5. Bénis en Christ
Chap: 3 - L’annonce du conseil Divin - Dans le premier chapitre, Paul a présenté le contenu du conseil de Dieu, dans le deuxième chapitre, il en a expliqué la réalisation par l’œuvre de Christ pour nous et envers nous. Dans le troisième chapitre, il en vient maintenant à l’annonce de ce conseil.
Verset 1
« C’est pour cela que moi, Paul, le prisonnier du Christ Jésus pour vous, les nations » (Éphésiens 3.1).
Au moment de la rédaction de cette épître, Paul se trouvait à Rome, comme « prisonnier de Jésus Christ » (voir 6.20). Alors qu’il était à Jérusalem, après le retour de son troisième voyage missionnaire, il fut fait prisonnier par les Juifs qui ne pouvaient pas supporter que l’un des leurs annonce l’évangile de la grâce aux nations et par là, selon eux, enseigne « contre le peuple, et la loi, et ce lieu » (Actes 21.28). En déclarant, pour sa défense, que c’était le Seigneur glorifié qui l’y avait appelé, il avait prononcé, à leurs yeux, sa propre condamnation (Actes 22.21 et suivants). Alors commença la longue captivité de ce fidèle serviteur de Christ, captivité qui, de fait, n’avait pas d’autre motif que d’avoir, sur l’ordre de son Seigneur, annoncé aux nations tout le conseil de Dieu, ce qui, autant que nous sachions par la parole de Dieu, n’eut lieu d’une manière si détaillée et si complète nulle part ailleurs qu’à Éphèse (Actes 20.27).
Le mystère du Christ (3.2-13).
Les versets 2 à 21 forment une nouvelle parenthèse dans l’enchaînement de pensées de l’épître. Il nous y est révélé « l’administration », c’est-à-dire l’annonce et la réalisation du conseil divin concernant l’Assemblée comme corps de Christ.
Verset 2
« … si du moins vous avez entendu parler de l’administration de la grâce de Dieu qui m’a été donnée envers vous » (Éphésiens 3.2).
L’apôtre avait reçu une grâce toute particulière. Il n’était pas seulement le premier des pécheurs (c’est-à-dire le plus grand), envers lequel Dieu avait manifesté sa miséricorde, pour être un exemple de ceux qui viendront à croire en lui pour la vie éternelle (1 Timothée 1.12-17), mais il était aussi un vase d’élection auquel le Seigneur glorifié communiqua le mystère concernant son Assemblée. Le pardon des péchés par la foi au Seigneur Jésus était déjà prêché par les autres apôtres avant la conversion de Saul de Tarse, et Paul le prêcha aussi. Mais Paul seul, et non pas Pierre, l’apôtre de la circoncision, ni aucun des autres apôtres, reçut aussi la mission d’annoncer « le mystère du Christ », et en effet particulièrement aux nations. C’est ainsi qu’il devint l’administrateur de cette grâce particulière de Dieu en rapport avec les nations.
Verset 3
« … comment, par révélation, le mystère m’a été donné à connaître (ainsi que je l’ai déjà écrit en peu de mots » (Éphésiens 3.3).
Le contenu du conseil de Dieu est appelé « le mystère du Christ » (v. 4). La désignation de « mystère » ne signifie pas qu’il s’agit de quelque chose qui était encore inconnu, mais indique que ce qui était jusqu’alors resté caché est maintenant révélé. La vérité concernant l’Assemblée de Dieu n’était pas un thème dont ont prophétisé les prophètes de l’Ancien Testament, elle n’a été révélée que dans le Nouveau Testament. Les « apôtres et prophètes » de la période chrétienne sont ceux qui ont reçu cette révélation (comp. Éphésiens 2.20 ; Romains 16.25-26). Dans les versets 22 et 23 du chapitre 1er et les versets 13 à 22 du chapitre 2, Paul avait déjà décrit ce mystère « en peu de mots » aux Éphésiens. Il a été l’instrument choisi par le Seigneur qui en a eu la plus grande intelligence, et il a aussi été choisi de manière particulière pour annoncer aux nations ce mystère dans lequel s’expriment « les richesses insondables du Christ ».
Quelques points attirent ici notre attention.
Le « plus ancien » plan de Dieu, remontant à l’éternité avant la fondation du monde, est révélé le dernier dans la parole de Dieu (comp. v. 9 et Colossiens 1.25, 26).
L’objet de ce mystère n’est pas en premier lieu l’Assemblée, mais le Christ glorifié. Lui est le chef (la Tête), et l’Assemblée est son corps. La révélation du mystère est faite en peu de mots, mais riches de sens.
Tandis que les éléments fondamentaux de la vérité, tels que la repentance et le pardon des péchés, sont développés en détail dans plusieurs passages du Nouveau Testament, le Saint Esprit suppose, pour la compréhension du mystère du Christ une maturité spirituelle, pour laquelle une courte communication aussi est intelligible.
Verset 4
« … d’après quoi, en le lisant, vous pouvez comprendre qu’elle est mon intelligence dans le mystère du Christ » (Éphésiens 3.4).
Le mystère du Christ glorifié dans le ciel et sa relation avec l’Assemblée a été révélé aux apôtres et prophètes du Nouveau Testament, mais c’est Paul qui en a eu la plus grande intelligence, et lui seul reçut la mission de l’annoncer, et cela particulièrement aux nations. Ce mystère révèle « les richesses insondables du Christ » et « la sagesse si diverse de Dieu » (Éphésiens 3.8-10).
Le Fils de l’homme abaissé et rejeté est maintenant dans le ciel et est donné pour être chef sur toutes choses à l’Assemblée (Éphésiens 1.22). Elle est son corps et en même temps la plénitude (c’est-à-dire ce qui est nécessaire pour qu’il soit complet) de Celui qui lui-même un jour remplira tout de sa gloire. Lui, qui à la fin de son chemin sur la terre a connu une solitude totale, n’est plus seul dans la gloire, mais possède un corps sur la terre (Éphésiens 3.6).
Le corps de Christ est constitué de Juifs et de gens des nations rachetés. Toutes les différences terrestres, qu’il s’agisse de celles données de Dieu entre l’homme et la femme et entre le peuple d’Israël et les nations, ou des différences établies par les hommes comme celles entre esclaves et hommes libres, n’ont aucune signification ni justification dans ce corps, car ses membres sont des êtres nés de nouveau, et sont unis avec la Tête déjà glorifiée dans le ciel (Éphésiens 2.11-16 ; 1 Corinthiens 12.13 ; Galates 3.28 ; Colossiens 3.11).
Bien que le corps soit encore sur la terre, sa vraie place est dans le ciel, où se trouve déjà la Tête (Éphésiens 5.27). Tout a son origine dans l’amour de Dieu qui surpasse toute connaissance et sert à la louange de la gloire de sa grâce (Éphésiens 3.17-19).
Verset 5
« … lequel, en d’autres générations, n’a pas été donné à connaître aux fils des hommes, comme il a été maintenant révélé à ses saints apôtres et prophètes par l’Esprit » (Éphésiens 3.5).
Dieu, le créateur de toutes choses, avait ce conseil de toute éternité dans son cœur. Mais celui-ci ne pouvait pas être révélé avant que ne soit accomplie l’œuvre de l’expiation de son Fils bien-aimé à la croix de Golgotha, elle aussi préconnue de toute éternité. Ensuite le mystère du Christ put être révélé aux saints apôtres et prophètes par la puissance du Saint Esprit. Ils ont été les instruments choisis par le Seigneur glorifié pour annoncer cette merveilleuse nouvelle vérité et par là pour poser le fondement de l’Assemblée sur la terre (comp. 2.20) ; mais de plus Paul a été désigné pour communiquer tout son mystère, comme il le fait dans cette épître.
La considération de ces choses remplit le cœur de joie et de satisfaction. Nos pensées sont dirigées en haut et occupées des choses qui sont en haut « où le Christ est assis à la droite de Dieu » (Colossiens 3.2). Ne sommes-nous pas continuellement en danger d’être contaminés par l’esprit de notre époque matérialiste et orientée vers le présent, et de perdre de vue l’appel céleste des croyants et de l’Assemblée ? Les conséquences en sont l’indifférence à l’égard des pensées du Seigneur et la conformité au monde environnant. Or le Seigneur désire placer devant nos yeux par sa Parole nos véritables richesses et notre vraie vocation.
Verset 6
« … savoir que les nations seraient cohéritières et d’un même corps et coparticipantes de sa promesse dans le Christ Jésus, par l’évangile » (Éphésiens 3.6).
Ces bénédictions sont destinées non pas seulement au peuple terrestre, mais à tous les hommes. Cependant les expressions « cohéritières », « d’un même corps » (littéralement : co-corps) et « coparticipantes de la promesse » ne signifient pas que les nations ont maintenant part aux privilèges antérieurs du peuple d’Israël. Comme nous l’avons déjà vu en considérant le chapitre 2, versets 11 à 18, les croyants tant d’entre les Juifs que d’entre les nations ont été retirés de leur position précédente. Les deux groupes seront également cohéritiers de Christ dans le royaume millénaire (comp. 1.11), tous deux font partie du seul corps de Christ et tous deux ont part à la promesse de Dieu.
Non pas aux promesses de l’Ancien Testament faites au peuple terrestre d’Israël, mais à la « promesse dans le Christ Jésus, par l’évangile », à savoir la promesse de la vie éternelle (Tite 1.2).
Du temps de l’Ancien Testament, Israël était le peuple élu et béni de Dieu sur la terre. Les prophètes de ce temps ont effectivement parlé de bénédictions que les nations recevront dans le règne millénaire. Mais là encore Israël sera le peuple élu, et Jérusalem le centre d’où sortiront les bénédictions pour les nations (Ésaïe 19.23-25 ; Zacharie 14.16-21). Toutefois pas plus que par le passé, les nations ne seront dans ce temps futur mises sur un plan d’égalité avec le peuple d’Israël, et il peut encore moins être question d’une union en un corps.
Dans la période actuelle où le Seigneur bâtit son Assemblée, il en est cependant autrement. L’Assemblée, qui est constituée de tous ceux qui croient en lui, le Rédempteur maintenant rejeté mais glorifié à la droite de Dieu dans le ciel, est un organisme nouveau, céleste, avec des bénédictions célestes et une vocation céleste. En elle, toutes les distinctions du vieil homme ont disparu, et elle forme un seul corps dont Christ est la tête déjà glorifiée.
Verset 7
« … duquel je suis devenu serviteur, selon le don de la grâce de Dieu qui m’a été donné selon l’opération de sa puissance » (Éphésiens 3.7).
Ici, Paul se nomme simplement serviteur de l’évangile, comme aussi en Colossiens 1.23, bien que là il ajoute être aussi serviteur de l’Assemblée (Colossiens 1.24). Compte tenu du fait que le mot « évangile » peut impliquer beaucoup plus que seulement le message du pardon des péchés et de la délivrance éternelle pour le pécheur individuellement, il semble que l’apôtre entend ici l’évangile dans un sens plus vaste, incluant toutes les bénédictions du christianisme, car celles-ci sont aussi une « bonne nouvelle ». Il ne pouvait être serviteur de l’évangile que par la grâce de Dieu, qui lui avait été accordée dans ce but (comp. 1 Corinthiens 15.10 ; 1 Pierre 4.11).
C’était toutefois non pas seulement la grâce de Dieu, mais aussi sa puissance qui le qualifiait pour ce service. Car par lui-même, il n’en avait pas la capacité, comme le souligne le verset suivant.
Versets 8 et 9
« … À moi, qui suis moins que le moindre de tous les saints, cette grâce a été donnée d’annoncer parmi les nations les richesses insondables du Christ, et de mettre en lumière devant tous quelle est l’administration du mystère caché dès les siècles en Dieu qui a créé toutes choses » (Éphésiens 3.8-9).
Dans la lumière de Dieu, Paul vit sur quel terrible faux chemin il se trouvait, lorsqu’il persécutait l’assemblée (comp. 1 Corinthiens 15.9 ; 1 Timothée 1.13-15). Mais il avait été appelé par la grâce de Dieu pour annoncer, comme apôtre des nations, l’évangile aux peuples païens, et à ceux qui le recevaient, tout le conseil de Dieu, les richesses insondables du Christ. Il le fit dans l’abnégation d’une entière consécration, toujours conscient de la grâce dont lui-même avait été l’objet et avec le désir d’amener le plus d’âmes possible à la jouissance de la merveilleuse grâce de Dieu.
Paul explique à nouveau ici que ce mystère n’était pas encore connu au temps de l’Ancien Testament. Il était caché en Dieu et en aucune façon révélé dans les Écritures. Mais maintenant qu’il lui a été dévoilé, il désire que tous puissent apprendre à le connaître. Son cœur en est rempli et sa vie lui est entièrement consacrée. Puissions-nous, nous aussi, mieux le comprendre !
Beaucoup de croyants se satisfont d’une condition qui diffère à peine de celle des croyants de l’Ancien Testament. Combien ne comprennent pratiquement rien du vrai christianisme et de la nature réelle de l’assemblée de Dieu ! Combien peu connaissent la certitude du salut, la vraie joie chrétienne et les bénédictions spirituelles dans les lieux célestes ! De là viennent tant de soupirs et de gémissements, mais aussi tant de dispositions d’esprit terrestres et mondaines. Puissent nos yeux et nos cœurs mieux discerner les richesses insondables du Christ !
Versets 10 et 11
« … afin que la sagesse si diverse de Dieu soit maintenant donnée à connaître aux principautés et aux autorités dans les lieux célestes, par l’assemblée, selon le propos des siècles, lequel il a établi dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Éphésiens 3.10-11).
Non seulement l’évangile de la grâce est maintenant annoncé à des pécheurs perdus, non seulement des rachetés sont introduits dans les richesses du mystère du Christ, mais encore « la sagesse si diverse de Dieu est maintenant donnée à connaître aux principautés et aux autorités dans les lieux célestes, par l’assemblée, selon le propos des siècles, lequel il a établi dans le Christ Jésus notre Seigneur ».
Les êtres et les puissances célestes ont été témoins de la création (Job 38.7), du don de la loi au Sinaï (Galates 3.19), du chemin du Fils de Dieu depuis la crèche jusqu’à son ascension (Luc 2.13 ; 22.43 ; 24.4 ; Actes 1.10 ; comp. 1 Timothée 3.16). Ils contemplent aussi dans l’admiration la sagesse de Dieu, et surtout son amour qui surpasse toute connaissance, qui se manifeste dans l’Assemblée qu’il s’est acquise par le sang de son propre Fils. Si ces créatures célestes élevées veulent contempler la sagesse et l’amour de Dieu, elles doivent porter leurs regards vers la terre et nous considérer !
Quelle grâce, mais aussi quelle responsabilité pour nous ! Combien peu l’Assemblée a répondu à cette pensée divine ! Au lieu de se manifester comme l’unité voulue de lui, elle est déchirée, et en partie unie au monde. Mais quel que soit l’état de confusion des chrétiens, Dieu accomplira cependant son propos éternel, qu’il a établi dans le Christ Jésus. Un jour, l’Assemblée se tiendra devant Christ sans tache ni ride, sainte et irréprochable, et partagera avec lui sa puissance et sa domination.
Verset 12
« … en qui nous avons hardiesse et accès en confiance, par la foi en lui » (Éphésiens 3.12).
Tandis que les anges « désirent de regarder de près » dans les voies de Dieu concernant son Fils (1 Pierre 1.12), ceux qui croient en lui peuvent faire usage avec hardiesse et confiance de l’accès qui leur a été ouvert auprès du Dieu saint. Dans le chapitre 2, verset 18, Paul avait déjà mentionné le grand privilège des croyants, d’avoir accès auprès du Père par le Saint Esprit. Cependant le Seigneur Jésus n’a pas seulement aplani le chemin jusqu’au Père à ceux qui croient en lui (Jean 14.6), mais leur a aussi donné l’assurance pour en faire librement usage. Nous ne possédons pas seulement la paix avec Dieu, mais avons aussi la liberté de lui parler et de tout lui dire, de nous entretenir en toute confiance avec lui comme un fils avec son père. Cela ne nous montre-t-il pas que tout ce qui nous est déclaré dans la parole de Dieu, même les révélations les plus élevées, doit avoir pour but de nous lier plus intimement à lui et de nous rendre plus précieux le privilège de la communion avec lui ?
Verset 13
« … C’est pourquoi je vous prie de ne pas perdre courage à cause de mes afflictions pour vous, ce qui est votre gloire » (Éphésiens 3.13).
Sa fidèle confession de Christ glorifié avait conduit l’apôtre Paul en prison. Lorsque les croyants auxquels il écrivait voyaient les conséquences pour lui-même de sa prédication, ils pouvaient bien perdre courage.
C’est contre un tel découragement qu’il désire les mettre en garde, mais il ne se limite pas à cela. Il leur déclare que les tribulations dans lesquelles il se trouvait pour l’évangile ne représentaient pas pour lui une source de découragement, mais étaient plutôt un motif de joie (comp. 2 Corinthiens 12.10 ; 1 Pierre 4.13). Du fait que le Saint Esprit unit les croyants non seulement à Christ, la Tête, mais aussi les uns avec les autres, les tribulations de l’apôtre ne servaient pas uniquement à sa propre gloire, mais étaient également la leur. Comme membres du seul corps, ils sont unis de la manière la plus intime aussi bien pour la bénédiction que dans les souffrances.
La prière de Paul (3.14-21).
Paul élève de nouveau son regard en haut pour la prière. À la suite de celle qu’il a adressée au « Dieu de notre Seigneur Jésus Christ », au chapitre 1, versets 15 à 23, il a parlé essentiellement de la sagesse et du conseil de Dieu. La prière qui vient maintenant termine cette partie élevée de l’épître et introduit en même temps la seconde partie, pratique, qui commence avec le chapitre 4.
Le but de la première prière était de diriger notre attention sur la gloire et la puissance illimitées que Christ a reçues de Dieu et auxquelles nous aurons part avec lui. Le but de la seconde est de nous amener à jouir de l’amour que nous avons appris à connaître en lui. L’amour qui nous a donné la gloire est plus grand que la gloire elle-même (comp. Jean 17.24).
Verset 14
« … C’est pour cela que je fléchis mes genoux devant le Père de notre Seigneur Jésus Christ » (Éphésiens 3.14).
Paul s’adresse maintenant au « Père de notre Seigneur Jésus Christ ». Tandis que le nom de « Dieu » évoque la majesté et la gloire, celui de « Père » nous fait voir son amour. Il n’a pas seulement aimé son Fils dès avant la fondation du monde, mais a aussi témoigné maintes fois de son amour pour lui comme homme (Jean 17.24 ; Matthieu 3.17 ; 17.5), au plus haut degré toutefois en le ressuscitant et en le glorifiant à sa droite. Ainsi, sur le fondement de l’œuvre de la rédemption, tous ceux qui croient en notre Seigneur Jésus Christ sont unis à lui dans cette position qu’il occupe comme homme glorifié devant son Dieu et Père. Le Père nous aime comme il aime son Fils ! Cet amour du Père est encore plus glorieux que sa puissance, qui a été le sujet de la première prière de l’apôtre.
C’est devant lui, « le Père de notre Seigneur Jésus Christ », que Paul fléchit maintenant les genoux.
Verset 15
« … duquel est nommée toute famille dans les cieux et sur la terre » (Éphésiens 3.15).
Le Père de notre Seigneur Jésus Christ est aussi Celui qui est au-dessus de tout et de tous (comp. 4.6). Il connaît et nomme toute famille dans les cieux et sur la terre, que ce soient les anges ou les hommes, que ce soient les croyants de l’ancienne alliance, ceux du temps présent de la grâce, ou ceux de la période future de la grande tribulation et du règne millénaire. Pour tous, il a ses plans et ses intentions, mais sa gloire se révèle d’une manière toute particulière dans son conseil relativement à Christ, ses rachetés et son Assemblée (1.6-14 ; 3.16).
Si même, dans le cadre de cette révélation de la gloire de Dieu, nous occupons la place la plus haute et sommes unis le plus intimement avec Celui qui se trouve au centre des conseils divins, nous avons néanmoins à faire avec un Père qui est l’origine de tout. Toutes les « familles » sont dans une relation particulière avec le Père de notre Seigneur Jésus Christ, parce qu’elles sont destinées par lui à apporter au Fils, conformément à leur position, la louange et l’honneur.
Verset 16
« … afin que, selon les richesses de sa gloire, il vous donne d’être fortifiés en puissance par son Esprit, quant à l’homme intérieur » (Éphésiens 3.16).
Il faut d’abord, quant à « l’homme intérieur », être fortifié par l’Esprit Saint qui habite en nous de la puissance dont nous avons besoin journellement. La mesure de cette force reçue est selon les richesses de sa gloire, qu’il déploie devant nos yeux d’une manière particulière dans cette épître (comp. 1.18).
L’homme intérieur ne doit pas simplement être mis en contraste avec l’homme extérieur (c’est-à-dire le corps humain), mais il désigne, comme en Romains 7.22 et 2 Corinthiens 4.16, la nouvelle vie, la nouvelle nature dans le croyant, ou aussi le nouvel homme (comp. Éphésiens 4.23, 24 ; Colossiens 3.10). Il s’agit ici de l’opération pratique en nous de la même puissance de Dieu qui se manifeste envers nous au chapitre 1, verset 19 et par nous au chapitre 6, verset 10.
Versets 17 et 18
« … de sorte que le Christ habite, par la foi, dans vos cœurs, et que vous soyez enracinés et fondés dans l’amour » (Éphésiens 3.17-18).
Nous avons ici le sujet glorieux et sublime de cette prière : Christ, l’homme glorifié à la droite de Dieu comme Celui qui accomplit tout son conseil et est l’objet de son plaisir. Il est le centre de tout, et il doit, par la foi, avoir sa demeure permanente dans le cœur des rachetés (comp. Colossiens 1.27) ! Il est question ici non plus de bénédictions, mais de Celui en qui toutes les bénédictions viennent à nous !
Afin qu’il puisse habiter dans notre cœur, nous avons besoin de la ferme conscience, enracinée comme un arbre et fondée comme un bâtiment, de l’amour du Père pour les siens, qui s’exprime dans l’amour pour lui et pour les frères et sœurs, de même que dans la communion pratique qui en résulte. Ceci est très important. Le chrétien n’est pas un solitaire, mais, comme nous le montre précisément l’épître aux Éphésiens, il est membre d’un corps spirituel dont la tête est Christ dans la gloire.
Verset 18
« … afin que vous soyez capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur et la longueur, et la profondeur et la hauteur » (Éphésiens 3.18).
La largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de tout le conseil de Dieu en Christ pour les siens ne peuvent être comprises dans toute leur étendue par un croyant isolé ; en effet, pour la compréhension de l’unité du corps et la jouissance de la communion, nous avons besoin des autres saints, parce qu’il s’agit de bénédictions spirituelles collectives et corporatives.
La largeur évoque le fait que dans l’assemblée, il ne subsiste plus de différence entre Israël et les nations ; l’évangile s’adresse à tous les hommes.
La longueur du conseil est elle aussi en contraste avec les pensées de Dieu quant à son peuple Israël, élu dès la fondation du monde et seulement pour le temps de la terre, non pour l’éternité comme les rachetés du temps actuel qui ont été élus dès avant la fondation du monde et pour toute l’éternité.
Puis, nous sommes mis en présence de la profondeur insondable de l’abaissement que le Seigneur Jésus, le Fils de Dieu, a dû connaître pour nous délivrer de l’abîme du péché dans lequel nous étions pris.
Pour cela, il dut devenir homme, être un serviteur obéissant de Dieu, et finalement, à la croix, atteindre par sa mort le point le plus profond de l’abaissement et de la faiblesse (Philippiens 2.6-8 ; Éphésiens 4.9).
Enfin, la hauteur nous parle de la place que le Seigneur Jésus occupe déjà maintenant à la droite du Père, mais aussi de la maison du Père, dans laquelle il nous introduira lors de sa venue. Pourrait-il y avoir une place plus élevée que celle auprès de Dieu ?
L’amour du Christ.
Verset 19
« … et de connaître l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance ; afin que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu » (Éphésiens 3.19).
Non seulement cela, mais aussi l’amour de Christ pour nous, les siens (comme aussi pour le Père), surpasse notre capacité de connaissance. Et cependant, nous pouvons nous en nourrir toujours à nouveau, continuellement. Le souhait de l’apôtre est que cela puisse être de plus en plus le cas, afin que nous soyons rempli « jusqu’à toute la plénitude de Dieu ». La locution prépositive « jusqu’à » peut paraître d’abord surprenante, mais elle s’explique après réflexion. Jamais des hommes ne peuvent être remplis de toute la plénitude de Dieu. En un seul, l’homme Christ Jésus, habite toute la plénitude de la Déité corporellement (Colossiens 1.19 ; 2.9). Mais bien que nous ayons reçu par la foi une vie nouvelle, divine, nous restons néanmoins toujours des créatures limitées. Le fait d’être remplis « jusqu’à toute la plénitude de Dieu » indique cependant la direction, tout comme un vase plongé dans l’océan sera rempli de son eau, bien qu’il ne puisse en contenir qu’une partie infime.
Versets 20 et 21
« … Or, à celui qui peut faire infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons, selon la puissance qui opère en nous, à lui gloire dans l’assemblée dans le Christ Jésus, pour toutes les générations du siècle des siècles ! Amen » (Éphésiens 3.20-21).
C’est par une doxologie (ou une louange) que Paul conclut la première partie doctrinale de l’épître. Il l’adresse à Celui « qui peut faire infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons ». Notre foi et nos prières sont certes faibles, cependant notre Dieu et Père est non seulement tout-puissant, mais il donne la preuve de sa toute-puissance dans notre vie de foi également. Sa puissance ne connaît aucune limite !
Il l’a déjà manifestée envers nous lorsqu’il nous a conduits de la mort à la vie et nous a ressuscités avec Christ (1.19 ; 2.5-6). Cette puissance agit maintenant aussi en nous par le Saint-Esprit que nous avons reçu. Plus nous lui abandonnons pratiquement notre vie, plus cette puissance divine peut agir en nous !
Pourtant la louange qui lui est offerte ne doit pas rester personnelle, mais doit être une louange collective « dans l’assemblée ». L’assemblée selon le conseil de Dieu est le thème prépondérant de cette épître (1.22 ; 3.10 ; 5.23, 25 et suiv., 32).
De même que beaucoup de nos bénédictions ne peuvent être saisies et goûtées qu’en commun, de même notre louange et notre adoration dans l’assemblée au milieu de laquelle il habite représentent ce qu’il y a de plus élevé pour nous, et de plus précieux pour lui. Nous pouvons déjà maintenant commencer ce service que nous continuerons dans l’éternité (comp. Apocalypse 5.14).
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