"Notre mère qui es aux cieux"

"Notre mère qui es aux cieux"

Un Conseil de l’Eglise protestante de Genève vient d’élaborer un projet visant à « démasculiniser » Dieu : applaudie par les uns (et surtout les unes) la démarche est accueillie fraîchement par les autres. Que faut-il penser de cette tendance qui s’affirme de plus en plus ?

Priera-t-on un jour : « notre Mère qui est aux cieux » ? Pour le moment, l’initiative porte sur la perception (et donc la compréhension de Dieu) : c’est ce que quelques prophètes annonçaient il y a une dizaine d’années, après avoir reçu, disaient-ils, une même vision de Jésus qui déclarait : « je vais changer la perception et la compréhension du christianisme en une génération »J’en parle ici — le contexte de cette supposée prophétie est important.

Le journal Le Temps explique : « Un premier document produit conjointement par les pasteurs genevois Nicolas Lüthi et Sandrine Landeau, ainsi que par le répondant ecclésial de l’EPG pour les questions LGBTIQ+ Adrian Stiefel, explicite ce besoin de changement : 

« On l’appelle Père, Fils et Esprit. Si on le représente de manière figurative, c’est sous la forme d’un homme – de préférence blanc et âgé » ou encore : « Si Dieu est masculin, il est mâle, et donc le mâle est Dieu ». Des phrases chocs, mais qui traduisent ce qui, pour ces ministres genevois, est une évidence : « Les femmes ne peuvent pas se reconnaître et inclure leur réalité féminine dans leur vie de foi si Dieu n’est que masculin », comme l’assure Laurence Mottier, modératrice de la commission ».

On se demande juste comment ont fait les générations de femmes croyantes pour vivre leur foi, avant tout ça ! un exploit surnaturel sans doute. La pasteure Sandrine Landeau insiste : « Quand on ne parle de Dieu qu’au masculin, on a tendance, par un ruissellement inverse, à faire du masculin quelque chose de plus divin que le reste ».

En creusant un peu, on découvre que « Même si elle n’est pas jugée prioritaire par le Consistoire (le parlement de l’Eglise protestante), cette démarche répond en fait à l’une des revendications formulées par une cinquantaine de femmes bénévoles, diacres ou pasteures lors de la grève des femmes de 2019. Elles demandaient davantage d’équité dans l’Eglise, l’application de l’écriture épicène (dégenré) ou encore une réflexion théologique sur la représentation de Dieu au-delà du genre ».

Voilà donc le moteur de toute cette histoire : un féminisme religieux militant (proche de la cause LGBT, comme pour la théorie du genre) qui finalement s’approche de l’antique statue du Dieu de la Bible, celle qui a été façonnée et dressée par les héros de la foi du passé à la suite de leur rencontre avec lui, et qui va s’employer à la retoucher à son idée, pour la façonner à son image. Assister à cette scène a quelque chose de surréaliste, digne des descriptions bibliques d’errements idolâtres du peuple de Dieu !

« Sachez que l’Éternel est Dieu. C’est lui qui nous a faits, et ce n’est pas nous » (Psaume 100 v. 3).

L’accusation contre la Bible

Au-delà de la « simple » démarche linguistique de neutralisation du genre, afin d’améliorer la visibilité des femmes et leur considération, se joue un autre enjeu. En effet, les déclarations de quelques théologiennes laissent à penser que le vrai sujet n’est pas de forme, mais de fond. Citée par Le Temps, Jodie Sangiorgio rappelle que « les textes bibliques sont situés dans le temps et ont été écrits par des hommes, pour des hommes », ce qui expliquerait selon elle que l’emploi du masculin y ait été favorisé. « Ne pas prendre cela en compte serait de la malhonnêteté intellectuelle », assène la chercheuse. Le procès en légitimité n’est donc pas loin. Pour Isabelle Senn, une autre théologienne, le changement pour une lithurgie féminisée est une expérience qui sera bénéfique : « Le « Par Elle, avec Elle et en Elle » de la doxologie finale de la prière eucharistique avait quelque chose d’étrange, mais en même temps la formule m’a paru tout à fait familière. En m’adressant explicitement à Dieu conçu comme une mère, j’ai perçu plus fortement sa tendresse ».

Avertissements

Les auteurs du Nouveau Testament se sont montrés assez clairs sur les démarches qui consistent à corriger les termes de l’Évangile — et le genre de Dieu en fait certainement partie : « Je vous rappelle, frères, l’Evangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous avez persévéré, et par lequel vous êtes sauvés, si vous le retenez tel que je vous l’ai annoncé; autrement, vous auriez cru en vain » (1 Corinthiens 15). 

Interprétation prophétique

L’intention et la volonté de dégenrer Dieu s’inscrit dans le prolongement logique de la démasculinisation de l’homme, dont le processus est largement engagé depuis un demi-siècle, et qui va en s’accélérant. Il s’agit d’un phénomène global de dénaturation, de dilution et donc d’affaiblissement du genre humain, dans ses déclinaisons. Comment ? Toujours par l’abandon des valeurs de Dieu. Mais si nous voulons bien comprendre la mécanique spirituelle, il nous faut placer en symétrie le commencement et la fin de toutes choses : c’est ce que fait Jésus sur la question du divorce par exemple, et c’est ce que fait Paul sur la question du voile.

Le point central est celui-ci : de la même manière que le féminin isolé de Dieu et de son vis-à-vis (celui dont il avait été tiré) a été ciblé, séduit et instrumentalisé au commencement, ainsi en est-il à la fin.

Le masculin et le féminin partagent une même responsabilité de désobéissance initiale, qui ne peut pas être jugée de la même manière, et qui n’a pas été jugée de la même manière. Mais le fait est que l’ennemi a ciblé le féminin, non à cause d’une supposée faiblesse naturelle, mais uniquement parce que la femme n’a pas entendu l’ordre de la bouche de Dieu, et le tient d’une personne interposée. C’est là le point de vulnérabilité spirituel qui a été avantageusement utilisé.

Aujourd’hui, il suffit de regarder dans le dernier demi-siècle les mouvements du masculin et du féminin pour constater que ce dernier s’est levé, après des siècles d’immobilisme, pour sortir de la place qui lui avait été assignée au moment des jugements de la Chute (place assignée non par le masculin, mais par Dieu) : « … tes désirs (Teshuwqah : besoins impérieux) se porteront vers ton mari, mais il dominera (mashal : autorité, diriger, gouverner) sur toi » (Genèse 3 v. 16). Et c’est bien le rejet de ce gouvernement, de cette autorité et de cette domination du masculin sur le monde, qui est en action. Là est le moteur. Et la rébellion n’est finalement pas contre le masculin, mais contre Dieu, accusé d’injustice.

Dans les rouages du mouvement

À partir d’un féminisme légitime — qui doit être soutenu — est apparu un courant conquérant et dominateur qui « regarde comme une proie à arracher d’être l’égal de … ». Un esprit en croisade contre la domination du masculin. Je ne parle pas ici des combats nécessaires contre les injustices réelles et nombreuses (dans la société et dans l’église), mais d’une idéologie radicalisée, aveugle sur son inspiration. 

Il est possible que ce féminisme militant et dominateur soit un instrument de jugement envers un masculin qui était destiné à exister dans la sainteté, pour un gouvernement protecteur, et qui a abandonné cet héritage pour l’orgueil de la vie et le péché. 

La configuration d’un masculin en recul, spirituellement faible, et d’un féminin dominateur, est une réplique du règne d’Achab et de Jezabel. La contestation des droits de l’Eternel sur son peuple, par la puissance spirituelle de l’Adversaire, trouve dans cette histoire une de ses expressions les plus fortes, avec l’opposition de l’esprit de Jezabel et l’esprit d’Élie. Ce sont des temps d’apostasie, et donc de prolifération de la fausse théologie, de la fausse prophétie et d’une idolâtrie arrogante. Comme dans les temps de la fin.

Conclusion

Bien que ce projet de démasculinisation de Dieu soit isolé, nous pouvons être certains que l’idée germera et se répandra : c’est une semence. Elle fait (déjà) partie maintenant de notre monde, et d’une frange du christianisme. Et bien que Dieu se rie de tout ce bruit, et du tumulte parmi les nations (Psaume 2), il est impossible pour les croyants attachés aux fondements, de ne pas considérer qu’il s’agit là d’une volonté impie, et d’une insulte à la vérité révélée, qui appelle une claire condamnation.

Nous devons prier, avec le Seigneur, pour celles et ceux qui ne savent pas ce qu’ils font, mais aussi les exhorter à renoncer à leurs projets, à ne pas « déplacer la borne ancienne » (Proverbes 22 v. 28).

 

Arthur KatzUn message de Jérôme Prékel
© Diffusé avec l'aimable autorisation de Jérôme Prekel - ©www.lesarment.com

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