qui rassasie l’âme.
Ils n’espèrent aucune plénitude divine ni satisfaction intérieure. Ils ignorent complétement la plénitude et la perfection des provisions du « glorieux évangile du Dieu béni » (1 Timothée 1.11), et par conséquent ils ne sont pas encouragés à espérer, du fait qu’ils ont faim et soif de justice, qu’ils seront rassasiés. Ils demeurent donc sans nourriture, sans plénitude, insatisfaits, et après un temps, par incrédulité, tombent dans l’indifférence et restent esclaves de la convoitise.
Comme le vrai Dieu et la vie éternelle.
La Bible dit : « Nul ne peut dire que Jésus est le Seigneur si ce n’est par le Saint-Esprit » (1 Corinthiens 12.3). La divinité véritable de Christ ne peut jamais être tenue autrement que comme une simple opinion, un dogme, une spéculation, un article de credo.
Tant qu’il n’est pas révélé à l’homme intérieur par le Saint-Esprit. Rien, sinon la compréhension de Christ comme Dieu suprême et vivant pour l’âme, ne peut inspirer cette confiance en lui qui est essentielle à une sanctification établie.
L’âme ne peut saisir ce qui est impliqué dans le fait qu’il est « la Vie éternelle », tant qu’elle ne le connaît pas spirituellement comme le vrai Dieu. Lorsqu’il est révélé spirituellement comme le vrai Dieu vivant, le chemin est alors préparé pour la compréhension spirituelle de lui comme la vie éternelle.
« Comme le Père vivant a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même » (Jean 5.26).
« En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes » (Jean 1.4).
« Je leur donne la vie éternelle » (Jean 10.28).
« Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jean 14.6).
« Je suis la résurrection et la vie » (Jean 11.25).
Ces passages et d’autres semblables doivent être spirituellement saisis par l’âme, comme une révélation personnelle intérieure. La plupart des croyants semblent ne pas comprendre la condition sur laquelle la Bible peut leur être d’une utilité spirituelle. Ils ne voient pas que, dans sa lettre, elle n’est qu’une histoire de choses autrefois révélées aux hommes.
Elle n’est une révélation pour personne, sinon à la condition d’être personnellement révélée par le Saint-Esprit. Le simple fait que nous ayons dans l’Évangile l’histoire de la naissance, de la vie, de la mort de Christ, n’est pas une révélation suffisante de Christ pour répondre aux besoins de l’homme et rendre son salut possible. Christ, sa doctrine, sa vie, sa mort et sa résurrection doivent être révélés personnellement par le Saint-Esprit à chaque âme pour opérer son salut et le transformer à l’intérieur de lui.
Il en est ainsi de toute vérité spirituelle : sans révélation intérieure à l’âme, elle n’est qu’une odeur de mort pour la mort. Il est vain de tenir à la divinité de Christ comme une spéculation, une doctrine, une théorie ou une opinion, sans la révélation de sa nature et de son caractère divins à l’âme par le Saint-Esprit. Mais que l’âme le connaisse et marche avec lui comme le vrai Dieu, et elle ne doutera plus jamais que, comme notre sanctification, il est pleinement suffisant et complet.
Que personne n’objecte que, si cela est vrai, les hommes ne sont pas obligés de croire en Christ et d’obéir à l’Évangile sans ou avant d’être éclairés par le Saint-Esprit. À une telle objection, je réponds :
Les hommes sont obligés de croire toute vérité dans la mesure où ils peuvent la comprendre ou la saisir, mais pas au-delà ; dans la mesure où ils peuvent saisir les vérités spirituelles de l’Évangile sans le Saint-Esprit ; dans cette mesure ils sont tenus de les croire. Mais Christ lui-même nous a enseigné que nul ne peut venir à lui si le Père ne l’attire.
Que cette attraction signifie enseignement est évident par ce que Christ ajoute : « Il est écrit : ils seront tous enseignés de Dieu. Quiconque a entendu et appris du Père vient à moi » (Jean 6.45). Que cet enseignement du Père soit différent des simples instructions orales ou écrites de Christ et des apôtres est évident, puisque Christ assurait à ceux auxquels il prêchait, avec toute la clarté possible, qu’ils ne pouvaient venir à lui que s’ils étaient attirés, c’est-à-dire enseignés par le Père.
Comme le Père enseigne par le Saint-Esprit, l’enseignement clair de Christ dans ce passage est que nul ne peut venir à lui s’il n’est spécialement éclairé par le Saint-Esprit. Paul enseigne sans équivoque la même chose : « Nul ne peut dire que Jésus est le Seigneur si ce n’est par le Saint-Esprit » (1 Corinthiens 12.3).
Malgré tout l’enseignement des apôtres, nul, en écoutant simplement leurs instructions, ne pouvait saisir la véritable divinité de Christ au point de dire honnêtement et avec compréhension spirituelle que Jésus est le Seigneur. Mais quel chrétien véritable ne connaît pas la différence radicale entre être enseigné par les hommes et être enseigné par Dieu, entre les opinions que nous formons par la lecture, l’écoute et l’étude, et les claires perceptions de la vérité communiquées par les illuminations directes et intérieures du Saint-Esprit ?
Je réponds aussi que les hommes qui ont accepté l’Évangile sont entièrement inexcusables de ne pas jouir de toute la lumière dont ils ont besoin du Saint-Esprit, puisque celui-ci est dans le monde, envoyé précisément pour donner à tous la connaissance de Christ et d’eux-mêmes, dont ils ont besoin. Son aide est offerte gratuitement à tous, et Christ nous a assuré que le Père est plus disposé à donner le Saint-Esprit à ceux qui le demandent que les parents ne le sont à donner de bonnes choses à leurs enfants.
Tous les hommes selon l’Évangile savent cela et ont assez de lumière pour demander avec foi le Saint-Esprit ; par conséquent, tous peuvent connaître d’eux-mêmes et de Christ tout ce qu’ils ont besoin de savoir. Ils sont donc capables de connaître et d’embrasser Christ aussi pleinement et aussi rapidement qu’il est de leur devoir de le faire.
Ils peuvent connaître Christ dans ses relations gouvernementales et spirituelles au fur et à mesure qu’ils se trouvent dans les circonstances qui rendent nécessaire de le connaître ainsi.
Le Saint-Esprit, s’il n’est pas éteint et que l’on ne lui résiste pas, révélera sûrement Christ dans toutes ses relations et sa plénitude en temps voulu, de sorte que, dans chaque tentation, une issue sera ouverte, afin que nous puissions la supporter. Cela est expressément promis en 1 Corinthiens 10.13 :
« Aucune tentation ne vous est survenue qui ne soit humaine ; mais Dieu est fidèle, qui ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces, mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter ».
Le Saint-Esprit offre, sous condition de la foi, de conduire chaque homme dans toute la vérité. Chaque homme est donc tenu de connaître et de pratiquer toute la vérité, autant et aussi vite qu’il lui est possible de le faire avec la lumière du Saint-Esprit.
Nous emparer de Christ comme de notre vie.
Mais qu’on se souvienne qu’il ne suffit pas de saisir Christ comme le vrai Dieu et la vie éternelle ; nous devons aussi nous emparer de lui comme notre vie. Il faut comprendre très distinctement qu’une appropriation particulière et personnelle de Christ dans de telles relations est indispensable pour être enracinés et fondés, établis et perfectionnés dans l’amour.
Lorsque notre insuffisance et notre vide absolus, dans un domaine ou une direction particulière, nous sont profondément révélés par le Saint-Esprit, avec en parallèle le remède et la plénitude parfaite en Christ, il reste alors à l’âme, dans ce domaine précis, à rejeter le moi et à nous revêtir de Christ. Quand cela est accompli, lorsque le moi est mort dans ce domaine, et que Christ est ressuscité, vivant et régnant dans le cœur dans cette relation, tout devient fort, entier et complet dans ce département de notre vie et de notre expérience.
Par exemple, supposons que nous soyons, par constitution ou par nos relations et circonstances, exposés à certaines tentations qui nous dominent. Nous observons notre faiblesse dans ce domaine par expérience. Mais en constatant notre vulnérabilité et en éprouvant quelque chose de notre faiblesse, nous commençons à accumuler résolution sur résolution. Nous nous lions par des serments, des promesses, des engagements, mais tout cela est vain. Lorsque nous décidons de tenir ferme, nous tombons invariablement en présence de la tentation.
Ce processus de résolution et de chute plonge l’âme dans un grand découragement et une profonde perplexité, jusqu’à ce que le Saint-Esprit nous révèle pleinement que nous tentons de tenir debout et de bâtir sur du néant. L’inutilité totale, et pire encore, la nocivité de nos résolutions et de nos efforts auto-produits, nous apparaissent si clairement qu’ils annihilent à jamais toute dépendance envers nous-mêmes dans ce domaine. Alors l’âme est préparée à la révélation de Christ pour répondre à ce besoin particulier.
Christ est révélé et saisi comme le substitut, le garant, la vie et le salut de l’âme, dans ce domaine précis de faiblesse et de tentation. Si l’âme rejette totalement et définitivement le moi, et revêt le Seigneur Jésus-Christ tel qu’il est vu comme nécessaire pour répondre à son besoin, alors tout est complet en lui. Ainsi Christ règne en nous. Ainsi nous connaissons la puissance de sa résurrection et sommes rendus conformes à sa mort.
Mais j’ai dit que nous devons connaître et saisir Christ comme notre vie. On ne saurait trop insister sur notre responsabilité personnelle envers Christ, sur notre relation individuelle avec lui, sur notre intérêt personnel en lui et notre obligation envers lui. Pour sanctifier nos âmes, nous devons faire de chaque aspect de la religion une affaire personnelle entre nous et Dieu, considérer chaque précepte de la Bible, chaque promesse, chaque exhortation, chaque avertissement, et en somme, considérer toute la Bible comme nous étant adressée, et rechercher ardemment la révélation personnelle de chaque vérité qu’elle contient pour nos âmes.
Nul ne peut trop comprendre ni trop ressentir la nécessité de recevoir la Bible avec tout ce qu’elle contient comme un message envoyé du ciel pour lui, ni trop désirer ou rechercher l’Esprit promis pour lui enseigner la véritable portée spirituelle de son contenu. Ô, il faut que la Bible devienne une révélation personnelle de Dieu à son âme. Elle doit devenir son propre livre. Il doit connaître Christ pour lui-même, pas seulement pour les autres.
Il doit le connaître dans ses différentes relations. Il doit le connaître dans sa plénitude bénie et infinie, sinon il ne peut demeurer en lui ; et s’il ne demeure pas en Christ, il ne peut produire aucun fruit de sainteté : « Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche » (Jean 15.6).
Saisir et embrasser Christ comme notre vie implique de comprendre que nous sommes, de nous-mêmes, morts dans nos fautes et nos péchés, que nous n’avons aucune vie en nous-mêmes, que la mort a régné et régnera éternellement sur nous, à moins que Christ ne devienne notre vie.
Tant que l’homme ne se connaît pas comme mort, et totalement dépourvu de vie spirituelle en lui-même, il ne connaîtra jamais Christ comme sa vie. Il ne suffit pas de tenir l’opinion que tous les hommes sont par nature morts dans leurs fautes et leurs péchés.
Il ne suffit pas de penser que nous sommes, comme tous les hommes, dans cette condition par nous-mêmes. Nous devons le voir par l’Esprit. Nous devons savoir ce que signifie un tel langage. Cela doit devenir une révélation personnelle pour nous. Nous devons pleinement saisir notre propre mort et Christ comme notre vie, et reconnaître notre mort et lui comme notre vie en renonçant personnellement au moi dans ce domaine et en nous emparant de lui comme de notre vie spirituelle et éternelle.
Beaucoup de personnes, et chose étrange, certains ministres éminents, sont si aveuglés qu’ils supposent qu’une âme entièrement sanctifiée n’a plus besoin de Christ, pensant qu’une telle âme possède la vie spirituelle en elle-même ; qu’il y a en elle quelque fondement ou principe efficace de sainteté continue, comme si le Saint-Esprit avait changé sa nature ou infusé une sainteté physique ou un principe saint en elle.
Ô, quand ces hommes cesseront-ils d’obscurcir le conseil par des paroles sans connaissance, sur le sujet infiniment important de la sanctification ! Quand ces hommes, quand l’Église comprendront-ils que Christ est notre sanctification ; que nous n’avons ni vie, ni sainteté, ni sanctification, sinon en demeurant en Christ et lui en nous ; que séparés de Christ, il n’y a jamais aucune excellence morale en aucun homme ; que Christ ne change pas la constitution de l’homme dans la sanctification, mais qu’il ne fait que, par notre consentement, gagner et garder le cœur ; qu’il s’y établit, avec notre consentement, et qu’à partir du cœur il étend son influence et sa vie à tout notre être spirituel ; qu’il vit en nous aussi réellement et véritablement que nous vivons dans nos propres corps ; qu’il règne aussi réellement dans notre volonté et, par conséquent, dans nos émotions, par notre libre consentement, comme nos volontés règnent dans nos corps ?
Ne peuvent-ils comprendre que c’est cela la sanctification, et rien d’autre ? qu’il n’y a aucun degré de sanctification qui ne soit ainsi attribué à Christ ? et que la sanctification entière n’est rien d’autre que le règne de Jésus dans l’âme ? rien de plus ni de moins que Christ, la résurrection et la vie, ressuscitant l’âme de la mort spirituelle et régnant en elle par la justice pour la vie éternelle ?
Je dois connaître et embrasser Christ comme ma vie ; je dois demeurer en lui comme le sarment demeure dans la vigne ; je ne dois pas seulement tenir cette opinion comme une opinion ; je dois la connaître et la mettre en pratique.
Ô, quand le ministère de la réconciliation connaîtra et embrassera Christ dans toute sa plénitude pour lui-même ; quand il prêchera Jésus dans toute sa plénitude et sa puissance vivante à l’Église ; quand il témoignera de ce qu’il a vu et de ce que ses mains ont touché de la parole de vie ; alors, et pas avant, il y aura une résurrection générale des ossements desséchés de la maison d’Israël. Amen. Seigneur, hâte ce jour.
Comme « le Tout en tous ».
« Il n’y a plus ni Grec ni Juif, circoncis ni incirconcis, barbare, Scythe, esclave ni libre, mais Christ est tout et en tous » (Colossiens 3.11). Avant que l’âme cesse d’être vaincue par la tentation, elle doit renoncer à toute dépendance envers elle-même. Elle doit, pour ainsi dire, s’anéantir. Elle doit cesser de penser qu’elle possède en elle quelque fondement de force dans l’heure de l’épreuve. Elle doit totalement, en toutes choses, renoncer au moi et revêtir Christ.
Elle doit se connaître comme n’étant rien dans le domaine de la vie spirituelle, et Christ comme étant tout. Le psalmiste pouvait dire : « Toutes nos sources sont en toi » (Psaume 87.7). Il est la source de la vie. Tout ce qui est vie en nous découle directement de lui, comme la sève coule de la vigne vers le sarment, ou comme un ruisseau jaillit de sa source. La vie spirituelle qui est en nous est réellement la vie de Christ qui s’écoule à travers nous.
Notre activité, bien qu’elle soit proprement la nôtre, est néanmoins stimulée et dirigée par sa présence et son action en nous. Ainsi nous pouvons et devons dire avec Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi » (Galates 2.20). Il est bon pour un pécheur imbu de lui-même de subir, même à ses propres yeux, une annihilation de soi quant à l’origine de toute obéissance spirituelle à Dieu ou de tout bien spirituel. Mais cela doit arriver avant qu’il apprenne, en toutes occasions et en toutes choses, à se tenir en Christ, à demeurer en lui comme son « Tout en tous ».
Ô, la folie infinie de l’esprit charnel ! Il semble qu’il essaiera toujours d’agir par sa propre force avant de dépendre de Christ. Il cherchera d’abord des ressources et de l’aide en lui-même avant de renoncer au moi et de faire de Christ son « Tout en tous ». Il se tournera vers sa propre sagesse, sa propre justice, sa propre sanctification et sa propre rédemption. En bref, il n’y a pas un office ou une relation de Christ qui sera reconnu et embrassé, avant que l’âme ne soit placée dans des circonstances où son besoin, en rapport avec cet office de Christ, soit développé par une épreuve, souvent par une chute sous la tentation.
Ce n’est qu’alors, et lorsque Christ est clairement et puissamment révélé par le Saint-Esprit, que le moi est abaissé et que Christ est exalté dans le cœur. Le péché a tellement aveuglé et trompé l’humanité que, lorsque Christ leur dit : « Sans moi vous ne pouvez rien faire ; et si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il sèche », ils ne comprennent ni ce qu’il veut dire, ni l’ampleur de ce qu’il implique, jusqu’à ce qu’une épreuve après l’autre leur révèle pleinement le fait effrayant qu’ils ne sont rien en matière de bien spirituel, et que Christ est « le Tout en tous ».
Comme « la Résurrection et la Vie ».
Par Christ, l’âme est relevée de la mort spirituelle. Christ, comme la résurrection et la vie, est ressuscité dans l’âme. Il fait revivre l’image divine hors de la mort spirituelle qui règne en nous. Il est engendré par le Saint-Esprit et né en nous. Il surgit à travers la mort qui est en nous et développe sa propre vie dans notre être. Qui dira : « Cette parole est dure, qui peut l’entendre ? » (Jean 6.60).
Tant que nous ne connaissons pas, par expérience, la puissance de cette résurrection en nous, nous ne comprendrons jamais « la communion de ses souffrances et la conformité à sa mort » (Philippiens 3.10). Il relève notre volonté de son état de mort dans les fautes et les péchés, ou de son état d’asservissement volontaire à la convoitise et au moi, pour la conformer à la volonté de Dieu. Par l’intelligence, il répand un flot de vérité vivifiante sur l’âme. Il vivifie ainsi la volonté dans l’obéissance. En faisant de nouvelles découvertes à l’âme, il fortifie et confirme la volonté dans l’obéissance.
En relevant, en soutenant et en vivifiant la volonté, il rectifie la sensibilité, et vivifie et relève entièrement l’homme de la mort ; ou plutôt, bâtit un homme nouveau et spirituel sur la mort et les ruines de l’homme ancien et charnel. Il relève les mêmes facultés qui étaient mortes dans les fautes et les péchés pour les amener à une vie spirituelle. Il vainc leur mort et les inspire de vie. Il vit dans les saints, agit en eux pour vouloir et pour faire, et ils vivent en lui, selon la parole de Christ dans sa prière au Père : « Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous » (Jean 17.21) ; et encore, verset 23 : « Moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient parfaitement un ».
Il ne relève pas l’âme à la vie spirituelle dans le sens où elle aurait une vie séparée de lui, ne fût-ce qu’un instant. La résurrection spirituelle est continuelle. Christ est la résurrection en ce sens qu’il est le fondement de toute notre obéissance à chaque moment. Il relève, pour ainsi dire, l’âme ou la volonté, de l’esclavage de la convoitise, à une conformité à la volonté de Dieu dans chaque cas et à chaque instant de sa consécration à Dieu. Mais cela, il ne le fait que si nous le saisissons et l’embrassons dans cette relation.
En lisant la Bible, j’ai souvent été frappé par le fait que les écrivains inspirés étaient bien en avance sur la grande masse des croyants professants. Ils écrivaient des relations dans lesquelles Christ leur avait été spirituellement révélé. Tous les noms, titres et relations officielles de Christ avaient pour eux une grande signification. Ils parlaient non pas par théorie ou par enseignement humain, mais par expérience, par ce que le Saint-Esprit leur avait enseigné. À mesure que le Christ ressuscité est révélé et vit dans une relation après l’autre, dans l’expérience des croyants, combien les écrits inspirés apparaissent frappants !
À mesure que les besoins de notre être sont révélés dans l’expérience, et que Christ est révélé dans de nouvelles circonstances et relations comme étant exactement ce dont nous avons besoin ; qui n’a pas été émerveillé de trouver dans la Bible des repères, des panneaux indicateurs, des jalons, et toutes les preuves que nous pourrions demander ou désirer que des hommes inspirés ont parcouru ce chemin et ont eu substantiellement la même expérience que nous. Nous sommes aussi souvent frappés par le fait qu’ils sont bien en avance sur nous.
À chaque étape de notre progression, nous semblons avoir, pour ainsi dire, une nouvelle édition de la Bible. Nous découvrons des mondes de vérité auparavant inaperçus ; nous apprenons à connaître Christ dans des relations précieuses dont nous n’avions rien connu auparavant. Et toujours, à mesure que nos besoins réels sont découverts, Christ apparaît comme étant tout ce dont nous avons besoin, exactement ce qui répond pleinement aux nécessités de nos âmes. Voilà bien l’Évangile glorieux du Dieu béni.
Comme celle de l’Époux ou Mari de l’âme.
L’âme individuelle doit être fiancée à Christ, entrer dans cette relation personnellement par son propre consentement. Les mariages terrestres et extérieurs ne sont rien d’autre que péché, à moins que les cœurs ne soient unis. Le vrai mariage est celui du cœur, et la cérémonie extérieure n’est qu’une manifestation publique ou une profession de l’union ou du mariage des âmes et des cœurs.
Tout mariage peut être considéré comme une image de l’union dans laquelle l’âme s’unie avec Christ. Cette relation de Christ avec l’âme est fréquemment reconnue dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament. Paul en parle comme d’un grand mystère. Les chapitres 7 et 8 de l’épître aux Romains offrent une illustration frappante des résultats de l’âme demeurant sous la loi, d’une part, et de son union avec Christ, d’autre part.
Le chapitre 7 commence ainsi : « Ne savez-vous pas, frères (car je parle à ceux qui connaissent la loi), que la loi a autorité sur l’homme aussi longtemps qu’il vit ? Ainsi, la femme mariée est liée par la loi à son mari tant qu’il vit ; mais si le mari meurt, elle est dégagée de la loi qui la liait à son mari. Si donc, du vivant de son mari, elle devient la femme d’un autre, elle sera appelée adultère ; mais si son mari meurt, elle est affranchie de cette loi, de sorte qu’elle n’est pas adultère en devenant la femme d’un autre. De même, vous aussi, mes frères, vous avez été mis à mort à l’égard de la loi par le corps de Christ, pour appartenir à un autre, à celui qui est ressuscité d’entre les morts, afin que nous portions du fruit pour Dieu ».
L’apôtre montre ensuite les résultats de ces deux mariages ou relations de l’âme. Mariée à la loi, il dit : « Car lorsque nous étions dans la chair, les passions des péchés, provoquées par la loi, agissaient dans nos membres pour porter du fruit pour la mort ». Mais mariée à Christ, il poursuit : « Nous avons été délivrés de la loi, étant morts à ce qui nous tenait captifs, de sorte que nous servons dans un esprit nouveau et non selon la lettre ancienne ».
La suite du chapitre 7 décrit l’esclavage de l’âme mariée à la loi : ses efforts pour plaire à son mari, ses échecs continuels, ses profondes convictions, ses efforts égoïstes, sa conscience de ses manquements et sa condamnation de soi-même, qui la plonge dans le désespoir. Il est évident, en considérant l’allégorie par laquelle l’apôtre commence ce chapitre, qu’il dépeint une expérience légale afin de la mettre en contraste avec l’expérience de celui qui est entré dans la véritable liberté de l’amour parfait.
Le chapitre 8 représente les résultats du mariage de l’âme avec Christ. Elle est délivrée de son esclavage à la loi et de la puissance de la loi du péché dans ses membres. Elle porte du fruit pour Dieu. Christ a gagné les affections de l’âme. Ce que la loi ne pouvait accomplir, Christ l’a fait ; et la justice de la loi est désormais accomplie dans l’âme.
L’image est la suivante : l’âme est mariée à la loi et reconnaît son obligation d’obéir à son mari. Le mari exige un amour parfait envers Dieu et envers les hommes. Cet amour manque ; l’âme est égoïste. Cela déplaît au mari, qui prononce la mort contre elle si elle n’aime pas. Elle reconnaît la justesse de l’exigence et de la menace, et résout d’obéir pleinement.
Mais étant égoïste, le commandement et la menace ne font qu’accroître la difficulté. Tous ses efforts d’obéissance sont motivés par l’égoïsme. Le mari est justement ferme et impératif dans ses demandes. La femme tremble, promet, résout d’obéir. Mais tout est vain. Son obéissance est feinte, extérieure, sans amour. Elle se décourage et tombe dans le désespoir. Alors que la sentence est sur le point d’être exécutée, Christ apparaît.
Il observe le dilemme. Il révère, honore et aime le mari. Il approuve entièrement son exigence et sa conduite. Il condamne sans réserve la femme. Pourtant, il la prend en pitié et l’aime d’un amour profond.
Il ne consent à rien qui puisse sembler désapprouver les droits ou la conduite du mari. Sa justice doit être reconnue. Le mari ne doit pas être déshonoré, mais au contraire « magnifié et rendu honorable ». Cependant, Christ aime tellement la femme qu’il accepte de mourir comme son substitut. Il le fait, et la femme est considérée comme morte en lui et par lui, son substitut.
Or, la mort de l’un des conjoints dissout l’alliance du mariage ; et puisque la femme, en la personne de son substitut, est morte à la loi, son mari, elle est désormais libre de se remarier. Christ ressuscite. Cette manifestation éclatante et bouleversante de l’amour désintéressé de Christ en mourant pour elle brise son égoïsme et gagne tout son cœur. Il lui propose le mariage et elle consent de toute son âme. Elle découvre alors que la loi de l’égoïsme est brisée et que la justice de la loi de l’amour est accomplie dans son cœur. Le dernier mari exige exactement ce que le premier exigeait, mais ayant gagné tout son cœur, elle n’a plus besoin de se résoudre à aimer, car l’amour est aussi naturel et spontané que sa respiration.
Avant, le chapitre 7 des Romains exprimait sa plainte. Maintenant, le chapitre 8 exprime son triomphe. Avant, elle se trouvait incapable de satisfaire les exigences de son mari et de sa propre conscience. Maintenant, elle trouve facile d’obéir à son mari, et ses commandements ne sont pas pénibles, bien qu’ils soient identiques à ceux du premier mari.
Cette allégorie de l’apôtre n’est pas une simple figure rhétorique. Elle représente une réalité, et l’une des plus importantes et glorieuses réalités qui soient : l’union réelle et spirituelle de l’âme avec Christ, et les bénédictions qui en résultent, à savoir porter du fruit pour Dieu. Cette union est, comme le dit l’apôtre, un grand mystère ; néanmoins, c’est une glorieuse réalité : « Celui qui est uni au Seigneur est un seul esprit avec lui » (1 Corinthiens 6.17).
Or, tant que l’âme ne sait pas ce que signifie être mariée à la loi et ne peut adopter le langage du chapitre 7 des Romains, elle n’est pas prête à voir, à apprécier et à être touchée comme il convient par la mort et l’amour de Christ. De grandes multitudes demeurent dans ce premier mariage et ne consentent pas à mourir et à ressusciter en Christ.
Elles ne sont pas mariées à Christ, ne savent pas que cela existe, et s’attendent à vivre et mourir dans cet esclavage, en criant : « Misérable que je suis ! » (Romains 7.24).
Elles doivent mourir et ressusciter en Christ pour une vie nouvelle, fondée et croissant dans une nouvelle relation avec lui. Christ devient la tête vivante ou l’époux de l’âme, son garant, sa vie. Il gagne et garde les affections les plus profondes de l’âme, inscrivant ainsi sa loi dans le cœur et la gravant dans les entrailles.
Mais l’âme doit non seulement savoir ce que signifie être mariée à la loi avec son esclavage et sa mort, mais elle doit aussi, pour elle-même, entrer dans la relation de mariage avec un Christ ressuscité et vivant. Cela ne doit pas être une théorie, une opinion, un dogme ; ni une imagination, un mysticisme, une notion, un rêve. Cela doit être une entrée vivante, personnelle et réelle dans une union personnelle et vivante avec Christ, un don de soi total et universel à lui, et une réception de lui comme époux et chef spirituel.
L’Esprit de Christ et notre esprit doivent s’embrasser et entrer ensemble dans une alliance éternelle. Il doit y avoir un don mutuel de soi et une réception mutuelle, une fusion des esprits dans le sens voulu par Paul dans le passage déjà cité : « Celui qui est uni au Seigneur est un seul esprit avec lui » (1 Corinthiens 6.17).
Mon frère, ma sœur, comprends-tu cela ? Connais-tu ces deux mariages et leurs résultats si différents ? Si ce n’est pas le cas, ne prétends plus être sanctifié, car tu es encore dans l’amertume, dans les liens de l’iniquité, et dans le conflit intérieur : « Sauve-toi, pour ta vie ! » (Genèse 19.17).
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8. Les choses dernières

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