4. Bénis en Christ
Chap: 2 - L’accomplissement du conseil Divin (suite) - Avec les mots « et vous », la pensée interrompue au verset 20 du chapitre 1 est reprise. Maintenant ce sujet est poursuivi, avec une nouvelle parenthèse jusqu’à la fin du verset 4, à la suite de laquelle intervient un changement, en ce qu’il est dit : « nous ».
Verset 12
« … vous étiez en ce temps-là sans Christ, sans droit de cité en Israël et étrangers aux alliances de la promesse, n’ayant pas d’espérance, et étant sans Dieu dans le monde » (Éphésiens 2.12).
Les nations païennes ne connaissaient ni les promesses concernant le Messie qui devait venir, ni la personne de Celui qui était venu dans ce monde comme Sauveur. Elles n’avaient non plus aucune part aux privilèges du peuple terrestre de Dieu ni aux alliances qui lui ont été données, dont les promesses, à commencer par celles faites à Abraham, faisaient allusion plus ou moins clairement au Messie futur, et de ce fait elles étaient sans espérance et sans Dieu dans le monde. Non seulement elles étaient mortes dans leurs fautes et dans leurs péchés, mais elles avaient abandonné toute relation avec le Dieu vivant et vrai, et n’avaient pas la moindre connaissance de lui.
Verset 13
« … Mais maintenant, dans le Christ Jésus, vous qui étiez autrefois loin, vous avez été approchés par le sang de Christ » (Éphésiens 2.13).
Mais l’œuvre rédemptrice du Seigneur Jésus n’est pas seulement valable pour le peuple d’Israël, elle l’est pour le monde entier. Par son sang, il a ouvert l’accès à Dieu pour tous les hommes qui croient en lui. D’une manière semblable, l’apôtre écrit en Hébreux 10.19 aux Juifs venus à la foi, que par le sang de Jésus ils ont une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints, parce que, par son sang, il a accompli aussi bien la propitiation devant Dieu, que la purification des péchés.
C’est « le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache » ainsi que l’écrit Pierre (1 Pierre 1.19). Par le sang de Christ, signe du don de sa vie jusque dans la mort, nous avons reçu la rédemption, la rémission des fautes (Éphésiens 1.7) ; et par son sang, nous avons été introduits dans la proximité immédiate du Dieu saint. Les croyants d’entre les nations éloignées de Dieu, de même que ceux d’entre le peuple des Juifs, ont été approchés par ce moyen. Ils ne sont maintenant plus loin de Dieu, mais se trouvent dans la relation la plus intime avec lui. N’oublions jamais le grand prix que notre bien-aimé Seigneur a dû payer pour cela !
Versets 14 et 15
« … Car c’est lui qui est notre paix, qui des deux en a fait un et a détruit le mur mitoyen de clôture, ayant aboli dans sa chair l’inimitié, la loi des commandements qui consiste en ordonnances, afin qu’il créât les deux en lui-même pour être un seul homme nouveau, en faisant la paix » (Éphésiens 2.14-15).
Christ est « notre paix » ! Cette paix n’est pas un sentiment dont nous jouissons, c’est une personne : Christ ! Notre foi peut se reposer sur lui. S’il est devenu notre paix, celle-ci est certaine et inébranlable. Ce n’est que lorsque nous avons saisi cela dans une foi simple mais ferme que nous possédons une paix assurée. Nous pouvons alors jouir de ce que nous croyons. Mais la paix n’est pas seulement quelque chose en nous, elle est une réalité que Christ lui-même a établie et qui repose en lui.
Non seulement les croyants d’entre les nations ont été approchés de Dieu par le sang de Christ, mais aussi les Juifs qui croient au Seigneur Jésus sont retirés de leur position précédente comme peuple terrestre de Dieu. La loi était un mur de séparation qui circonscrivait pour ainsi dire Israël. Dieu avait ainsi séparé son peuple des nations. Selon la loi, les Juifs ne pouvaient avoir aucune communion avec les nations. Ainsi l’humanité était en quelque sorte divisée en deux groupes : les Juifs, qui étaient près de Dieu, et les nations qui étaient loin de lui. Christ a, maintenant, à la croix, « détruit le mur mitoyen de clôture » (comp. Romains 10.4 ; Colossiens 2.14).
Combien peu de chrétiens comprennent cette vérité glorieuse ! Dans la chrétienté, on a rétabli partiellement la loi que le Seigneur a annulée par sa mort et on l’a érigée en règle de vie pour le chrétien. Les conséquences en sont l’inquiétude, le doute et la crainte. Non, le chrétien n’est pas assujetti à la loi. Il est ressuscité avec Christ ; il est uni non pas à un Christ vivant sur la terre, né sous la loi (Galates 4.4), mais à Christ dans les lieux célestes. Il n’est pas sous la loi, mais dans la grâce.
En Christ, tous ceux qui croient en lui, qu’ils aient été Juifs ou Gentils, sont introduits dans une position entièrement nouvelle, céleste, dont il n’avait été fait aucune mention jusqu’alors. Les nations ne sont pas incorporées dans le peuple juif, et le christianisme n’est pas une continuation modifiée du judaïsme. À la croix, le Seigneur Jésus est devenu notre paix : là, il n’a pas seulement réconcilié avec Dieu les croyants d’entre les Juifs et d’entre les nations, mais des deux, il en a fait un et, en faisant la paix, il les a créés pour être un seul « homme nouveau » (comp. Éphésiens 4.24 ; Colossiens 3.10). Le nouvel homme est pour ainsi dire une nouvelle sorte d’homme, il est en contraste avec le « vieil homme », qui est crucifié avec Christ (Romains 6.6).
Christ, l’homme « venu du ciel » (1 Corinthiens 15.47) est le modèle parfait du nouvel homme. Il s’agit donc non pas de Christ comme personne, mais des traits de Christ dans chaque croyant individuellement. Ces traits, il est vrai, ont déjà été manifestés par lui sur la terre, mais ce n’est qu’après sa mort et sa résurrection que le nouvel homme a pu devenir réalité dans les croyants. En lui, toutes les différences sociales, culturelles et religieuses sont mises de côté, de même que celles qui existent entre Juifs et nations (comp. Colossiens 3.11). Par la paix faite par Christ, des hommes qui, auparavant, étaient « haïssables et se haïssant l’un l’autre » (Tite 3.3) sont maintenant devenus « un ». Quel merveilleux résultat de l’œuvre de la rédemption de Golgotha !
Un seul corps.
À la croix, le Seigneur Jésus a aussi posé le fondement pour l’Assemblée comme le « seul corps ». Tandis que dans le « un seul homme nouveau » toutes les différences du « vieil homme » sont mises de côté, dans le « un seul corps », tous les croyants sont constitués une nouvelle unité.
Verset 16
« … et qu’il les réconciliât tous les deux en un seul corps à Dieu par la croix, ayant tué par elle l’inimitié » (Éphésiens 2.16).
Dans le nouvel homme, toutes les différences du vieil homme sont mises de côté ; il en est de même dans le corps de Christ qui est constitué de croyants issus du peuple juif et des nations. Ce n’est pas Dieu qui est l’ennemi des hommes, mais ils sont eux ses ennemis. Ce n’est pas lui qui devait être réconcilié avec nous, des êtres pécheurs, mais nous avons été réconciliés avec lui (comp. 2 Corinthiens 5.20). Réconcilier n’est pas non plus la même chose que racheter, sauver ou justifier. Ce verbe (en grec : apokatallassô) signifie « amener en pleine harmonie ».
Tous ceux qui croient en l’œuvre de Christ à la croix sont personnellement réconciliés avec Dieu et ont été créés « pour être un seul homme nouveau », mais ils forment aussi, sur le fondement de cette même œuvre, une unité qui lui est agréable, l’assemblée de Dieu. Toute inimitié entre les hommes, et en particulier le mépris réciproque des Juifs et des nations, a pris fin dans la mort de Christ à la croix. Le « un seul corps » de Christ sur la terre, auquel appartiennent maintenant tous les rachetés, et qui au chapitre 1, verset 23 est appelé dans son état complet « la plénitude de celui qui remplit tout en tous » est vu ici au moment de sa constitution.
Il a effectivement été formé par le baptême du Saint Esprit le jour de la Pentecôte (Actes 2), mais le fondement en a été la croix de Golgotha.
Verset 17
« … Et il est venu, et a annoncé la bonne nouvelle de la paix à vous qui étiez loin, et la bonne nouvelle de la paix à ceux qui étaient près » (Éphésiens 2.17).
À la croix, le Seigneur Jésus a fait la paix (« par le sang de sa croix », Colossiens 1.20) et est devenu ainsi Celui par lequel on peut trouver la paix. Mais cette paix devait et doit être annoncée aux hommes. C’est ce que le Seigneur a fait, en ce qu’il « est venu et a annoncé la bonne nouvelle de la paix ». Le Seigneur, ressuscité et maintenant glorifié, n’est pas venu personnellement pour annoncer aux hommes la paix faite avec Dieu à la croix, mais il l’a fait par le Saint Esprit et par le moyen de la bonne nouvelle de l’évangile et des messagers qu’il a envoyés. Les nations qui n’avaient aucune relation avec Dieu sont appelées ceux qui étaient « loin », les Juifs, qui avaient été approchés de Dieu depuis l’alliance de Sinaï déjà, sont en revanche ceux qui étaient « près ».
Verset 18
« … car par lui nous avons, les uns et les autres, accès auprès du Père par un seul Esprit » (Éphésiens 2.18).
Celui qui maintenant croit en lui a un libre accès auprès du Dieu saint comme notre Père qui nous aime. Le Seigneur Jésus a ouvert cet accès aussi bien aux croyants d’entre les Juifs qu’à ceux d’entre les nations, et le Saint Esprit, qui a uni tous les croyants les uns avec les autres, nous donne la liberté et la joie d’aller spirituellement à Dieu comme Père. Cet accès des croyants auprès du Père dans l’adoration, la reconnaissance, la prière et l’intercession est l’un des plus grands privilèges du temps présent de la grâce.
Toutes les formes religieuses juives, telles que lieux et jours saints, vêtements sacerdotaux somptueux, cérémonies et instruments de musique, qui agissent sur les sens humains, n’ont aucune place dans le culte chrétien. La croix de Christ a mis fin à tout cela. Le Saint Esprit envoyé du ciel nous rend capables d’adorer le Père en esprit et en vérité (Jean 4.23).
La maison de Dieu.
Les versets 19 à 21 constituent le couronnement de ce chapitre qui décrit le chemin du pécheur depuis son état loin de Dieu et désespéré, jusque dans la proximité immédiate de Dieu, en vertu de l’œuvre de la rédemption de Christ. Les croyants n’ont pas seulement été amenés individuellement à Dieu, mais ils appartiennent maintenant à l’assemblée de Dieu, considérée ici comme un temple saint dans le Seigneur et comme une habitation de Dieu par l’Esprit.
Verset 19
« … Ainsi donc vous n’êtes plus étrangers ni forains, mais vous êtes concitoyens des saints et gens de la maison de Dieu » (Éphésiens 2.19).
Il semble que l’Esprit Saint veut nous conduire progressivement à ce point culminant de nos relations. Il nomme en premier lieu « concitoyens des saints » les croyants à Éphèse, qui, en contraste avec Israël, étaient autrefois étrangers et forains (comp. v. 12). Cette désignation nous fait penser à la population d’une ville, constituée exclusivement de personnes nées de nouveau, mises à part pour Dieu. Individuellement, ils sont des « saints et bien-aimés », mais ils ne sont pas isolés, ils sont aussi « concitoyens » d’une cité céleste (Éphésiens 1.1 ; 5.3 ; Philippiens 3.20). L’expression suivante, « gens de la maison de Dieu », nous conduit à la communion avec Dieu comme membres de sa famille. Ce sont déjà de merveilleux privilèges ! Mais ensuite il y a encore un pas de plus, pour être un édifice divin dans lequel nous sommes inclus et dont la description depuis son fondement va suivre.
Verset 20
« … ayant été édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes, Jésus Christ lui-même étant la maîtresse pierre du coin » (Éphésiens 2.20).
Tous les croyants y sont considérés comme « édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes ». Si Christ n’est pas mentionné ici comme le fondement, mais qu’il soit parlé « des apôtres et prophètes », cela ne veut pas dire qu’en plus de lui il y en a un autre, mais cela signifie que le fondement a été posé par le ministère des apôtres et prophètes (comp. 1 Corinthiens 3.10-11). Ces hommes ont été les instruments appelés par le Seigneur Jésus pour annoncer la vérité et pour rédiger les écrits du Nouveau Testament.
Parmi ces écrivains, les apôtres Matthieu, Jean, Pierre et Paul étaient aussi prophètes, tandis que des prophètes tels que Marc, Luc, Jacques et Jude ne sont pas comptés parmi les apôtres. Que les hommes de Dieu de l’Ancien Testament ne peuvent pas être les prophètes désignés ici, ressort clairement de 1 Corinthiens 12.28 et Éphésiens 3.5. Et ceci est confirmé par l’emploi d’un seul article pour les deux groupes ainsi que par l’ordre dans lequel ils figurent (« des apôtres et prophètes »).
Les apôtres et prophètes étaient « de saints hommes de Dieu » appelés par le Seigneur et choisis par le Saint Esprit qui ont reçu la révélation du mystère jusqu’alors caché concernant Christ et son Assemblée et ont été inspirés de Dieu pour l’annoncer « en paroles enseignées de l’Esprit » (2 Pierre 1.21 ; 1 Corinthiens 2.6-13). Bien qu’ils aient été des hommes semblables à nous, ils ont été désignés et qualifiés comme instruments particuliers de Dieu pour transcrire sous une forme infaillible la vérité de Dieu, de sorte que le fondement divin de l’Assemblée n’est pas altéré par la faiblesse humaine. Ceci ne peut plus être dit d’aucun des serviteurs ultérieurs de Dieu.
Comme pour prévenir tout doute ou toute critique, il est ajouté : « Jésus Christ lui-même étant la maîtresse pierre du coin ». L’expression « lui-même » ne met-elle pas la personne du Fils d’une certaine manière en contraste avec les instruments humains mentionnés précédemment ? Lui-même est placé au premier plan comme la divine pierre du coin de la maison de Dieu, et non pas les apôtres et prophètes. L’édifice a commencé par lui et il est défini dans sa dimension et sa direction par lui. C’est Dieu qui travaille à la construction parfaite de l’assemblée de Dieu, non pas des hommes. Sinon, il serait impossible que « tout l’édifice, bien ajusté ensemble » croisse jusqu’à son achèvement. Nous voyons ici l’accomplissement des paroles du Seigneur : « Sur ce roc je bâtirai mon assemblée » (Matthieu 16.18).
Le Seigneur Jésus est la pierre angulaire de l’assemblée (Éphésiens 2.20 ; 1 Pierre 2.6). Si nous nous référons aux passages de l’Ancien Testament où cette expression se trouve, il apparaît clairement qu’il doit s’agir d’un élément qui appartient aux fondations d’un édifice, non le fondement lui-même, mais une pierre importante d’après laquelle tout le bâtiment est édifié. En Job 38.6, il est écrit, relativement à la création de la terre : « Sur quoi ses bases sont-elles assises, ou qui a placé sa pierre angulaire ? » Ésaïe 28.16 applique déjà ce concept prophétiquement au Messie : « Voici, je pose comme fondement, en Sion, une pierre, une pierre éprouvée, une précieuse pierre de coin, un sûr fondement ». Dans ces deux passages, Dieu est Celui qui commence une grande et nouvelle œuvre par la pose de la pierre angulaire.
Lorsque Pierre mentionne la pierre de coin en rapport avec la citation tirée du prophète Ésaïe, il le fait pour souligner tout spécialement le prix qu’elle a pour Dieu et pour ceux qui croient au Seigneur Jésus (1 Pierre 2.6-8).
Verset 21
« … en qui tout l’édifice, bien ajusté ensemble, croît pour être un temple saint dans le Seigneur » (Éphésiens 2.21).
Maintenant, en Jésus-Christ, la pierre angulaire, « tout l’édifice » croît. Le mot « édifice » (en grec : oikodomé) a un sens très large. Il désigne en Matthieu 24.1, les bâtiments du temple à Jérusalem, en 2 Corinthiens 5.1, le corps de gloire que nous recevrons lors de notre enlèvement, et en Romains 14.19 ainsi que dans de nombreux autres passages, « l’édification » spirituelle des croyants.
En 1 Corinthiens 3.9, Paul dit des chrétiens à Corinthe qu’ils sont « le labourage de Dieu, l’édifice de Dieu » et ici, il est écrit : « …en qui tout l’édifice, bien ajusté ensemble, croît pour être un temple saint dans le Seigneur ». Toutes les différentes acceptions de ce mot ont en commun l’évocation de la construction, qu’elle soit déjà achevée ou encore en cours. Les deux dernières citations parlent clairement d’une édification qui se poursuit. En 1 Corinthiens 3.9, l’assemblée à Corinthe est toutefois considérée comme « l’édifice de Dieu » (c’est-à-dire comme son expression locale) auquel des hommes travaillent, tandis qu’ici « tout l’édifice » représente l’assemblée sur la terre entière comme construction divine et parfaite. Le mot « édifice » (de même que « temple ») ne désigne donc pas toujours exactement la même chose.
Comment faut-il alors comprendre que l’Assemblée, localement ou sous son aspect universel, soit considérée comme un temple terminé, comme demeure de Dieu et du Saint Esprit, et tout à la fois comme un « édifice » non encore achevé ? Ces diverses images ne doivent pas nous amener à supposer la moindre contradiction ou imperfection. Au contraire, c’est à cause de notre faiblesse et de notre limitation que Dieu doit utiliser dans sa Parole des représentations figurées de son Assemblée, afin que nous puissions saisir quelque chose de ses pensées éternelles et élevées.
Ainsi il se sert de notions connues tirées de la création et de la vie humaine. Mais prises isolément, elles ne suffisent pas, à cause de leur puissance d’expression limitée, pour nous faire voir d’un coup d’œil tous les aspects. Tel est le motif de la diversité, déroutante pour beaucoup, des points de vue sous lesquels précisément l’Assemblée comme maison de Dieu est présentée.
C’est cependant seulement de cette manière que « la sagesse si diverse de Dieu », qui doit être révélée par l’Assemblée, peut atteindre à cet égard aussi son plein développement. En adorant, nous pouvons dire : « O profondeur des richesses et de la sagesse et de la connaissance de Dieu ! » (Romains 11.33).
Nous lisons en 1 Corinthiens 3.16-17 : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ?… car le temple de Dieu est saint, et c'est ce que vous êtes » En 2 Corinthiens 6.16, nous sommes mis en garde contre le joug mal assorti et, à ce sujet, la question nous est posée : « Quelle convenance y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? Car vous êtes le temple du Dieu vivant… ». Ces exhortations solennelles se terminent par ces paroles : « Ayant donc ces promesses, bien-aimés, purifions-nous nous-mêmes de toute souillure de chair et d’esprit, achevant la sainteté dans la crainte de Dieu » (7.1). Et dans notre passage, il est écrit : « …tout l’édifice, bien ajusté ensemble, croît pour être un temple saint dans le Seigneur ».
Il est vrai que notre corps humain est aussi appelé « le temple du Saint Esprit » (1 Corinthiens 6.19) ; c’est là cependant une autre pensée, quoiqu’on ne puisse pas la séparer entièrement de ce que nous avons ici. Par l’habitation du Saint-Esprit, le corps de tout croyant est maintenant un temple, car le Saint-Esprit est une personne de la Déité. Il habite pourtant aussi au milieu des croyants dans leur ensemble ; ceci s’exprime particulièrement dans le corps de Christ, qui a été formé par le baptême d’un seul Esprit. Mais l’Assemblée elle-même, comme temple saint, est l’habitation et la sphère d’activité du Saint Esprit.
À la différence du « temple de Dieu » dans les épîtres aux Corinthiens, il s’agit cependant ici de la construction parfaite de Dieu, et non pas de l’assemblée vue sous l’aspect de la responsabilité de l’homme. L’utilisation du même mot ne doit pas nous empêcher de voir cette différence importante, bien que cela montre qu’il s’agit en principe d’une seule et même chose. De plus le temple de Dieu est présenté dans les épîtres aux Corinthiens comme l’habitation du Saint Esprit déjà complète, tandis que dans l’épître aux Éphésiens, l’édifice croît encore pour être un temple saint dans le Seigneur, et n’est donc pas considéré comme achevé tant que des « pierres vivantes » sont ajoutées, c’est-à-dire jusqu’au retour du Seigneur.
« Le temple saint dans le Seigneur » n’est formé que des vrais croyants. Bien qu’il ne soit pas dit que c’est lui qui bâtit, les mots « bien ajusté ensemble » en particulier montrent qu’il y a ici un Architecte infaillible qui réalise une construction parfaite. Mis à part Éphésiens 2.21, cette expression (en grec, un seul mot : sunharmologoumenos) ne se retrouve qu’au chapitre 4, verset 16, et dans un contexte tout à fait semblable.
Là aussi il est parlé de la croissance de l’Assemblée, mais vue comme le corps de Christ. Tous les membres du corps de Christ sont de vrais croyants, il n’y a aucun professant sans vie. C’est pourquoi il est lui aussi « bien ajusté ensemble ». Si la même expression est utilisée ici, c’est qu’il s’agit de la construction du point de vue et selon le conseil de Dieu.
Verset 22
« … en qui, vous aussi, vous êtes édifiés ensemble, pour être une habitation de Dieu par l’Esprit » (Éphésiens 2.22).
Le dernier verset de ce paragraphe passe de la considération du conseil de Dieu à la pratique, comme le montrent les termes « vous aussi », adressés directement aux saints à Éphèse. Le mot « habitation » (en grec : katoikétérion) est déjà utilisé dans la Septante, la traduction grecque de l’Ancien Testament, principalement pour désigner la « maison de Dieu », que ce soit prophétiquement en Exode 15.17, pour le temple en 1 Rois 8.39 et d’autres passages, ou encore pour la « demeure sainte (de Dieu) dans les cieux » (2 Chroniques 30.27). Il n’apparaît dans le Nouveau Testament que dans deux passages : en Éphésiens 2.22, comme « habitation de Dieu par l’Esprit » et en Apocalypse 18.2, pour Babylone, comme « la demeure de démons ».
La rédemption est la condition préalable de l’habitation de Dieu parmi les hommes. Le peuple terrestre d’Israël est en cela un type faible et imparfait de l’Assemblée. Si riche d’enseignements que soit la tente d’assignation pour nous, et si glorieux que puisse être le temple à Jérusalem, tous deux ne sont que des « ombres des biens à venir, non l’image même des choses », parce que « le Très-Haut n’habite point dans des demeures faites de main » et lui « qui est le Seigneur du ciel et de la terre n’habite pas dans des temples faits de main » (Hébreux 10.1 ; Actes 7.48 ; 17.24). Son habitation est une maison spirituelle, invisible pour l’œil naturel.
Pour devenir l’habitation de Dieu, nous n’avons cependant pas à attendre jusqu’à notre enlèvement. Nous sommes déjà maintenant son habitation par l’Esprit, qui a été formée, comme le corps de Christ, par le Saint Esprit. Il y habite, et par là même, cette habitation porte son caractère. « L’habitation par l’Esprit » est la maison spirituelle de Dieu sur la terre ! Tous les vrais croyants qui vivent maintenant sur la terre en font partie.
Toute maison porte le caractère, la marque de son propriétaire ou de son occupant. Il n’en est pas autrement de l’assemblée de Dieu. Sa nature doit se manifester dans sa maison et seule sa volonté peut s’y exercer. Aucun homme, et aucune communauté humaine si grande soit-elle, n’a le droit d’y décider quoi que ce soit. Tout est dirigé et ordonné uniquement par sa Parole et par son Saint-Esprit.
Bien que le monde veuille exclure Dieu, il a cependant un lieu où il habite, où il est honoré comme Dieu, et où ses droits sont aussi reconnus. Là seulement il peut habiter, et là il peut se reposer au milieu de pécheurs sauvés, pour lesquels il a tout fait, et qui aussi ont trouvé en lui et en son Fils la paix et le repos. Il habite là où il peut se reposer, et il se repose là où les rachetés le reconnaissent comme Dieu et l’adorent (comp. Psaumes 132.14). C’est ce qu’indique déjà l’holocauste de Noé après le déluge, dont l’Éternel flaira l’odeur agréable et sur lequel il établit ses promesses.
Cet édifice « croît pour être un temple saint dans le Seigneur » et en lui, les croyants sont « édifiés ensemble, pour être une habitation de Dieu par l’Esprit ». Aussi longtemps que l’évangile est prêché et que des âmes sont amenées à la foi au Seigneur Jésus, la construction avance sans relâche. Elle parviendra à son achèvement à la venue de Christ pour chercher les siens. Dans l’état éternel l’Assemblée sera « l’habitation de Dieu… avec les hommes » (Apocalypse 21.3).
Cependant ce même édifice est déjà maintenant la demeure de Dieu sur la terre. Quelle chose merveilleuse : Dieu n’habite pas une maison non terminée, mais « un temple saint », où tout est établi sur le Seigneur, et « une habitation » dans laquelle il est présent dans la personne du Saint Esprit.
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