3. Moins de l’homme, plus de Dieu
Chap: 2 - L’appel à la préparation - Les fondements de la vie spirituelle ; la foi, l’amour, la justice, la sainteté, ne sont pas des acquis définitifs, mais des vérités à retrouver, à raviver, à garder vivantes dans chaque génération.
« … la voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur … » (Jean 1.23). « …c'est celui dont il est écrit : voici, j’envoie mon messager devant toi, pour préparer ton chemin devant toi » (Matthieu 11.10).
Dans le silence aride du désert, là où toute prétention humaine est dépouillée par la rudesse des éléments, surgit une voix. Non pas celle d’un homme qui cherche à se faire entendre par la puissance de son éloquence, ou qui croit pouvoir s’imposer parce qu’il se sait « envoyé » de Dieu ; mais celle d’un messager brisé, consumé par la vision de la gloire imminente du Seigneur, et animé par une urgence céleste. Cette voix n’est pas simplement une proclamation extérieure, qui répète ce qu’elle a entendu ou apprise par d’autres, mais l’écho d’un travail intérieur de l’Esprit, le fruit d’une communion profonde avec Dieu dans les lieux solitaires, là où l’âme est façonnée pour porter un témoignage pur et sans compromis.
La voix de Jean-Baptiste n’était pas celle d’un prédicateur mondain, mais celle d’un homme consumé par la vérité, rempli du Saint-Esprit, incapable de compromis. « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche » (Matthieu 3.2). Tel était son cri, non pas pour flatter les foules, mais pour les secouer, les réveiller, les amener à la conversion.
L’histoire biblique elle-même témoigne de ce constat : malgré les alliances divines, les miracles éclatants et les prophètes envoyés, le peuple de Dieu retombe sans cesse dans l’oubli, l’idolâtrie et la désobéissance. Comme le monde, il est vulnérable à l’errance, à l’orgueil, et à la négligence de l’essentiel. C’est pourquoi tous les appels à « se souvenir », à « revenir », et à « se repentir » résonnent tout au long des Écritures. Les fondements de la vie spirituelle ; la foi, l’amour, la justice, la sainteté, ne sont pas des acquis définitifs, mais des vérités à retrouver, à raviver, à garder vivantes dans chaque génération.
Même ceux qui ont connu la vérité peuvent s’en éloigner, mais la grâce de Dieu appelle toujours au retour, à la restauration, et à la fidélité renouvelée : « Souviens-toi d’où tu es tombé, repens-toi, et pratique tes premières œuvres » (Apocalypse 2.5).
Jean, un modèle de sobriété, de simplicité, de détachement. Il ne cherchait ni le confort ni la reconnaissance, mais la fidélité à son appel d’homme engagé. Nous pouvons voir en lui l’image du serviteur entièrement abandonné à Dieu, libre de toute ambition personnelle, vivant pour une seule chose : que le chemin soit préparé afin que Christ soit révélé. De tout son être transpirait cette réalité vivante : « moins de l’homme pour plus de Dieu ! »
La visitation de Dieu n’est pas une idée abstraite ou un concept mystique réservé à quelques initiés. C’est une réalité vivante, palpable, qui bouleverse tout sur son passage. Elle vient avec feu, avec sainteté, avec transformation. Elle ne descend pas dans les hauteurs de notre orgueil ou les forteresses de notre suffisance, mais elle repose sur les cœurs brisés, les vies humbles, les âmes disponibles : « Car ainsi parle le Très-Haut, dont la demeure est éternelle et dont le nom est saint : j’habite dans les lieux élevés et dans la sainteté, mais aussi avec l’homme contrit et humilié, afin de ranimer les esprits humiliés, afin de ranimer les cœurs contrits » (Ésaïe 57 v. 15).
Lorsque Jésus se présentera au monde, Jean ne cherchera pas à retenir les foules autour de sa propre doctrine, ni à s’agripper à son ministère mais il s’efface avec humilité : « Il faut qu’il croisse, et que je diminue » (Jean 3.30). Le vrai ministère ne consiste pas à attirer les hommes à soi ou à sa dénomination religieuse, mais à les conduire à Christ, puis à disparaître. Jean est donc le véritable prototype du messager fidèle, celui qui prépare sans posséder, qui annonce sans dominer, qui sert sans s’imposer.
Le disciple du Seigneur ne doit jamais confondre son rôle avec sa personne. Il est un canal, non la source. Jean ne revendique rien, ne s’approprie rien, mais se tient comme un flambeau allumé par Dieu, prêt à s’éteindre une fois la lumière venue. Cette voix est aussi le cri du réveil, d’un retour à Dieu, le signal d’un cœur embrasé par l’amour divin, appelant les hommes à se détourner de leur péché et de leur tiédeur spirituelle et à embrasser une sainteté active, une foi vivante, une repentance sincère. Car préparer le chemin du Seigneur, ce n’est pas seulement annoncer sa venue, tout en continuant à vivre selon nos intérêts personnels, même s’ils sont religieux.
C’est aussi ouvrir les cœurs à sa seigneurie, c’est aplanir les sentiers tortueux de l’orgueil, de l’indifférence et du péché ; afin que le Roi de gloire puisse apparaître sans obstacle et sous les acclamations ; à l’instar de la venue de Jésus dans cette religion du judaïsme de cette époque ; qui ressemble tellement au christianisme moderne : « Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Jésus criaient : Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (Marc 11.9).
Sont-ce les mêmes personnes qui s’écrieront plus tard : « Crucifie, crucifie-le ! » (Luc 23.21) ? Il est frappant de constater combien le cœur humain peut accueillir avec joie le salut, mais reculer devant la croix. Il en est de même dans l’Église aujourd’hui. Il accueille les bras ouverts les bénédictions de Dieu ; mais a tellement de difficulté à rechercher Sa Personne Sainte. Les chrétiens chantent avec ferveur lorsque le Seigneur se révèle comme Sauveur ; lorsqu’Il guérit, délivre, restaure. Mais lorsque ce même Seigneur vient comme Celui qui est le « chef ; la Tête », et qui appelle à mourir à soi, à renoncer, à porter la croix ; alors beaucoup détournent le regard et se détournent de Lui : « Plusieurs de ses disciples, après l'avoir entendu, dirent : Cette parole est dure ; qui peut l'écouter ? » (Jean 6.60). Louer Dieu pour Son salut, c’est juste. Mais le suivre jusqu’à la croix, c’est là l’appel véritable (je ferme la parenthèse).
Préparer le chemin du Seigneur, c’est accepter d’être dérangé, bousculé dans nos certitudes et nos habitudes. C’est consentir à ce que nos traditions, nos routines religieuses et nos raisonnements humains soient mis à l’épreuve du feu, comme le veau d’or réduit en poussière devant Moïse, afin que rien de ce qui est idolâtre ou centré sur l’homme ne subsiste.
En conclusion, le Royaume de Dieu ne peut reposer sur la sagesse humaine des chrétiens, ni sur des formes figées, mais sur la manifestation vivante de l’Esprit. Là où l’homme cherche à bâtir par ses propres moyens, l’Esprit vient briser, purifier et reconstruire selon la volonté de Dieu. Préparer le chemin, c’est donc ouvrir nos vies à cette œuvre radicale.
C’est accepter que nos sécurités religieuses soient consumées, afin que la gloire du Christ soit révélée sans mélange et que Son règne s’établisse dans la puissance de la vie nouvelle. Ce chemin n’est pas celui des apparences, ni celui des discours séduisants, mais celui d’une foi enracinée dans la puissance divine qui transforme et qui libère. Paul le rappelle avec force : « Ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse humaine, mais sur une démonstration d’Esprit et de puissance » (1 Corinthiens 2.4).
Ce témoignage nous montre que l’Évangile n’est pas une philosophie humaine, mais une réalité vivante qui agit dans ceux qui croient. Et encore : « Car le Royaume de Dieu ne consiste pas en paroles, mais en puissance » (1 Corinthiens 4.20).
Le Royaume est une construction nouvelle, une création spirituelle où les choses anciennes, comme l’ancienne alliance, deviennent obsolètes et disparaissent devant la réalité vivante de l’Esprit. Même s’il s’y trouve un lien, ce n’est pas un prolongement du passé, mais une œuvre radicalement nouvelle, fondée sur la croix et manifestée par la puissance de la résurrection. Là où la loi engendrait la servitude, l’Esprit brise les chaînes, guérit les cœurs et nous fait sortir en liberté.
Cette liberté n’est pas théorique, elle est concrète et expérimentale. L’exemple de Pierre en est une image éclatante : arrêté, enfermé, gardé par des soldats, il est miraculeusement libéré par l’intervention d’un ange du Seigneur (Actes 12.1-11). Ce récit illustre la puissance de la Nouvelle Alliance : ce que l’homme ne peut accomplir par lui-même, Dieu le réalise par son Esprit. Les portes s’ouvrent, les chaînes tombent, et le croyant est conduit hors de sa prison vers la lumière.
Ainsi, préparer le chemin du Seigneur n’est rien d’autre que de consentir à ce dépouillement, afin que la vie nouvelle se déploie dans toute sa force et que l’Église retrouve la simplicité et la puissance de l’Esprit.
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