7. Bénis en Christ
Chap: 4 - La réalisation pratique (suite) - Comment recevoir la force spirituelle ? En étant prêt à faire avec foi la volonté de Dieu, aussitôt qu’elle est discernée dans sa Parole. Elle ne se manifeste pas en premier lieu dans de grandes actions, mais paraît dans les multiples petits détails de la vie journalière.
Les dons d’apôtres, de prophètes, d’évangélistes, de pasteurs et de docteurs sont donnés pour l’édification du corps. Il ne s’agit pas ici de la manifestation de la puissance de Dieu, qui s’est déployée particulièrement dans ce que l’on a appelé les « dons signes » du parler en langues, des guérisons et des miracles dans les premiers temps du christianisme (comp. 1 Corinthiens 12). Ici seuls sont considérés les dons et les ministères qui sont nécessaires à la formation et à l’édification de l’Assemblée.
Des dons pour l’édification du corps.
Aussi longtemps que le corps de Christ se trouve sur la terre, c’est-à-dire jusqu’à l’enlèvement des croyants, son édification continue et, dans ce but, Christ utilise des rachetés en qui sa grâce agit par le Saint Esprit. Les apôtres et prophètes ont posé par leur ministère le fondement de l’Assemblée sur la terre (comp. 2.20 ; 3.5). Il ressort des versets 8 à 11, que les apôtres ici sont vus non pas comme les hommes que le Seigneur Jésus a choisis lors de sa vie sur la terre, mais comme ceux qui ont été établis par le Seigneur glorifié dans son service, ce qui est particulièrement évident dans le cas de Paul (comp. Luc 6.13 ; 9.1-5 ; Matthieu 28.18-20 ; Actes 26.12-18).
En contraste avec les autres dons, les apôtres possédaient également une charge pour laquelle la condition la plus importante était d’avoir vu personnellement le Seigneur (comp. Actes 1.21-26 ; 1 Corinthiens 9.1, 2). Les prophètes aussi sont exclusivement ceux du Nouveau Testament ; nous le voyons au chapitre 3, verset 5 : « …comme il a été maintenant révélé à ses saints apôtres et prophètes par l’Esprit ».
Les deux autres sortes de dons, les évangélistes ainsi que les pasteurs et docteurs sont nécessaires pour toute la période de la présence du corps de Christ sur la terre. Les évangélistes gagnent les âmes si précieuses au Seigneur, les pasteurs et docteurs exercent leur ministère en vue du perfectionnement des saints et de l’édification du corps de Christ (v. 12). Eux aussi sont donnés par le Seigneur glorifié ; une formation humaine ne peut les qualifier, aucun individu ni aucun comité ne peut les nommer.
Les conditions préalables en sont la vie divine, le dévouement pour le Seigneur Jésus, l’amour pour les âmes perdues et pour ceux qui lui appartiennent, ainsi qu’une occupation intensive de la parole de Dieu. Dans une mesure, le Seigneur peut aussi utiliser certaines capacités comme « vase » pour un don spirituel (comp. Matthieu 25.15). Lorsqu’il donne un don, les chrétiens spirituels le discerneront et le reconnaîtront. Ceci reste vrai dans la période actuelle de confusion au milieu de la chrétienté !
Tout don que le Seigneur glorifié a donné à son corps en vue de l’édification, nous le reconnaissons comme tel à sa place, avec reconnaissance, pour autant qu’il exerce son service en accord avec la Parole. Une telle reconnaissance ne nous libère pour autant jamais de l’obéissance et de la soumission à l’égard de Christ, notre chef (tête). Paul aussi a reconnu une fois en se réjouissant que « toutefois, de toute manière » Christ était annoncé, mais il ne lui serait pas venu à la pensée de collaborer avec ceux qui le faisaient par jalousie et par esprit de parti.
Verset 12
« … en vue du perfectionnement des saints, pour l’œuvre du service, pour l’édification du corps de Christ » (Éphésiens 4.12).
« Le perfectionnement des saints » indique le but, la fin, « l’œuvre du service » est le moyen et « l’édification du corps de Christ » le chemin pour y parvenir. Il en était ainsi au début selon la volonté du Seigneur, et cela restera ainsi jusqu’à son retour. C’est bien pour cette raison qu’il est écrit : « lui, a donné… jusqu’à ce que nous parvenions tous… », et non pas : « il donne… ».
Il ne voulait pas que son Assemblée s’installe pour une longue durée sur la terre, mais encore aujourd’hui ces paroles contiennent pour nous la grande consolation qu’il prendra soin, comme Tête, de son corps jusqu’au moment de son retour.
Nulle part nous ne trouvons le moindre indice pour soutenir que l’ordre divin du service dans l’assemblée pourrait ou devrait être modifié. Et pourtant, dès les premières décennies du deuxième siècle, la charge est devenue pratiquement plus importante que le don. La première déviation a consisté dans la continuation des charges propres au Nouveau Testament d’anciens ou surveillants, malgré l’absence de directives bibliques et, depuis le départ des apôtres, d’une autorité quelconque pour le faire.
Le deuxième faux pas a été l’introduction de la distinction entre anciens et surveillants (des termes grecs (presbuteros) et (episkopos), on a tiré les mots « prêtres » et puis « évêques »). Parallèlement à cela apparut la confusion des dons donnés pour tout le corps avec les charges locales. À l’époque du Nouveau Testament, nous ne trouvons cependant nulle part que l’exercice des dons ait été limité localement, qu’il s’agisse de Paul comme apôtre ou de Timothée, de Luc et d’autres serviteurs du Seigneur.
Le but final du ministère
Verset 13
« … jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature de la plénitude du Christ » (Éphésiens 4.13).
Le but des dons, mentionné au verset 12, « le perfectionnement des saints », est maintenant développé. Toutefois la locution conjonctive, « jusqu’à ce que », n’est pas suivie d’une indication de temps, mais introduit une description de l’état que tous les membres du corps doivent atteindre et atteindront une fois : « … jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature de la plénitude du Christ ».
Ces paroles décrivent une perfection dont l’ensemble de tous les croyants aujourd’hui est encore bien éloigné. Sera-t-elle même une fois atteinte sur la terre ? Telle n’est pas la question ici. Il s’agit du fait que le Seigneur ne peut pas se déclarer satisfait d’un but moins élevé. Nous pouvons donc considérer ces paroles comme l’assurance que le chef (la tête) dans le ciel donnera à son Assemblée les dons d’évangélistes, de pasteurs et de docteurs nécessaires jusqu’à ce qu’il revienne. Quelle que soit la faiblesse qui caractérise le ministère aujourd’hui, cette promesse du Seigneur subsiste pour nous.
Il ne cessera pas de donner des dons en vue du perfectionnement de ses saints et il atteindra son but quant à nous !
Dans ce paragraphe, le Saint-Esprit met constamment en avant la pensée de l’unité. Au verset 3, nous avons été exhortés à garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix ; au verset 4, nous avons vu l’unité du corps qui est l’œuvre de Christ et du Saint Esprit, et nous trouvons ici, comme but et comme résultat du service, l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu.
Si élevé et inaccessible que puisse nous paraître ce but, le Saint Esprit le place cependant devant nos yeux et il est bon et nécessaire de le garder toujours présent à notre esprit. Dieu ne nous a pas seulement accordé en Christ un salut parfait, il veille aussi à notre croissance spirituelle jusqu’à notre chef (tête). Christ est ainsi au commencement, mais il est en même temps notre but élevé, notre modèle parfait et la source journalière de notre force. Si chacun individuellement garde les yeux sur Lui, son corps vu dans son entier, bien ajusté ensemble (comp. 2.21), peut alors croître et être édifié en amour. L’état pratique du corps de Christ est assurément influencé et déterminé par l’état de chaque croyant individuellement.
Le but décrit ici ne sera atteint en perfection que dans le ciel. Alors tous les rachetés, membres du seul corps de Christ, seront réunis, non seulement unis ensemble par le Saint Esprit habitant en eux, mais encore sans aucune différence dans la foi, sans divergence d’opinions et sans désaccord. Alors toutes les pensées personnelles disparaîtront, comme la chair dont elles proviennent, et tous seront parvenus à l’unité de la connaissance du Fils de Dieu ! Dans la gloire inaltérée de la maison du Père, nous ne connaîtrons qu’un objet de contemplation : lui, le Fils de Dieu, le Fils de son amour, qui nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous ! Nous le verrons comme il est, nous le louerons et l’adorerons d’un même cœur et d’une même voix.
Unité de foi et de connaissance.
La foi et la connaissance du Fils de Dieu sont étroitement liées. La connaissance spirituelle est toujours une conséquence de la foi. Pierre l’a exprimé ainsi : « Tu as les paroles de la vie éternelle ; et nous, nous croyons et nous savons que toi, tu es le Saint de Dieu » (Jean 6.68 ; comp. Hébreux 11.1). À quiconque croit en Son Fils, Dieu dévoile la gloire de Celui en qui il s’est révélé en grâce et en vérité et en qui toute la plénitude de la déité habite corporellement.
La foi au Fils de Dieu est le fondement vital sur lequel se tient tout croyant (Galates 2.20), et la connaissance de Celui que Dieu le Père a envoyé est la vie éternelle (Jean 17.3). Tout croyant possède une certaine mesure de foi et de connaissance. Dieu veut maintenant nous conduire à l’unité de la foi et à l’unité de la connaissance du Fils de Dieu. Il n’existe certes pas deux croyants qui aient la même mesure de foi et de connaissance.
Les divers degrés de sacrifices dans le livre du Lévitique l’indiquent déjà. Le fait qu’il était permis aux Israélites d’apporter comme holocauste non pas seulement un taureau, mais aussi un mouton, une chèvre, une tourterelle ou un jeune pigeon, montre que l’Éternel connaissait les situations différentes des fils d’Israël et en tenait compte (Lévitique 1). Il en allait de même pour l’offrande de gâteau au chapitre 2, pour le sacrifice pour le péché au chapitre 4 et particulièrement au chapitre 5, où il est dit clairement : « Et si ses moyens ne peuvent atteindre… » (v. 7 et 11). Le Nouveau Testament parle de pères, de jeunes gens et de petits enfants (1 Jean 2.13-18), mais aussi de petits enfants (mineurs) quant à la foi, c’est-à-dire de ceux qui, par paresse spirituelle, ou par une manière de penser et d’agir charnelle, ont stagné dans leur croissance spirituelle (1 Corinthiens 3.1-3 ; Hébreux 5.12-14).
Ces différences dans le corps de Christ doivent être surmontées par l’activité des dons qui sont donnés par notre chef (tête) dans le ciel, afin que tous nous croissions jusqu’à l’unité, dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, et ceci à la gloire et à la louange de Dieu le Père, mais aussi pour notre propre joie. Plus nous avançons dans la foi et dans la connaissance et sommes unis pratiquement au Fils de Dieu, plus nous croissons aussi ensemble comme membres de son corps, et plus Il sera manifesté pratiquement dans son corps, l’Assemblée. Nous parvenons ainsi à un accord profond, intérieur, dans la foi et dans la connaissance dont l’objet est le Seigneur Jésus dans sa gloire éternelle la plus élevée comme Fils de Dieu. D’ailleurs ce verset est le seul dans l’épître aux Éphésiens où il est vu comme Fils éternel de Dieu, et non pas comme homme glorifié dans le ciel.
Maturité spirituelle.
Comme autres buts étroitement liés à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, le verset 13 nous présente ensuite « l’état d’homme fait » et « la mesure de la stature de la plénitude du Christ ».
Arrêtons-nous d’abord sur le mot « fait » ou adulte (en grec : teleios). Il est appliqué plusieurs fois à des croyants dans le Nouveau Testament et rendu parfois aussi par « parfait ». Nous devons y distinguer trois significations :
Quant à leur position, tous les rachetés sont rendus parfaits à perpétuité par le sacrifice de Christ (Hébreux 10.14). Ils ont été rendus agréables dans le Bien-aimé, et sont et demeurent des enfants de Dieu. Personne ne peut les ravir de la main du Père.
En 1 Corinthiens 13.10, Paul parle d’une perfection future que nous n’atteindrons que dans le ciel. Là, nous serons à tous égards conformes à Dieu, un état dont nous sommes en pratique maintenant encore bien éloignés.
De même qu’un enfant doit grandir pour atteindre sa stature d’homme, de même aussi le chrétien doit devenir pratiquement parfait ou adulte. Ceci ne signifie cependant pas un état d’absence de péché, mais indique la connaissance et la réalisation de notre position chrétienne devant Dieu (1 Corinthiens 2.6 ; Philippiens 3.15 ; Hébreux 5.14).
Il s’agit ici de ce troisième aspect. La mesure de ce caractère spirituellement parlant d’adulte, et donc de notre vie, c’est Christ. La croissance spirituelle consiste à lui ressembler toujours plus. Il en était ainsi de Paul qui pouvait écrire aux Corinthiens : « Soyez mes imitateurs, comme moi aussi je le suis de Christ » (1 Corinthiens 11.1). Si nous prenons comme mesure nous-mêmes ou d’autres personnes, nous serons facilement satisfaits du résultat. Mais si nous avons devant les yeux « la mesure de la stature de la plénitude du Christ », nous voyons alors la perfection à laquelle il veut nous amener comme membres de son corps. Avec ce but à l’esprit, nous devons croître spirituellement jusqu’à l’état « d’homme fait ».
« L’état d’homme fait » est ce qui répond à « la mesure de la stature de la plénitude du Christ », la pleine étendue de la croissance spirituelle dans la vérité révélée concernant la personne de Celui qui a accompli tout le conseil de Dieu et, après avoir été élevé au ciel, est maintenant glorifié à sa droite. Il s’agit d’un état de maturité spirituelle que nous retrouvons sous une forme semblable en Jean. Quand il parle dans sa première épître de « pères », il évoque des croyants qui ont laissé derrière eux les étapes d’« enfants » et de « jeunes gens » et ont mûri spirituellement.
Alors qu’il doit adresser de sérieuses exhortations aux jeunes gens et aux petits enfants, il peut confirmer aux pères qu’ils « connaissent celui qui est dès le commencement », à savoir le Fils de Dieu (1 Jean 2.13-27). Ils ont atteint la mesure de la stature de la plénitude du Christ. À cet égard, ils ne pouvaient parvenir plus haut, et ils n’avaient pas non plus besoin de plus. Ils avaient trouvé en lui le repos.
Ceci n’arrive certainement pas du jour au lendemain, mais représente comme toute croissance un développement qui prend du temps et en définitive ne se termine jamais aussi longtemps que nous sommes sur la terre. Pierre nous exhorte dans sa dernière épître à croître « dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ » (2 Pierre 3.18), et Paul, prisonnier à Rome, donc presque au terme de sa vie, était encore rempli du profond désir « de le connaître, lui » (Philippiens 3.10).
Le rôle du ministère et des serviteurs de la Parole est maintenant de faire progresser les croyants pas à pas vers ce but. Je me souviens à ce sujet d’un frère âgé qui commençait souvent ses méditations en disant : « Nous voulons nous occuper un moment de notre Seigneur ». Ce frère avait compris quelque chose de ce qui doit être le propos et le but de tout ministère : la glorification de notre Seigneur et notre croissance jusqu’à lui, oui, jusqu’à « la plénitude du Christ ».
Dans la parole de Dieu, toute la plénitude du Christ nous a été révélée.
Comme Fils éternel de Dieu dans le sein du Père, dans le fait qu’il est devenu homme et dans la perfection de sa vie sur la terre, dans la révélation de l’amour et de la grâce, mais aussi de la sainteté et de la justice de Dieu, dans ses souffrances et sa mort expiatoire sur la croix, dans sa résurrection, son ascension et sa glorification dans le ciel, dans sa relation comme chef (tête) avec son corps, l’Assemblée, comme Celui qui a parfaitement accompli les conseils de Dieu et en qui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance.
Plus nous laissons la « parole du Christ » habiter en nous et le prenons comme modèle, plus nous croîtrons jusqu’à lui et jusqu’à sa plénitude (comp. Colossiens 3.16 ; 2 Corinthiens 3.18 ; Philippes 2.5). Sa volonté, son but est de remplir de ses pensées et de ses richesses son Assemblée et tous ceux qui en sont les membres, et de nous rendre pratiquement conformes à ce que l’Assemblée sera dans l’éternité. Plus nous nous occupons de sa gloire et de sa grandeur, plus nous serons « immunisés » contre les influences négatives de l’intérieur et de l’extérieur.
En s’occupant de toutes sortes de questions intéressantes pour la chair, les Colossiens couraient le danger de ne plus tenir ferme Christ, le chef (Colossiens 2.18 ; comp. aussi 1.23 ; 2.8, 16, 20). Il n’était pas nécessaire de mettre en garde les Éphésiens à cet égard. Aussi est-ce la croissance jusqu’à la plénitude du Christ qui leur est présentée comme sauvegarde contre « tout vent de doctrine ».
C’est l’occasion ici d’attirer l’attention sur le fait que, dans la parole de Dieu, nous sommes mis en garde non seulement contre les fausses doctrines ou les hérésies, mais aussi contre toute déviation de la saine doctrine des Saintes Écritures (comp. Romains 16.17 ; 1 Timothée 1.3 ; Hébreux 13.9).
Verset 14
« … afin que nous ne soyons plus de petits enfants, ballottés et emportés çà et là par tout vent de doctrine dans la tromperie des hommes, dans leur habileté à user de voies détournées pour égarer » (Éphésiens 4.14).
Celui qui est ballotté et emporté çà et là par tout vent de doctrine est, spirituellement parlant, non pas un adulte, mais un petit enfant. C’est ainsi que sont appelés en Hébreux 5.13 ceux qui sont encore inexpérimentés dans la parole de la justice, et en 1 Corinthiens 3.1, les croyants charnels. Bien que les causes soient différentes, le résultat est le même : absence de force et de discernement spirituels.
De tels croyants ne reconnaissent pas tout de suite les dangers cachés et se laissent facilement séduire par « de douces paroles et un beau langage » (Romains 16.18). Ils ne voient pas qu’en réalité, derrière ceux-ci se dissimule « la tromperie des hommes, dans leur habileté à user de voies détournées pour égarer (littéralement : pour la séduction de l’erreur) ».
Nous pouvons cependant rester à l’abri de tels dangers si nous sommes déterminés dans notre vie de foi à n’écouter que la voix de notre Seigneur, de notre bon Berger. Lui-même a dit : « Et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix ; mais elles ne suivront point un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers » (Jean 10.4-5).
Verset 15
« … mais que, étant vrais dans l’amour, nous croissions en toutes choses jusqu’à lui qui est le chef, le Christ » (Éphésiens 4.15).
Après l’indication du but au verset 13 et la mise en garde au verset 14, il nous est montré comment nous pouvons croître en toutes choses jusqu’à lui qui est le chef, tout en étant vrais dans l’amour. L’expression « étant vrais dans l’amour » traduit un seul verbe (en grec : aletheuô) qui ne se retrouve qu’une fois, en Galates 4.16, où il est rendu par « dire la vérité », et signifie, proprement : « être vrai, être sincère ».
De même qu’il ne nous vient pas à l’idée de nous tromper nous-mêmes, nous ne devrions pas, vis-à-vis de nos frères et sœurs, avoir d’autre langage que la vérité. L’expression parfaite d’une telle droiture de cœur est « la vérité… en Jésus » (v. 21).
La vérité et l’amour ont été parfaitement révélés par le Seigneur Jésus. « La grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ » (Jean 1.17). Quand les Juifs lui demandèrent : « Toi, qui es-tu ? » il répondit : « Absolument ce qu’aussi je vous dis », c’est-à-dire ses paroles le présentaient comme Celui qu’il était, soit la vérité (Jean 8.25). Il brillait comme la vraie lumière dans les ténèbres de ce monde, mais le monde ne l’a pas connu et les siens (les Juifs) ne l’ont pas reçu. Solitaire et le plus souvent incompris, il poursuivait son chemin de lumière dans la communion de son Père. Et en même temps, il était rempli d’un amour parfait, divin. Il aimait non seulement son Père, dont il était venu accomplir la volonté, mais aussi les hommes qui gisaient dans le péché, et tout particulièrement les siens. Il n’y a jamais eu un homme sur la terre qui ait été aussi accessible à chacun que notre Seigneur. Il recevait avec bonté, amour et patience, plein de miséricorde et d’une profonde sympathie, tous ceux qui venaient à lui avec droiture, même les méprisés et les rejetés.
L’association pratique de la vérité et de l’amour telle qu’elle se manifestait en perfection dans le Seigneur Jésus est une condition à notre croissance spirituelle. La « vérité » sans l’amour rend critique, froid ou fanatique, et « l’amour » sans la vérité conduit à la sentimentalité et à l’égarement spirituel.
Comme nous l’avons déjà constaté, le développement spirituel consiste d’abord à croître jusqu’à Christ, notre chef, et à lui devenir plus semblables. Nous n’avons pas à attendre la gloire pour être conformes à l’image du Fils de Dieu, mais déjà maintenant durant notre vie de foi nous devons lui ressembler de plus en plus. Si nous avons toujours le Seigneur devant nous (comp. Psaumes 16.8), en dépit de tous les manquements, que nous percevrons alors toujours plus distinctement, nous lui ressemblerons mieux et croîtrons jusqu’à lui.
L’expression « en toutes choses » implique cependant aussi que nous connaissions toute la plénitude de la révélation touchant Christ et que nous devions croître en elle. Le thème propre à l’épître aux Éphésiens est bien la gloire du Christ comme Tête dans le ciel et son union intime avec l’Assemblée, qui forme son corps. C’est pourquoi la croissance spirituelle ne se limite pas ici à notre relation personnelle avec le Seigneur Jésus, mais englobe notre lien comme membres de son corps les uns avec les autres et avec lui, notre Tête. Il veut que chacun de nous reconnaisse et prenne la place donnée par lui dans son corps.
La parole de Dieu est précise. Le Seigneur Jésus est présenté ici sous un autre aspect qu’au verset 13, où il est vu comme le Fils de Dieu, que nous avons certes à connaître de plus en plus, sans cependant pouvoir « croître » jusqu’à lui, parce que nous resterons toujours des créatures. Quand il s’agit de notre croissance spirituelle, le but est l’homme glorifié dans le ciel, « lui qui est le chef, le Christ ».
La tête et le corps.
Verset 16
« … duquel tout le corps, bien ajusté et lié ensemble par chaque jointure du fournissement, produit, selon l’opération de chaque partie dans sa mesure, l’accroissement du corps pour l’édification de lui-même en amour » (Éphésiens 4.16).
Christ, le chef (la tête) dans le ciel, est non seulement le but mais aussi la source de l’accroissement. Tous les membres individuellement et aussi l’assemblée entière ont en quelque sorte leur place dans un cycle spirituel dont Christ est le commencement et la fin. Sans lui, nous ne sommes rien, mais en lui, nous possédons tout ce dont nous avons besoin pour croître.
L’image du corps humain comme type de l’Assemblée sert en premier lieu à bien montrer le lien indissoluble entre la tête et le corps. L’unité intime des divers membres entre eux et leur interdépendance y trouvent aussi leur expression. Enfin, le corps est toujours considéré comme complet, rien n’y manque de sorte qu’il est toujours à même de fonctionner. Mais il y a aussi des différences importantes. Dans le corps de Christ, chaque membre est en relation immédiate avec la tête, et, contrairement au corps humain, où tête et corps grandissent ensemble, seul le corps de Christ doit croître en vue du perfectionnement, non pas le chef (la tête) dans le ciel, qui est parfait. C’est de lui que découle toute croissance spirituelle du corps, et c’est jusqu’à lui qu’elle mène.
Il s’agit là non pas d’une augmentation en nombre des croyants, mais seulement de la croissance spirituelle de chacun des membres et du corps dans son ensemble. Le corps de Christ sur la terre est toujours considéré comme une unité capable de fonctionner, à laquelle aucune partie ne manque. L’accroissement extérieur de l’assemblée, par adjonction de nouveaux convertis, en revanche, nous le voyons dans la figure de la maison de Dieu, qui est constituée de pierres vivantes et en conséquence grandit aussi extérieurement (Éphésiens 2.20-22 ; 1 Pierre 2.5).
Comme dans notre corps chaque membre, chaque partie se trouve à la place fixée par le Créateur afin qu’il puisse exercer sa fonction, de même aussi le corps de Christ selon le plan divin est « bien ajusté ensemble ». La même expression a déjà été employée au chapitre 2, verset 21 pour la croissance de la construction divine en un temple saint dans le Seigneur. Nous comprenons par-là que le plan, ou conseil, de Dieu nous est présenté ici, et non pas notre réalisation pratique, qui hélas apparaît souvent bien différente.
Les divers éléments du corps ne sont pas là chacun pour soi, mais ils sont « liés ensemble par chaque jointure du fournissement ». Dans le passage parallèle de Colossiens 2.19, il est écrit que « tout le corps, alimenté et bien uni ensemble par des jointures et des liens, croît de l’accroissement de Dieu ».
Ces « jointures » et ces « liens » méritent toute notre attention. En plus du « lien de la paix » indispensable pour garder l’unité de l’Esprit, il y a encore « le lien de la perfection », l’amour, qui ici, étant la caractéristique par excellence de l’édification du corps, constitue le couronnement (v. 16 ; comp. Éphésiens 4.3 ; Colossiens 3.14). Par contre, les jointures désignent bien les points de contact souvent peu considérés mais si importants entre les membres. Si, dans notre corps, une articulation ne fonctionne pas correctement, il en résulte souvent de sérieux handicaps. Dans le corps de Christ, ce n’est que si le lien « par chaque jointure du fournissement » est en ordre que la communion pratique sera fortifiée et la croissance spirituelle assurée.
À chacun, la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ (v. 7) et cette mesure de chaque partie individuelle doit selon Sa volonté se manifester dans l’accroissement et dans l’édification du corps en amour. Le fait que Dieu a attribué à chaque membre du corps de Christ une place et une fonction selon qu’il lui a plu dans sa sagesse, nous est présenté en détail dans la figure du corps humain en 1 Corinthiens 12.14-26. Il y est insisté trois fois sur la sagesse et la souveraineté de Dieu (v. 18, 24, 28). Dans notre passage, il s’agit non pas en premier lieu des tâches, mais de la relation des diverses parties entre elles. Ce n’est que si celle-ci est en ordre que chacun peut contribuer dans sa mesure à ce que l’Assemblée croisse spirituellement selon la pensée de Dieu en amour les uns envers les autres et en harmonie avec son chef (sa tête) dans le ciel.
Quel merveilleux tableau de l’édification et de l’accroissement du corps de Christ nous est présenté ici ! Tout découle de lui comme chef (tête), et tout conduit à lui et à sa gloire, chaque croyant remplissant à la place qui lui a été donnée, dans sa dépendance, la fonction qui lui a été attribuée, dans l’amour envers tous les autres.
Ces pensées de Dieu quant à la croissance de l’Assemblée ne sont pas des théories : elles sont la vérité, qui demeure valable même si beaucoup d’enfants de Dieu ne la connaissent plus ou n’en tiennent pas compte. C’est pourquoi il n’est pas non plus mentionné ici que, dans la pratique, bien des choses ne sont pas ce qu’elles devraient être selon sa volonté. Tout nous est présenté selon le conseil divin, c’est-à-dire « bien ajusté ».
Il ne nous est cependant pas montré ici une Assemblée parfaite, car celle-ci n’existe pas sur la terre. Mais il serait faux de penser qu’il n’est plus possible pour les croyants de se conformer en toutes choses à la parole de Dieu et de se rassembler ainsi. La seule vraie conclusion à tirer de ce passage est de reconnaître la volonté de Dieu telle qu’elle nous est présentée ici et de s’y soumettre en toute simplicité. Quel témoignage serait rendu au Seigneur Jésus et à la vérité de sa Parole ! Combien le cœur de Dieu serait réjoui, si l’unité et la croissance du corps de Christ étaient visibles pratiquement sur la terre, si tous les croyants étaient conscients du fait qu’ils en font partie et se comportaient comme des membres de ce seul corps, attendant tout de Lui ! Sondons plus ces précieuses vérités, pour y trouver notre joie et chercher à les mettre en pratique dans la dépendance du Seigneur.
La marche chrétienne (4.17 à 5.21).
Paul avait bien exprimé une première exhortation au début du chapitre 4, toutefois elle avait abouti à un assez long développement sur le corps de Christ et son édification. Aussi la partie pratique de son épître, ou les exhortations, ne commence-t-elle en fait qu’ici. La marche du chrétien en général constitue le sujet de la première subdivision jusqu’au chapitre 5, verset 21. Cinq fois, l’expression « marcher » attire notre attention sur notre responsabilité et une fois, il est fait mention de notre « première manière de vivre » (ou de marcher) (4.17-22 ; 5.2, 8, 15).
Cette section relativement longue se divise en deux parties.
Les versets 17 à 24 montrent la base : le fait d’avoir dépouillé le vieil homme et d’avoir revêtu le nouvel homme. Du chapitre 4, verset 25 au chapitre 5, verset 21, les caractères du nouvel homme dans la vie journalière au milieu de l’assemblée et dans le monde sont présentés.
La condition préliminaire : le nouvel homme.
Verset 17
« … Voici donc ce que je dis et témoigne dans le Seigneur, c’est que vous ne marchiez plus comme le reste des nations marche, dans la vanité de leurs pensées » (Éphésiens 4.17).
Conscient de la responsabilité qui est la sienne vis-à-vis du Seigneur Jésus, en accord avec Sa volonté et en Son nom, Paul témoigne d’abord que notre ancienne manière de vivre dans le monde, telle qu’elle caractérise tous les incrédules, est une fois pour toutes passée. Au chapitre 2 déjà (v. 1-3 ; 11-12), il avait défini la conduite des nations. Il la décrit ici d’une manière encore plus détaillée et met en même temps les Éphésiens en garde de retomber dans cette vie de péché. Nous devons nous rappeler que ces croyants avaient été pour la plupart arrachés du paganisme. Mais du fait que le cœur de l’homme naturel est toujours et partout le même, nous avons besoin, nous aussi, de telles exhortations. Comme chrétiens, nous sommes continuellement en danger de nous laisser influencer par les pensées et la manière de vivre du monde qui nous entoure. Et d’anciennes habitudes peuvent aussi exercer une grande influence sur nous.
Versets 18 et 19
« … ayant leur entendement obscurci, étant étrangers à la vie de Dieu à cause de l’ignorance qui est en eux, à cause de l’endurcissement de leur cœur ; et qui, ayant perdu tout sentiment moral, se sont livrés à la débauche, pour pratiquer avidement toute impureté » (Éphésiens 4.18-19).
Nous avons souvent tendance à ne regarder que l’apparence et ainsi, nous ne voyons pas la source, l’origine de toutes choses. Mais ces versets montrent d’abord la racine de l’activité méchante du monde. Les objectifs des hommes du monde n’ont aucune valeur aux yeux de Dieu, leur entendement n’a pas une étincelle de lumière divine, et la vie divine leur est étrangère, parce qu’ils ne comprennent ni Dieu ni ses pensées. Leur ignorance est cependant coupable, parce qu’ils ont endurci leurs cœurs. Par-là, ils ont perdu toute perception pour ce qui est bon et décent et se livrent dans une convoitise insatiable à toutes sortes d’excès et de pratiques impures.
Combien ces paroles écrites depuis près de deux mille ans nous paraissent actuelles ! Elles prouvent que l’homme n’a pas changé, qu’il ne s’est pas amélioré au cours de l’histoire.
Verset 20
« … Mais vous n’avez pas ainsi appris le Christ » (Éphésiens 4.20).
Pourtant, quant aux Éphésiens, Paul peut constater tout autre chose. Béni soit Dieu pour sa grâce illimitée et pour son don inexprimable (comp. 2.4) ! Ils avaient « appris le Christ ». Par les enseignements de l’apôtre Paul lors de son séjour de trois ans parmi eux, ils avaient appris à connaître non seulement la repentance envers Dieu et la foi dans le Seigneur Jésus Christ, mais aussi l’évangile de la grâce de Dieu, le royaume de Dieu et tout le conseil divin (Actes 20.21-27).
Combien ces mots : « vous n’avez pas ainsi appris le Christ » sont simples mais saisissants ! Ici, l’apôtre ne place pas le conseil de Dieu ou la doctrine chrétienne devant les yeux de ses lecteurs, mais il leur présente la personne unique du Christ, à l’égard duquel il avait déjà exprimé le vœu, au chapitre 3, verset 17, qu’il habite, par la foi, dans leurs cœurs. « Le Christ » : Celui qui, comme l’homme glorifié, est maintenant assis dans la gloire du ciel à la droite de Dieu et sur lequel l’œil de Dieu repose toujours avec une satisfaction parfaite ! À lui seul nous devons notre salut, en lui seul nous possédons toutes les bénédictions que Dieu le Père nous a données. Nous avons tout en Christ, mais sans lui, nous n’avons rien.
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