9. Les ravages obscurs de la psychologie
Chap: 9 - Psychologue chrétien, est-ce vraiment sérieux ? - Nous arrivons à l’un des paradoxes les plus douloureux et les plus répandus de notre époque : l’existence du « psychologue chrétien » ou du « conseiller chrétien intégratif ».
Des milliers de croyants sincères, souvent bien formés et animés d’un désir d’aider, exercent cette profession en pensant servir Christ. Des cabinets de « conseil biblique » ou de « thérapie chrétienne » fleurissent, des livres et des formations se multiplient, et de nombreuses églises recommandent ces praticiens pour accompagner les âmes en souffrance. Pourtant, à la lumière de tout ce que nous avons vu – racines occultes et humanistes, opposition aux fondements bibliques, vision déformée de l’homme, de Dieu, du péché et de la sexualité, mercantilisme et dépendance –, cette intégration pose un problème fondamental, presque insoluble. Peut-on sérieusement marier la sagesse humaine antibiblique avec la sagesse divine sans que la première ne contamine la seconde ? Le « psychologue chrétien » est-il une bénédiction ou un oxymore dangereux ?
La Bible nous appelle à un discernement sans compromis : « Examinez toutes choses ; retenez ce qui est bon » (1 Thessaloniciens 5.21). Elle nous avertit aussi contre les mélanges : « Quel accord y a-t-il entre Christ et Bélial ? Ou quelle part a le croyant avec l’incroyant ? » (2 Corinthiens 6.15). Examinons ce paradoxe avec honnêteté et amour, en illustrant par des exemples concrets tirés d’auteurs très influents comme Rick Warren, Gary Chapman, Joyce Meyer, ainsi que des figures francophones comme Rachel et Éric Dufour (thérapeutes, conseillers conjugaux et sexologues chrétiens), Samuel Laurent (psychologue et pasteur) et Denis Morissette (conseiller chrétien influent en francophonie) – dont les idées, reprises massivement dans les relations d’aide ecclésiales, montrent comment la psychologie peut diluer l’Évangile.
Un point commun particulièrement choquant chez ces enseignants est l’oubli presque total de la souffrance comme élément inhérent et formateur de la vie chrétienne. Le Seigneur Jésus a été clair : « Dans le monde vous aurez des tribulations ; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde » (Jean 16.33). Il n’a pas promis un parcours facile, sans épreuves, mais une victoire au milieu des difficultés. L’apôtre Paul ajoute : « Tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés » (2 Timothée 3.12), et nous exhorte à nous réjouir dans les souffrances parce qu’elles produisent la persévérance, le caractère et l’espérance (Romains 5.3-5 : « Nous nous glorifions même des afflictions, sachant que l’affliction produit la persévérance, la persévérance la victoire dans l’épreuve, et cette victoire l’espérance »). « Nous devons entrer dans le royaume de Dieu par beaucoup de tribulations » (Actes 14.22). La souffrance est un chemin de sanctification, de conformation à Christ (Romains 8.17 : « Si nous souffrons avec lui, nous régnerons aussi avec lui »), et une occasion de joie complète (Jacques 1.2-4).
Pourtant, chez ces auteurs, la quête prioritaire semble être le bonheur personnel, le bien-être émotionnel et l’épanouissement individuel, souvent présenté comme un droit divin ou une promesse biblique immédiate. Cela s’inspire directement de la psychologie humaniste (comme chez Maslow ou Rogers, que nous avons critiqués aux Chapitres 1 et 2), où l’homme est fondamentalement bon et doit s’autoactualiser pour être heureux. L’accent sur « s’aimer davantage » et « penser à soi » devient une forme d’idolâtrie du moi, antithèse à la mort à soi-même que l’Évangile exige (Galates 2.20 : « J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi »). La souffrance est vue comme un obstacle à éliminer pour retrouver le bonheur, plutôt qu’un chemin de croix joyeuse.
1. Le paradoxe des racines : bâtir sur du sable humaniste tout en revendiquant la Bible.
Le psychologue chrétien, même le plus sincère, est formé sur les mêmes bases que ses collègues séculiers : Freud, Jung, Rogers, Maslow, théories cognitivocomportementales, neurosciences. Comme nous l’avons vu aux Chapitres 1 et 6, ces racines sont marquées par l’occultisme (Jung et son immersion dans le spiritisme familial, Freud et sa fascination pour la télépathie), la sexualisation perverse (Freud et sa théorie de la libido polymorphe infantile, Reich et l’orgasme comme salut psychique, Kinsey et la normalisation de la perversion) et l’humanisme athée (Rogers : exaltation de l’expérience subjective au-dessus de toute autorité divine ; Maslow : auto-actualisation et transcendance impersonnelle comme sommet de l’humain). Au Chapitre 2, nous avons montré que ces fondements s’opposent radicalement à la Bible : anthropocentrisme contre théocentrisme, bonté supposée contre dépravation totale, autonomie contre dépendance à Dieu.
Comment peut-on intégrer des théories nées d’une vision du monde hostile à l’Évangile dans le conseil censé glorifier Christ ? C’est comme greffer une branche sauvage sur l’olivier franc (Romains 11.24) : le greffon finit souvent par dominer. Même si le praticien « filtre » par l’Écriture, les concepts de base – blessures comme cause principale, acceptation inconditionnelle sans confrontation du péché, autoactualisation – imprègnent la pratique et diluent la vérité biblique. En France, des figures comme Samuel Laurent (psychologue clinicien et pasteur, auteur d’ouvrages comme "La dépression : un mal ou une opportunité ?", qui intègre neuroscience et théologie pour traiter la santé mentale) montrent comment cette intégration se présente comme un « pont » entre science et foi, mais risque de subordonner la Parole à des outils humains.
La Parole est claire : « Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs » (Matthieu 7.15). Un système qui minimise le péché et élève l’homme ne peut pas être « baptisé » sans compromission. Paul avertit : « Si quelqu’un pense être quelque chose, quoiqu’il ne soit rien, il se trompe lui-même » (Galates 6.3). Bâtir sur du sable humaniste, même avec des briques bibliques, mène à l’effondrement quand vient la tempête (Matthieu 7.26-27).
2. Le paradoxe de l’autorité : la Bible comme autorité suprême ou simple complément ?
Le psychologue chrétien affirme souvent que la Bible est son autorité finale. Pourtant, dans la pratique intégrative, la psychologie fournit le cadre diagnostique et thérapeutique (troubles mentaux, traumas, besoins émotionnels), tandis que la Bible est reléguée à un rôle d’encouragement spirituel ou de « valeurs ». On diagnostique un « trouble borderline » ou une « dépression clinique » avec les outils séculiers, puis on ajoute des versets pour consoler.
Cela inverse l’ordre divin. La Bible revendique une suffisance totale : « Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre » (2 Timothée 3.16-17). Elle équipe pour "toute" bonne œuvre, y compris le conseil de l’âme. Pierre déclare que Dieu nous a donné « tout ce qui contribue à la vie et à la piété » par la connaissance de Christ (2 Pierre 1.3). Si la Bible suffit, pourquoi ajouter des théories humaines qui la contredisent ?
Jay Adams, pionnier du conseil biblique (nouthétique), a démontré que la Parole suffit pour traiter les problèmes non organiques de l’âme : péché, culpabilité, amertume, anxiété, dépression spirituelle. Intégrer la psychologie, c’est dire implicitement que la Bible est insuffisante, contredisant sa propre revendication. En France, des conseillers comme Denis Morissette (auteur de "Libres pour aimer" et "Guéris ton âme", influent via des éditions comme Ligue pour la Lecture de la Bible) illustrent ce paradoxe : il mélange guérison des blessures émotionnelles avec des principes bibliques, mais priorise souvent la thérapie psychologique, rendant la Bible un complément plutôt que la source première.
3. Le paradoxe de la méthode : empathie humaniste ou confrontation biblique ?
L’intégration adopte souvent les méthodes rogériennes : acceptation inconditionnelle, empathie non directive, neutralité morale. On évite de « juger » ou de nommer le péché trop directement pour ne pas « blesser ». Comme dans l’exemple de Lisiane (Chapitre 5), cela mène à excuser plutôt qu’à corriger.
Prenons des exemples concrets d’auteurs très repris dans les relations d’aide chrétiennes, en soulignant comment leurs enseignements oublient la souffrance comme chemin formateur, au profit d’un bonheur et d’un bien-être émotionnel prioritaire – une quête qui encourage à « s’aimer davantage » et à « penser à soi » pour être heureux, antithèse à la mort à soi-même et à la joie dans les épreuves.
Gary Chapman et "Les cinq langages de l’amour" : Chapman réduit l’amour conjugal à cinq « langages » psychologiques (paroles valorisantes, moments de qualité, cadeaux, services rendus, contact physique). Il introduit le concept du « réservoir d’amour émotionnel » : « Nous vivons tous avec un réservoir d’amour émotionnel. Si ce réservoir est plein, nous nous sentons aimés et en sécurité. Si le réservoir est vide, nous nous sentons frustrés et en colère. » Il affirme que la plupart des conflits viennent d’un réservoir vide, et que remplir le réservoir du conjoint (en parlant son langage principal) résout les crises. Les critiques sont vues comme un signe de besoin non comblé : « Les gens ont tendance à critiquer leur conjoint le plus fort dans le domaine où ils ont eux-mêmes le plus grand besoin émotionnel ».
Cela place les besoins émotionnels au centre, comme si l’amour était conditionnel à la satisfaction réciproque et que le bonheur conjugal était la priorité absolue. Chapman oublie la souffrance comme chemin de sanctification dans le mariage (par exemple, aimer un conjoint difficile sans retour immédiat), préférant une approche où le bien-être personnel est la quête prioritaire. La Bible enseigne un amour sacrificiel inconditionnel : « Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l’Église et s’est livré lui-même pour elle » (Éphésiens 5.25). L’amour n’est pas un échange pour remplir un « réservoir », mais un choix d’obéissance à Dieu, même dans la tribulation. Chapman minimise la repentance pour l’égoïsme ou l’amertume, préférant une approche thérapeutique transactionnelle. Ce livre, repris dans des milliers de relations d’aide ecclésiales, transforme le mariage en échange de besoins plutôt qu’en alliance sainte, encourageant à « s’aimer davantage » pour être heureux, au lieu de mourir à soi.
Rick Warren et "Une vie motivée par l’essentiel" : Warren commence par « Ce n’est pas à propos de vous », mais développe ensuite cinq « buts » centrés sur la découverte de son « SHAPE » (dons spirituels, cœur, aptitudes, personnalité, expériences) pour accomplir « son » but unique – un concept proche de l’auto-actualisation maslowienne. Il utilise des paraphrases libres comme The Message, et cite des figures controversées (Bernie Siegel, leader New Age). Il minimise la repentance, présentant le salut comme un moyen pour une vie épanouie : connaître son « style » ou son « tempérament » est essentiel pour accomplir son but. Cela élève la personnalité et les expériences personnelles au rang de guide divin, au lieu de la Parole et de l’Esprit. Warren oublie les tribulations promises comme chemin de maturité, préférant une approche positive où le bonheur et l’épanouissement personnel sont la quête prioritaire. Son influence mondiale, y compris en France, a conduit beaucoup de conseillers à prioriser les « besoins émotionnels » et les « buts personnels » sur la sainteté, encourageant à « penser à soi » pour être motivé, au lieu de la joie dans les épreuves (Jacques 1.2).
Joyce Meyer et ses enseignements sur la guérison émotionnelle et la pensée positive : Joyce Meyer, très populaire en francophonie avec des livres comme "Le champ de bataille de l’esprit", "Guéris ton âme blessée" ou "Comment regagner confiance en moi", intègre massivement des concepts psychologiques. Elle enseigne que beaucoup de problèmes spirituels viennent d’une mauvaise estime de soi ou de blessures émotionnelles héritées : « L’estime de soi n’est pas quelque chose que l’on a, mais quelque chose que l’on crée », et encourage à développer une « mentalité positive » pour vaincre les pensées négatives. Dans "Guéris ton âme blessée", elle insiste sur la guérison des « blessures émotionnelles » comme préalable à la maturité spirituelle, voyant les luttes comme des conséquences de rejets passés plutôt que comme des occasions de repentance. Sa méthode du « champ de bataille de l’esprit » propose de changer ses pensées par des affirmations positives, proche de la psychologie cognitive.
Cela élève l’ego et la reconstruction personnelle au centre, minimisant la mort à soimême (Galates 2.20) et la confrontation au péché. Joyce Meyer oublie la souffrance comme chemin formateur, préférant une quête de bien-être émotionnel où « s’aimer davantage » et penser positivement sont la clé du bonheur. La Bible appelle à renouveler l’esprit par la vérité (Romains 12.2), mais en confessant le péché, non en niant les pensées négatives par des techniques. Joyce Meyer, reprise dans de nombreuses relations d’aide chrétiennes, transforme la sanctification en autoguérison émotionnelle, au lieu de la joie dans les épreuves.
Rachel et Éric Dufour, pasteurs, thérapeutes et conseillers conjugaux en France : Ce couple francophone, fondateurs de "Ministère Cœur de Berger", intègre explicitement la psychologie, la thérapie conjugale et la sexologie avec des principes bibliques. Rachel, sexologue chrétienne, parle de sexualité en termes physiologiques, psychologiques et émotionnels : « La sexualité est belle. Elle a été créée par Dieu. Nous sommes des êtres sexués même si nous ne sommes pas mariés. Une femme célibataire peut-elle vivre pleinement sa sexualité ? Oui, en apprenant à se connaître et à s’aimer. » (tiré de ses enseignements sur la sexualité pour célibataires).
Éric enseigne sur l’abus psychologique et émotionnel comme des blessures à guérir : « Aucune situation n'est trop loin, trop destructrice pour que Dieu ne puisse nous en délivrer et nous permettre d'avoir une vie qui soit à nouveau satisfaisante. » Ils proposent des soins pastoraux intensifs avec un focus sur la « santé émotionnelle ».
Cela place la thérapie humaine comme préalable à la maturité spirituelle, voyant les problèmes comme des abus ou blocages à guérir par introspection et encouragement personnel, plutôt que comme péché à confesser et à pardonner. Les Dufour oublient la souffrance comme chemin de sanctification, préférant une quête de satisfaction émotionnelle et sexuelle, où le bien-être personnel est prioritaire. Leur influence en France (formations, conférences) illustre le paradoxe : une intégration qui dilue la suffisance scripturaire.
Samuel Laurent, psychologue clinicien et pasteur français : Laurent enseigne que la dépression peut être une opportunité pour une croissance spirituelle, en intégrant neuroscience et théologie : « La dépression n’est pas seulement un mal, mais une opportunité pour redécouvrir la grâce de Dieu et restructurer sa vie émotionnelle et spirituelle. » (tiré de "La dépression : un mal ou une opportunité ?"). Il utilise des concepts comme les « schémas cognitifs » pour expliquer les troubles mentaux.
Cela mélange psychologie clinique (neuroscience, thérapie cognitive) avec la Bible, voyant la dépression comme un dysfonctionnement à guérir thérapeutiquement plutôt que comme une occasion de repentance radicale (Psaume 51). Laurent oublie la souffrance comme chemin formateur, préférant une restructuration émotionnelle pour un bien-être prioritaire. Repris dans les relations d’aide, cela priorise la santé mentale sur la sainteté.
Denis Morissette, conseiller chrétien canadien influent en francophonie : Morissette enseigne sur la libération pour aimer, en voyant les blocages relationnels comme des chaînes émotionnelles : « La foi est fondamentale, elle change le cours de la vie. Mais pour une foi inébranlable, il faut guérir les blessures émotionnelles qui nous retiennent prisonniers du passé. » (tiré de "7 clés pour une foi inébranlable" et "Libres pour aimer"). Il encourage à explorer les origines émotionnelles des luttes.
Cela intègre la thérapie des blessures émotionnelles, minimisant le péché comme rébellion pour le voir comme une conséquence de manques affectifs. Dans les relations d’aide chrétiennes, cela transforme la délivrance en guérison thérapeutique, au lieu de la victoire par la Parole et l’Esprit (Jean 8:32).
La Bible appelle à une confrontation aimante mais ferme : « Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur » (Galates 6.1). « Reprends, censure, exhorte avec toute douceur et en instruisant » (2 Timothée 4.2). Le conseil nouthétique (du grec "noutheteo" : admonester) est précisément cela : instruire, corriger, encourager par la Parole.
L’empathie excessive sans vérité produit un confort stérile ; la vérité sans amour blesse. Mais la Bible équilibre les deux : « Disant la vérité dans l’amour » (Éphésiens 4:15). L’intégration penche souvent vers l’empathie humaniste, au détriment de la confrontation nécessaire à la repentance.
4. Le paradoxe de la « confiance en soi » : une idée psychologique centrale, mais antibiblique.
Un des slogans les plus répétés dans le conseil chrétien intégratif – et peut-être le plus dangereux parce qu’il semble inoffensif – est la promotion incessante de la "confiance en soi". On l’entend à toutes les sauces : « Tu dois avoir confiance en toi », « Travaille ton estime de soi », « Apprends à t’aimer pour pouvoir aimer les autres », « Dieu croit en toi, alors crois en toi-même ». Ce message est au cœur de nombreux livres, prédications et sessions de relation d’aide influencés par la psychologie. Joyce Meyer y consacre des ouvrages entiers (« Comment regagner confiance en moi »), Gary Chapman lie l’amour à un réservoir émotionnel qui dépend de la valorisation de soi, Rick Warren encourage à découvrir son potentiel personnel (SHAPE), et beaucoup de conseillers francophones répètent que la maturité spirituelle passe par une bonne image de soi.
D’où vient cette idée ? Elle est directement héritée de la psychologie humaniste : Carl Rogers voit l’« estime de soi » comme un besoin fondamental, à développer par l’acceptation inconditionnelle ; Abraham Maslow la place au quatrième niveau de sa pyramide, juste avant l’auto-actualisation. Le mouvement du « potentiel humain » des années 1960-1980 l’a popularisée, avant qu’elle ne soit « christianisée » dans les années 1990-2000 comme une vérité biblique.
Mais cette idée est "radicalement antibiblique". La Parole de Dieu ne nous commande jamais d’avoir confiance en nous-mêmes ou en notre chair. Au contraire, elle la condamne avec une fermeté absolue :
« Ainsi parle l’Éternel : Maudit soit l’homme qui se confie dans l’homme, qui fait de la chair son appui, et qui détourne son cœur de l’Éternel ! » (Jérémie 17.5).
« Celui qui se confie en son propre cœur est un insensé » (Proverbes 28.26).
« Ne vous appuyez pas sur votre propre intelligence » (Proverbes 3.5).
« Ce n’est pas que nous soyons par nous-mêmes capables de concevoir quelque chose comme venant de nous-mêmes. Notre capacité vient de Dieu » (2 Corinthiens 3.5).
Paul, pourtant apôtre puissant, rejette toute confiance en la chair : « Moi aussi, je pourrais mettre ma confiance en la chair […] mais tout ce qui était pour moi un gain, je l’ai regardé comme une perte à cause de Christ » (Philippiens 3.4-7).
Le cœur humain est tortueux (Jérémie 17.9), la chair est faible et ennemie de Dieu (Romains 8.7-8), et toute confiance en soi mène à l’orgueil et à la chute (Proverbes 16.18). Pierre en est un exemple tragique : « Quand même il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai pas » (Marc 14.31) – confiance totale en sa propre fidélité, suivie d’un reniement triple quelques heures plus tard.
La vraie confiance est exclusivement en Dieu : « Confie-toi en l’Éternel de tout ton cœur » (Proverbes 3.5). Notre valeur ne vient pas d’une estime de soi construite, mais de ce que Christ a fait pour nous : nous sommes aimés, rachetés, adoptés malgré notre indignité (Éphésiens 2.4-10). Promouvoir la « confiance en soi » dans le conseil chrétien est un piège majeur : il remplace la dépendance à Dieu par une idolâtrie du moi, transforme la sanctification en auto-amélioration, et empêche l’humilité qui est le début de la vraie maturité (Jacques 4.10 : « Humiliez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera »).
Ce slogan, répété à toutes les sauces, montre à quel point la psychologie a imprégné même les conseils les plus sincères : on dirige les âmes vers la chair maudite au lieu de les diriger vers Christ, la vraie source de force et d’identité.
5. Le paradoxe pratique : fruits réels ou stagnation déguisée ?
Beaucoup de psychologues chrétiens témoignent de vies aidées. Mais à y regarder de près, les fruits profonds – sanctification radicale, mort au péché, maturité en Christ – sont souvent absents ou lents. Les patients restent des années en thérapie, dépendants de l’écoute humaine, sans transformation complète. Le mercantilisme s’infiltre : sessions payantes, livres, formations.
Les idées de Chapman, Warren, Meyer, les Dufour, Laurent et Morissette, reprises dans les relations d’aide, produisent souvent une stagnation : on « gère » les relations par des langages ou des buts personnels, on guérit des « blessures » par estime de soi, sans confronter le péché à la racine. Le mariage devient un échange de besoins, la vie chrétienne une quête d’épanouissement émotionnel, au lieu d’une croix à porter. Chez tous ces enseignants, la souffrance est oubliée ou réduite à un obstacle à éliminer pour le bonheur, alors que la Bible en fait un chemin vers Christ. Leur quête prioritaire de bien-être personnel – s’aimer davantage, penser à soi – est l’antithèse de la croix.
La Bible promet des fruits visibles et rapides quand la Parole est appliquée fidèlement : « Le fruit de l’Esprit est amour, joie, paix, patience… » (Galates 5.22-23). Le conseil biblique pur produit souvent des changements radicaux parce qu’il s’attaque à la racine : le péché et la grâce.
En résumé, le « psychologue chrétien » intégratif est un paradoxe douloureux : il veut servir Christ avec des outils nés d’une vision du monde hostile à Christ. Les racines antibibliques contaminent inévitablement la pratique, diluant l’autorité de la Bible, évitant la confrontation du péché, et créant dépendance et stagnation.
Cela ne signifie pas condamner les personnes sincères, mais appeler à un retour radical à la suffisance de la Parole. Comme Jay Adams et ses successeurs l’ont montré, le vrai conseil chrétien est biblique, gratuit, communautaire et centré sur Christ. « Christ est-il divisé ? » (1 Corinthiens 1.13). Non : Il est la tête unique de Son corps, et Son Esprit suffit pour guérir et sanctifier.
Avec l'aimable autorisation de Laetitia Gilman: Site de l’auteur : www.iltaime.com
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