3. Fondamentaux bibliques (vol.2)
Chap: 3 - La toute-suffisance du Christ - Dans cet article, nous nous proposons de montrer au lecteur soucieux, que tout ce dont il peut avoir besoin est rassemblé pour lui en Christ ; que ce soit pour satisfaire les exigences de sa conscience, les aspirations de son cœur ou les impératifs de son chemin.
Lorsque l'âme a pris conscience de sa condition devant Dieu, de la profondeur de sa ruine, de sa culpabilité et de sa misère, de sa faillite totale et sans espoir ; aucun repos ne peut lui être trouvé tant que le Saint-Esprit ne lui a pas révélé le Christ dans sa plénitude et sa toute-puissance. Seul le remède parfait de Dieu peut nous sauver de notre ruine totale.
L’œuvre du Christ comme seul refuge pour la conscience.
C'est une vérité très simple, mais d'une importance capitale. Et nous pouvons affirmer avec la plus grande certitude que plus le lecteur l'apprendra profondément par lui-même, mieux ce sera. Le véritable secret de la paix, c'est de parvenir au fond de son « moi » coupable, ruiné, impuissant et sans valeur, et d'y trouver un Christ pleinement suffisant, don de Dieu pour combler notre besoin le plus profond. C'est là le véritable repos inaltérable.
Il peut y avoir de la tristesse, de la pression, des conflits, des combats spirituels, le poids des tentations, des hauts et des bas, toutes sortes d'épreuves et de difficultés. Mais nous sommes convaincus que lorsqu'une âme est véritablement amenée par l'Esprit de Dieu à voir la fin d'elle-même, et à trouver le repos en Christ, elle découvre une paix que rien ne peut interrompre.
L'instabilité de tant de croyants vient du fait qu'ils n'ont pas pleinement accueilli le Christ comme le don que Dieu leur a fait. Ce triste résultat peut avoir diverses causes : un esprit légaliste, une conscience maladive, un cœur centré sur soi, un mauvais enseignement, un désir secret pour ce monde, ou encore une certaine réserve face aux exigences de Dieu, du Christ et de l'éternité. Mais quelle qu'en soit la cause, nous croyons que dans presque tous les cas, l'absence de paix intérieure, si fréquente parmi le peuple de Dieu, résulte de l'incapacité à voir et à croire ce que Dieu a fait du Christ pour eux, pour eux et pour toujours.
Dans cet article, nous nous proposons de montrer au lecteur soucieux, à partir des précieuses pages de la Parole de Dieu, que tout ce dont il peut avoir besoin est rassemblé pour lui en Christ ; que ce soit pour satisfaire les exigences de sa conscience, les aspirations de son cœur ou les impératifs de son chemin.
Nous nous efforcerons, par la grâce de Dieu, de montrer que l'œuvre du Christ est le seul véritable refuge pour la conscience ; sa Personne, le seul véritable objet du cœur ; et sa Parole, le seul véritable guide sur le chemin.
Face à ce sujet fondamental, deux points retiennent notre attention : d'abord, ce que le Christ a fait pour nous ; ensuite, ce qu'il fait pour nous. Le premier point concerne l'expiation ; le second, son intercession. Il est mort pour nous sur la croix. Il vit pour nous sur le trône.
Par son précieux sacrifice expiatoire, il a pleinement répondu à notre condition de pécheurs. Il a porté nos péchés et les a effacés à jamais. Il a pris sur lui la responsabilité de tous nos péchés, les péchés de tous ceux qui croient en son nom.
« L'Éternel a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous » (Ésaïe 53.6). Et encore : « Car Christ aussi a souffert une fois pour toutes pour les péchés, lui juste pour des injustes, afin de nous amener à Dieu » (1 Pierre 3.18).
C'est une vérité fondamentale et essentielle pour l'âme angoissée, une vérité qui constitue le fondement même de la foi chrétienne. Aucune âme véritablement éveillée, aucune conscience spirituellement éclairée, ne peut jouir d'une paix divinement établie tant que cette vérité précieuse n'est pas saisie avec une foi simple.
Je dois savoir, par autorité divine, que tous mes péchés sont à jamais effacés du regard de Dieu. Qu'il les a lui-même expiés de manière à satisfaire pleinement les exigences de son trône et à accomplir tous les attributs de sa nature. Qu'il s'est glorifié en effaçant mes péchés d'une manière infiniment plus sublime et merveilleuse, que s'il m'avait condamné à l'enfer éternel à cause d'eux.
Oui, c'est lui-même qui l'a fait. Voilà le cœur même de toute cette affaire. Dieu a fait reposer nos péchés sur Jésus, et il nous le dit dans sa Parole sainte, afin que nous le sachions par son autorité divine, une autorité qui ne peut mentir. Dieu l'a planifié. Dieu l'a fait. Dieu le dit. Tout vient de Dieu, du début à la fin, et nous n'avons qu'à nous y abandonner comme un petit enfant.
Comment puis-je savoir que Jésus a porté mes péchés dans son propre corps sur la croix ? Par cette même autorité qui me révèle que j'avais des péchés à porter. Dieu, dans son amour merveilleux et incomparable, m'assure à moi, pauvre pécheur coupable et digne de l'enfer, qu'il a lui-même pris en charge tous mes péchés. Il les a réglés de telle sorte qu'il en tire une riche moisson de gloire pour son nom éternel, dans tout l'univers, en présence de toute intelligence créée.
La foi vivante en cela ne peut qu'apaiser la conscience. Si Dieu s'est apaisé au sujet de mes péchés, je peux l'être aussi. Je sais que je suis un pécheur, peut-être même le pire des pécheurs. Je sais que mes péchés sont plus nombreux que les cheveux de ma tête, qu'ils sont noirs comme la nuit, noirs comme l'enfer lui-même. Je sais que chacun de ces péchés mérite les flammes éternelles de l'enfer. Je sais, car la Parole de Dieu me le dit, qu'une seule parcelle de péché ne peut jamais pénétrer en sa sainte présence. Par conséquent, en ce qui me concerne, il n'y avait d'autre issue possible que la séparation éternelle d'avec Dieu. Tout cela, je le sais grâce à l'autorité claire et incontestable de cette Parole établie pour toujours dans les cieux.
Mais ô le profond mystère de la croix ! Le glorieux mystère de l'amour rédempteur ! Je vois Dieu lui-même prendre sur lui tous mes péchés, cette liste noire et terrible, tous mes péchés, tels qu'il les connaissait et les mesurait. Je le vois les déposer tous sur la tête de mon bienheureux Substitut et s'en remettre à lui. Je vois tous les flots et les vagues de la juste colère de Dieu, sa colère contre mes péchés, sa colère qui aurait dû me consumer corps et âme en enfer pour une éternité désolante. Je les vois tous s'abattre sur celui qui s'est tenu à ma place, qui m'a représenté devant Dieu, qui a porté tout ce qui m'était dû, et envers qui un Dieu saint a agi comme il se devait.
Je vois la justice inflexible, la sainteté, la vérité et la droiture s'occuper de mes péchés et les effacer définitivement et pour toujours. Aucun n'est épargné ! Il n'y a ni connivence, ni atténuation, ni dissimulation, ni indifférence. Cela était impossible, dès lors que Dieu lui-même prenait les choses en main. Sa gloire était en jeu : sa sainteté immaculée, sa majesté éternelle, les exigences sublimes de son gouvernement.
Tout cela devait être accompli de manière à le glorifier aux yeux des anges, des hommes et des démons. Il aurait pu m'envoyer en enfer à juste titre, légitimement, à cause de mes péchés. Je ne méritais rien d'autre. Tout mon être moral, jusqu'au plus profond de lui-même, le reconnaît et doit le reconnaître. Je n'ai pas un mot à dire pour excuser une seule pensée pécheresse, sans parler d'une vie tout entière entachée de péché du début à la fin ; oui, une vie de péché délibéré, rebelle et arrogant.
D'autres peuvent raisonner à leur guise sur l'injustice supposée d'une éternité de châtiment pour une vie de péché, sur l'absence totale de proportion entre quelques années de méfaits et des siècles de tourments dans l'étang de feu. Ils peuvent raisonner. Mais je crois fermement et je confesse sans réserve, que, pour un seul péché contre un Être tel que le Dieu que je vois à la croix, j'ai amplement mérité le châtiment éternel dans les profondeurs obscures et lugubres de l'enfer.
Je n'écris pas en tant que théologien, si je l'étais, il me serait aisé de fournir une multitude de preuves bibliques irréfutables attestant la vérité solennelle du châtiment éternel. Non, j'écris en tant que personne divinement instruite du véritable châtiment du péché. Et ce châtiment, je le déclare calmement, délibérément et solennellement : il n'est autre que l'exclusion éternelle de la présence de Dieu et de l'Agneau, le tourment éternel dans l'étang de feu et de soufre.
Mais, gloire éternelle au Dieu de toute grâce ! au lieu de nous envoyer en enfer à cause de nos péchés, il a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour ces mêmes péchés. Et dans le déploiement du merveilleux plan de rédemption, nous voyons un Dieu saint s'occuper de la question de nos péchés et les juger en la personne de son Fils bien-aimé, éternel et égal à lui, afin que le flot de son amour puisse se déverser dans nos cœurs.
« Voici en quoi consiste l'amour : ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c'est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés » (1 Jean 4.10).
Voilà qui devrait apaiser la conscience, pourvu qu'on l'accueille dans la simplicité de la foi. Comment croire que Dieu a pardonné nos péchés et ne pas trouver la paix ? Si Dieu nous promet : « Je ne me souviendrai plus de tes péchés ni de tes iniquités » (Hébreux 10.17), que pourrions-nous désirer de plus pour apaiser notre conscience ?
Si Dieu m'assure que tous mes péchés sont effacés comme un épais nuage, qu'ils sont jetés derrière son dos, à jamais hors de sa vue, ne devrais-je pas trouver la paix ? S'il me montre celui qui a porté mes péchés sur la croix, désormais couronné à la droite de la Majesté divine dans les cieux, mon âme ne devrait-elle pas trouver un repos parfait quant à la question de mes péchés ? Assurément.
Comment, je vous le demande, le Christ a-t-il accédé à la place qu'il occupe désormais sur le trône de Dieu ?
Était-ce en tant que Dieu suprême, béni pour l'éternité ? Non, car il l'a toujours été. Était-ce en tant que Fils éternel du Père ? Non, il l'a toujours été dans le sein du Père, objet de la joie éternelle et ineffable du Père. Était-ce en tant qu'homme sans tache, saint, parfait, dont la nature était absolument pure, parfaitement exempte de péché ? Non, car à ce titre et sur ce fondement, il aurait pu, à tout moment entre la crèche et la croix, prétendre à une place à la droite de Dieu.
Comment, alors ? Louange éternelle au Dieu de toute grâce ! C'était en tant que celui qui, par sa mort, avait accompli l'œuvre glorieuse de la rédemption, celui qui avait porté tout le poids de nos péchés, celui qui avait parfaitement satisfait à toutes les exigences justes de ce trône sur lequel il siège désormais. C'est là un point fondamental que le lecteur soucieux doit bien comprendre. Il ne peut manquer de libérer le cœur et d'apaiser la conscience. Comment contempler par la foi l'Homme cloué à la croix, désormais couronné sur le trône, sans trouver la paix avec Dieu ?
Le Seigneur Jésus-Christ, ayant porté nos péchés et le châtiment qui leur était dû, ne pourrait pas être là où il est, si un seul de ces péchés restait impuni. Voir celui qui a porté nos péchés, couronné de gloire, c'est voir nos péchés à jamais effacés de la présence divine.
Où sont nos péchés ? Ils sont tous effacés. Comment le savons-nous ? Celui qui les a tous portés a traversé les cieux jusqu'au sommet de la gloire. La justice éternelle a couronné son front béni d'un diadème de gloire, lui qui a accompli notre rédemption, lui qui a porté nos péchés. Prouvant ainsi, sans l'ombre d'un doute, que nos péchés sont à jamais effacés du regard de Dieu.
Le Christ couronné et une conscience pure sont, dans le bienheureux plan de la grâce, indissociables. Fait merveilleux ! Puissions-nous chanter de toutes nos forces rachetées les louanges de l'amour rédempteur.
Voyons maintenant comment cette vérité si consolante est exposée dans les Saintes Écritures.
Dans Romains 3, nous lisons : « Mais maintenant la justice de Dieu, sans loi, est manifestée, étant attestée par la loi et les prophètes, la justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ, pour tous ceux qui croient. Il n'y a point de distinction, car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par la rédemption qui est en Jésus-Christ. C'est lui que Dieu a offert comme sacrifice d'expiation par la foi en son sang, afin de manifester sa justice, à cause du pardon des péchés commis auparavant, au temps de sa patience, pour manifester sa justice dans le temps présent, de manière à être juste et à justifier celui qui a la foi en Jésus ».
De même, dans Romains 4, en parlant de la foi d'Abraham qui lui fut imputée à justice, l'apôtre ajoute : « Or, ce n'est pas pour lui seul qu'il est écrit que cela lui fut imputé, mais aussi pour nous, à qui cela sera imputé, si nous croyons en celui qui a ressuscité d'entre les morts Jésus notre Seigneur, lequel a été livré pour nos offenses et est ressuscité pour notre justification ».
Dieu nous est ici présenté comme celui qui a ressuscité d'entre les morts celui qui a porté nos péchés. Pourquoi l'a-t-il fait ? Parce que celui qui a été livré pour nos offenses l'a parfaitement glorifié en ce qui concerne ces offenses et les a effacées à jamais. Dieu n'a pas seulement envoyé son Fils unique dans le monde, il l'a brisé pour nos iniquités et l'a ressuscité, afin que nous sachions et croyions que toutes nos iniquités sont expiées de manière à le glorifier infiniment et éternellement. Hommage éternel et universel à son nom !
Mais nous avons d'autres témoignages sur cette grande vérité fondamentale. Dans Hébreux 1, nous lisons des paroles aussi saisissantes que celles-ci : « Dieu, qui autrefois, à plusieurs reprises et de diverses manières, a parlé à nos pères par les prophètes, nous a parlé en ces derniers jours par son Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, par qui aussi il a créé les mondes ; qui est le reflet de sa gloire et l'empreinte de sa personne, et qui soutient toutes choses par sa parole puissante. Après avoir accompli la purification des péchés, il s'est assis à la droite de la Majesté divine dans les lieux très hauts ».
Notre Seigneur Christ, béni soit son nom, n'a pas voulu s'asseoir sur le trône de Dieu avant d'avoir, par son sacrifice sur la croix, purifié nos péchés. Ainsi, le Christ ressuscité et assis à la droite de Dieu est la preuve glorieuse et irréfutable que tous nos péchés sont effacés ; car il ne pourrait pas être là où il est maintenant si un seul de ces péchés subsistait.
Dieu a ressuscité celui-là même sur qui il avait fait peser tout le poids de nos péchés. Tout est donc réglé, divinement, éternellement réglé. Il est aussi impossible de trouver un seul péché chez le plus faible des croyants en Jésus que chez Jésus lui-même. C'est une chose extraordinaire à affirmer. Mais c'est la vérité inébranlable de Dieu, établie à maintes reprises dans les Saintes Écritures. Et l'âme qui y croit trouvera une paix que le monde ne peut ni donner ni enlever.
Jusqu'ici, nous nous sommes intéressés à l'aspect de l'œuvre du Christ qui concerne la question du pardon des péchés. Nous espérons sincèrement que le lecteur a bien compris et assimilé ce point essentiel. C'est assurément son heureux privilège d'en être ainsi, pourvu qu'il prenne Dieu au mot : « Christ a souffert une fois pour toutes pour les péchés, lui le juste pour les injustes, afin de nous amener à Dieu » (1 Pierre 3.18).
Si le Christ a souffert pour nos péchés, ne devrions-nous pas connaître la profonde bénédiction d'être éternellement délivrés du fardeau de ces péchés ?
Est-il possible, selon la volonté et le cœur de Dieu, que celui pour qui le Christ a souffert demeure perpétuellement enchaîné par ses péchés ; criant semaine après semaine, mois après mois, année après année, que le fardeau de ses péchés est insupportable ? Si de telles affirmations sont vraies et justes pour le chrétien, alors qu'a fait le Christ pour nous ? Est-il possible que le Christ ait effacé nos péchés et que pourtant nous soyons encore enchaînés par eux ? Est-il vrai qu'il a porté le lourd fardeau de nos péchés et que pourtant nous soyons encore écrasés sous leur poids insupportable ?
Certains voudraient nous persuader qu'il est impossible de savoir si nos péchés sont pardonnés, que nous devons passer le reste de notre vie dans l'incertitude la plus totale quant à cette question si essentielle. Si tel est le cas, qu'est devenu le précieux Évangile de la grâce de Dieu, la bonne nouvelle du salut ?
Face à un enseignement aussi déplorable, que signifient ces paroles inspirantes du bienheureux apôtre Paul, dans la synagogue d'Antioche ? « Sachez donc, hommes frères, que c'est par lui que le pardon des péchés vous est annoncé, et que quiconque croit est justifié par lui de toutes les choses dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse » (Actes 13.38-39).
Si nous nous appuyions sur la loi de Moïse, sur le respect des commandements, sur l'accomplissement de notre devoir, sur nos sentiments justes, sur l'estime que nous portons au Christ et l'amour que nous portons à Dieu, la logique voudrait que nous soyons plongés dans le doute et une profonde incertitude, puisqu'aucun fondement d'assurance ne nous serait possible. Si notre participation à cette affaire comptait, ne serait-ce que le moindre battement de cil, alors il serait assurément d'une présomption extrême de notre part de prétendre à la certitude.
Mais d'un autre côté, lorsque nous entendons la voix du Dieu vivant, qui ne peut mentir, proclamer à nos oreilles la bonne nouvelle que par son Fils bien-aimé, mort sur la croix, enseveli dans le tombeau, ressuscité et assis dans la gloire ; que par lui seul, sans rien de notre part, par son unique offrande de lui-même une fois pour toutes ; la rémission pleine et éternelle des péchés est prêchée comme une réalité présente, accessible dès maintenant à toute âme qui croit simplement au précieux témoignage de Dieu : comment est-il possible de continuer à douter et à vivre dans l'incertitude ?
L'œuvre du Christ est-elle accomplie ? Il l'a dit. Qu'a-t-il fait ? Il a effacé nos péchés. Sont-ils alors effacés, ou sont-ils encore sur nous ? Lecteur, dis-moi : où sont donc tes péchés ? Sont-ils effacés comme un épais nuage ? Ou pèsent-ils encore comme un lourd fardeau de culpabilité, accablant ta conscience ?
S'ils n'ont pas été effacés par la mort expiatoire du Christ, ils ne le seront jamais. S'il ne les a pas portés sur la croix, tu devras les porter dans les flammes tourmentantes de l'enfer pour l'éternité. Oui, sois-en certain : il n'y a pas d'autre moyen de régler cette question si lourde et si capitale. Si le Christ n'a pas réglé la question sur la croix, tu devras la régler en enfer. Il en sera ainsi, si la Parole de Dieu est vraie.
Mais gloire à Dieu ! Son propre témoignage nous assure que le Christ a souffert une fois pour toutes pour nos péchés, lui le juste pour les injustes, afin de nous ramener à Dieu. Non seulement au ciel après notre mort, mais dès maintenant. Comment nous y conduit-il ? Enchaînés par nos péchés ? Accablés par le fardeau insupportable de la culpabilité ? Non, assurément ! Il nous ramène à Dieu sans tache, sans souillure, sans reproche. Il nous ramène à Dieu dans toute sa plénitude.
Porte-t-il encore la moindre culpabilité ? Non. Il en portait une lorsqu'il a pris notre place. Mais elle a disparu à jamais, comme du plomb jeté dans les eaux insondables de l'oubli divin. Il a porté nos péchés sur la croix. Dieu a fait retomber sur lui toutes nos iniquités et l'a jugé. La question de nos péchés, selon le jugement de Dieu, a été pleinement examinée et définitivement tranchée ; divinement réglée entre Dieu et le Christ dans l'ombre redoutable du Calvaire. Oui, tout a été accompli, une fois pour toutes.
Comment le savons-nous ? Par l'autorité du seul vrai Dieu. Sa Parole nous assure que nous avons la rédemption par le sang du Christ, le pardon des péchés, selon la richesse de sa grâce. Il nous déclare, avec une miséricorde infinie, qu'il ne se souviendra plus de nos péchés ni de nos iniquités.
N'est-ce pas suffisant ? Allons-nous encore crier que nous sommes enchaînés par nos péchés ? Allons-nous ainsi jeter l'opprobre sur l'œuvre parfaite du Christ ? Allons-nous ainsi ternir l'éclat de la grâce divine et contredire le témoignage du Saint-Esprit dans l'Écriture de vérité ? Loin de là ! Il ne doit pas en être ainsi. Accueillons plutôt avec reconnaissance le bienfait béni qui nous est si librement accordé par l'amour divin, par le précieux sang du Christ.
C'est la joie du cœur de Dieu de nous pardonner nos péchés. Oui, Dieu se plaît à pardonner l'iniquité et la transgression. Il se réjouit et se glorifie de répandre dans le cœur brisé et contrit le précieux baume de son amour et de sa miséricorde. Il n'a pas épargné son propre Fils, mais l'a livré et l'a meurtri sur la croix maudite, afin de pouvoir, dans sa parfaite justice, laisser jaillir de son grand cœur aimant les flots abondants de sa grâce vers le pauvre pécheur coupable, perdu et rongé par la culpabilité.
Mais si le lecteur souhaite encore s'assurer que cette grâce, fruit de l'œuvre expiatoire du Christ, lui est bien applicable, qu'il écoute ces paroles magnifiques prononcées par le Sauveur ressuscité lorsqu'il chargea les premiers messagers de sa grâce :
« Il leur dit : Ainsi est-il écrit, et il était nécessaire que le Christ souffre et ressuscite des morts le troisième jour, et que la repentance et le pardon des péchés soient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem » (Luc 24.46-47).
Voici la mission grandiose et glorieuse : son fondement, son autorité, son champ d'application. Le Christ a souffert. Voilà le fondement de la rémission des péchés. Sans effusion de sang, point de rémission. Mais par l'effusion de sang, et par elle seule, il y a rémission des péchés, une rémission aussi pleine et entière que le précieux sang du Christ est apte à l'accomplir.
Mais où est l'autorité ? « Il est écrit ! » Bénie soit cette autorité incontestable ! Rien ne peut l'ébranler. Je sais, par la solide autorité de la Parole de Dieu, que tous mes péchés sont pardonnés, effacés, disparus à jamais, cachés derrière le dos de Dieu ; de sorte qu'ils ne pourront jamais, en aucune circonstance, se dresser contre moi.
Enfin, concernant le champ d'application, il englobe « toutes les nations ». Cela m'inclut, sans aucun doute. Il n'y a aucune exception, aucune condition, aucune restriction. La bonne nouvelle devait être portée, par l'amour, à toutes les nations, au monde entier, à chaque créature sous le ciel. Comment pourrais-je m'exclure de cette mission universelle ?
Me demanderais-je un seul instant si les rayons du soleil de Dieu me sont destinés ? Certainement pas. Et pourquoi douterais-je de ce fait précieux que la rémission des péchés m'est offerte ? Pas un seul instant. Elle l'est pour moi aussi sûrement que si j'étais le seul pécheur sous la voûte céleste. L'universalité de son envergure exclut tout doute quant à son application personnelle.
Et assurément, si un encouragement supplémentaire était nécessaire, il se trouve dans le fait que les ambassadeurs bénis devaient « commencer par Jérusalem », le lieu le plus coupable de toute la terre. Ils devaient offrir le pardon en premier lieu aux meurtriers mêmes du Fils de Dieu. C'est ce que fait l'apôtre Pierre dans ces paroles d'une grâce merveilleuse et transcendante : « C'est à vous d'abord que Dieu, après avoir ressuscité son Fils, l'a envoyé pour vous bénir, en détournant chacun de vous de ses iniquités » (Actes 3.26).
Il est impossible de concevoir quelque chose de plus riche, de plus parfait, de plus magnifique. La grâce qui a pu atteindre les meurtriers du Fils de Dieu peut atteindre n'importe qui. Le sang qui a pu purifier la culpabilité d'un tel crime peut purifier le plus vil pécheur, même aux portes de l'enfer.
Cher lecteur, pouvez-vous encore hésiter quant au pardon de vos péchés ? Le Christ a souffert pour nos péchés. Dieu proclame la rémission des péchés. Il l'affirme par sa propre parole : « Tous les prophètes rendent témoignage de lui, que quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon des péchés ! »
Que vous faut-il de plus ? Comment pouvez-vous encore douter ou hésiter ? Qu'attendez-vous ? Vous avez l'œuvre accomplie par le Christ et la parole fidèle de Dieu. Ces choses devraient assurément apaiser votre cœur et votre esprit. Permettez-nous donc de vous supplier d'accepter la rémission pleine et éternelle de tous vos péchés. Accueillez dans votre cœur la douce nouvelle de l'amour et de la miséricorde divins, et poursuivez votre chemin dans la joie.
Écoutez la voix du Sauveur ressuscité, qui parle du trône de la majesté céleste et vous assure que tous vos péchés sont pardonnés. Que ces paroles apaisantes, venant de Dieu lui-même, répandent leur puissance libératrice sur votre esprit troublé : « Je ne me souviendrai plus de tes péchés et de tes iniquités » (Hébreux 10.17).
Si Dieu me parle ainsi, s'il m'assure qu'il ne se souviendra plus de mes péchés, ne devrais-je pas être pleinement et à jamais satisfait ? Pourquoi continuer à douter et à raisonner quand Dieu a parlé ? Qu'est-ce qui peut donner la certitude, sinon la Parole de Dieu, vivante et éternelle ? Elle est le seul fondement de la certitude, et aucune puissance terrestre ou infernale, humaine ou diabolique, ne peut l'ébranler.
L'œuvre accomplie du Christ et la parole fidèle de Dieu sont le fondement et l'autorité du pardon total des péchés.
Mais, béni soit à jamais le Dieu de toute grâce, ce n'est pas seulement la rémission des péchés qui nous est offerte par la mort expiatoire du Christ. Cela, en soi, serait déjà une grâce et une bénédiction suprêmes. Et comme nous l'avons vu, nous en jouissons selon la grandeur du cœur de Dieu, et selon la valeur et l'efficacité de la mort du Christ telles que Dieu les évalue. Mais outre la rémission pleine et parfaite des péchés, nous avons aussi la…
Délivrance totale du pouvoir actuel du péché.
C'est là un point fondamental pour tout véritable amoureux de la sainteté. Selon le glorieux plan de la grâce, l'œuvre même qui assure la rémission complète des péchés a aussi brisé à jamais le pouvoir du péché. Ce ne sont pas seulement les péchés commis au cours de la vie qui sont effacés, c'est le péché originel lui-même qui est condamné. Le croyant a le privilège de se considérer comme mort au péché. Il peut chanter, le cœur joyeux :
« Seigneur Jésus, tu es mort pour moi, et je suis mort en toi ; tu es ressuscité, mes chaînes sont brisées, et maintenant tu vis en moi. Le visage rayonnant de grâce du Père brille maintenant sur moi ! »
Voilà la respiration véritable du chrétien : « J'ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi… » (Galates 2.20). Voilà le christianisme. Le vieux « moi » est crucifié, et le Christ vit en moi. Le chrétien est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont révolues. La mort du Christ a mis un terme définitif à l'histoire du vieux « moi ». Par conséquent, bien que le péché demeure dans le croyant, son pouvoir est brisé et anéanti à jamais. Non seulement sa culpabilité est effacée, mais son terrible pouvoir est complètement renversé.
C'est là la glorieuse doctrine des chapitres 6 à 8 de l'épître aux Romains. L'étudiant attentif de cette magnifique épître remarquera que, de Romains 3.21 à Romains 5.11, l'œuvre du Christ est appliquée à la question « des péchés ». Puis, du chapitre 5.12 à la fin du chapitre 8, un autre aspect de cette œuvre est abordé : son application à la question « du péché » ; « notre vieil homme », « le corps du péché », « le péché dans la chair ».
Il n'existe pas dans l'Écriture le pardon « du péché ». Dieu a condamné le péché, il ne l'a pas pardonné. C'est une distinction d'une importance capitale. Dieu a manifesté son aversion éternelle pour le péché dans la croix du Christ. Il a exprimé et exécuté son jugement sur le péché. Et maintenant, le croyant peut se voir lié et identifié à celui qui est mort sur la croix et qui est ressuscité. Il est passé de la sphère de domination du péché à cette sphère nouvelle et bénie où règne la grâce par la justice.
« Rendons grâces à Dieu, dit l'apôtre, car vous étiez autrefois esclaves du péché, mais vous avez obéi de tout cœur à la doctrine qui vous a été transmise. Libérés du péché, vous êtes devenus esclaves de la justice. Je parle à la manière des hommes, à cause de la faiblesse de votre nature humaine. Comme vous avez livré vos membres à l'impureté et à l'iniquité, livrez-les maintenant à la justice, à la sainteté. Lorsque vous étiez esclaves du péché, vous étiez libres de la justice.
Quel fruit portiez-vous alors dans ces choses dont vous avez maintenant honte ? Car la fin de ces choses, c'est la mort. Mais maintenant, libérés du péché et devenus serviteurs de Dieu, pour avoir du fruit, la sainteté, et pour fin la vie éternelle » (Romains 6.17-22).
Voilà le précieux secret d'une vie sainte. Nous sommes morts au péché ; vivants pour Dieu. Le règne du péché est terminé. Quel rapport le péché a-t-il avec un mort ? Aucun. Or, le croyant est mort avec le Christ ; il a été enseveli avec le Christ ; il est ressuscité avec le Christ, pour marcher dans une vie nouvelle. Il vit sous le précieux règne de la grâce et porte le fruit de la sainteté.
Celui qui invoque l'abondance de la grâce divine pour vivre dans le péché renie le fondement même du christianisme. « Comment pourrions-nous, nous qui sommes morts au péché, continuer à y vivre ? » (Romains 6.2). Impossible. Ce serait renier toute la foi chrétienne. Imaginer le chrétien comme quelqu'un qui, jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, année après année, pèche et se repent, pèche et se repent, c'est dégrader le christianisme et falsifier toute sa position.
Affirmer qu'un chrétien doit continuer à pécher parce qu'il porte encore la nature charnelle, c'est ignorer la mort du Christ dans l'un de ses aspects les plus importants, et contredire tout l'enseignement des apôtres dans Romains 6 à 8.
Dieu merci, le croyant n'a aucune obligation de pécher : « Mes petits-enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez point » (1 Jean 2.1). Nous n'avons pas à nous justifier d'une seule pensée pécheresse. C'est un privilège précieux de marcher dans la lumière, comme Dieu est dans la lumière. Et assurément, lorsque nous marchons dans la lumière, nous ne péchons pas.
Hélas, nous nous éloignons de la lumière et nous péchons. Mais l'idéal normal, véritable et divin d'un chrétien est de marcher dans la lumière et de ne pas pécher. Une pensée pécheresse est étrangère à la véritable essence du christianisme. Le péché est en nous et y restera tant que nous serons dans ce corps. Mais si nous marchons selon l'Esprit, le péché présent dans notre nature ne se manifestera pas dans notre vie. Dire que nous n'avons pas besoin de pécher, c'est énoncer un privilège chrétien. Affirmer que nous ne pouvons pas pécher est une tromperie et une illusion.
De tout ce qui précède, nous apprenons que le fruit suprême de l'œuvre du Christ est de nous conférer une position divinement parfaite devant Dieu : « Il a rendu parfaits pour toujours ceux qui sont sanctifiés » (Hébreux 10.14).
Il nous a introduits dans la Présence divine, dans toute sa parfaite acceptation, dans la pleine gloire et la vertu de son nom, de sa personne et de son œuvre ; de sorte que, comme le déclare l'apôtre Jean : « Tel qu'il est, tels nous sommes aussi dans ce monde » (1 Jean 4.17).
Telle est la place inébranlable de l'agneau le plus faible au sein du troupeau racheté par le sang du Christ. Il ne saurait en être autrement. C'est cela ou la damnation éternelle. Il n'y a pas l'épaisseur d'un cheveu entre cette perfection absolue devant Dieu et un état de culpabilité et de ruine. Nous sommes soit prisonniers de nos péchés, soit unis au Christ ressuscité. Il n'y a pas de juste milieu. Soit, nous sommes couverts de culpabilité, soit pleinement accomplis en Christ.
Or, le croyant est déclaré, par la voix autoritaire du Saint-Esprit dans l'Écriture : « complet en Christ », « parfait quant à sa conscience », « parfait pour toujours », « pur à tous égards », « accepté dans le Bien-aimé », « devenu justice de Dieu en Jésus-Christ ». Et tout cela grâce au sacrifice de la croix. Ce précieux sacrifice expiatoire du Christ constitue le fondement solide et inébranlable de la foi chrétienne : « Après avoir offert un seul sacrifice pour les péchés, cet homme s'est assis pour toujours à la droite de Dieu » (Hébreux 10.12).
Le Christ assis à la droite de Dieu est la preuve glorieuse et la définition parfaite de la place du croyant en présence de Dieu. Notre Seigneur Christ, ayant glorifié Dieu concernant nos péchés et porté son jugement sur notre condition de pécheurs, nous a conduits, par une communion vivante avec lui, vers un lieu non seulement de pardon, d'acceptation et de paix, mais aussi de délivrance complète de l'emprise du péché. Un lieu de victoire assurée sur tout ce qui peut s'opposer à nous ; qu'il s'agisse du péché qui demeure en nous, de la crainte de Satan, de la loi ou de ce monde mauvais.
Telle est, nous le répétons, la position absolument établie du croyant, si l'on en croit les Saintes Écritures. Et nous exhortons instamment le lecteur chrétien à ne se contenter de rien de moins. Qu'il ne se laisse plus aller aux enseignements confus des confessions de foi et des rites liturgiques qui ne font que replonger l'âme dans les ténèbres.
Nous appelons solennellement tout le peuple du Seigneur, au sein des différentes branches de l'Église, à examiner sa position et à déterminer dans quelle mesure il comprend et vit la véritable foi chrétienne, telle qu'elle est exposée dans les nombreux passages des Écritures que nous avons cités, et dont on pourrait aisément multiplier les exemples.
Qu'il compare avec diligence et fidélité les enseignements de la chrétienté à la Parole de Dieu, et qu'il en observe la concordance. Il constatera alors combien le christianisme, tel qu'il est pratiqué aujourd'hui, contraste avec les enseignements vivants du Nouveau Testament. Et par conséquent, combien d'âmes sont privées des précieux privilèges qui leur reviennent en tant que chrétiens, et maintenues dans la distance morale qui caractérisait l'économie mosaïque.
Tout cela est fort déplorable. Cela attriste le Saint-Esprit, blesse le cœur du Christ, déshonore la grâce de Dieu et contredit les affirmations les plus claires des Saintes Écritures. Nous sommes profondément convaincus que la situation de milliers d'âmes précieuses en ce moment même est déchirante. Et tout cela est, en grande partie, imputable aux enseignements, aux confessions de foi et aux formules de la chrétienté.
Où trouvera-t-on, parmi les fidèles ordinaires, une personne jouissant d'une conscience parfaitement purifiée, jouissant de la paix avec Dieu et de l'Esprit d'adoption ? N'est-il pas vrai que l'on enseigne publiquement et systématiquement qu'il est d'une prétention extrême de prétendre que tous ses péchés sont pardonnés, qu'on a la vie éternelle, qu'on est justifié de tout, qu'on est agréé dans le Bien-aimé, qu'on est scellé du Saint-Esprit, qu'on ne peut être perdu car on est réellement uni au Christ par l'Esprit qui habite en soi ?
Tous ces privilèges chrétiens ne sont-ils pas, dans les faits, niés et ignorés au sein de la chrétienté ? N'enseigne-t-on pas aux gens qu'il est dangereux d'être trop confiant, qu'il est moralement plus sûr de vivre dans le doute et la crainte, et que le plus grand espoir que nous puissions avoir après la mort est celui d'aller au ciel ?
Où les âmes sont-elles enseignées sur les vérités glorieuses liées à la nouvelle création ? Où sont-elles enracinées et fondées dans la connaissance de leur position auprès d'un Chef ressuscité et glorifié dans les cieux ? Où sont-elles conduites à jouir des biens que Dieu donne gratuitement à son peuple bien-aimé ?
Hélas, nous sommes affligés de penser à la seule véritable réponse que l'on puisse apporter à de telles questions. Le troupeau du Christ est dispersé sur les montagnes obscures et les landes désolées. Les âmes du peuple de Dieu demeurent dans la pénombre qui caractérisait le système juif.
Elles ignorent le sens du voile déchiré, de la proximité avec Dieu, de l'acceptation consciente dans l'Élu. La table même du Seigneur est voilée par les brumes sombres et glaciales de la superstition, et entourée des barrières repoussantes d'un légalisme obscur et oppressant.
La rédemption accomplie, la rémission complète des péchés, la justification parfaite devant Dieu, l'acceptation en un Christ ressuscité, l'Esprit d'adoption, l'espérance lumineuse et bienheureuse de la venue de l'Époux ; toutes ces réalités grandioses et glorieuses, ces privilèges inscrits dans la charte de l'Église de Dieu, sont pratiquement mises de côté par les enseignements et l'appareil religieux de la chrétienté.
Certains diront peut-être que nous avons dressé un tableau trop sombre. Nous ne pouvons que répondre en toute sincérité, si seulement c'était le cas ! Nous craignons que ce tableau ne soit que trop fidèle à la réalité. Oui, la réalité est bien plus effroyable encore. Nous sommes profondément et douloureusement frappés par le fait que la situation, non seulement de l'Église professante, mais aussi de milliers de véritables brebis du troupeau du Christ ; est telle que, si nous la regardions comme Dieu la voit, cela nous briserait le cœur.
Cependant, nous devons poursuivre notre étude et, ce faisant, proposer le meilleur remède possible à la situation déplorable de tant de fidèles du Seigneur. Nous avons longuement médité sur l'œuvre précieuse que notre Seigneur Jésus-Christ a accomplie pour nous, en effaçant tous nos péchés et en condamnant le péché ; nous assurant ainsi une rémission parfaite des premiers et une délivrance totale du second qui régnait en maître.
Le chrétien est non seulement pardonné, mais aussi délivré du pouvoir du péché dans ses membres. Le Christ est mort pour lui, et il est mort en Christ. C'est pourquoi il est libre, ressuscité des morts et vivant pour Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur. Il est une nouvelle créature. Il est passé de la mort à la vie. La mort et le jugement sont derrière lui, et seule la gloire l'attend. Il possède un titre sans tache et un avenir radieux. Si tout cela est vrai pour chaque enfant de Dieu, et l'Écriture le confirme, que désirons-nous de plus ? Rien quant à notre titre. Rien quant à notre statut. Rien quant à notre espérance. Pour tout cela, nous possédons la perfection divine absolue.
Mais notre condition n'est pas parfaite, notre cheminement non plus. Nous sommes encore dans ce corps, entourés de multiples faiblesses, exposés à de multiples tentations, susceptibles de trébucher, de tomber et de nous égarer.
Nous sommes incapables par nous-mêmes de concevoir une pensée juste, ni de nous maintenir un seul instant dans la position bénie où la grâce nous a placés. Certes, nous avons la vie éternelle et nous sommes unis au Chef vivant dans le ciel par le Saint-Esprit envoyé sur terre, ce qui nous assure une sécurité éternelle. Rien ne peut jamais atteindre notre vie, car elle est « cachée avec le Christ en Dieu ».
Mais bien que rien ne puisse toucher notre vie ni nuire à notre position, l'imperfection de notre état et de notre chemin, fait que notre communion risque d'être interrompue. Et c'est pourquoi nous avons besoin de soutien.
L'œuvre actuelle du Christ pour nous.
Jésus demeure à la droite de Dieu pour nous. Son intervention active en notre faveur ne cesse jamais. Il a traversé les cieux en vertu de son sacrifice expiatoire, et là, il poursuit sans cesse son plaidoyer parfait en notre faveur auprès de notre Dieu. Il est là comme notre justice permanente, pour nous maintenir à jamais dans l'intégrité divine de la position et de la relation que sa mort expiatoire nous a acquises.
Ainsi, nous lisons dans Romains 5.10 : « Si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie ».
De même, dans Hébreux 4.14 -16 : « Puisque nous avons un grand prêtre souverain qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, demeurons fermes dans la confession de foi. Car nous n'avons pas un grand prêtre qui ne puisse compatir à nos faiblesses ; au contraire, il a été tenté en toutes choses, de la même manière, sans commettre de péché. Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d'obtenir miséricorde et de trouver grâce pour être secourus dans nos besoins ».
Et dans Hébreux 7.25 : « Mais lui, parce qu'il demeure éternellement, possède un sacerdoce immuable. C'est pourquoi il peut aussi sauver parfaitement ceux qui s'approchent de Dieu par lui, puisqu'il vit éternellement pour intercéder en leur faveur ».
Et dans Hébreux 9.24 : « Car Christ n'est pas entré dans un sanctuaire fait de main d'homme, simple image du véritable, mais dans le ciel même, afin de paraître maintenant pour nous devant la face de Dieu ».
Puis, dans la première épître de Jean, nous retrouvons ce même sujet important, présenté sous un angle quelque peu différent : « Mes petits-enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez point. Et si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste ; il est la propitiation pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier ».
Combien tout cela est précieux pour le chrétien sincère ; toujours profondément et douloureusement conscient de sa faiblesse, de son besoin, de ses infirmités et de ses échecs !
Comment est-il possible, pouvons-nous légitimement nous demander, de lire les passages que nous venons de citer, sans même parler de ce que nous savons de nous-mêmes, du sentiment de notre condition et de notre vie imparfaite, et de remettre en question le besoin qu'a le chrétien du ministère incessant du Christ en sa faveur ?
N'est-il pas étonnant que quiconque, lecteur de l'épître aux Hébreux et observateur de la vie du croyant le plus avancé, puisse nier que le sacerdoce et l'intercession du Christ s'appliquent aux chrétiens d'aujourd'hui ? Pour qui, demandons-nous, le Christ vit-il et agit-il maintenant à la droite de Dieu ? Est-ce pour le monde ? Certainement pas, car il dit dans Jean 17.9 : « Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés, car ils sont à toi ».
Et qui sont-ils ? Le reste d'Israël ? Non, ce reste n'est pas encore apparu. Qui sont-ils donc ? Les croyants, les enfants de Dieu, les chrétiens, qui traversent maintenant ce monde pécheur, susceptibles de faillir et de se souiller à chaque instant. Ce sont eux qui bénéficient du ministère sacerdotal du Christ. Il est mort pour les purifier. Il vit pour les garder purs. Par sa mort, il a expié notre culpabilité. Par sa vie, il nous purifie, par l'action de la Parole et la puissance du Saint-Esprit.
« C'est lui qui est venu par l'eau et par le sang ; non par l'eau seulement, mais par l'eau et par le sang » (1 Jean 5.6). Nous avons l'expiation et la purification par un Sauveur crucifié. Le double flot jaillissait du côté transpercé du Christ, mort pour nous. Gloire à son nom !
Nous possédons tout grâce au précieux sacrifice du Christ. Notre culpabilité est-elle en cause ? Elle est effacée par le sang de l'expiation. Nos manquements quotidiens sont-ils en cause ? Nous avons un Avocat auprès du Père, un grand Prêtre auprès de Dieu.
« Si quelqu'un pèche… » il n'est pas dit : « si quelqu'un se repent… ». Certes, le repentir et l'examen de conscience existent et doivent exister. Mais comment se produisent-ils ? D'où viennent-ils ? Voici la réponse : « Nous avons un avocat auprès du Père ».
C'est son intercession toute-puissante qui procure au croyant défaillant la grâce du repentir, de l'examen de conscience et de la confession. Il est de la plus haute importance pour le lecteur chrétien de bien comprendre cette grande vérité fondamentale du plaidoyer et du sacerdoce du Christ. Nous pensons parfois, à tort, que lorsque nous manquons à notre devoir, c'est à nous de faire quelque chose pour rétablir la situation entre nos âmes et Dieu. Nous oublions qu'avant même que nous ayons conscience de notre manquement, avant même que notre conscience n'en prenne pleinement la mesure, notre bienheureux Avocat a déjà intercédé auprès du Père. Et c'est à son intercession que nous devons la grâce du repentir, de la confession et du rétablissement.
« Si quelqu'un a péché, nous avons… », quoi ? Le sang du Christ auquel recourir à nouveau ? Non. Lisez attentivement ce que déclare le Saint-Esprit : « Nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste ». Pourquoi dit-il « le juste » ? Pourquoi pas « le miséricordieux », « le compatissant » ? N'est-il pas tout cela ? Assurément.
Mais aucun de ces attributs n'est mis en avant ici. Car le bienheureux apôtre nous présente cette vérité consolante : malgré toutes nos erreurs, nos péchés et nos échecs, nous avons toujours un représentant « juste » auprès du Dieu juste, le Père saint, afin que nos affaires ne puissent jamais échouer.
« Il vit éternellement pour intercéder en notre faveur » (Hébreux 7.25). Et parce qu'il vit éternellement, « il est capable de sauver parfaitement » ; jusqu'à la fin, « ceux qui s'approchent de Dieu par lui ».
Quel réconfort profond pour le peuple de Dieu ! Et combien il est essentiel pour nos âmes d'être affermies dans cette connaissance et cette compréhension.
Certains ont une perception imparfaite de la véritable condition chrétienne parce qu'ils ne voient pas ce que le Christ a fait pour eux dans le passé. D'autres, au contraire, ont une vision tellement unilatérale de cette condition qu'ils ne perçoivent pas notre besoin de ce que le Christ fait pour nous maintenant. Les uns comme les autres doivent être corrigés. Les premiers ignorent la portée et la valeur de l'expiation. Les seconds ignorent le rôle et l'application de l'Avocat.
Notre position est si parfaite que l'apôtre peut dire : « Tel qu'il est, tels nous sommes aussi dans ce monde » (1 Jean 4.17). Si cela suffisait, nous n'aurions certainement besoin ni du sacerdoce ni de l'Avocat. Mais notre condition est telle que l'apôtre doit ajouter : « Si quelqu'un pèche… » Cela prouve notre besoin constant de l'Avocat.
Loué soit Dieu, nous l'avons continuellement. Il vit éternellement pour nous. Il vit et œuvre dans les cieux. Il est notre justice permanente devant Dieu. Il vit pour nous garder toujours justes au ciel et pour nous remettre sur le droit chemin lorsque nous nous égarons sur terre. Il est le lien divin et indissoluble entre nos âmes et Dieu.
Après avoir, dans les trois parties précédentes, cherché à dévoiler les grandes vérités fondamentales liées à l'œuvre du Christ pour nous, son œuvre passée et son œuvre présente, son expiation et son intercession ; nous allons maintenant, avec la grâce du Saint-Esprit, présenter au lecteur quelques enseignements des Écritures sur le second volet de notre sujet :
Le Christ comme objet du cœur.
C'est une grâce infinie que de pouvoir dire : « J'ai trouvé ce qui comble parfaitement mon cœur : j'ai trouvé le Christ ! » C'est cela qui nous élève véritablement au-dessus du monde. Cela nous rend totalement indépendants des ressources auxquelles le cœur non converti a toujours recours. Cela procure un repos profond. Cela confère à l'esprit une sérénité et une quiétude que le monde ne peut comprendre.
Le pauvre esclave du monde peut penser que la vie du vrai chrétien est bien lente, ennuyeuse et fade. Il peut s'étonner qu'un tel homme puisse se passer de ce qu'il appelle divertissement, loisirs et plaisir ; ni théâtres, ni bals, ni fêtes, ni concerts, ni jeux, ni chasses, ni courses, ni clubs, ni soirées mondaines, ni compétitions sportives.
Priver l'homme non converti de telles choses le plongerait presque dans le désespoir ou la folie. Mais le chrétien ne désire pas ces choses, il les rejette. Elles lui seraient d'une lassitude absolue. Nous parlons bien sûr du véritable chrétien, de celui qui n'est pas chrétien de nom seulement, mais en réalité.
Hélas, nombreux sont ceux qui se disent chrétiens et qui s'érigent même en figures d'autorité, alors qu'ils se retrouvent mêlés à toutes les vaines et frivoles occupations de ce monde. On les voit à la communion le dimanche et au théâtre ou à un concert le lundi. On les trouve engagés dans une œuvre chrétienne ou une autre le dimanche, puis durant la semaine on les croise dans les salles de bal, à l'hippodrome ou dans quelque autre lieu de vanité et de débauche.
Il est évident que de telles personnes ignorent tout du Christ comme objet de leur cœur. En effet, il est fort difficile de comprendre comment quiconque, porteur d'une étincelle de vie divine, puisse trouver du plaisir dans les vaines activités d'un monde impie.
Le chrétien sincère et authentique se détourne de telles choses, instinctivement. Et ce, non seulement en raison de leur caractère foncièrement mauvais et pervers, bien qu'il les perçoive assurément comme telles, mais aussi parce qu'il n'y trouve aucun goût et qu'il a découvert quelque chose d'infiniment supérieur, quelque chose qui comble parfaitement tous les désirs de la nature nouvelle. Pourrait-on imaginer un ange du ciel prenant plaisir à un bal, au théâtre ou à un hippodrome ? Cette simple pensée est absurde. De telles scènes sont totalement étrangères à un être céleste.
Qu'est-ce qu'un chrétien ? C'est un homme céleste, participant à la nature divine. Mort au monde, mort au péché, il est vivant pour Dieu. Il n'a aucun lien avec le monde. Il appartient au ciel. Il n'est pas plus du monde que le Christ, son Seigneur.
Le Christ aurait-il pu participer aux divertissements, aux réjouissances et aux folies du monde ? L'idée même est un blasphème. Alors, que penser du chrétien ? Peut-il se trouver là où son Seigneur ne pourrait pas être ? Peut-il participer en toute cohérence à des choses qu'il sait, au fond de son cœur, contraires au Christ ? Peut-il se rendre dans des lieux, des situations et des circonstances où il reconnaît que son Sauveur et Seigneur ne pourrait pas prendre part ? Peut-il aller en communion avec un monde qui hait celui à qui il déclare tout devoir ?
Il se peut que certains de nos lecteurs aient l'impression que nous adoptons une position trop tranchée. Nous leur demanderions alors : quelle position adopter ? Assurément la position chrétienne, si nous sommes chrétiens. Et si nous devons adopter une position chrétienne, comment la connaître véritablement ? Sans aucun doute, à travers le Nouveau Testament. Et qu'enseigne-t-il ? Autorise-t-il le chrétien à se mêler, de quelque manière que ce soit, aux divertissements et aux vaines poursuites de ce monde mauvais ?
Écoutons les paroles profondes de notre Seigneur, dans Jean 17. Écoutons de sa bouche la vérité concernant notre héritage, notre place et notre chemin en ce monde. Il dit, s'adressant au Père :
« Je leur ai donné ta parole ; et le monde les a haïs, parce qu'ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Je ne te prie pas de les retirer du monde, mais de les préserver du mal. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Sanctifie-les par ta vérité ; ta parole est la vérité. Comme tu m'as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde » (v. 14-18).
Est-il possible d'imaginer une identification plus profonde que celle qui nous est présentée dans ces paroles ? À deux reprises, dans ce bref passage, notre Seigneur déclare que nous ne sommes pas du monde, pas plus que lui.
Quel rapport notre Seigneur béni avait-il avec le monde ? Aucun. Le monde l'a totalement rejeté et chassé. Il l'a cloué sur une croix infâme, entre deux malfaiteurs. Le monde est encore aujourd'hui sous le coup de cette responsabilité, comme si la crucifixion avait eu lieu hier, au cœur même de sa civilisation, avec le consentement unanime de tous. Il n'existe pas le moindre lien moral entre le Christ et le monde. Oui, le monde est souillé par son meurtre et devra répondre de ce crime devant Dieu.
Quelle gravité ! Quelle question essentielle pour les chrétiens ! Nous traversons un monde qui a crucifié notre Seigneur et Maître, et il déclare que nous ne sommes pas de ce monde, tout comme il n'en est pas. Il s'ensuit que, dans la mesure où nous avons la moindre communion avec le monde, nous sommes infidèles au Christ.
Que penser d'une femme qui pourrait s'asseoir, rire et plaisanter avec des hommes qui ont assassiné son mari ? Et pourtant, c'est précisément ce que font certains chrétiens autoproclamés lorsqu'ils se mêlent à ce monde mauvais et s'y intègrent pleinement. On pourrait se demander : « Que devons-nous faire ? Devons-nous quitter le monde ? » Certainement pas. Notre Seigneur dit expressément : « Je ne prie pas que tu les retires du monde, mais que tu les préserves du mal ». Être dans le monde sans en faire partie, voilà le véritable principe pour le chrétien.
Pour reprendre une image : le chrétien dans le monde est comme un plongeur. Il se trouve au cœur d'un élément qui le détruirait s'il n'était protégé de son action et soutenu par une communication constante avec le monde extérieur. Et que doit faire le chrétien dans le monde ? Quelle est sa mission ? La voici : « Comme tu m'as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde ». Et encore, dans Jean 20.21 : « Comme mon Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie ».
Telle est la mission du chrétien. Il ne doit pas s'enfermer entre les murs d'un monastère ou d'un couvent. Le christianisme ne consiste pas à rejoindre une confrérie ou une communauté recluse. Rien de tel. Nous sommes appelés à évoluer dans les diverses relations de la vie et à agir dans les sphères que Dieu nous a confiées, pour sa gloire.
Ce n'est pas ce que nous faisons qui importe, mais comment nous le faisons. Tout dépend de ce qui guide nos cœurs. Si le Christ est l'objet principal et omniprésent de nos pensées, tout ira bien. Dans le cas contraire, rien ne sera bien.
Deux personnes peuvent s'asseoir à la même table pour manger. L'une mange pour satisfaire son appétit. L'autre mange pour la gloire de Dieu, il mange simplement pour maintenir son corps en bon état de fonctionnement, lui qui est le vase de Dieu, le temple du Saint-Esprit, l'instrument du service du Christ.
Ainsi en toutes choses. C'est un privilège précieux de toujours placer le Seigneur au centre de nos préoccupations. Il est notre modèle. Comme il a été envoyé dans le monde, nous le sommes nous aussi. Quel était son but ? Glorifier Dieu. Comment a-t-il vécu ? Par le Père : « Comme le Père vivant m'a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra aussi par moi » (Jean 6.57).
Tout devient si simple. Le Christ est la norme et le critère absolu. Il ne s'agit plus simplement de bien et de mal selon des règles humaines, mais de ce qui est digne du Christ. Ferait-il ceci ou cela ? Irait-il ici ou là ? « Il nous a laissé un exemple afin que nous suivions ses pas » (1 Pierre 2.21). Et assurément, nous ne devons pas aller là où nous ne pouvons suivre ses traces bénies. Si nous allons ici ou là pour nous faire plaisir, nous ne suivons pas ses pas, et nous ne pouvons espérer jouir de sa présence bienheureuse.
Cher lecteur chrétien, voici le véritable secret de toute cette affaire. La question fondamentale est la suivante : le Christ est-il mon unique raison d'être ? Pour quoi est-ce que je vis ? Puis-je affirmer : « La vie que je vis dans la chair, je la vis par la foi au Fils de Dieu, qui m'a aimé et s'est livré pour moi » (Galates 2.20) ?
Rien de moins n'est digne d'un chrétien.
C'est une chose misérable que de se contenter d'être sauvé, puis de suivre le cours du monde, de vivre pour son propre plaisir et son propre intérêt, et d'accepter le salut comme le fruit du labeur et de la passion du Christ, et ensuite de vivre loin de lui.
Que penser d'un enfant qui ne se soucie que des biens matériels offerts par son père, qui ne recherche jamais sa compagnie, et qui préfère même celle des étrangers ? Nous le jugerions à juste titre méprisable. Mais combien plus méprisable est le chrétien qui doit tout, pour le présent et pour l'éternité, à l'œuvre du Christ, et qui se contente pourtant de vivre à distance de sa Personne bénie, sans se soucier de la poursuite de sa cause ni de la promotion de sa gloire !
Si, par la grâce de Dieu, le lecteur a pu s'approprier ce qui a été présenté dans cette série d'articles, il trouvera un remède parfait à tout trouble de conscience et à toute agitation du cœur.
L'œuvre du Christ, pourvu qu'on s'en saisisse avec une foi sincère, répond nécessairement au premier. Et la personne du Christ, pourvu qu'on la contemple d'un regard simple et pur, répond parfaitement au second. Si donc nous ne jouissons pas de la paix de la conscience, c'est que nous ne nous appuyons pas sur l'œuvre accomplie du Christ. Et si le cœur est troublé, cela prouve que nous ne sommes pas satisfaits du Christ lui-même. Et pourtant, hélas, combien peu, même parmi le peuple bien-aimé du Seigneur, connaissent l'un ou l'autre ! Combien il est rare de trouver une personne qui jouisse d'une véritable paix de conscience et d'un repos du cœur !
En général, les chrétiens ne sont pas d'un iota, plus avancés que les saints de l'Ancien Testament. Ils ignorent la bénédiction d'une rédemption accomplie. Ils ne jouissent pas d'une conscience purifiée. Ils ne peuvent s'approcher avec un cœur sincère, dans la pleine assurance de la foi, le cœur purifié d'une mauvaise conscience et le corps lavé d'une eau pure. Ils ne saisissent pas la grande vérité de la présence du Saint-Esprit en eux, qui leur permet de crier : « Abba, Père ! »
Ils sont, dans leur expérience, sous la loi. Ils ne sont jamais vraiment entrés dans la profonde bénédiction d'être sous le règne de la grâce. Ils ont la vie, c'est indéniable. Ils aiment les choses divines. Leurs goûts, leurs habitudes, leurs aspirations, leurs activités, leurs conflits, leurs angoisses, leurs doutes et leurs craintes ; tout cela témoigne de l'existence de la vie divine.
Ils sont, d'une certaine manière, séparés du monde. Mais cette séparation est plutôt négative que positive. C'est davantage parce qu'ils perçoivent la vanité absolue du monde et son incapacité à satisfaire leurs cœurs, que parce qu'ils ont trouvé un objectif en Christ. Ils ont perdu leur goût pour les choses du monde, mais ils n'ont pas trouvé leur place ni leur héritage dans le Fils de Dieu, là où il siège désormais à la droite de Dieu. Les choses du monde ne peuvent les satisfaire, et ils ne jouissent pas de leur juste place, de leur objectif ainsi que de leur espérance céleste. De ce fait, ils se trouvent dans une situation tout à fait anormale : ils n'ont ni certitude, ni repos, ni détermination. Ils ne sont pas heureux. Ils ignorent leur véritable orientation. Ils ne sont ni l'un ni l'autre.
En est-il ainsi pour le lecteur ? Nous espérons ardemment que non. Nous croyons qu'il est de ceux qui, par la grâce infinie, « connaissent le don gratuit de Dieu » (Romains 6.23) ; qui savent qu'ils sont passés de la mort à la vie, qu'ils ont la vie éternelle. Ils jouissent du précieux témoignage de l'Esprit et prennent conscience de leur union avec un Chef ressuscité et glorifié dans les cieux, auquel ils sont unis par le Saint-Esprit qui demeure en eux. Ils ont trouvé leur objectif dans la Personne de ce Bienheureux dont l'œuvre accomplie est le fondement divin et éternel de leur salut et de leur paix.
Et ils attendent avec ferveur le moment béni où Jésus viendra les accueillir auprès de lui, afin que là où il est, ils le soient aussi, pour ne plus jamais s'en aller.
Voilà le christianisme. Rien d'autre ne mérite ce nom. Il tranche avec force et éclat avec la fausse religiosité de notre époque, qui n'est ni le judaïsme pur, ni le christianisme pur, mais un misérable mélange composé d'éléments des deux. Les non-convertis peuvent même l’adopter et le perpétuer, car il cautionne les convoitises de la chair et leur permet de jouir à leur guise des plaisirs et des vanités du monde.
L'ennemi juré du Christ et des âmes a réussi à créer un système religieux effroyable, mi-juif, mi-chrétien, combinant avec une habileté consommée le monde et la chair, et utilisant les Écritures de manière à en détruire la force morale et à en entraver la juste application. Les âmes sont irrémédiablement prises au piège de ce système.
Les non-convertis sont trompés et croient être de très bons chrétiens, assurés d'aller au paradis. Et d'autre part, le peuple élu du Seigneur est dépouillé de la place qui lui revient et de ses privilèges, et accablé par l'influence sombre et déprimante de l'atmosphère religieuse qui l'entoure et l'étouffe presque.
Il nous semble impossible, par le langage humain, de décrire les conséquences effroyables de cette fusion du peuple de Dieu et des gens du monde au sein d'un même système de religiosité et de croyances théologiques.
Sur les premiers, elle a pour effet de les aveugler aux véritables gloires morales du christianisme telles qu'elles sont exposées dans le Nouveau Testament ; à tel point que quiconque tente de les leur révéler est considéré comme un illuminé visionnaire, voire un dangereux hérétique.
Sur les seconds, elle a pour effet de les tromper totalement quant à leur véritable condition, leur nature et leur destinée.
Les deux groupes répètent les mêmes formules, adhèrent au même credo, récitent les mêmes prières, appartiennent à la même communauté, participent au même sacrement. En somme, ils ne font qu'un sur le plan ecclésiastique, théologique et religieux.
On dira peut-être, en réponse à tout cela, que notre Seigneur, dans son merveilleux discours de Matthieu 13, enseigne clairement que le bon grain et l'ivraie doivent pousser ensemble. Certes. Mais où ? Dans l'Église ? Non, mais « dans le champ ». Et il nous dit que « le champ, c'est le monde ». Confondre ces choses, c'est falsifier toute la position chrétienne et abolir toute discipline divine au sein de l'assemblée.
C'est opposer l'enseignement de notre Seigneur dans Matthieu 13 à l'enseignement du Saint-Esprit dans 1 Corinthiens 5. Cependant, nous n'approfondirons pas ce sujet pour le moment. Il est bien trop important et trop vaste pour être traité dans un article aussi bref que celui-ci. Nous pourrons peut-être l'aborder plus en détail ultérieurement.
Nous sommes pleinement convaincus qu'il exige une attention sérieuse de la part du lecteur chrétien. Touchant si manifestement à la gloire du Christ, aux véritables intérêts de son peuple, à la propagation de l'Évangile, à l'intégrité du témoignage et du service chrétiens, il serait impossible d'en surestimer l'importance. Mais nous devons le laisser de côté pour l'instant et conclure cet article par une brève mention du troisième et dernier volet de notre sujet :
La Parole du Christ comme guide pour notre chemin.
Si l'œuvre du Christ suffit à la conscience, si sa personne bénie suffit au cœur, alors assurément sa précieuse Parole suffit au chemin. Nous pouvons affirmer avec la plus grande confiance que nous possédons dans le volume divin des Saintes Écritures, tout ce dont nous avons besoin, non seulement pour répondre à toutes les exigences de notre cheminement personnel, mais aussi aux besoins variés de l'Église de Dieu, dans les moindres détails de son histoire en ce monde.
Nous sommes pleinement conscients qu'en affirmant cela, nous nous exposons à bien des mépris et à une forte opposition de tous bords. Nous serons confrontés, d'une part, aux défenseurs de la tradition, et d'autre part, à ceux qui prônent la suprématie de la raison et de la volonté humaines. Mais cela nous importe peu.
Nous considérons les traditions humaines, qu'elles soient celles de nos pères, de nos frères ou de nos docteurs, si elles sont présentées comme une autorité, comme une simple poussière dans la balance. Et quant à la raison humaine, elle ne peut être comparée qu'à une chauve-souris prise dans le soleil : éblouie par la lumière, se heurtant aveuglément à des objets qu'elle ne peut voir.
La plus grande joie du cœur chrétien est de se retirer des traditions et des doctrines humaines contradictoires pour se réfugier dans la lumière sereine des Saintes Écritures. Et face aux raisonnements audacieux de l'incrédule, du rationaliste et du sceptique, de soumettre tout son être moral à l'autorité et à la puissance de cette même Parole.
Il reconnaît avec gratitude dans la Parole de Dieu l'unique norme parfaite en matière de doctrine, de morale et de toute chose : « Toute l'Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, corriger et instruire dans la justice, afin que l'homme de Dieu soit accompli et parfaitement préparé à toute bonne œuvre » (2 Timothée 3.16).
Que nous faut-il de plus ? Rien. Si l'Écriture peut vraiment rendre un enfant « sage pour le salut », si elle peut rendre un homme « parfait » et le rendre « pleinement apte à toutes les bonnes œuvres », que pouvons-nous attendre de la tradition humaine ou du raisonnement humain ? Si Dieu a écrit un livre pour nous, s'il a daigné nous révéler sa pensée ; tout ce que nous devons savoir, penser, ressentir, croire et faire ; devons-nous nous tourner vers un pauvre mortel, qu'il soit ritualiste ou rationaliste, pour nous assister ? Loin de là !
Autant nous tourner vers notre prochain pour compléter l'œuvre accomplie du Christ, afin de la rendre suffisante à notre conscience, ou pour combler une lacune dans la personne du Christ afin de faire de lui un objet suffisant pour notre cœur, que de recourir à la tradition humaine ou à la raison humaine pour pallier une prétendue lacune dans la révélation divine.
Louange à Dieu, il n'en est rien ! Il nous a donné en son Fils bien-aimé tout ce dont nous avons besoin ; pour la conscience, pour le cœur, pour le chemin ; pour le temps avec toutes ses manifestations changeantes ; pour l'éternité avec ses âges innombrables. Nous pouvons dire : « Ô Christ, tu es tout ce dont nous avons besoin ; en toi, nous trouvons plus que tout ! »
Il ne saurait y avoir aucun manque dans le Christ de Dieu. Son expiation et son intercession doivent combler tous les désirs de la conscience la plus exigeante. Les gloires morales, les puissants attraits de sa personne divine doivent satisfaire les aspirations et les désirs les plus intenses du cœur. Et sa révélation incomparable, ce trésor inestimable, contient en son sein tout ce dont nous pouvons avoir besoin, du point de départ au but de notre cheminement chrétien.
Lecteur chrétien, n'est-ce pas ainsi ? Ne reconnais-tu pas, du plus profond de ton être moral renouvelé, la vérité de ces choses ? Si tel est le cas, reposes-tu en toute sérénité sur l'œuvre du Christ ? Trouves-tu ta joie en sa personne ? Te soumets-tu en toutes choses à l'autorité de sa Parole ?
Que Dieu te fasse la grâce qu'il en soit ainsi, à toi et à tous ceux qui professent son nom ! Puisse un témoignage plus complet, plus clair et plus affirmatif de la toute-suffisance du Christ être rendu en ce jour !
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