10. Bénis  en Christ

10. Bénis en Christ

Chap: 4 - La réalisation pratique (suite) - Comment recevoir la force spirituelle ? En étant prêt à faire avec foi la volonté de Dieu, aussitôt qu’elle est discernée dans sa Parole. Elle ne se manifeste pas en premier lieu dans de grandes actions, mais paraît dans les multiples petits détails de la vie journalière.

Verset 28

« … De même aussi, les maris doivent aimer leurs propres femmes comme leurs propres corps ; celui qui aime sa propre femme s’aime lui-même » (Éphésiens 5.28).

La relation de l’homme et de la femme dans le mariage est placée ici dans une toute nouvelle lumière, que les croyants du temps de l’Ancien Testament ne connaissaient pas encore ; de ce fait, ils s’en trouvaient aussi dans leur façon d’agir souvent bien éloignés. Le modèle qui nous est donné dans ce passage pour les relations pratiques entre époux est le plus élevé que l’on puisse imaginer.

Cependant Paul ne laisse pas non plus de côté l’aspect qui est selon la nature. Il évoque de nouveau le premier couple, dans lequel Eve fut créée à partir du corps d’Adam. En aimant Eve, Adam aimait quelque chose qui était à l’origine une partie de lui-même. Dans l’union instituée par Dieu, mari et femme redeviennent cependant « une seule chair ». Le mariage est donc considéré dans la parole de Dieu comme une unité indissoluble, qui dure jusqu’à la mort (comp. Romains 7.2). Pour cette raison aussi, non pas seulement parce que Christ aime l’Assemblée, les maris sont exhortés à aimer leurs propres femmes comme eux-mêmes.

La pensée parfois exprimée en rapport avec ce verset que, dans le mariage, l’amour de soi-même est la condition de l’amour envers le conjoint, est une déformation abusive de ce qui est dit ici. Elle a sa source dans les idées modernes quant à l’épanouissement de la personnalité et l’affirmation de soi-même, qui ne sont rien d’autre qu’une manière de cultiver l’égoïsme humain.

L’amour de son propre corps n’est pas considéré ici comme un but en soi à rechercher ou à atteindre, mais n’est rien d’autre que l’instinct naturel de conservation de l’être humain. Il n’est pas dit ici que les maris doivent aimer leurs propres corps ou s’aimer eux-mêmes, mais constaté qu’ils le font naturellement. De même qu’un être humain normalement sain ne laisse pas son corps dépérir ou mourir, mais le fait naturellement profiter de tout ce qui lui est nécessaire, ainsi les maris doivent aussi manifester la même sollicitude et le même amour pour leurs femmes que pour leurs propres corps.

Verset 29

« … Car personne n’a jamais haï sa propre chair, mais il la nourrit et la chérit, comme aussi le Christ l’assemblée » (Éphésiens 5.29).

Ce que nous venons de dire est confirmé par le début de ce verset. Aucun être humain normal ne hait son propre corps, mais il lui fournit tout ce qui lui est nécessaire. C’est exactement ce que fait le Seigneur Jésus, qui est placé ici de nouveau devant nous. Il est présenté comme Celui qui a parfaitement accompli, et accomplit encore, ce que les maris doivent être exhortés sérieusement à réaliser dans le mariage : Il a aimé l’Assemblée et s’est livré pour elle au début ; il se la présentera glorieuse à la fin, et il la nourrit et la chérit durant tout le temps de son pèlerinage sur la terre. Sa faiblesse, ses besoins et ses peines ne sont pour lui que des occasions de lui manifester sa fidèle sollicitude.

Comme le corps humain, l’Assemblée aussi a grand besoin de nourriture et de soins spirituels : Christ la nourrit et la chérit. De même qu’Eve était à l’origine une partie d’Adam et redevint une avec lui en lui étant unie, ainsi l’Assemblée est déjà une avec Christ dans la gloire.

Verset 30

« … car nous sommes membres de son corps, de sa chair et de ses os » (Éphésiens 5.30).

Lorsque Adam vit Eve, il déclara : « Cette fois, celle-ci est os de mes os et chair de ma chair » (Genèse 2.23). De par son origine, elle était une partie du corps d’Adam, et donc littéralement « de sa chair et de ses os ».

Ces paroles nous rappellent aussi le roi David, un type de Christ également bien connu (2 Samuel 5.1 ; comp. 2 Samuel 19.12). Dans leur application pour nous qui croyons au Seigneur Jésus, ces mots, « de sa chair et de ses os », rendent plus claire l’allusion concernant l’identité de vie que nous avons reçue par la nouvelle naissance. Le Christ ressuscité lui-même est bien notre vie (Colossiens 3.4). C’est là un fait propre à susciter l’adoration !

En faisant précéder cette citation de l’expressions : « car nous sommes membres de son corps », Paul revient à un thème important de l’épître aux Éphésiens, celui de notre appartenance à l’Assemblée comme corps de Christ. Après que le Seigneur Jésus en eut posé le fondement par son œuvre expiatoire à la croix, il a, comme chef (tête) glorifié, envoyé du ciel le Saint Esprit par lequel, le jour de la Pentecôte, tous les rachetés ont été baptisés en un seul corps. Par les mots, « membres de son corps », il nous rappelle cette merveilleuse unité dans laquelle le Saint Esprit nous a introduits avec Christ, la tête. Deux fois seulement dans cette épître, les rachetés sont désignés comme membres : au chapitre 4, verset 25, comme « membres les uns des autres », et ici, « membres de son corps ».

Dans les paroles : « membres de son corps, de sa chair et de ses os », nous trouvons donc l’expression de ces deux vérités : que Christ possède maintenant sur la terre un corps avec beaucoup de membres, auquel nous appartenons, et que nous sommes pour ainsi dire issus de lui comme Eve est issue d’Adam. Aucun autre serviteur de Dieu n’a connu et discerné cela comme Paul. Déjà les premières paroles que le Seigneur lui adressa du ciel sur le chemin de Damas : « Saul ! Saul ! pourquoi me persécutes-tu ? », paroles dont il ne pouvait alors pas comprendre toute la portée, montraient clairement que ceux qu’il avait jusqu’alors persécutés et mis à mort, étaient « membres de son corps, de sa chair et de ses os ».

Verset 31

« … C’est pour cela que l’homme laissera son père et sa mère et sera joint à sa femme ; et les deux seront une seule chair » (Éphésiens 5.31).

Dans un autre contexte, Adam est déjà appelé en Romains 5.14, « la figure de celui qui devait venir », et en 1 Corinthiens 15.45-49, il est placé en contraste avec le Seigneur Jésus, l’homme venu du ciel. Les deux premiers chapitres de la Bible, qui rapportent la création d’Adam et d’Eve, ne présentent donc pas seulement le récit authentique de l’origine de l’homme.

Mais, comme le montre ce verset qui cite Genèse 2.24, est aussi le premier type de Christ et de son Assemblée, donné même avant la chute originelle.

Quel prix et quelle importance doit avoir pour Dieu son conseil éternel, pris dès avant la fondation du monde, quant à Christ et son Assemblée, pour qu’il en ait donné à l’humanité une image tout de suite dans la création (avant même la chute) ! Aucun des autres types de l’Ancien Testament n’atteint la perfection et la beauté initiales du premier, que nous pensions à Isaac et Rebecca, à Jacob et Léa, à Joseph et Asnath, à Moïse et Séphora, à David et Abigaïl, ou à Assuérus et Vasthi. Ils ne présentent souvent qu’un seul trait de similitude avec l’Assemblée. Le type d’Adam et Eve nous montre en revanche les principes divins.

Après avoir créé Adam, Dieu déclara : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide qui lui corresponde » (Genèse 2.18). Puis il fit tomber un profond sommeil sur Adam et forma d’une de ses côtes la femme qu’il lui présenta à son réveil. De la même manière aujourd’hui, après la mort du Seigneur Jésus sur la croix et son retour dans la gloire à la suite de sa résurrection, et maintenant qu’il est « caché » en Dieu (comp. Colossiens 3.2), Dieu forme son Assemblée. Quand elle sera complète, Christ, qui est à la fois Dieu et le dernier Adam, la prendra auprès de lui dans la gloire du ciel et se la présentera à lui-même glorieuse (comp. Éphésiens 5.27).

Ces paroles sont suivies par l’importante déclaration que le Seigneur avait déjà rappelée aux pharisiens lorsqu’ils le questionnaient sur le divorce (Matthieu 19.5). La femme est considérée ici comme personnalité autonome, avec qui cependant, dans le lien du mariage, une nouvelle unité, « une seule chair », est formée, et même « un corps », ainsi que Paul l’exprime comme avertissement dans un autre contexte (1 Corinthiens 6.16).

Verset 32

« … Ce mystère est grand ; mais moi je parle relativement à Christ et à l’assemblée » (Éphésiens 5.32).

Déjà, le modeste mais sage Agur avait dit : « Trois choses sont trop merveilleuses pour moi, et il en est quatre que je ne puis connaître : le chemin de l’aigle dans les cieux, le chemin du serpent sur le rocher, le chemin d’un navire au cœur de la mer, et le chemin de l’homme vers la jeune fille » (Proverbes 30.18-19). La formation de la première femme tirée du premier homme, la relation de celui-ci avec elle, et la nouvelle unité ainsi constituée révèlent des pensées divines et admirables.

Mais l’application à la relation entre Christ et son assemblée est un mystère insurpassable en grandeur et en gloire.

Un mystère.

Le mystère, mentionné et décrit dans le Nouveau Testament principalement dans les épîtres aux Éphésiens et aux Colossiens, comporte le fait que le Seigneur Jésus, depuis qu’il est assis comme homme glorifié à la droite de Dieu, est uni à l’Assemblée, qui est son corps, et non plus à Israël comme son peuple. Et par conséquent, dans la plénitude des temps, lorsqu’en lui toutes choses seront réunies sous un seul chef, elle régnera avec lui (Éphésiens 1.10 ; 3.3-9 ; Colossiens 1.27).

Ce mystère était inconnu auparavant, c’est-à-dire dans les temps décrits dans l’Ancien Testament. Il ne fut révélé qu’aux apôtres et prophètes du Nouveau Testament et confié à l’apôtre Paul pour qu’il l’administre ou l’annonce (Éphésiens 3.3-9 ; comp. Romains 16.25 et suiv.).

Dans ce verset, ce mystère n’est cependant pas considéré dans son ensemble. Il ne nous en est présenté ici qu’une particularité ou un détail, celui de l’unité merveilleuse et mystérieuse que l’Assemblée forme avec Christ. Elle est tout à la fois son corps, de sa chair et de ses os, et aussi son épouse, unie indissolublement à lui, et l’objet de son amour divin. Il s’est livré une fois par amour pour elle, et par amour il prend inlassablement soin d’elle et s’occupe d’elle durant sa présence sur la terre, afin de pouvoir se la présenter un jour glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable pour l’éternité.

Verset 33

« … Toutefois, que chacun de vous aussi en particulier aime sa propre femme comme lui-même ; et quant à la femme, qu’elle craigne son mari » (Éphésiens 5.33).

Le paragraphe se termine, comme il a commencé, par l’exhortation aux maris et aux femmes de remplir la place, la relation qui leur a été donnée par Dieu dans le mariage. Les uns comme les autres y sont engagés chacun trois fois (les femmes, dans les versets 22, 24 et 33 ; les maris, dans les versets 25, 28, 33). Combien cela met en évidence, d’une part l’importance du comportement juste dans le mariage, et d’autre part le danger manifeste d’y manquer !

Si nous gardons devant les yeux ce passage et le modèle céleste qui y est proposé, il ne peut y avoir de raison pour un mari croyant de ne pas aimer sa femme comme lui-même (comp. v. 28), mais non plus aucun motif pour une femme croyante de ne pas être soumise à son mari et de ne pas le craindre. Cette crainte ne doit pas être confondue avec la peur ; il s’agit du respect conforme aux enseignements des Saintes Écritures de la femme croyante pour son époux. Que le Seigneur Jésus nous aide à prendre à cœur cette exhortation sainte mais aussi pleine de grâce !

De nombreux lecteurs se sont peut-être demandé à la lecture de ce paragraphe : Comment comprendre que l’apôtre parle ici alternativement de la relation de Christ avec son Assemblée comme épouse, puis de nouveau comme corps ? Dans les versets 23 et 28 à 32, les deux types semblent même se confondre. Comme nous l’avons vu, les allusions faites dans ce paragraphe au récit de la création donnent la réponse. Au verset 23, le Seigneur Jésus est le chef de l’Assemblée et le sauveur du corps ; dans les versets 25 à 27, son amour, son dévouement et sa sollicitude pour l’Assemblée sont présentés comme modèle de l’amour des maris pour leur femme.

Puis au verset 29, les soins de l’homme pour son propre corps sont comparés avec la sollicitude de Christ pour l’Assemblée, ce qui est souligné au verset 30 par les mots : « Car nous sommes membres de son corps, de sa chair et de ses os ». La citation de Genèse 2.24 conclut : « C’est pour cela que l’homme laissera son père et sa mère et sera joint à sa femme ; et les deux seront une seule chair. » De même qu’Eve est procédée d’Adam, pour former ensuite de nouveau une unité avec lui, ainsi l’Assemblée aussi est à la fois le corps et l’épouse, la femme de Christ.

Famille et société (6.1-9).

Au début du chapitre 6, Paul termine ses exhortations quant à la marche des croyants par des indications importantes pour la vie au sein de la famille et dans la société.

Enfants et parents.

C’est une chose très encourageante pour les parents chrétiens que Paul inclue les enfants dans ses enseignements et exhortations sans soulever la question de leur conversion. Le Seigneur Jésus n’a-t-il pas dit : « Laissez venir à moi les petits enfants ; ne les en empêchez pas ; car à de tels est le royaume de Dieu » (Marc 10.14) ? Nous lisons de plus dans bien des passages que Dieu ne voit pas seulement l’homme individuellement, mais considère « sa maison ». C’est ainsi que Josué déjà déclara : « Mais moi et ma maison, nous servirons l’Éternel » (Josué 24.15).

Paul et Silas dirent au geôlier à Philippes : « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta maison ! » (Actes 16.31). Il est évident qu’aucun enfant ne peut être sauvé par la foi de ses parents ; tout homme doit se convertir personnellement au Seigneur Jésus. Mais c’est un grand encouragement pour les parents de voir que leurs enfants sont considérés par Dieu, au moins extérieurement, comme appartenant au cercle « saint » de la famille chrétienne, non pas au monde, dont Satan est le chef et le dieu (comp. 1 Corinthiens 7.14). La parole de Dieu nous enseigne en maints passages que ce qui est saint est normalement souillé par ce qui est impur ; mais dans ce cas d’exception, c’est l’inverse : le mariage chrétien exerce, en vertu de la grâce de Dieu, une influence sanctifiante sur les enfants.

Verset 1

«  Enfants, obéissez à vos parents dans le Seigneur, car cela est juste » (Éphésiens 6.1).

Pour les enfants de parents croyants, il y a par conséquent aussi, dès le commencement, une responsabilité, naturellement en accord avec le développement de leur capacité de comprendre. L’obéissance est, selon la parole de Dieu, l’essentiel pour eux. L’amour naturel entre enfants et parents est quelque chose de merveilleux et son absence est, comme la désobéissance envers les parents, un signe des derniers jours (2 Timothée 3.2 et suiv.). Cependant les enfants ne sont pas exhortés à aimer leurs parents, mais il leur est demandé de leur obéir « dans le Seigneur ». Ici encore, le Seigneur Jésus est le parfait modèle. Comme enfant, il était « soumis » à ses parents, mais quand il s’agissait des affaires de son Père, il resta seul à Jérusalem, sans demander leur accord (Luc 2.41-52). Ces mots « dans le Seigneur » doivent donc être compris aussi bien comme un encouragement que comme une restriction (comp. 5.22).

Versets 2 et 3

«… Honore ton père et ta mère », (c’est le premier commandement avec promesse) afin que tu prospères et que tu vives longtemps sur la terre » (Éphésiens 6.2-3).

Dieu a donné déjà du temps de son peuple terrestre Israël une importance très grande à l’obéissance des enfants envers leurs parents ; ainsi le devoir : « Honore ton père et ta mère, afin que tes jours soient prolongés sur la terre que l’Éternel, ton Dieu, te donne » figure comme cinquième commandement dans la loi du Sinaï (Exode 20.12 ; comp. Deutéronome 5.16). Combien plus alors les enfants devraient maintenant rendre à leurs parents croyants l’estime et l’honneur qui leur reviennent !

Honorer son père et sa mère signifie plus que de leur obéir. Cette dernière attitude convient aux enfants durant le temps de leur éducation dans la maison paternelle, la première se prolonge même au-delà du décès de leurs parents.

La parenthèse (« c’est le premier commandement avec promesse ») indique l’importance de ce commandement, dont le respect revêt une signification particulière pour les enfants. Le deuxième commandement contient certes déjà une promesse « qui use de bonté envers des milliers de ceux qui m’aiment et qui gardent mes commandements » (Exode 20.6), mais celui-ci est le premier pour les enfants.

La promesse d’une longue vie faite dans la loi du Sinaï ne concernait pas la terre en général, mais se référait au pays de Canaan, dans lequel l’Éternel, le Dieu d’Israël, avait introduit son peuple après la sortie d’Égypte. Un des résultats de l’obéissance à ses commandements était la jouissance la plus pleine et longue possible des richesses et de la bénédiction que Dieu leur donnait dans ce pays (comp. Deutéronome 28.1-14). Si Paul cite ce commandement justement dans cette épître, c’est bien en raison de la portée spirituelle du pays de Canaan, dont les lieux célestes mentionnés seulement dans les Éphésiens sont l’équivalent dans le Nouveau Testament.

C’est là que se trouvent toutes nos bénédictions spirituelles, là que nous sommes déjà introduits en Christ, et là aussi que sont les puissances spirituelles de méchanceté que nous avons à combattre (Éphésiens 1.3 ; 2.6 ; 6.12). De même que l’Israélite obéissant pouvait prolonger ses jours dans le pays que l’Éternel lui avait donné, le chrétien qui honore ses parents peut déjà durant sa vie sur la terre jouir richement et d’une manière particulière des bénédictions spirituelles dans les lieux célestes. Dans le temps actuel de la grâce aussi, la jouissance de nos bénédictions dépend donc de notre obéissance.

Verset 4

« … Et vous, pères, ne provoquez pas vos enfants, mais élevez-les dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur » (Éphésiens 6.4).

Les pères ne doivent pas repousser leurs enfants par leur sévérité, mais aller à leur rencontre avec un amour sincère et, de cette manière, gagner sur les jeunes cœurs une influence qui constitue une protection solide contre le mal dans le monde. Combien facilement les pères peuvent abuser de leur autorité et de leur supériorité et traiter injustement leurs enfants, ou bien les provoquer par une humeur capricieuse ! L’apôtre les met premièrement en garde contre un tel danger.

Ils sont ensuite exhortés à élever leurs enfants dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur, conformément à la position dans laquelle Dieu les a placés. Quoique ces tâches soient de plus en plus éloignées de l’opinion dominante et même de la législation, le Seigneur ne refusera pas sa bénédiction. Si toutefois les parents croyants laissent grandir leurs enfants sans discipline, sous le prétexte qu’ils sont impuissants et qu’il ne leur appartient pourtant pas de convertir leurs enfants, ils ne répondent pas à leur responsabilité d’éducateur. Il est évident que tout enfant doit lui-même choisir s’il veut donner suite à l’appel plein d’amour du Sauveur ou non, mais quel père, quel couple, voudrait être un obstacle à ses enfants par une éducation défectueuse ?

Serviteurs et maîtres.

La volonté propre de l’homme qui s’oppose à Dieu est l’une des causes du mal dans le monde. Au lieu de se soumettre à Dieu, l’humanité s’est détournée de lui. La soumission et l’obéissance sont par conséquent des principes de guérison, mais uniquement dans la mesure où Dieu en est le centre. Un père ou un chef peut avoir à donner des ordres, mais malheur à lui s’il n’agit pas lui-même dans l’obéissance envers son Dieu et Père ! Notre Seigneur demeure toujours le modèle lumineux, lui qui a dit : « Voici, je viens… pour faire, ô Dieu, ta volonté » (Hébreux 10.7). Si, comme enfants de Dieu, nous sommes « soumis les uns aux autres dans la crainte de Christ » (Éphésiens 5.21), nous manifesterons les caractères du vrai christianisme, et l’ordre spirituel dans l’assemblée en sera la conséquence.

Versets 5 à 8

Esclaves, obéissez à vos maîtres selon la chair avec crainte et tremblement, en simplicité de cœur, comme à Christ, ne servant pas sous leurs yeux seulement, comme voulant plaire aux hommes, mais comme esclaves de Christ, faisant de cœur la volonté de Dieu, servant joyeusement, comme asservis au Seigneur et non pas aux hommes, sachant que chacun, soit esclave, soit homme libre, quelque bien qu’il fasse, le recevra du Seigneur.

L’esclavage était largement répandu dans l’Antiquité. L’esclave (en grec : doulos) figurait au dernier rang de l’échelle sociale. Selon le droit romain, les esclaves étaient considérés non pas comme des êtres humains, mais comme des objets, et appartenaient sans restriction à leurs maîtres, bien qu’il y ait eu dans la pratique des cas où des esclaves instruits occupaient une position très privilégiée dans la famille de leur maître.

De toute façon, l’esclavage est une conséquence du péché et se trouve en opposition flagrante avec les pensées de Dieu, qui a formé l’homme à son image et selon sa ressemblance (Genèse 1.26). Le fait qu’un homme s’érige en propriétaire d’un de ses semblables n’est en aucun cas selon la volonté de Dieu.

Il est manifeste que dans les premiers temps du christianisme, beaucoup d’esclaves sont venus à la foi au Seigneur Jésus. Preuve en est les divers passages des épîtres du Nouveau Testament qui mentionnent les esclaves croyants ou leur sont adressés (1 Corinthiens 7.21-24 ; 12.13 ; Galates 3.28 ; Colossiens 3.11 ; 22-25 ; 1 Timothée 6.1-2 ; Tite 2.9-10 ; Philémon 16). Ils ne sont cependant jamais encouragés à se rebeller contre leur sort, ou à s’affranchir par la force du joug qui pèse sur eux. Le Seigneur n’a pas appelé les siens à modifier l’état de choses dans le monde, mais leur mission est de rayonner « au milieu d’une génération tortue et perverse… comme des luminaires dans le monde », et de présenter « la parole de vie » (Philippiens 2.15).

Par l’application de ce principe à leur situation souvent pitoyable, les esclaves sont placés à un très haut niveau. Ils doivent certes obéir en toute soumission à leurs maîtres terrestres, tout en étant conscients qu’ils le font pour Christ, leur Maître suprême ! Dans toutes leurs occupations, leur regard peut être fixé sur lui, non pas sur les hommes. Leur obéissance doit être vraie (« en simplicité de cœur ») ; ils ont à travailler avec zèle non seulement quand ils sont observés, afin d’impressionner les autres (« ne servant pas sous leurs yeux seulement, comme voulant plaire aux hommes »), mais pour Christ lui-même.

Ainsi tout travail pénible revêt un caractère complètement différent. La volonté de Dieu est mise en avant, non pas celle du « chef » humain ! Le Seigneur promet une récompense dont la mesure est fixée par lui-même, selon la fidélité manifestée et sans acception de personnes. Quand les croyants paraîtront devant le tribunal de Christ, il n’y aura pas de châtiment, car lui l’a porté une fois pour toutes à la croix. Seul le bien que les siens auront accompli dans leur vie de foi sera récompensé (1 Corinthiens 4.5).

Bien que les conditions dans le monde du travail soient aujourd’hui totalement différentes, les principes rappelés ici demeurent pour l’instruction et l’encouragement de tous ceux qui sont employés au service des autres. Nous avons un Maître plein de grâce et de bonté, pour lequel nous pouvons et devons accomplir notre tâche journalière.

Verset 9

« … Et vous, maîtres, faites-en de même envers eux, renonçant aux menaces, sachant que et leur maître et le vôtre est dans les cieux, et qu’il n’y a pas d’acception de personnes auprès de lui » (Éphésiens 6.9).

Les maîtres, ou propriétaires, des esclaves sont également exhortés à être conscients qu’ils ont eux-mêmes un maître dans le ciel auquel ils doivent rendre compte de leurs actes. Devant lui, il n’y a aucune différence entre « maîtres » et « esclaves », ils sont égaux. Celui qui s’en souvient traitera son serviteur de la même manière qu’il souhaiterait l’être par son maître qui est dans les cieux. La parole de Dieu est parfaite et quand nous l’appliquons aux circonstances de la vie journalière, tout est simple et clair. Si maître et serviteur, patron et employé, remplissent leur place comme la parole de Dieu le leur dit, la plupart des problèmes et des conflits seront évités. Puisse le Seigneur donner à tous ceux que cela concerne la grâce de le réaliser. Quelle beauté brille là où les principes célestes dirigent et caractérisent la vie terrestre des croyants !

Le combat spirituel (6.10-20).

Aucune autre épître du Nouveau Testament ne développe d’une manière aussi magnifique et claire que celle aux Éphésiens la position céleste, les bénédictions célestes des croyants et de l’assemblée considérée comme un tout. Nous avons vu que non seulement Christ a sa place dans les lieux célestes (1.20), mais aussi tout croyant (2.6) ; toutes nos bénédictions se trouvent là (1.3) et l’Assemblée rend un témoignage à cet égard (3.10). Mais il y a là aussi des ennemis : les principautés, les autorités, les dominateurs de ces ténèbres, la puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes. Plus la position que nous prenons est élevée, plus l’ennemi qui s’oppose à nous se montre rusé, et plus le combat contre lui est difficile.

Verset 10

« … Au reste, mes frères, fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la puissance de sa force » (Éphésiens 6.10).

Satan ne peut évidemment pas nous dérober les bénédictions spirituelles, mais il peut nous empêcher d’en jouir et de trouver de la joie en elles. Nous n’avons pas non plus à combattre pour entrer en possession des bénédictions, car elles nous ont été acquises par l’œuvre de la rédemption. À la différence du peuple d’Israël dans le pays de Canaan, nous ne sommes donc pas appelés à combattre, mais sommes exhortés à nous fortifier dans le Seigneur et dans la puissance de sa force. Aussi les armes mentionnées dans la suite sont-elles pour la plupart des moyens de protection et non pas des armes offensives.

Notre Dieu et Père sait que nous n’avons en nous-mêmes aucune résistance. C’est pourquoi notre ressource consiste à nous fortifier dans le Seigneur et dans la puissance de sa force. Nous pouvons nous sentir souvent faibles et incapables, mais l’apôtre nous rappelle, par ces paroles, d’une part « l’excellente grandeur de sa puissance envers nous qui croyons, selon l’opération de la puissance de sa force, qu’il a opérée dans le Christ, en le ressuscitant d’entre les morts » mentionnée dans sa première prière (1.19-20), et d’autre part, sa seconde prière, dans laquelle il demande pour les Éphésiens que « selon les richesses de sa gloire, ils soient fortifiés en puissance par son Esprit, quant à l’homme intérieur » (3.16).

 

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