9. Bénis en Christ
Chap: 4 - La réalisation pratique (suite) - Comment recevoir la force spirituelle ? En étant prêt à faire avec foi la volonté de Dieu, aussitôt qu’elle est discernée dans sa Parole. Elle ne se manifeste pas en premier lieu dans de grandes actions, mais paraît dans les multiples petits détails de la vie journalière.
Les œuvres des ténèbres
Versets 11 et 12
« … Et n’ayez rien de commun avec les œuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt reprenez-les aussi ; car les choses qu’ils font en secret, il est honteux même de les dire » (Éphésiens 5.11-12).
« Les œuvres infructueuses des ténèbres » sont en flagrante opposition avec le fruit de la lumière. Dans le Nouveau Testament, le fruit est ce qui réjouit Dieu. Les œuvres des ténèbres ne portent cependant pas de fruit. Le chrétien croyant ne doit avoir aucune communion avec elles ; bien au contraire, il doit les reprendre ou les manifester, c’est-à-dire signaler le mal qui s’y trouve et les condamner. Cette condamnation s’exprime en premier lieu dans une entière séparation de telles œuvres.
C’est dans cette intention que l’apôtre Paul pose aux Corinthiens la question : « Quelle communion y a-t-il entre la lumière et les ténèbres ? et quel accord de Christ avec Bélial ? ou quelle part a le croyant avec l’incrédule ? et quelle convenance y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? » (2 Corinthiens 6.14-16).
Paul avait exhorté les Éphésiens au verset 3 à ne pas même nommer la fornication ni aucune impureté ou cupidité ; il ajoute ici de ne pas même dire les choses honteuses que les hommes méchants font en secret. Rien que d’en parler souille déjà le cœur. Si faire le mal en secret témoigne encore d’un certain sentiment de culpabilité ou au moins d’une conscience de ce qui est inconvenant, il n’en était autrefois pas ainsi à Jérusalem ou à Sodome : On parlait ouvertement des péchés que l’on commettait, tout comme cela est devenu monnaie courante dans beaucoup de pays aujourd’hui (comp. Ésaie 3.9). Nous tenons-nous entièrement séparés de cela ?
Verset 13
« … Mais toutes choses, étant reprises par la lumière, sont manifestées ; car ce qui manifeste tout, c’est la lumière » (Éphésiens 5.13).
Ce n’est que dans la présence immédiate de Dieu, dans sa lumière, que nous pouvons voir les choses comme lui les voit. La lumière manifeste tout. Dieu est lumière d’une manière absolue (1 Jean 1.5), Christ est la lumière du monde qui luit dans les ténèbres (Jean 1.5-9 ; 8.12 ; 9.5 ; 12.46), et la parole de Dieu aussi est lumière (2 Pierre 1.19). Tant qu’un homme n’est pas venu à cette lumière, il se trouve dans les ténèbres morales et n’a aucune réelle conscience du péché. Mais aussitôt que la lumière divine brille dans sa vie, tout est manifesté.
Que ce soit progressivement ou instantanément, il voit tout comme Dieu le voit, et est amené à la confession et à la conversion. Il est ainsi conduit des ténèbres à la lumière. Un enfant de Dieu est et demeure toujours dans cette lumière (1 Pierre 2.9 ; 1 Jean 1.7).
Celui qui est passé des ténèbres à la lumière ne peut plus jamais quitter ce domaine de la lumière, bien qu’il puisse dans sa marche pratique redevenir semblable à ceux qui sont dans les ténèbres, et accomplir également les œuvres infructueuses des ténèbres. C’est la lumière de la parole de Dieu qui met en évidence le péché, non seulement pour les incrédules, mais aussi pour un croyant qui a péché. « Ta parole est une lampe à mon pied, et une lumière à mon sentier » dit déjà le psalmiste (Psaumes 119.105).
Le Saint Esprit se sert de la Parole pour rendre attentif au péché, la conscience est alors touchée et amenée à la confession. La marche est ainsi mise à nouveau en accord avec la position : « Mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur ; marchez comme des enfants de lumière » (v. 8).
Verset 14
« … c’est pourquoi il dit : Réveille-toi, toi qui dors, et relève-toi d’entre les morts, et le Christ luira sur toi » (Éphésiens 5.14).
Ici un croyant est vu au milieu d’incrédules (comp. Ésaie 60.1-19). Il est vivifié avec Christ, alors que les incrédules sont considérés comme morts dans leurs fautes et dans leurs péchés (Éphésiens 2.1-5). La vie et la mort sont aussi absolument incompatibles que la lumière et les ténèbres. Si donc un chrétien s’adapte à son entourage dans sa manière de penser, de parler et d’agir, cette opposition est pratiquement perdue. Il est vrai qu’il ne peut pas plus devenir « un mort » que retourner dans les « ténèbres », car cela signifierait qu’il reperdrait la vie nouvelle, et ceci est impossible (comp. Jean 10.28-29).
C’est pourquoi il est considéré ici comme quelqu’un qui dort, qui est certes vivant, mais ne diffère, extérieurement et à première vue, guère d’un mort. Il faut lui crier : « Réveille-toi ! » c’est-à-dire : prends conscience de l’état dans lequel tu te trouves (comp. 1 Thessaloniciens 5.4-8) !
Mais ensuite vient l’exhortation : « Relève-toi d’entre les morts ! » Sépare-toi des incrédules parmi lesquels tu te trouves et montre dans ta marche la vie que tu possèdes ! Finalement, il est ajouté : « Et le Christ luira sur toi. » Il veut éclairer pratiquement notre vie spirituelle. Les yeux de notre cœur doivent être ouverts afin que nous soyons éclairés par lui quant à notre vie de foi. Combien il devient alors simple de discerner et de suivre le sentier étroit mais béni de la foi qui présente tant de difficultés au croyant dont les pensées sont aux choses du monde !
Marcher soigneusement.
Versets 15 et 16
« Prenez donc garde à marcher soigneusement, non pas comme étant dépourvus de sagesse, mais comme étant sages ; saisissant l’occasion, parce que les jours sont mauvais » (Éphésiens 5.15-16).
Telle est la troisième exhortation dans ce chapitre quant à notre marche pratique. Après la marche dans l’amour (v. 2) et la marche comme enfants de lumière (v. 8), nous sommes exhortés ici à marcher soigneusement dans la sagesse. La sagesse est la capacité d’appliquer et de vivre pratiquement les enseignements de la parole de Dieu qui enrichissent notre connaissance. Ce n’est pas une question d’intelligence, mais d’obéissance. « La crainte de l’Eternel est le commencement de la sagesse » (Proverbes 9.10).
Le temps de vie que le Seigneur nous accorde sur la terre est celui de l’occasion favorable pour lui. Lorsqu’un incrédule est placé devant la question du salut de son âme immortelle, ce n’est en général pas pour lui un moment convenable (voir Actes 24.25 ; 2 Timothée 4.2). Pour nous aussi, le moment peut ne pas toujours paraître favorable quand d’autres affaires nous semblent plus importantes. Mais le temps est court et les jours sont mauvais ! Maintenant seulement nous avons l’occasion de faire quelque chose pour le Seigneur, que ce soit dans l’Évangile ou dans le service envers les siens. Cette occasion, nous devons la saisir, c’est-à-dire l’employer aussi bien que possible pour lui.
Verset 17
« … C’est pourquoi ne soyez pas sans intelligence, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur » (Éphésiens 5.17).
Celui qui ne reconnaît pas cela est sans intelligence et n’a aucun discernement de la volonté du Seigneur, qui est notre seul critère pour agir. Quand il était lui sur la terre, il ne connaissait qu’un unique but, faire la volonté de Celui qui l’avait envoyé et accomplir son œuvre. Telle était sa « viande » (Jean 4.34 ; 6.38 ; 8.29). Sa volonté était toujours en parfaite harmonie avec la volonté de son Père. Mais notre propre volonté fait souvent de nous des « insensés » quant à la volonté de notre Seigneur. C’est pourquoi nous sommes appelés à comprendre quelle est sa volonté. Au verset 10, nous avons été exhortés à éprouver ce qui est agréable au Seigneur. Ici, nous sommes incités à discerner quelle est sa volonté. Au verset suivant, nous trouvons la troisième ressource pour une vie selon sa volonté : la direction du Saint-Esprit.
Verset 18
« … Et ne vous enivrez pas de vin, en quoi il y a de la dissolution ; mais soyez remplis de l’Esprit » (Éphésiens 5.18).
Celui qui consomme des stupéfiants tels que l’alcool et les drogues n’est plus maître de son esprit ni de lui-même. Il est dominé par une autre puissance qui, comme il est dit ici, mène à la dissolution. Or le chrétien ne doit pas s’exposer à de telles influences, mais il doit être rempli du Saint Esprit. Si triste que soit, d’un côté, cette juxtaposition, elle est d’un autre côté pleine d’instruction. Un homme ivre fait souvent des choses que ni lui ni son entourage ne comprennent. Il ne peut plus faire ce qu’il veut, parce qu’il est sous une influence étrangère. De même le chrétien qui est rempli de l’Esprit Saint ne fait plus ce qu’il veut, mais accomplit la volonté de Dieu. Cependant être rempli de l’Esprit Saint est non pas une extase, mais la forme la plus élevée de la sobriété spirituelle.
Celui qui reçoit par la foi l’évangile du salut est scellé par Dieu du Saint Esprit (Éphésiens 1.13), et l’Esprit rend témoignage avec notre esprit que nous sommes enfants de Dieu (Romains 8.16). Un signe distinctif des fils de Dieu est qu’ils sont conduits par l’Esprit (Jean 16.13 ; Romains 8.14 ; Galates 5.18). Mais tel n’est pas automatiquement le cas. Nous devons faire place à l’Esprit qui a choisi notre corps comme temple. Il est dit de serviteurs comme Etienne (Actes 6.3-5 ; 7.55) et Barnabas (Actes 11.24) qu’ils étaient pleins (grec : plérés) de l’Esprit Saint (comp. Luc 4.1). Ceci semble indiquer un état durable, permanent. Dans d’autres passages, il est parlé d’être rempli de l’Esprit Saint (grec : pimplanai, remplir, devenir plein, se réaliser ; Actes 2.4 ; 4.8 ; 9.17 ; 13.9, 52). Il s’agit là de circonstances, de buts ou de services précis où le Saint Esprit trouve de la place pour agir avec puissance.
Toutefois, dans notre verset, un autre mot (grec : pléroun) est employé, qui a le sens d’occuper complètement, remplir, combler. Si nous voulons être remplis de l’Esprit, notre « vase » doit être vide et pur. Sinon, l’Esprit sera « contristé » ou « éteint » (Éphésiens 4.30 ; 1 Thessaloniciens 5.19). Il veut glorifier le Seigneur Jésus en nous !
Versets 19 à 21
« … vous entretenant par des psaumes et des hymnes et des cantiques spirituels, chantant et psalmodiant de votre cœur au Seigneur ; rendant toujours grâces pour toutes choses, au nom de notre Seigneur Jésus Christ, à Dieu le Père ; étant soumis les uns aux autres dans la crainte de Christ » (Éphésiens 5.19-21).
Si nous sommes remplis de l’Esprit-Saint et de sa puissance, de telle sorte qu’il peut agir en nous sans entrave, cela se manifestera par les caractéristiques suivantes : la louange, la reconnaissance et la soumission. Dans l’épître aux Colossiens, qui contient des exhortations semblables, la condition préalable mentionnée est que la parole du Christ habite en nous richement (Colossiens 3.16). Plus le Saint Esprit nous occupe des bénédictions que Dieu nous a données en Christ, plus nos cœurs seront remplis de louange et de reconnaissance.
Les psaumes, par lesquels nous devons nous encourager réciproquement et louer le Seigneur, ne sont pas ceux de l’Ancien Testament. Dans ces derniers, on ne trouve ni la jouissance du salut éternel comme fruit de l’œuvre de Christ pour la rédemption, ni la qualité d’enfants des croyants, qui peuvent maintenant appeler Dieu leur Père. De même les fréquents appels au jugement et à la vengeance sur les ennemis ne conviennent absolument pas au temps de la grâce (comp. Romains 12.19-20). Les psaumes mentionnés ici sont des chants qui expriment les expériences de la foi chrétienne. Les hymnes traduisent les sentiments d’enfants de Dieu qui jouissent pleinement de l’œuvre de la rédemption accomplie par Christ pour eux, et les cantiques spirituels indiquent que toutes les bénédictions que nous possédons et chantons sont de nature spirituelle. Mais pour le Seigneur, c’est le cœur duquel tout provient pour sa gloire et pour celle du Père qui compte, et non pas la mélodie audible.
Que nous ayons à être reconnaissants, tout chrétien le comprend, s’il pense aux bénédictions spirituelles et matérielles qu’il a reçues, sans les avoir méritées. Mais toujours, et pour toutes choses ? Il y a, hélas ! tant de moments où le cœur n’est pas disposé à la reconnaissance. Ces temps ne sont-ils pourtant pas aussi dans la main de notre Père plein d’amour ? Nous devons ainsi être bien convaincus que tout nous vient de lui et que nous sommes entièrement dépendants de lui. Mais nous devons également reconnaître que son but en toutes ces choses est de les faire concourir à notre bien.
Si notre cœur est tourné vers lui, si notre vie est remplie d’amour pour lui qui nous a aimés le premier, nous reconnaîtrons « que toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son propos » (Romains 8.28). Celui qui nous a prédestinés de toute éternité à être conformes à l’image de son Fils, nous conduira certainement au but désiré. Rien ni personne ne peut faire obstacle à ce conseil divin et à son accomplissement. Notre Dieu et Père le mènera à bonne fin. Ceci nous donne la paix et nous fait rendre « toujours grâces pour toutes choses, au nom de notre Seigneur Jésus Christ ».
Le verset 21 forme la conclusion de ce paragraphe et en même temps l’introduction du suivant. Jusqu’ici, les exhortations sont de portée générale et s’adressent à tous les croyants sans distinction. Les versets 22 du chapitre 5 à 9 du chapitre 6 présentent des exhortations particulières pour des groupes définis de personnes dans l’assemblée de Dieu : d’abord pour les épouses et leurs maris, puis pour les enfants et les pères, et enfin pour les esclaves et les maîtres. Viennent ensuite de nouveau des exhortations de portée générale et la fin de l’épître.
Dans les relations terrestres des croyants, l’inférieur doit être soumis au supérieur : les jeunes aux plus âgés (1 Pierre 5.5), les femmes aux maris (Colossiens 3.18), les enfants aux parents (Éphésiens 6.1), les esclaves aux maîtres (Colossiens 3.22). C’est ainsi que se manifeste spirituellement la reconnaissance de l’ordre institué par Dieu. Mais celui qui estime chaque frère, chaque sœur, supérieur à lui-même, prend une position spirituelle plus élevée encore. C’est la vraie humilité chrétienne, qui ne recherche pas ce qui est à soi, mais regarde toujours à ce qui est aux autres (Philippiens 2.3). Cette pensée était dans le Christ Jésus, qui s’est anéanti et s’est abaissé lui-même. Si chaque enfant de Dieu avait cette pensée en lui-même, nous serions tous soumis les uns aux autres. Ce qui nous en rend capables, c’est la crainte de Christ.
Mari et femme, ou Christ et l’Assemblée (5.22-33).
Dans son épître aux croyants à Éphèse, Paul revient encore une fois sur les relations entre Christ, le chef (la tête), et son corps. Dans les versets 22 à 33, ce sujet nous est présenté non pas tant d’une manière doctrinale, mais plutôt pour nous montrer l’amour de Christ pour son Assemblée et sa tendre sollicitude pour elle. En outre, la troisième « image » de l’Assemblée dans cette épître est introduite ici.
Au chapitre 1, verset 23, nous trouvons d’abord la mention du corps, figure de l’unité. Ce sujet parcourt toute l’épître comme un fil rouge. Rappelons-nous les paroles du chapitre 4, verset 4 : « Il y a un seul corps… ». Puis, au chapitre 2, versets 20 à 22, il est parlé de l’Assemblée comme d’un édifice, un temple saint dans le Seigneur et comme habitation de Dieu par l’Esprit. Nous y voyons la demeure de Dieu, ainsi que l’ordre et la sainteté qui caractérisent l’Assemblée.
Et finalement, au chapitre 5, versets 22 à 33, l’Assemblée est considérée comme épouse du Christ glorifié. Bien que cette expression ne soit pas utilisée expressément, la comparaison répétée entre les époux croyants d’un côté, et Christ et l’Assemblée de l’autre, met bien en évidence cette relation.
Jean, lui aussi, en Apocalypse 19 et 21, voit l’Assemblée dans sa gloire céleste comme la femme, l’épouse de Christ. Le Saint Esprit utilise cette expression explicite pour montrer l’amour de notre Seigneur pour son Assemblée mais aussi la soumission de cette dernière à Celui qui est son chef (sa tête).
Relations terrestres et célestes.
Le paragraphe qui nous occupe maintenant renferme, implicitement, un enseignement spirituel fondamental d’une grande beauté et profondeur. Dieu ne considère pas le lien terrestre du mariage indépendamment de notre relation céleste, et nous devons nous aussi le voir dans cette lumière. Dans le détail, nous discernons ici trois points de vue différents.
La relation terrestre dans le mariage est créée selon un modèle céleste. Avant d’établir l’union entre Adam et Eve dans le jardin d’Eden, Dieu avait conçu en Christ le conseil éternel concernant l’Assemblée (Éphésiens 3.10-11). Le mariage est ainsi un type des relations qui existent entre Christ et l’Assemblée.
La relation spirituelle dans laquelle nous avons été introduits est la mesure de notre relation terrestre. Christ est le modèle absolument parfait de l’amour et de la sollicitude du mari, et l’Assemblée est le modèle de la soumission de la femme. Dans le mariage chrétien, on doit pouvoir constater le même amour et la même soumission que ceux qui caractérisent la relation entre Christ et son Assemblée.
Le mariage nous aide à mieux comprendre l’amour de Christ pour son Assemblée. Comment pourrions-nous saisir même approximativement cet amour, si nous ne connaissions pas la relation d’époux et d’épouse, de mari et de femme ? Il en est de même de notre relation d’enfants avec Dieu, le Père. De toute éternité, il est le Père de son Fils bien-aimé, mais comment aurions-nous pu nous représenter, ne serait-ce que faiblement, une telle relation sans connaître ce que sont des pères et des fils sur la terre, même si nous ne devons pas oublier quant à cette filiation éternelle ce que le Fils lui-même en dit : « Personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père » (Matthieu 11.27).
Verset 22
« … Femmes, soyez soumises à vos propres maris comme au Seigneur » (Éphésiens 5.22).
La parole de Dieu dit : « Dieu créa l’homme à son image ; il le créa à l’image de Dieu ; il les créa mâle et femelle » (Genèse 1.27).
Les deux ensemble constituent l’homme complet. Tous deux ont la même valeur pour le créateur. Sur le commandement de Dieu, le grand homme de foi que fut Abraham dut écouter sa femme Sara (Genèse 21.12). Dans le Nouveau Testament, il est dit de la position spirituelle de l’homme et de la femme : « Il n’y a ni mâle, ni femelle ; car vous tous, vous êtes un dans le Christ Jésus » (Galates 3.28).
L’homme et la femme jouissent donc absolument de la même appréciation de la part de Dieu. Selon l’ordre divin dans la création, et aussi après l’œuvre de la rédemption accomplie par le Seigneur Jésus-Christ, c’est cependant l’homme qui est le chef et non pas la femme :
« Et l’Éternel Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide qui lui corresponde » (Genèse 2.18). « Mais je veux que vous sachiez que le chef de tout homme, c’est le Christ, et que le chef de la femme, c’est l’homme, et que le chef du Christ, c’est Dieu » (1 Corinthiens 11.3).
Dans le monde où nous vivons, d’autres principes ont cours aujourd’hui. L’égalité sociale de la femme avec l’homme est un but déclaré, particulièrement dans les pays industriels occidentaux. De plus les femmes sont encouragées à trouver leur épanouissement dans la vie professionnelle. Dans la société, le mariage et la famille sont de plus en plus relégués dans une position accessoire. Pour le chrétien cependant, les principes établis dans la parole de Dieu conservent toute leur valeur. Et la pratique montre que leur respect est une source de bénédiction, tandis que leur abandon engendre la souffrance et la détresse.
La relation entre époux chrétiens ne correspond cependant pas toujours dans la pratique aux principes rappelés ici. Une sœur a peut-être un mari peu commode. Si elle apporte cette difficulté au Seigneur dans la prière, elle recevra la force qui lui rendra la soumission plus facile. Dès qu’elle a devant elle le Seigneur, au lieu des sautes d’humeur et de l’injustice de son mari, son chemin s’éclaire.
Cela n’est cependant pas valable s’il exige une chose contraire à la parole de Dieu. Les mots « comme au Seigneur » sont donc aussi bien un encouragement qu’une restriction.
Remarquons encore qu’il est dit ici quant à l’attitude des femmes : « soumises », et non pas : « obéissantes » comme pour les enfants (voir 6.1). L’obéissance implique l’exécution des ordres, tandis que la soumission, ou la dépendance (comme on peut aussi traduire le mot grec hupotagé) est une disposition de cœur.
Versets 23 et 24
« … parce que le mari est le chef de la femme, comme aussi le Christ est le chef de l’assemblée, lui, le sauveur du corps. Mais comme l’assemblée est soumise au Christ, ainsi que les femmes le soient aussi à leurs maris en toutes choses » (Éphésiens 5.23-24).
Le motif de la soumission de la femme à l’homme nous est maintenant donné : De même que le Christ glorifié est le chef de l’Assemblée, ainsi l’homme est le chef de la femme (comp. 1 Corinthiens 11.3). Cette position n’a pas été donnée à l’homme dans le but qu’il domine la femme, ou la malmène. La domination d’Adam sur Eve mentionnée en Genèse 3.16 ne correspondait pas à la volonté de Dieu, elle était une conséquence de la chute (comp. Genèse 4.7). Selon la pensée et la volonté de Dieu, l’époux possède l’autorité dans le couple et la famille, mais son premier devoir est, comme chef, de veiller avec sollicitude au bien-être de sa femme et de lui être un soutien.
Chef et Sauveur.
Dans le Nouveau Testament, le Seigneur Jésus est présenté comme chef à plusieurs égards. Il s’agit là non pas de la position du Dieu souverain, telle que l’avait déjà exprimée David : « À toi, Eternel, est le royaume et l’élévation, comme Chef sur toutes choses » (1 Chroniques 29.11), mais de la position actuelle de Christ comme homme glorifié dans le ciel. Il est devenu chef sur toutes choses (Éphésiens 1.22 ; comp. Colossiens 2.10).
Cette place, il l’a reçue de Dieu, lui le second homme, le dernier Adam, en vertu de son œuvre à la croix, comme l’expression du plus grand honneur, parce qu’il s’est acquis, par son profond abaissement et sa parfaite obéissance, tous les droits que le premier Adam avait perdus par la désobéissance (comp. Romains 5.12 et suivants ; 1 Corinthiens 15.45-49 ; Hébreux 2.6 et suivants). Comme chef sur toutes choses, il possède toute autorité, mais en même temps il prend soin de tout ce qui lui est confié. De plus, il est notre Seigneur, dont la grandeur devra un jour être reconnue de tous les hommes, quand tout genou se ploiera devant lui et que toute langue confessera « que Jésus Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père » (Philippiens 2.10-11).
Comme chef et comme Seigneur, il est assis maintenant à la droite de Dieu dans la gloire (Actes 2.34-36 ; Éphésiens 1.20-22). Son autorité comme chef est très étroitement liée à celle de Seigneur, et cependant elle en est distincte. Il est chef sur toutes choses, le chef de tout homme et le chef de l’Assemblée, mais il est le Seigneur de tout croyant et un jour, tous les humains le reconnaîtront comme tel.
Dans le règne millénaire, d’une manière merveilleuse, Dieu réunira en un, sous un seul chef, toutes choses, les choses qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre (Éphésiens 1.10). Notre bien-aimé Seigneur sera alors le chef glorifié de la création entière ; il régnera en justice et paix sur une création purifiée, et nous avec lui. Sous un autre aspect, le Seigneur Jésus est le chef de tout homme dans le monde (1 Corinthiens 11.3). Selon l’ordre de la création, l’homme est le chef de la femme, car il est « l’image et la gloire de Dieu » (1 Corinthiens 11.3-7 ; Éphésiens 5.23). Ce fait demeure, malgré la chute. Par Christ, le second homme et le dernier Adam, qui est l’image parfaite de Dieu et qui l’a glorifié là où le premier homme l’a déshonoré, une autorité a toutefois été introduite. Comme homme glorifié, Christ est maintenant le chef de l’homme, et, dans cette « hiérarchie », Dieu est le chef de Christ.
Christ est aussi le chef (la tête) de l’Assemblée. Cette pensée exprime la relation de loin la plus précieuse de toutes celles dans lesquelles il est le chef. Seule l’Assemblée est son corps, la plénitude de Celui qui remplit tout en tous, et elle seule est appelée sa femme, son épouse, qu’il a aimée et pour laquelle il s’est livré. Nous ne pouvons pas imaginer une relation plus intime que celle qui est évoquée par ces deux « figures ». Rien n’est plus inséparablement uni que la tête et le corps, et rien ne pourrait mieux exprimer le vrai amour que la relation entre mari et femme dans le mariage.
Afin que nous puissions comprendre ces merveilleuses relations spirituelles, Dieu, dans sa sagesse et sa bonté, nous en a donné des types dans la création. Comme chef, le Seigneur Jésus, spirituellement parlant, n’est pas seulement pour l’Assemblée ce que la tête est pour notre corps humain (Colossiens 1.18), mais il est aussi ce que le mari est de par sa position, et doit être en pratique, pour sa femme. L’Assemblée lui est inséparablement unie pour l’éternité. Nous apprenons que le Seigneur Jésus aime son Assemblée en perfection et prend soin d’elle. Il est son unique conducteur et sa seule autorité. Elle n’a besoin d’aucune autre direction que celle de son chef (sa tête), par le Saint Esprit et par sa Parole. Tenir ferme le chef (la tête) en pratique est sa protection et sa sécurité (comp. Colossiens 2.19).
Si nous considérons l’histoire de l’église chrétienne au travers des siècles, nous devons constater qu’elle s’est profondément éloignée de cela en pratique. Mais Celui qui donne à tous libéralement et ne fait pas de reproches, demeure immuablement le Même ! Si, dans une grande partie de la chrétienté, organisation, direction humaine et indépendance à l’égard de la tête du corps sont à l’ordre du jour, les vrais croyants peuvent encore faire, dans la soumission au Seigneur et à sa Parole, l’expérience de ce que, comme chef (tête) du corps, de l’Assemblée, il accomplit dans son amour et sa sollicitude infinis pour elle.
Notre Seigneur n’est cependant pas seulement le chef (la tête) de son assemblée, il est aussi le sauveur du corps. Ce qu’il faut comprendre par-là résulte du fait qu’il s’agit, dans ce passage, non pas de l’activité du chef et sauveur en relation avec les circonstances terrestres des croyants individuellement et au « corps de leur abaissement », mais de ce qu’il fait en faveur de l’Assemblée comme un tout, si précieuse à ses yeux. Le croyant individuellement a besoin d’un Sauveur pour son âme et pour son corps (comp. Philippiens 3.20-21).
Mais pour l’Assemblée, Christ est le « conservateur », Celui qui l’entoure de soins permanents et pleins d’amour (comp. pour le sens des mots « sauveur » et « conservateur » 1 Timothée 4.10). Dans son amour, il s’est livré entièrement pour elle, il la sanctifie et la purifie maintenant par le lavage d’eau par la Parole (v. 26), afin de la rendre toujours plus conforme à lui-même, et il se la présentera un jour sainte et irréprochable, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, dans la gloire. En même temps, il la nourrit et la chérit (v. 29), afin qu’elle puisse croître et prospérer spirituellement. Dans sa sollicitude pour elle, il veille à ce que rien ne manque.
La mesure divine donnée ici pour l’attitude de la femme vis-à-vis de son mari est la relation de l’Assemblée avec Christ. L’Assemblée est soumise à Christ parce qu’elle dépend de lui. Le même motif doit animer l’épouse dans son attitude envers son époux. La femme est, selon la parole de Dieu, « le vase plus faible » (1 Pierre 3.7). Malheureusement, il en va parfois tout autrement, tant dans l’Assemblée que dans le couple. Cependant, l’Assemblée ne peut honorer son chef et Sauveur que si elle est soumise à lui-même et à sa Parole en toutes choses ; et il en est de même pour l’épouse dans le couple.
Versets 25 à 27
Maris, aimez vos propres femmes, comme aussi le Christ a aimé l’assemblée et s’est livré lui-même pour elle, afin qu’il la sanctifiât, en la purifiant par le lavage d’eau par la parole, afin que lui se présentât l’assemblée à lui-même, glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, mais afin qu’elle fût sainte et irréprochable.
En accord avec le verset 24, l’amour du Christ pour son Assemblée est la mesure divine de l’amour des maris pour leur femme. La mention de l’amour de Christ amène cependant l’apôtre à le présenter en quelques mots dans toute sa grandeur, et ceci sous trois aspects différents : Dans son amour pour l’assemblée, il s’est livré lui-même pour elle. Dans la parabole où l’assemblée est mentionnée pour la première fois dans le Nouveau Testament, même s’il s’agit seulement d’une figure, celle de la perle, le marchand vend tout ce qu’il a pour acquérir « une perle de très grand prix » (Matthieu 13.45).
Mais le Seigneur Jésus a donné à la croix sa précieuse vie, plus encore, il s’est livré lui-même dans toute sa grâce et tout son amour pour l’Assemblée. Il ne pouvait pas donner plus ! Voilà ce qui a eu lieu dans le passé.
Mais l’amour de Christ pour son Assemblée n’est pas achevé ou épuisé par là. Dans son amour, il continue d’être actif pour elle, en ce qu’il la sanctifie, « en la purifiant par le lavage d’eau par la parole ». Après s’être livré pour son Assemblée sur la croix, il l’entoure de ses soins durant tout le temps où elle est sur la terre avec une patience et une sollicitude inépuisables, pour la rendre toujours plus conforme à lui-même, pour la sanctifier, c’est-à-dire la séparer de tout ce qui la souille, et pour la purifier. Cette purification a lieu par le lavage d’eau par la Parole, non par le sang de Christ.
Dieu a bien acquis l’Assemblée par le sang de son propre Fils (Actes 20.28), mais comme telle, elle n’avait pas besoin d’être, comme tout homme, purifiée du péché et réconciliée avec Dieu. C’est pourquoi il ne peut être ici question du « bain » de la purification qui a lieu lors de la conversion du croyant individuel (Jean 13.10 ; Tite 3.5), et encore moins du baptême.
La purification de l’Assemblée décrite ici s’effectue par la parole (en grec, rhéma, « déclaration ») de Dieu qui lui est adressée, dans laquelle les choses célestes qui concernent la gloire de Christ lui sont communiquées. De cette manière, les cœurs des croyants sont détachés des choses terrestres et mondaines qui pourraient les occuper. En même temps, l’influence purificatrice de la parole de Dieu a pour résultat de mettre à la lumière et de juger tout ce qui est en contradiction avec sa nature. C’est ainsi que l’Assemblée, vue comme un tout, est amenée moralement dans une conformité de plus en plus grande avec Christ, son chef (sa tête). Tout ceci s’opère dans le temps présent.
Finalement, Christ se présentera l’assemblée, glorieuse, « sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais afin qu’elle fût sainte et irréprochable ». Ceci aura lieu lorsqu’il la prendra à lui dans la gloire du ciel. L’état pratique de l’assemblée sur la terre est hélas bien éloigné de ce but. À vue humaine, les soins du Seigneur pour sa sanctification et sa purification semblent dans le temps présent porter peu de fruits. Nous devrions en être profondément humiliés.
Mais à la fin, lors de sa venue, il achèvera par sa puissance ce que son amour et sa sollicitude n’ont pas pu accomplir à cause de l’opposition de la chair ! Il « transformera le corps de notre abaissement en la conformité du corps de sa gloire, selon l’opération de ce pouvoir qu’il a de s’assujettir même toutes choses » (Philippiens 3.21).
Non seulement il nous présentera au Père en disant : « Me voici, moi, et les enfants que Dieu m’a donnés » (Hébreux 2.13), mais il se présentera l’Assemblée à lui-même, glorieuse. Après l’enlèvement, nous paraîtrons devant son tribunal, et ensuite, pour sa joie et sa gloire, il verra son Assemblée parfaite devant lui pendant l’éternité. Aux noces de l’Agneau, qui auront lieu peu avant son apparition en gloire, elle sera revêtue « de fin lin, éclatant et pur » et, dans l’état éternel, elle paraîtra « comme une épouse ornée pour son mari » (Apocalypse 19.8 ; 21.2).
Tout ceci provient de son amour parfait pour son Assemblée. Par amour, Christ s’est acquis l’Assemblée à la croix de Golgotha ; par amour, il la sanctifie et la purifie dans le temps présent, et par amour, il se la présentera un jour, glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable.
Nous avons ici déjà une allusion évidente au premier couple. En Genèse 2.22, c’est Dieu qui a présenté à Adam sa femme dans toute sa perfection. Cependant le Seigneur Jésus, qui est à la fois Dieu et « le dernier Adam », se présentera son épouse à lui-même, glorieuse.
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