2. Guide vers le Sauveur
Chap: 2 - Les conditions pour parvenir à la sainteté (suite) - Il est nécessaire de prendre en considération les tentations qui nous vainquent et de comprendre ce que signifie réellement la capacité d’être saint. Pour parvenir à la sainteté, nous devons connaître Christ dans son œuvre.
Nous devons le connaître comme notre Roi qui règne sur nous ; comme notre Médiateur qui nous réconcilie avec Dieu ; comme notre Avocat qui plaide en notre faveur ; comme notre Rédempteur qui nous délivre ; comme notre Justification qui nous rend justes ; comme notre Juge qui discerne avec vérité ; comme Celui qui répare la brèche ; comme la propitiation pour nos péchés ; comme le garant d’une alliance meilleure que la première.
Nous devons le connaître comme Celui qui est mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification ; comme Celui qui porte nos souffrances et nos douleurs ; comme Celui par les meurtrissures duquel nous sommes guéris ; comme Celui qui a été fait péché pour nous afin que nous devenions justice de Dieu en Lui. Il est Celui sur les épaules duquel repose le gouvernement du monde, le Chef de toutes choses pour l’Église ; Celui qui possède tout pouvoir dans le ciel et sur la terre. Il est le Prince de la paix, le Chef de notre salut, notre Pâque, notre Sagesse, la rédemption de notre âme, notre Prophète et notre Souverain Sacrificateur ! »
Pour déterminer les conditions de la sanctification entière dans cette vie, il nous faut considérer les tentations qui nous vainquent. Lors de notre conversion, nous avons vu que le cœur, ou la volonté, se consacre entièrement à Dieu, tout l’être se livrant à Lui. Nous avons aussi compris que cet état est une bienveillance désintéressée, un engagement total à rechercher le plus grand bien de l’existence. Nous avons vu encore que tout péché est égoïsme.
Il consiste dans la volonté qui cherche la satisfaction de soi, qui obéit à nos penchants au lieu d’obéir à Dieu, dont la loi est révélée par la raison. Qui ne voit alors ce qu’il faut faire pour briser la puissance de la tentation et libérer l’âme ? En réalité, notre sensibilité, dans son rapport aux choses du temps et des sens, s’est développée de manière excessive et reste vibrante face à tout ce qui lui correspond, tandis que, par la cécité de l’esprit aux réalités spirituelles, elle est à peine développée dans ses relations avec elles. Ces réalités sont rarement pensées par l’esprit charnel, et lorsqu’elles le sont, ce n’est qu’en pensée ; elles ne sont pas clairement vues, et donc elles ne sont pas ressenties.
La pensée de Dieu, de Christ, du péché, de la sainteté, du ciel et de l’enfer, suscite peu ou pas d’émotion dans l’esprit charnel. Celui-ci est éveillé et sensible aux choses terrestres et visibles, mais mort aux réalités spirituelles. Le monde spirituel doit être révélé à l’âme. L’âme doit voir et comprendre clairement son état spirituel, ses relations et ses besoins. Elle doit apprendre à connaître Dieu et Christ, à percevoir les réalités spirituelles et éternelles comme des vérités claires, présentes et absorbantes.
Elle a besoin de telles révélations du monde éternel, de la nature et de la culpabilité du péché, et de Christ comme remède de l’âme, afin de tuer ou mortifier fortement la convoitise, les appétits et les passions liés aux choses du temps et des sens, et de développer pleinement la sensibilité dans ses rapports avec le péché, avec Dieu et avec l’ensemble des réalités spirituelles. Cela réduira grandement la fréquence et la puissance des tentations à la recherche de soi, et brisera l’esclavage volontaire de la volonté. Le développement de la sensibilité doit être profondément corrigé. Cela ne peut se faire que par la révélation, par le Saint-Esprit, à l’homme intérieur, de ces grandes réalités solennelles et écrasantes du « pays spirituel », qui demeurent cachées aux yeux de la chair.
Nous voyons souvent autour de nous des personnes dont la sensibilité est tellement développée dans une ou plusieurs directions qu’elles sont entraînées captives par l’appétit et la passion, malgré la raison et malgré Dieu. L’ivrogne en est un exemple. Le gourmand, l’homme débauché, l’avare, etc., sont aussi des exemples de ce genre.
Parfois, au contraire, nous voyons, par une providence frappante, se produire un contre-développement de la sensibilité qui abat et réprime ces tendances particulières, et la direction entière de la vie de l’homme semble changée ; extérieurement, du moins, il en est ainsi. De parfait esclave de son appétit pour les boissons fortes, il en vient à ne pouvoir, sans dégoût et répulsion extrêmes, entendre seulement le nom de ce breuvage qu’il aimait autrefois.
D’avare qu’il était, il devient profondément écœuré par la richesse, qu’il rejette et méprise. Or, cela a été produit par un contre-développement de la sensibilité, car, dans le cas supposé, la religion n’y a rien à voir. La religion ne consiste pas dans les états de la sensibilité, ni dans une volonté influencée par la sensibilité ; mais le péché consiste précisément dans le fait que la volonté est ainsi influencée.
Une grande œuvre nécessaire pour affermir et fixer la volonté dans l’attitude de consécration totale à Dieu, c’est de provoquer un contre-développement de la sensibilité, afin qu’elle ne détourne plus la volonté de Dieu.
Elle doit être mortifiée, crucifiée au monde, aux objets du temps et des sens, par une révélation profonde, claire et puissante de soi à soi, et de Christ à l’âme ; de manière à éveiller et développer toutes ses facultés dans leurs relations avec Lui et avec les réalités spirituelles et divines.
Cela peut aisément se faire par le Saint-Esprit, qui prend les choses de Christ et nous les montre. Il révèle Christ de telle manière que l’âme le reçoit sur le trône du cœur pour régner sur tout l’être. Lorsque la volonté, l’intelligence et la sensibilité lui sont livrées, il développe l’intelligence et la sensibilité par des révélations claires de lui-même dans tous ses offices et ses relations avec l’âme, il confirme la volonté, adoucit et discipline la sensibilité par ces révélations divines adressées à l’intelligence.
Il est évident que les hommes ont naturellement la capacité d’être entièrement sanctifiés, c’est-à-dire de rendre une obéissance totale et continuelle à Dieu ; car la capacité est la condition de l’obligation de le faire. Mais qu’implique cette capacité d’être saint comme Dieu l’exige ?
La réponse simple et directe à cette question est :
Premièrement, nous possédons les facultés et les sensibilités propres aux agents moraux.
Deuxièmement, nous possédons une connaissance ou une lumière suffisante pour nous révéler l’ensemble de nos devoirs. En effet, rien ne peut être véritablement un devoir s’il n’est pas révélé ou rendu connu.
Troisièmement, il nous est offert de recevoir une révélation claire de la manière et des moyens de surmonter toute difficulté ou tentation, à condition d’accueillir le Saint-Esprit, qui se propose comme lumière intérieure et guide, et qui est reçu par une foi simple.
La lumière et la grâce dont nous avons besoin, et que le Saint-Esprit a pour mission de nous communiquer, concernent principalement les points suivants :
Premièrement. La connaissance de nous-mêmes, de nos péchés passés, de leur nature, de leur aggravation, de leur culpabilité et de leur mérite de damnation.
Deuxièmement. La connaissance de notre impuissance ou faiblesse spirituelle : conséquence de la dépravation physique de notre nature, de la force de l’habitude égoïste, de la puissance des tentations venant du monde, de la chair et de Satan.
Troisièmement. Nous avons besoin que le Saint-Esprit nous enseigne le caractère de Dieu, la nature de son gouvernement, la pureté de sa loi, ainsi que la nécessité et la réalité de l’expiation.
Quatrièmement. Il doit nous enseigner notre besoin de Christ dans tous ses offices et relations, qu’elles soient gouvernementales, spirituelles ou mixtes.
Cinquièmement. Pour être pleinement conduits au Sauveur, nous avons besoin d’une révélation de Lui à nos âmes, avec une telle puissance qu’elle suscite en nous cette foi d’appropriation sans laquelle Il ne peut être notre salut.
Sixièmement. Nous devons le connaître dans les relations suivantes.
Comme Roi.
Pour établir son gouvernement et écrire sa loi dans nos cœurs, pour fonder son royaume en nous et exercer son sceptre sur tout notre être. Comme Roi, il doit être spirituellement révélé et reçu.
Comme Médiateur.
Pour se tenir entre la justice offensée de Dieu et nos âmes coupables, et opérer la réconciliation. Comme Médiateur, il doit être connu et reçu.
Comme Avocat (ou Paracletos).
Notre ami le plus proche et le meilleur, qui plaide notre cause auprès du Père, notre avocat juste et omniprésent, afin d’assurer le triomphe de notre cause devant le tribunal de Dieu. Dans cette relation, il doit être compris et embrassé.
Comme Rédempteur.
Pour nous délivrer de la malédiction de la loi et du pouvoir du péché, pour payer le prix exigé par la justice publique pour notre libération, et pour briser à jamais notre esclavage spirituel. Dans cette relation aussi, nous devons le connaître et l’apprécier par la foi.
Comme notre Justification.
Pour obtenir notre pardon et notre acceptation auprès de Dieu. Le connaître et l’embrasser dans cette relation est indispensable à la paix de l’esprit et à la délivrance de la condamnation de la loi.
Comme Juge.
Pour prononcer la sentence d’acceptation et nous décerner la couronne du vainqueur.
Comme Réparateur de la Brèche.
C’est-à-dire comme Celui qui rétablit devant le gouvernement de Dieu ce que nous avons manqué, ou, en d’autres termes, Celui qui, par son obéissance jusqu’à la mort, a rendu à la justice publique de Dieu un équivalent parfait et gouvernemental pour l’application de la peine de la loi contre nous.
Comme la propitiation pour nos péchés, celui qui s’est offert en sacrifice pour nos fautes.
La compréhension de Christ comme accomplissant l’expiation de nos péchés est indispensable pour nourrir une espérance saine de la vie éternelle. Il n’est pas sain pour l’âme de concevoir la miséricorde de Dieu sans tenir compte des conditions de son exercice.
Une telle conception n’imprime pas suffisamment à l’âme le sens de la justice et de la sainteté de Dieu, ni la gravité et la culpabilité du péché. Elle ne suscite pas assez de crainte révérencielle ni d’humiliation profonde devant Dieu, si l’on considère qu’il pardonne sans tenir compte de la rigueur de sa justice, manifestée dans l’exigence que le péché soit reconnu dans l’univers, comme digne de la colère et de la malédiction de Dieu, condition nécessaire à son pardon.
Il est remarquable, et digne de toute attention, que ceux qui nient l’expiation réduisent le péché à une chose insignifiante, et semblent considérer la bienveillance de Dieu comme une simple bonté naturelle, plutôt que comme ce qu’elle est : « un feu consumant » pour tous les ouvriers d’iniquité.
Rien ne peut produire autant de crainte de Dieu, de sainte terreur du péché, de sentiment d’abaissement et d’esprit justifiant Dieu, qu’une compréhension profonde de l’expiation accomplie par Christ.
Rien ne peut susciter autant l’esprit de renoncement à soi, d’attachement à Christ, de refuge dans son sang. Dans cette relation, Christ doit être révélé, compris et embrassé par nous comme condition de notre sanctification entière.
Comme le garant d’une alliance meilleure que la première.
C’est-à-dire comme le garant d’une alliance de grâce fondée sur de meilleures promesses ; comme celui qui endosse notre obligation, qui s’engage pour nous et se porte caution afin d’accomplir pour nous et en nous toutes les conditions de notre salut.
Comprendre et s’approprier Christ par la foi dans cette relation est sans aucun doute une condition de notre sanctification entière.
J’aimerais beaucoup développer et écrire tout un cours de conférences sur les offices et relations de Christ, sur la nécessité de le connaître et de l’approprier dans ces relations comme condition de notre sanctification entière et continue. Cela demanderait au moins un grand volume. Tout ce que je peux faire ici est de suggérer une esquisse de ce sujet à sa place.
Comme mourant pour nos péchés.
C’est l’œuvre du Saint-Esprit de révéler sa mort dans son rapport à nos péchés personnels, et en relation avec nos fautes individuelles. L’âme doit saisir Christ comme crucifié pour elle.
Il y a une grande différence entre considérer la mort de Christ comme celle d’un martyr, et la comprendre comme un véritable sacrifice vicariant pour nos péchés, comme un substitut réel à notre propre mort. L’âme doit voir Christ souffrant sur la croix pour elle, comme son substitut, afin qu’elle puisse dire : ce sacrifice est pour moi, ces souffrances et cette mort sont pour mes péchés. Cet Agneau béni est immolé pour mes fautes. Si une telle compréhension et appropriation de Christ ne peut tuer le péché en nous, qu’est-ce qui le pourrait ?
Comme ressuscité pour notre justification.
Il est ressuscité et vit pour assurer notre acquittement certain, notre pardon complet et notre acceptation auprès de Dieu. Savoir qu’il vit et qu’il est notre justification est nécessaire pour briser l’esclavage des motifs légalistes et tuer toute crainte égoïste ; pour détruire la puissance des tentations qui en découlent.
L’âme convaincue est souvent tentée au découragement et à l’incrédulité, au désespoir quant à son acceptation auprès de Dieu, et elle tomberait sûrement dans l’esclavage de la peur, si ce n’était par la foi en Christ comme Sauveur ressuscité, vivant et justifiant.
Dans cette relation, l’âme doit clairement comprendre et pleinement s’approprier Christ dans toute sa plénitude, comme condition pour demeurer dans un état de consécration désintéressée à Dieu.
Comme Celui qui porte nos chagrins et qui prend sur lui nos douleurs.
La compréhension claire de Christ comme étant rendu triste pour nous, et comme ployant sous les souffrances et les afflictions qui, en justice, nous appartenaient ; tend immédiatement à rendre le péché infiniment odieux et Christ infiniment précieux à nos âmes. L’idée de Christ comme notre substitut doit être profondément développée dans nos esprits. Cette relation de Christ doit nous être révélée si clairement qu’elle devienne pour nous une réalité toujours présente. Nous avons besoin que Christ nous soit révélé de telle manière qu’il ravisse et absorbe totalement nos affections, au point que nous préférerions souffrir la mort plutôt que de pécher contre lui. Est-ce impossible ? Certainement pas.
Le Saint-Esprit n’est-il pas capable, disposé et prêt à nous le révéler ainsi, à condition que nous le demandions avec foi ? Assurément, il l’est.
Comme Celui par les meurtrissures duquel nous sommes guéris.
Nous devons le connaître comme Celui qui soulage nos douleurs et nos souffrances par les siennes, qui empêche notre mort par la sienne, qui s’attriste afin que nous puissions nous réjouir éternellement, qui souffre afin que nous soyons comblés d’une joie indicible et éternelle, qui meurt dans une agonie inexprimable, afin que nous puissions mourir dans une paix profonde et un triomphe ineffable.
Comme étant fait péché pour nous.
Nous devons le comprendre comme ayant été traité en pécheur, et même comme le chef des pécheurs, à notre place et pour nous. C’est ainsi que l’Écriture le présente : Christ, à cause de nous, a été traité comme s’il était pécheur. Il a été fait péché pour nous ; c’est-à-dire qu’il a été traité comme pécheur ; ou plutôt comme représentant, comme incarnation du péché pour nous.
Ô ! Notre âme doit saisir cela : le saint Jésus traité comme pécheur, comme si tout le péché était concentré en lui, à cause de nous ! Nous avons provoqué ce traitement. Il a consenti à prendre notre place, au point de supporter la croix et la malédiction de la loi pour nous.
Quand l’âme comprend cela, elle est prête à mourir de douleur et d’amour. Ô, combien elle se dégoûte elle-même sous une telle compréhension ! Dans cette relation, Christ doit non seulement être compris, mais aussi approprié par la foi.
Nous devons aussi comprendre le fait qu’« il a été fait péché pour nous, afin que nous devenions justice de Dieu en lui ».
Christ a été traité comme pécheur afin que nous soyons traités comme justes ; que nous soyons rendus personnellement justes par la foi en lui ; que nous devenions la justice de Dieu en lui ; que nous héritions et participions à la justice de Dieu telle qu’elle existe et se révèle en Christ ; que nous soyons rendus justes en lui et par lui, comme Dieu est juste.
Nous devons voir que son être, fait péché pour nous, avait pour but que nous devenions justice de Dieu en lui. Elle doit embrasser et saisir par la foi cette justice de Dieu qui est communiquée aux saints en Christ par l’expiation et par l’Esprit qui habite en eux.
Comme Celui sur les épaules duquel repose le gouvernement du monde.
Christ administre le gouvernement moral et providentiel de ce monde pour la protection, la discipline et le bien des croyants. Cette révélation a une tendance puissante à soumettre le péché. Le fait que tous les événements soient directement ou indirectement contrôlés par Celui qui nous a tant aimés qu’il est mort pour nous ; que toutes choses soient absolument destinées à notre bien et y conduisent infailliblement : ces considérations, lorsqu’elles sont révélées à l’âme et rendues vivantes par le Saint-Esprit, tendent à tuer l’égoïsme et à affermir l’amour de Dieu dans l’âme.
Comme Chef de toutes choses pour l’Église.
Toutes ces relations ne servent à notre sanctification que dans la mesure où elles sont directement, intérieurement et personnellement révélées à l’âme par le Saint-Esprit. Il y a une grande différence entre avoir des pensées, des idées ou des opinions sur Christ, et connaître Christ tel qu’il est révélé par le Saint-Esprit.
Toutes les relations de Christ impliquent des nécessités correspondantes en nous. Lorsque le Saint-Esprit nous révèle notre besoin et Christ comme parfaitement adapté à y répondre, et qu’il presse son acceptation dans cette relation jusqu’à ce que nous l’ayons approprié par la foi, une grande œuvre est accomplie.
Mais tant que nous ne sommes pas ainsi révélés à nous-mêmes, et que Christ ne nous est pas ainsi révélé et accepté, rien n’est fait, sinon remplir nos têtes de notions, d’opinions et de théories, tandis que nos cœurs deviennent de plus en plus, à chaque instant, semblables à une pierre de diamant.
J’ai souvent craint que beaucoup de chrétiens professants ne connaissent Christ que « selon la chair » (2 Corinthiens 5.16), c’est-à-dire qu’ils n’aient d’autre connaissance de lui que celle qu’ils obtiennent en lisant ou en entendant parler de lui, sans aucune révélation particulière de sa personne intérieure par le Saint-Esprit. Je ne m’étonne pas que de tels croyants, et même des ministres, soient totalement dans les ténèbres au sujet de la sanctification tout entière déjà dans cette vie. Ils considèrent la sanctification comme le résultat de la formation d’habitudes saintes, plutôt que comme l’effet de la révélation de Christ à l’âme dans toute sa plénitude et ses relations, et du renoncement de l’âme à elle-même pour s’approprier Christ dans toutes ces relations.
La Bible présente Christ comme la Tête de l’Église, et l’Église comme son corps. Il est pour l’Église ce que la tête est pour le corps : le siège de l’intelligence, de la volonté et, en somme, de l’âme vivante. Considérons ce que serait le corps sans la tête, et nous comprendrons ce que serait l’Église sans Christ. Mais de même que l’Église serait sans Christ, ainsi chaque croyant serait sans Christ.
Nous avons besoin que nos nécessités en ce domaine nous soient clairement révélées par le Saint-Esprit, et que cette relation de Christ nous soit rendue évidente. L’obscurité totale de l’esprit humain quant à son état spirituel et à ses besoins, ainsi qu’aux relations et à la plénitude de Christ, est véritablement étonnante. Ses relations, telles qu’elles sont mentionnées dans la Bible, sont presque entièrement négligées jusqu’à ce que nos besoins soient découverts.
Mais lorsque ceux-ci sont mis en lumière et que l’âme commence sérieusement à chercher un remède, elle ne cherche pas en vain : « Ne dis pas en ton cœur : Qui montera au ciel ? c’est-à-dire pour en faire descendre Christ ; ou : Qui descendra dans l’abîme ? c’est-à-dire pour faire remonter Christ d’entre les morts. Que dit-elle donc ? La parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur » (Romains 10.6-8).
Comme Celui qui possède tout pouvoir et toute autorité dans le ciel et sur la terre.
Christ doit aussi être révélé à l’âme et reçu par la foi, afin d’habiter en elle et de la gouverner. Le besoin correspondant doit nécessairement être d’abord reconnu par l’esprit avant que l’âme puisse saisir et s’approprier Christ par la foi dans cette relation ou dans toute autre.
L’âme doit voir et ressentir sa faiblesse, son besoin de protection, d’être défendue, surveillée et dirigée. Elle doit voir cela, mais aussi la puissance de ses ennemis spirituels, ses pièges, ses dangers et sa ruine certaine, à moins que le Tout-Puissant n’intervienne en sa faveur. Elle doit ainsi se connaître profondément, et pour l’inspirer de confiance, elle a besoin d’une révélation de Christ comme Dieu, comme le Dieu Tout-Puissant, présenté à l’âme pour être accepté comme sa force et comme tout ce dont elle a besoin en puissance.
Ô, combien est aveugle celui qui ne connaît pas Christ dans sa plénitude et sa gloire, parce qu’il ne se connaît pas lui-même et ne connaît pas Christ tel que tous deux sont révélés par le Saint-Esprit. Lorsque nous sommes conduits par le Saint-Esprit à plonger dans l’abîme de notre propre vide, à contempler le gouffre horrible et la boue gluante de nos habitudes, de notre chair, de notre mondanité et de nos liens infernaux ; lorsque nous voyons à la lumière de Dieu que notre vide et nos besoins sont infinis ; alors, et seulement alors, nous sommes prêts à rejeter totalement le moi et à revêtir Christ.
La gloire et la plénitude de Christ ne sont pas découvertes par l’âme tant qu’elle n’a pas découvert son besoin de lui. Mais lorsque le moi, dans toute sa laideur et son impuissance, est pleinement révélé, jusqu’à ce que toute espérance soit éteinte quant à toute aide en nous-mêmes ; et lorsque Christ, le Tout en tout, est révélé à l’âme comme sa portion et son salut pleinement suffisant, alors, et seulement alors, l’âme connaît son salut.
Cette connaissance est la condition indispensable de la foi d’appropriation, de l’acte de recevoir Christ, de ce don total de soi qui fait entrer Christ dans le cœur par la foi pour y demeurer et présider à tous ses états et à toutes ses actions. Ô, une telle connaissance, une telle réception et un tel revêtement de Christ sont bénis. Heureux celui qui les connaît par sa propre expérience.
Il est indispensable, pour une foi ferme et implicite, que l’âme ait une compréhension spirituelle de ce que signifie la parole de Christ : « Tout pouvoir m’a été donné » (Matthieu 28.18).
La capacité de Christ à tout accomplir, et même infiniment au-delà de ce que nous demandons ou pensons, est ce que l’âme doit clairement saisir dans un sens spirituel.
Non pas comme une simple théorie ou proposition, mais en percevoir la véritable portée spirituelle. Cela est également vrai pour tout ce que la Bible dit de Christ, de ses offices et de ses relations. Il y a une grande différence entre théoriser, spéculer et opiner sur Christ, et le connaître tel qu’il est révélé par le Saint-Esprit. Lorsque Christ est pleinement révélé à l’âme par le Consolateur, elle ne doute plus jamais de la possibilité et de la réalité de la sanctification entière dans cette vie.
Comme le Prince de la paix.
« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix » (Jean 14.27), dit Christ. Mais qu’est-ce que cette paix ? Et qui est Christ dans sa relation de Prince de la paix ? Que signifie posséder la paix de Christ, avoir la paix de Dieu régnant dans nos cœurs ? Sans la révélation de Christ à l’âme par le Saint-Esprit, celle-ci n’a aucune compréhension spirituelle du sens de ces paroles. Elle ne peut saisir ni s’approprier Christ comme sa paix, comme le Prince de la paix. Celui qui connaît et a embrassé Christ comme sa paix et comme le Prince de la paix sait ce que c’est que d’avoir la paix de Dieu régnant dans son cœur. Mais nul autre ne comprend le véritable sens spirituel de ce langage, et il ne peut lui être expliqué de manière à le saisir, si ce n’est par le Saint-Esprit.
Comme le Chef du salut, le conducteur habile, le guide et le capitaine de l’âme dans tous ses combats contre ses ennemis spirituels.
Comme Celui qui est toujours présent pour conduire l’âme à la victoire et la rendre plus que vainqueur dans tous ses conflits contre le monde, la chair et Satan. Quelle nécessité absolue, pour une foi vivante et efficace, que l’âme saisisse clairement par le Saint-Esprit, cette relation de Christ comme Chef du salut et Capitaine de l’armée de l’Éternel. Sans confiance en ce Chef et Capitaine, comment l’âme se placerait-elle sous sa direction et sa protection dans l’heure du combat ? Elle ne le peut pas.
En réalité, lorsque l’âme ignore Christ comme Capitaine ou Chef, elle tombera sûrement dans la bataille. Si l’Église, comme corps, connaissait le Capitaine de l’armée de l’Éternel, s’il lui était véritablement et spirituellement révélé dans cette relation, il n’y aurait plus de confusion dans les rangs des élus de Dieu.
Tout serait ordre, force et conquête. Ils prendraient bientôt possession de tout le territoire promis à Christ. Les nations païennes lui seraient bientôt données en héritage, et les extrémités du monde en possession.
Josué connaissait Christ comme le Capitaine de l’armée de l’Éternel ; par conséquent, il avait plus de courage, d’efficacité et de puissance que tout Israël réuni. Il en est de même aujourd’hui. Lorsqu’une âme connaît pleinement, embrasse et s’approprie Christ, elle devient une armée à elle seule. C’est-à-dire qu’elle s’approprie les attributs de Christ ; et son influence se fait sentir dans le ciel, sur la terre et jusque dans l’enfer.
Comme notre Pâque.
Elle doit comprendre que la seule raison pour laquelle elle n’a pas été, ou ne sera pas assurément, frappée pour son péché, c’est que Christ, comme notre Agneau pascal, a aspergé de son propre sang le linteau et les poteaux de la porte de nos âmes, et que, par conséquent, l’ange destructeur nous épargne.
Il y a une spiritualité profonde et puissante pour soumettre le péché, ou plutôt pour vaincre la tentation, dans cette relation de Christ à l’âme lorsqu’elle est révélée par le Saint-Esprit.
Nous devons comprendre nos péchés comme ayant tué l’Agneau, et appliquer son sang à nos âmes par la foi ; son sang comme notre protection est notre seul refuge. Nous devons connaître la sécurité qu’il y a dans cette aspersion de son sang, et la destruction certaine et rapide de tous ceux qui n’ont pas cherché refuge sous cette protection. Nous devons aussi savoir qu’il ne faut pas, ne serait-ce qu’un instant, sortir dans les rues et quitter cette protection, de peur d’y être frappés.
Comme notre Sagesse.
Dans le vrai sens spirituel, c’est sans aucun doute indispensable à notre sanctification entière et continue. Il est notre Sagesse en ce sens qu’il est la totalité de notre religion. Séparés de lui, nous n’avons aucune vie spirituelle. Il est la source, la cause première de toute notre obéissance. Cela, nous devons le saisir clairement. Tant que l’âme n’a pas compris cela, elle n’a rien appris d’utile quant à son impuissance et aux relations spirituelles de Christ avec elle.
Comme notre Sanctification.
J’ai été frappé par l’ignorance de l’Église et du ministère concernant Christ comme sa Sanctification. Il n’est pas son Sanctificateur dans le sens où il ferait quelque chose à l’âme qui lui permettrait de se tenir et de persévérer dans la sainteté par sa propre force.
Il ne change pas la structure de l’âme, mais il veille sur elle et agit en elle pour vouloir et pour faire continuellement, et devient ainsi sa Sanctification. Son influence n’est pas exercée une fois pour toutes, mais constamment.
Lorsqu’il est compris et embrassé comme la sanctification de l’âme, il règne en elle et sur elle dans un sens si élevé qu’il développe, pour ainsi dire, sa propre sainteté en nous. Il nous enveloppe, il engloutit nos volontés et nos âmes dans la sienne, de sorte que nous sommes volontairement conduits captifs par lui. Nous voulons et faisons ce qu’il veut en nous. Il charme notre volonté jusqu’à la plier universellement à la sienne. Il établit son trône et son autorité en nous, et nous soumet à lui. Il devient notre sanctification seulement dans la mesure où nous sommes révélés à nous-mêmes, et lui révélé à nous, et où nous le recevons et le revêtons.
Quoi ! En est-on arrivé à ce point que l’Église doute et rejette la doctrine de la sanctification entière dans cette vie ? Alors, c’est qu’elle a perdu de vue Christ comme sa sanctification. Christ n’est-il pas parfait dans toutes ses relations ? N’y a-t-il pas en lui une plénitude et une complétude ? Lorsqu’il est embrassé par nous, ne sommes-nous pas complets en lui ? Le secret de tous ces doutes et de cette opposition à la doctrine de la sanctification entière, se trouve dans le fait que Christ n’est pas compris et embrassé comme notre sanctification. Le Saint-Esprit nous sanctifie en nous révélant Christ comme notre sanctification. Il ne parle pas de lui-même, mais il prend de ce qui est à Christ et nous le montre.
Deux des ministres les plus en vue de l’Église presbytérienne m’ont dit, il y a quelques années, qu’ils n’avaient jamais entendu parler de Christ comme étant la sanctification de l’âme. Ô, combien de ministres de notre époque passent à côté du véritable évangile spirituel de Christ !
Comme notre Rédempteur.
Pour saisir et recevoir Christ dans cette relation, l’âme doit se comprendre elle-même comme vendue au péché, comme étant volontairement mais réellement esclave de la convoitise et de l’appétit, sauf lorsque Christ la délivre continuellement de leur puissance en fortifiant et en affermissant sa volonté dans la résistance et la victoire sur la chair.
Comme condition de la sanctification entière.
Il doit être reçu comme le grand maître de nos âmes, de sorte que chaque parole de sa bouche soit reçue comme Dieu nous parlant. Cela rendra la Bible précieuse, et toutes les paroles de vie efficaces pour la sanctification de nos âmes.
Comme notre Souverain Sacrificateur.
Nous devons le connaître dans cette relation comme vivant réellement et la soutenant toujours ; offrant, pour ainsi dire, par une offrande continuelle, son propre sang et lui-même comme propitiation pour nos péchés. Comme étant entré dans le voile et vivant éternellement pour intercéder en notre faveur. De cette relation de Christ se recueille une instruction des plus précieuses. Nous avons un besoin vital de connaître Christ ainsi, comme condition d’une juste dépendance envers lui.
Je ressens constamment une gêne à considérer que je ne suis pas en mesure, dans ce cours d’instruction, de donner un exposé plus complet de Christ dans ces relations. Nous avons besoin d’une révélation distincte de lui dans chacune de ces relations, afin de comprendre pleinement et clairement ce qu’elles impliquent toutes.
Lorsque nous péchons, c’est à cause de notre ignorance de Christ. Autrement dit, chaque fois que la tentation nous vainc, c’est parce que nous ne connaissons pas et ne recourons pas à la relation de Christ, qui répondrait à nos besoins du moment. Une grande œuvre nécessaire est de corriger le développement de notre sensibilité.
Les appétits et les passions sont énormément développés dans leurs rapports aux objets terrestres. En ce qui concerne les choses du temps et des sens, nos penchants sont fortement développés et vivants ; mais en ce qui concerne les vérités spirituelles et les réalités éternelles, nous sommes naturellement aussi morts que des pierres.
Lors de la conversion, si nous connaissions suffisamment de nous-mêmes et de Christ pour développer et corriger pleinement l’action de la sensibilité, et affermir nos volontés dans un état de consécration entière, nous ne tomberions pas. Dans la mesure où l’œuvre de la loi précédant la conversion a été profonde, et où la révélation de Christ, au moment où immédiatement après la conversion, a été pleine et claire, dans cette mesure nous constatons la stabilité des convertis. Dans la plupart des cas, cependant, le converti est trop ignorant de lui-même, par conséquent, connaît trop peu Christ pour être établi dans une obéissance permanente.
Il a besoin d’une conviction renouvelée de péché, d’être révélé à lui-même et d’avoir Christ révélé à lui, et formé en lui comme l’espérance de la gloire, avant de pouvoir être ferme, toujours abondant dans l’œuvre du Seigneur.
Avant de conclure ce chapitre, je dois remarquer, et je répéterai cette remarque, que d’après ce qui a été dit, il ne faut pas en déduire que la connaissance de Christ, dans toutes ces relations, soit une condition pour entrer dans l’état de consécration entière à Dieu ou de sanctification présente. Ce qui est affirmé, c’est que l’âme ne demeurera dans cet état, à l’heure de la tentation, que dans la mesure où elle se réfugie en Christ dans ces circonstances d’épreuve, et saisit Christ et se l’approprie par la foi, de temps en temps, dans les relations qui répondent aux besoins présents et pressants de l’âme.
La tentation est l’occasion de révéler la nécessité, et le Saint-Esprit est toujours prêt à révéler Christ dans la relation particulière adaptée à cette nécessité nouvellement découverte.
La perception et l’appropriation de Christ dans cette relation, dans ces circonstances d’épreuve, sont la condition indispensable pour demeurer dans l’état de consécration entière.
Les livres de Charles G. Finney en Pdf
➲ Articles à découvrir...

10. Ceux qui font profession d'être chrétiens

11. Marcher dans L’Esprit

8. Le chemin de la croissance spirituelle
➲ REUNION SUR ZOOM
Edification
Enseignements
➲ NOUVEAUX EBOOKS
PDF Révisés


