3. Bénis en Christ
Chap: 2 - L’accomplissement du conseil Divin - Avec les mots « et vous », la pensée interrompue au verset 20 du chapitre 1 est reprise. Maintenant ce sujet est poursuivi, avec une nouvelle parenthèse jusqu’à la fin du verset 4, à la suite de laquelle intervient un changement, en ce qu’il est dit : « nous ».
Dans les trois premiers versets, nous trouvons le jugement de Dieu quant à l’état de l’homme. Les versets 4 à 6 présentent la grâce de Dieu et son activité envers nous, et les versets 7 à 10 le but de sa manière d’agir avec nous. Ce passage place devant nous non pas l’œuvre du Seigneur Jésus à la croix, que nous trouvons au chapitre 1, verset 7, mais les bénédictions que Dieu nous a réservées sur le fondement de cette œuvre.
Condition morale de l’homme.
Auparavant, il est montré d’abord clairement comment Dieu voit l’humanité, que l’homme, individuellement, le sache ou non.
Verset 1
« … et vous, lorsque vous étiez morts dans vos fautes et dans vos péchés » (Éphésiens 2.1).
Paul s’adresse en premier lieu aux nations, par « vous », mais ensuite il inclut les Juifs en disant « nous ». Dans l’Ancien Testament, Israël était le peuple élu et béni de Dieu. Les nations, les incirconcis, n’avaient aucune part aux privilèges d’Israël, comme cela est clairement exposé à partir du verset 11. Mais ce qui est dit ici des Éphésiens est valable pour tous les hommes : « morts dans vos fautes et dans vos péchés ». Cela ne concerne pas la mort physique du corps, car il est parlé au verset 2 de leur manière antérieure de marcher.
Il s’agit de l’état moral de l’homme naturel, et Dieu ne peut y trouver aucune satisfaction. « Mort » signifie ici « spirituellement mort », c’est-à-dire séparé de Dieu, et en même temps dans l’ignorance de ce qu’il est. L’épître aux Romains en revanche décrit les activités de l’homme vivant dans le péché (chap. 1 à 3). Les péchés sont la preuve qu’il n’y a rien de bon dans l’homme et qu’il est spirituellement mort pour Dieu.
Selon cette épître, il faut que cet homme vivant dans le péché soit crucifié avec Christ, qu’il meure et qu’il soit enseveli dans le baptême (chap. 6). Celui qui est baptisé a rendu par là même témoignage que son vieux « moi » a trouvé sa fin.
Ici au contraire, le pécheur est considéré comme mort par nature. Il doit être vivifié pour Dieu, avec Christ ; il doit être ressuscité avec Christ ; il est même vu introduit dans le ciel, en Christ. La doctrine de l’épître aux Romains avec la fin du vieil homme et celle de l’épître aux Éphésiens avec une nouvelle création, le nouvel homme, se complètent parfaitement. Il nous paraît plus facile de comprendre la doctrine de l’épître aux Romains, parce que dans la pratique elle est plus proche de nous.
Par la justification par la foi et la condamnation du vieil homme, notre ancienne vie a trouvé sa fin et nous marchons maintenant en nouveauté de vie. Mais ici, ce n’est pas seulement un nouveau commencement en pratique qui nous est présenté, mais il s’agit d’une nouvelle création, d’un nouvel homme (Éphésiens 2.15 ; 4.24). De misérables créatures, Dieu a créé pour lui-même quelque chose de nouveau.
Il n’y a rien de bon dans l’homme perdu. Sinon le Fils de Dieu n’aurait pas dû mourir pour nous, car nous aurions pu nous libérer par nos propres efforts de la boue du péché. Mais un mort ne peut rien faire. Dieu devait nous délivrer de la mort, car lui seul peut le faire. Le point central de toutes les religions qui (à l’exception du judaïsme) ne reposent pas sur une révélation divine mais sont fondées sur des raisonnements humains, est que l’on a devant les yeux un but plus ou moins bon que l’homme doit atteindre par ses propres efforts. Mais il n’y a de véritable salut que par la foi en Dieu qui seul peut nous purifier de « nos fautes et de nos péchés ». Une faute (ou transgression) est une action dont on sait qu’elle n’est pas juste, alors que beaucoup n’ont pas conscience que toute leur vie n’est qu’une succession de péchés. Pécher, au sens propre, signifie manquer le but.
Verset 2
« … dans lesquels vous avez marché autrefois, selon le train de ce monde, selon le chef de l’autorité de l’air, de l’esprit qui opère maintenant dans les fils de la désobéissance » (Éphésiens 2.2).
L’homme vit dans ces choses par nature, et le modèle en est « le train de ce monde » et « le chef de l’autorité de l’air », c’est-à-dire Satan, le chef des anges, qui possède un immense pouvoir. Il est vrai que son pouvoir a été brisé par la croix, parce que l’homme ne se trouve plus inéluctablement sous son influence. La délivrance est possible.
Mais ne sous-estimons pas le pouvoir du diable. Il est encore maintenant « le chef de l’autorité de l’air ». De même que l’air nous environne et pénètre tout, ainsi en est-il de lui. Il n’y a pas possibilité de s’isoler. Satan atteint les hommes en tous lieux. Il est « l’esprit qui opère maintenant dans les fils de la désobéissance ». Les hommes ne sont pas seulement influencés de l’extérieur, mais cet esprit est aussi actif en eux. Satan avait mis dans le cœur de Judas de trahir le Seigneur (Jean 13.2). Il influence les pensées des hommes et par là conduit ceux qui sont appelés ici fils de la désobéissance, c’est-à-dire des hommes d’une désobéissance totale.
Il en est de même pour l’expression « enfants de colère », au verset 3. Ce sont des hommes dont la vie entière ne consiste qu’en désobéissance envers Dieu. L’homme naturel ne s’informe pas de la volonté de Dieu. Il est donc désobéissant, qu’il le veuille ou non. Même si les Juifs occupaient une position qui les plaçait au-dessus des autres peuples, ils possédaient la révélation divine, un privilège mentionné par de nombreux passages du Nouveau Testament, ils n’étaient par nature pas meilleurs. Aucun Juif ne sera sauvé par le seul fait de son appartenance au peuple juif.
Verset 3
« … parmi lesquels, nous aussi, nous avons tous conversé autrefois dans les convoitises de notre chair, accomplissant les volontés de la chair et des pensées ; et nous étions par nature des enfants de colère, comme aussi les autres » (Éphésiens 2.3).
C’est pourquoi l’apôtre dit ici : « parmi lesquels, nous aussi, nous avons tous conversé autrefois dans les convoitises de notre chair » et nomme par là en même temps les sources du mal : les convoitises de la chair. Celui qui accomplit « les volontés de la chair et des pensées » n’agit pas selon la volonté de Dieu et est donc désobéissant, comme nous avons vu au verset 2. Tandis que « la chair » fait allusion à la source de l’action, « les pensées » montrent le chemin mental qui conduit à l’acte coupable. De ce fait, les Juifs également sont « par nature des enfants de colère, comme aussi les autres ».
Tous les hommes sont sous la juste colère de Dieu. C’est pourquoi le Seigneur Jésus a pu dire : « Mais qui désobéit (ou : ne croit pas) au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3.36). Il a pris sur lui à la croix, comme substitut de tous ceux qui croient en lui, la juste colère et le juste châtiment de Dieu sur tous les péchés et sur l’état décrit ici. Aussi quiconque croit en lui sait que la colère de Dieu s’est détournée de lui, car Dieu est juste et ne condamne pas deux fois. Sur celui qui ne croit pas, la colère de Dieu demeure : il reste un enfant de colère.
Comment Dieu agit envers nous.
Au verset 4, Paul revient sur la manifestation de la puissance de Dieu, un sujet qu’il a déjà commencé au chapitre 1, verset 19, mais interrompu au verset 21.
Verset 4
« … Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause de son grand amour dont il nous a aimés » (Éphésiens 2.4).
Ce n’est que quand nous reconnaissons notre état entièrement corrompu, que nos yeux peuvent s’ouvrir sur l’amour, la grâce, la bonté et la miséricorde de Dieu. De même, le fils prodigue n’a découvert l’amour de son père, que lorsqu’il en était venu à garder les pourceaux (Luc 15). Il put, lors de son retour, réaliser toutes les richesses de la miséricorde et de l’amour de son père.
Nous ne trouvons pas ici l’œuvre du Seigneur Jésus, mais avons l’origine de ce qui s’est passé à Golgotha, l’amour dans le cœur de Dieu, tel que nous l’avons déjà vu au début du chapitre 1er. Jean écrit une fois : « Dieu est lumière », mais deux fois : « Dieu est amour » (1 Jean 1.5 ; 4.8, 16). Rendons-lui grâce chaque jour pour son immense amour, qu’il a manifesté envers nous en nous sauvant par son Fils !
Verset 5
« … alors même que nous étions morts dans nos fautes, nous a vivifiés ensemble avec le Christ (vous êtes sauvés par la grâce) » (Éphésiens 2.5).
Quand même nous étions morts dans nos fautes (voir v. 1), nous n’avons pas ici la description de la « réaction » de Dieu à notre misérable état, car il aurait alors suffi qu’il nous ait pardonné nos péchés. Certes nous possédons ce pardon, comme il est dit au chapitre 1, verset 7, mais Dieu voulait nous donner beaucoup plus : Il voulait nous manifester avec surabondance les richesses de sa miséricorde, de son amour, de sa grâce et de sa bonté. Son dessein était de nous donner une place qui soit dans la plus grande proximité de celle qu’il a donnée à son Fils et en accord avec elle.
Une fois l’œuvre accomplie, il l’a ressuscité d’entre les morts et l’a fait asseoir à sa droite dans les lieux célestes (1.20). C’est pourquoi il nous a tous « vivifiés ensemble avec le Christ ». Nous étions moralement morts dans nos péchés. La mort signifie selon la parole de Dieu la séparation.
La mort morale est la séparation, l’éloignement de Dieu pour l’homme vivant dans le péché ; la mort physique, la séparation de l’âme et du corps, et la seconde mort, en contraste avec la mort physique, est la damnation éternelle, la séparation de Dieu pour l’éternité. Le Seigneur Jésus, qui lui-même est la vie, est entré volontairement dans la mort pour nous. Lorsqu’il fut abandonné de Dieu, à la croix, durant les trois heures de ténèbres, il prit volontairement sur lui ce que nous avions mérité pour l’éternité (comp. Matthieu 27.46 ; 2 Thessaloniciens 1.9).
De même que, après sa mort, le Seigneur Jésus fut vivifié (comp. 1 Pierre 3.18), nous sommes nous aussi « vivifiés ensemble avec le Christ ». Mais il demeure toutefois une grande différence. Comme Fils de Dieu, il donna la vie qu’il avait dans son corps et aussi la reprit (Jean 10.17-18), mais ici, où il est vu comme homme, c’est Dieu qui l’a vivifié. Nous, par contre, ne possédions aucune vie spirituelle, mais nous étions spirituellement morts. Nous avons reçu par Christ et avec Christ une vie nouvelle, la vie de Dieu. C’est la vie du Seigneur Jésus dans la résurrection.
Le propos divin existe depuis l’éternité, le fondement en a été posé il y a près de deux mille ans par la résurrection du Seigneur, et cela s’est réalisé au moment où nous avons cru en son œuvre. Même si aucun croyant n’a compris au moment de sa conversion qu’il est « vivifié ensemble avec Christ », cela n’en est pas moins vrai. Combien plus que ce que nous pensons est inclus dans son œuvre et dans l’œuvre de Dieu envers nous. Des êtres morts spirituellement sont devenus des hommes vivants pour Dieu ! Telle est notre part. Sa grâce nous a donné tellement plus que ce dont nous avions besoin. Sachons l’en remercier toujours plus !
Verset 6
« … et nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus » (Éphésiens 2.6).
Nous sommes cependant non seulement « vivifiés ensemble avec le Christ », mais aussi « ressuscités ensemble ». Il y a une différence entre ces deux faits. La résurrection n’indique pas la vie nouvelle que nous avons reçue, mais désigne la nouvelle position dans laquelle nous avons été introduits, qui est en harmonie avec la vie nouvelle en nous, dans laquelle celle-ci peut en fait se développer. Nous voyons cela aussi pour le Seigneur Jésus. Lorsqu’il se fit connaître de Marie de Magdala, le matin de sa résurrection, elle voulut dans sa joie le toucher. Mais il l’arrête en disant : « Ne me touche pas » (Jean 20.17). Un nouvel état avait été introduit, qu’il explique par ces paroles étonnantes : « Car je ne suis pas encore monté vers mon Père ».
Elle le voyait bien là devant elle, mais il appartenait déjà à un autre monde, le monde de la résurrection, et ne se trouvait plus ici-bas que pour peu de temps. Elle allait le comprendre parfaitement lorsqu’il serait élevé au ciel.
Le Seigneur Jésus a été ressuscité corporellement, nous le sommes avec lui spirituellement. Nous avons reçu une vie nouvelle, qui n’est pas destinée à ce monde, et par notre résurrection spirituelle, nous avons été introduits dans une sphère où cette vie peut s’épanouir. Et précisément l’épître aux Éphésiens nous présente comme nulle autre que notre place et nos bénédictions sont dans le ciel. Comme croyants, nous avons un appel céleste. Notre bourgeoisie est dans les cieux.
La résurrection de Christ nous a mis à part des hommes naturels qui sont morts pour Dieu et nous a unis au Seigneur Jésus qui est maintenant déjà au ciel. Bien que nous nous trouvions encore sur la terre, nous en sommes, quant à notre position, séparés. Nos devoirs quant à la terre découlent de cette magnifique position en résurrection comme ambassadeurs de Dieu, chargés de manifester ici son amour (comp. 5.1). Un chrétien n’a pas pour mission d’influencer activement le cours des événements de ce monde. Il appartient au monde de la résurrection. À tout instant, ce peut devenir une réalité pour notre corps aussi, quand le Seigneur Jésus viendra pour prendre à lui les siens.
Troisièmement, Dieu « nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus ». Quand le Seigneur Jésus viendra pour nous chercher, nous entrerons avec lui dans le ciel pour être là pour toujours avec lui (comp. Apocalypse 5). Mais du point de vue spirituel, ceci est maintenant déjà notre part, en vertu de l’œuvre du Seigneur Jésus et par la foi. C’est pourquoi la parole de Dieu dit ici très exactement : « dans le Christ Jésus », ce qui signifie : en relation avec lui et en vertu de sa position, non pas « avec » lui, c’est-à-dire unis à lui. Nous sommes encore sur la terre, mais en lui, nous sommes déjà là-haut. Aussi l’enlèvement au ciel des saints n’est-il pas mentionné dans cette épître. Selon le conseil de Dieu, tout est déjà accompli.
De même qu’en Romains 6, trois étapes conduisent à la mise de côté de notre vieil homme : crucifiés, morts et ensevelis avec Christ, ainsi nous voyons ici trois étapes de l’identification avec le Christ ressuscité et glorifié : vivifiés avec lui, ressuscités et assis ensemble en lui dans les lieux célestes.
Le but divin.
Le but de Dieu en tout cela nous est maintenant indiqué.
Verset 7
« … afin qu’il montrât dans les siècles à venir les immenses richesses de sa grâce, dans sa bonté envers nous dans le Christ Jésus » (Éphésiens 2.7).
Nous avons déjà maintenant fait l’expérience surabondante de l’amour, de la grâce et de la miséricorde de Dieu. L’amour est la nature même de Dieu. La grâce est son amour immérité, et la miséricorde, son amour et sa grâce en relation avec l’état misérable et désespéré dans lequel nous nous trouvions. Sa bonté en revanche se déploie, non dans la compassion, mais dans la surabondance de son amour, non envers des pécheurs perdus, mais envers les croyants.
Ils peuvent faire l’expérience des « immenses richesses de sa grâce, dans sa bonté », et cela « dans les siècles à venir ». Le Millénium est l’un de ces siècles à venir (1.10), et l’éternité qui suivra en fait aussi partie. Dans toute l’éternité, Dieu montrera les immenses richesses de sa grâce, dans sa bonté envers nous ! Quand bien même nous connaîtrons alors à fond comme nous avons été connus (1 Corinthiens 13.12), nous découvrirons pourtant continuellement de nouveaux aspects de la bonté de Dieu en Christ. Ce sera un élément de notre bonheur éternel. C’est ainsi que se déploie l’arc depuis l’éternité jusque dans l’éternité, depuis notre élection en Christ avant la fondation du monde en passant par notre rédemption par Christ, jusqu’à la manifestation de sa bonté dans le Christ Jésus dans les siècles à venir. Le Bien-aimé sur lequel repose de tout temps avec délice le regard du Père sera dans l’éternité aussi l’objet de la joie et de l’adoration des rachetés.
Verset 8
« … Car vous êtes sauvés par la grâce, par la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Éphésiens 2.8).
Dans les versets 8 à 10, il est encore une fois affirmé que nous ne pouvions contribuer en aucune manière à cette bénédiction insondable : « vous êtes sauvés par la grâce. » L’origine de notre salut est en Dieu seul, qui a donné son Fils bien-aimé pour des pécheurs perdus. Tout ce que nous avons reçu comme bénédictions, nous le devons uniquement à la grâce de Dieu.
Le moyen par lequel nous sommes sauvés n’est ni l’intelligence ni les sentiments, mais la foi, c’est-à-dire la confiance et l’obéissance du cœur envers Dieu et sa Parole. Et même cette foi est présentée ici comme quelque chose qui ne vient pas de nous. Cela veut-il dire que nous ne pouvons absolument rien faire ?
Le même apôtre a dit une fois : « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé » (Actes 16.31). Ceci paraît être en contradiction. Mais nous ne pouvons pas le sonder avec notre intelligence. Le Seigneur dit à Nicodème : « Le vent souffle où il veut, et tu en entends le son ; mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va : il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit » (Jean 3.8). Jusqu’à aujourd’hui, malgré tous les progrès de la technique dans le domaine de la prévision météorologique, on est encore loin de pouvoir indiquer parfaitement la direction et les effets du vent ! De même on ne peut pas décrire exactement comment un homme vient à la foi. Il y a d’un côté l’invitation à croire, et de l’autre, la foi est un don de Dieu. Ces deux aspects ont chacun sa place dans la parole de Dieu, et nous faisons bien de l’accepter ainsi.
En contraste avec plusieurs autres passages du Nouveau Testament, le salut nous est présenté ici comme un fait accompli. Nous n’avons plus à l’attendre, mais nous le possédons déjà. Il s’agit là du salut de l’âme, tandis que dans d’autres épîtres, le salut est envisagé comme encore non achevé.
Dans l’épître aux Hébreux, notre salut est considéré comme le secours à travers toutes les difficultés de la vie de la foi, pour lequel le Seigneur Jésus intercède comme notre souverain sacrificateur auprès de Dieu (Hébreux 7.25) ; et dans l’épître aux Philippiens, le salut concerne aussi notre corps, qui, lors de la venue du Seigneur, sera transformé en la conformité du corps de sa gloire (Philippiens 3.20-21).
Dans l’épître aux Éphésiens, au contraire, nous sommes considérés comme déjà parfaitement sauvés. En ceci aussi nous constatons encore une fois que c’est le conseil de Dieu qui nous est révélé ici.
Verset 9
« … non pas sur le principe des œuvres, afin que personne ne se glorifie » (Éphésiens 2.9).
Si la grâce imméritée de Dieu est l’origine de notre salut, et si la foi, nécessaire quant à ce qui nous concerne, est un don de Dieu, il est évident que l’homme, de son côté, ne peut absolument rien ajouter à ce salut. Eu égard surtout aux Juifs convertis auxquels cette épître s’adresse, il est souligné que ce n’est pas « sur le principe des œuvres » (comp. Romains 4.2 ; 11.6). Les œuvres sont caractéristiques de toutes les religions : il faut faire soi-même quelque chose pour atteindre le but. Mais il en est tout autrement quant à la foi à l’évangile de Dieu. Personne n’a de quoi se glorifier ; la gloire n’appartient qu’à Dieu, comme aussi Paul le déclare dans plusieurs autres passages (Romains 3.27 ; 1 Corinthiens 1.29-31).
Verset 10
« … car nous sommes son ouvrage, ayant été créés dans le Christ Jésus pour les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles » (Éphésiens 2.10).
L’œuvre de Dieu commence dans l’éternité par notre élection et notre prédestination, elle inclut la venue et l’œuvre de son Fils comme Rédempteur, et ce qu’il a fait envers nous et de nous aussi est de lui. Dans le Christ Jésus, Dieu a créé quelque chose de complètement nouveau. « En sorte que si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création : les choses vieilles sont passées ; voici, toutes choses sont faites nouvelles » (2 Corinthiens 5.17). De même que la première création fut l’œuvre de Dieu, de même la nouvelle création l’est aussi. Nous avons « été créés dans le Christ Jésus pour les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles ».
Nous ne sommes pas seulement une nouvelle création (comp. « le nouvel homme » au verset 15 et au chapitre 4, verset 24), mais encore notre « environnement » et notre « chemin » sont préparés pour y correspondre. Ceci ne veut pas dire que Dieu tient à disposition pour chaque croyant un certain nombre de bonnes œuvres bien définies qu’il doit accomplir. Nous verrons certes, dans la maison du Père, de quelle manière parfaite il nous a conduits. Mais ici, la pensée est que, pour le nouvel homme, certaines choses n’entrent plus en ligne de compte, mais il y a les bonnes œuvres. Le Saint Esprit nous conduit dans un chemin où se trouvent ces bonnes œuvres. Nous n’avons pas seulement reçu une nouvelle vie, mais nous nous trouvons maintenant dans une nouvelle sphère où cette vie peut agir, et cela dans des activités que nous ignorions totalement auparavant.
Toutefois les bonnes œuvres ne sont pas la conséquence de l’observation de la loi, comme le pensent beaucoup de chrétiens. La loi, qui était destinée seulement à Israël, contenait bien les commandements de Dieu pour l’homme naturel sur la terre, mais elle n’était nullement la parfaite révélation de la volonté de Dieu (comp. 1 Timothée 1.8-11).
Le modèle parfait d’une marche dans les bonnes œuvres selon Dieu, c’est le Seigneur Jésus dans sa vie sur la terre. Il nous a laissé dans les évangiles l’exemple d’une marche sainte et agréable à Dieu, qui peut nous conduire exactement et parfaitement en toutes circonstances. Ne sommes-nous pas appelés à suivre ses traces (1 Pierre 2.21) ?
L’œuvre de Dieu envers nous et avec nous (2.11-22).
Le verset 11 du chapitre 2 de l’épître aux Éphésiens reprend le sujet du conseil de Dieu concernant Christ et son assemblée, mentionné au chapitre 1, versets 20 à 23. Depuis l’appel d’Israël comme peuple terrestre de Dieu, l’humanité était séparée en deux groupes : Israël (ou les Juifs) et les nations (ou les Gentils). Mais la croix a complètement changé cette situation. Elle a en effet manifesté que tant les Juifs que les Gentils ont besoin de rédemption et que, sans la foi au Seigneur Jésus, ils sont éternellement perdus (comp. Romains 3.9).
Verset 11
« … C’est pourquoi souvenez-vous que vous, autrefois les nations dans la chair, qui étiez appelés incirconcision par ce qui est appelé la circoncision, faite de main dans la chair » (Éphésiens 2.11).
D’abord Paul mentionne de nouveau la différence qui existait entre les Juifs et les nations (voir Éphésiens 1.12-13). La circoncision était la marque distinctive extérieure des Juifs ; Dieu l’avait donnée à leur ancêtre Abraham déjà comme signe et sceau de l’alliance conclue avec lui, et il l’avait renouvelée plus tard dans la loi de Sinaï (Genèse 17.10-14 ; Lévitique 12.3). Cette marque distinctive extérieure était si caractéristique que les Juifs étaient généralement désignés comme « la circoncision » et, en conséquence, les nations comme « l’incirconcision » (Romains 3.30 ; Galates 2.7).
Cette petite amputation avait un sens symbolique, et les Israélites en avaient connaissance depuis le début (comp. Deutéronome 10.16 ; Jérémie 4.4). Mais la pleine signification spirituelle de la circoncision ne pouvait être révélée que dans le Nouveau Testament. Elle est une image du jugement de Dieu sur la chair, la nature pécheresse dans l’homme, par la mort de Christ à la croix (comp. Philippiens 3.3 ; Colossiens 2.11).
Toutefois Paul parle ici non pas de la signification spirituelle, mais de la circoncision au sens littéral, « faite de main dans la chair ». Les nations comme telles n’avaient aucune relation avec Dieu, mais appartenaient à cette partie de l’humanité qui n’avait reçu aucun appel de la part de Dieu et n’était pas mise à part pour lui rendre un témoignage particulier.
Les livres de Arend Remmers en Pdf
➲ Articles à découvrir...

7. Le pouvoir du sang de Jésus

Que personne ne prenne ta couronne.5

18. Le chemin de la croissance spirituelle
➲ REUNION SUR ZOOM
Edification
Enseignements
➲ NOUVEAUX EBOOKS
PDF Révisés


